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Full text of "Mystères provençaux du quinzième siècle"

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BIBLIOTHEaUP; MÉRIDIONALE 

'•PfRIE TOME 111 

MYSTÈRES PROVENÇAUX 

DU QUINZIEME SIÈCLE 

PUBLIÉS POUR LA VkEMJÈRE FOLS 

A\E.J ('NE lNTHOr>U(:M()N ET Lî N GLOS.SAIRl.: 

A. JEANROY— 

H. TEULIK 




TOULOUSE 

IMPRIMERIE ET LIBBANUE ÉDOdAlil) l'RlVA I 



1893 



MYSTÈRES PROVENÇAUX 



DU Q.UINZIÈME SIÈCLE 



BIBLIOTHÈaUE MÉRIDIONALE 

PUBLIÉE SOUS LES AUSPICES DE LA FACULTÉ DES LETTRES DE TOULOUSE 



r« 



SÉRIE TOME ni 



MYSTÈRES PROVENÇAUX 

DU aUINZIÈME SIÈCLE 

PUBLIÉS POUR LA PREMIÈRE FOIS 

AVEC UNE INTRODUCTION ET UN GLOSSAIRE 



C' PAR 



a\ JEAN ROY 

PR0PK8SKUR DE LANOUB & LITTERATURE MERIDIONALES 
A LA FACULTÉ DES LETTRES DE TOULOUSE 



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« . • 



H. TEULIÉ 

SOUS -BIBLIOTHÉCAIRE UNIVERSITAIRE A LYON 



TOULOUSE 

IMPRIMERIE ET LIBRAIRIE EDOUARD PRIVAT 

RUE DES TOURNEURS, 45 



1893 



INTRODUCTION 



I. 



Le manuscrit' que nous publions aujourd'hui à 
peu près intégralement* a été découvert en 1888 
à Giscaro (Gers) par M. Louis de Santi et commu- 
niqué à M. A. Thomas, alors professeur à la Faculté 
des Lettres de Toulouse. Ce savant en a donné deux 
jC ans après une notice exacte 8c détaillée que nous 
^ nous bornerons à rappeler dans ses principaux traits 
^ & à compléter sur quelques points^. 

Le manuscrit en question a été exécuté en Rouer- 
gue vers le troisième tiers du quinzième siècle. Il se 
compose de cent quatre feuillets de format oblong'* 

^ I. Bîbl. nat., f. fr. nou^. acq. 6232. 

C 2. Sur le morceau que nous avons omis, voy. plus loin p. xxi, note. 

•^ 3. Annales du Alidi, II, 385 ss. M. Thomas 'a joint à sa notice le 
levie complet de deux morceaux (le premier & le troisième de notre 
cdition) & quelques fragments. Nous éprouvons un vif plaisir à 
rappeler ici que notre cher collègue à bien voulu s'intéresser à notre 
publication & que nous lui devons plusieurs excellentes corrections 
a 1 texte. 

4. 11 faut y ajouter trois petits feuillets intercalaires placés après 
^es feuillets 39, 42, 73. 



*M» 



Vj MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

écrits de la même main qui paraît être celle de l'au- 
teur, dont nous aurions ici la minute'. Il a dû 
écrire les morceaux dont son œuvre se compose, non 
dans l'ordre que semble indiquer celui où nous les 
trouvons, mais au fur 8c à mesure que se présen- 
taient les originaux qu'il entendait reproduire ou 
imiter; il en commençait alors la transcription à tel 
ou tel endroit de son volume, selon la place que leur 
assignaient les événements mis en scène, se réser- 
vant lespace qu'il jugeait nécessaire pour les mor- 
ceaux qui devaient précéder^. Il est arrivé plusieurs 
fois que ses calculs l'ont trompé 8c que des feuillets 
sont restés blancs entre un morceau 8c l'autre; il 
les a utilisés de diverses feçons, y insérant tantôt des 
tables, tantôt d'autres morceaux dont plusieurs, faute 
de place, sont restés inachevés^. 

L'idée qui se présente au premier abord quand on 
considère le nombre 8c la variété des morceaux ici 



1. C'est ce que semblent indiquer les nombreuses corrections ou 
additions écrites de la même main que le reste du manuscrit. D^au- 
très appartiennent à deux & peut-être à trois autres mains; nous les 
avons distinguées en note chaque fois qu'il nous a été possible de 
le faire avec certitude. Ces corrections ou additions ont dû être fai- 
tes à Poccasion de représentations diverses de Pœuvre ; les plus im- 
portantes atfectent les rubriques qu^elles modifient ou complètent 
(voyez plus loin p. xxv^ note & les notes du texte). 

2. Il est possible même que certains mystères aient été copiés à 
part & que le recueil ait été formé postérieurement de la réunion de 
divers cahiers ; au fol. 20, récriture est à demi-effacée comme si le 
papier avait été usé par le frottement ou exposé à Thumidité ; actuel- 
lement, chaque feuillet étant monté sur onglet, il est impossible 
d'étudier la constitution primitive des divers cahiers. 

3. Ce sont, outre les deux tables dont il va être question, la Ré- 
surrect ion des Morts imprimée p. 20, V Hymne à la Vierge^ p. di, 
& les deux morceaux que nous avons rejetés en appendice parce 
qu'ils faisaient double emploi avec des passages du texte. On peut 



INTRODUCTION. Vl| 

réunis est que Tauteur'^ obéissant à une tendance 
commune de son temps, a voulu embrasser dans un 
vaste ensemble l'histoire complète d'une longue série 
d'événements, en d'autres termes, faire une œuvre 
cyclique : le plus grand intérêt de cet ouvrage, si 
faible à tant d'égards, est même d'être le seul, dans 
la littérature dramatique du midi de la France, qui 
présente ce caractère. Mais cette histoire n'est pas 
ici complète : il y manque des parties tout à fait 
essentielles, la Passion par exemple. Nous sommes 
donc amenés à penser que l'œuvre conservée n'est 
qu'un fragment. Cette hypothèse devient une certi- 
tude si Ton examine les deux tables insérées après 
coup dans le corps du manuscrit, où l'auteur a 
énuméré, dans l'ordre où il voulait qu'elles se succé- 
dassent, les différentes parties dont il entendait 
composer son œuvre, Se surtout si Ton rapproche de 
ces tables les notes où il a renvoyé expressément à un 

se demander quels motifs ont conduit notre auteur à insérer ces 
morceaux qui devaient forcément rester inachevés. Peut-être étaient- 
ils continués (ou repris dès le début) dans le « livre » dont nous al- 
lons parler; c'était certainement le cas pour le morceau imprimé 
p. 287 (voyez la note) & vraisemblablement aussi pour les deux au- 
tres. Mais dans cette hypothèse le « livre i> aurait été écrit posté- 
rieurement au volume que nous avons, tandis que le contraire sem- 
ble résulter de la nature & de l'importance des morceaux qu'il 
renfermait. On peut supposer aussi que les deux recueils étaient 
compilés simultanément. 

1. Nous ne savons naturellement de cet auteur que ce que son 
œuvre nous apprend : à en juger par sa connaissance de TËcriture 
non exempte toutefois de lacunes (voy. plus loin, p. xx, n. 3), ce 
devait être un clerc, probablement quelque bon curé de village, 
qui ne poussait point à Pexcés le respect des puissances: ses attaques 
contre les prélats sont aussi vives (voy. par ex. 6021 ss.) que bizar- 
rement amenées (voy. v. 1649 ss.); il avait dû taire aussi quelques 
études de droit, auxquelles nous sommes redevables de certains 
morceaux, les plus fastidieux peut-être de son œuvre. 



viij MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

« livre » complétant ou rectifiant le recueil conservé. 
Nous insérons ici ces deux tables, en indiquant la 
correspondance de chacun de leurs articles avec no- 
tre manuscrit'. 

f^ 29. 

1. Creatiu 

2. Abram 

3. Synagoga 

4. Sa ma ri ta na 
3. Addulceyrix 

6. Miracles 

7. Vendedors 

8. Jutgi^men de Jésus 

9. Laze 

10. Covit de Simon leprosus 

11. Intrada de Jérusalem 

12. » 
i3. Passio 
14. Jusataria 

16. • 

17. • 

18. » 

19. » 
19. > 

Il nous paraît hors de doute que tous les mor- 
ceaux absents de notre manuscrit se retrouvaient au 
« livre », qui formait comme l'un des tomes du re- 
cueil dont nous n avons plus qu'une partie. De ces 



I. La deuxième ne contient que les titres des morceaux; la pre- 
mière, moins complète sans doute parce qu'elle a été écrite avant 
^achèvement total de Pœuvre, y ajoute les noms des personnages. 
Nous nous abstenons de transcrire cette liste pour les morceaux 
conservés, car elle ferait double emploi avec celle que nous donnons 
plus bas. Nous donnerons au cours de notre étude celle des person- 
nages des mystères perdus. Sur la Jusataria de la première table 
voyez plus loin p. xix, note. Remarquons que le Jugement général 
(fol. 79 r* 106 V*) n^est indiqué dans aucune de nos tables, ce qui 
tend à prouver quMl a été écrit après leur rédaction. 



f- 35. 






M s. 


Creatio 




fol. 


2 r* - 3 V •. 


Sinagoga 






» 


Abram 






f 


Samaritana 




fol. 


5 r* - 7 v. 


Adulterix 






» 


Miracles 






> 


Vendedos 






» 


Jutgamen de 


Jésus 


fol. 


9 r* - iq r*. 


Lazer 




fol. 


20 r* - 28 V*. 


1 » 




fol. 


3i V -35 r*. 


Intrada de Jérusalem 


» 


Sena 






» 


Passio 






1» 


» 






> 


» 




fol. 


47 V - (^ V. 


Limbes 




fol. 


36 r« - 46 V. 


Resurectio 






» 


Emaus 






» 


Asssentio 




fol. 


69 r« - 78 V. 



INTRODUCTION. jx 

morceaux nous ne pouvons malheureusement savoir 
que ce que nous en apprend la liste des personnages 
conservés par la première table; nous étudierons 
chacun d'eux à la place que l'auteur lui avait assi> 
gnée & nous verrons que le peu qu'il nous est per- 
mis d'en deviner suffit du moins à nous donner 
une idée approximative de ce « livre » dont il se- 
rait si curieux de reconstituer la physionomie & de 
retrouver les sources. 



II. 



C'est un trait commun à la plupart des Fussions 
du quinzième siècle que de donner pour prologue 
au drame de la Rédemption celui de la Chute ' : 
cette idée était du reste très antérieure à cette 
époque, car elle apparah déjà dans le plus ancien 
drame français que nous possédions. Il est donc cer- 
tain qvie notre auteur, en plaçant au frontispice de 
son œuvre une Créaffon, avait des modèles; malheu- 
reusement il est impossible de déterminer avec pré- 
cision ceux qu'il a suivis. Ce morceau est du reste 
assez peu original ; il n'offre de remarquable que la 
mise en œuvre d'une légende d'après laquelle le 
nom du premier homme aurait été formé des ini- 
tiales du nom des quatre étoiles correspondant aux 



I. Il en est ainsi dans laP<j5A'/o« publiée par Ju binai d'après lecélè- 
brc manuscrit de la Bibliothèque S**' Geneviève [Mystères inéiiits 
du XV* siècle^ Paris, 1837), dans celles de Ciiebun, des manuscrits 
de Troyes, de Valenciennes A 904 de la Bibl. nat. (Voir Petit ue 
J uLLEViLLE, Histoîre du théâtre ctt France, Les Mystères, II, 41 1 3418). 



X MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

quatre points cardinaux. Cette allégorie, dont nous 
ignorons lorigine, probablement hébraïque, ne 
manque pas de grandeur; il est regrettable qu'elle 
soit tombée en des mains si maladroites'. 

Le mystère d'Abraham^ qui faisait suite au précè- 
dent*, devait constituer une sorte de second prolo- 
gue, dont Tutilité paraît médiocre; l'auteur avait 
cru sans doute bien faire en préludant à l'histoire 
du Sauveur parcelle du Patriarche qui en avait été 
une des plus anciennes Se des plus remarquables 
« figures »^. L'existence seule de ce morceau nous 
permet de supposer que l'auteur connaissait du 
moins quelques-unes des œuvres dont la réunion 
devait, vers le même temps, former le cycle du f^ieil 
Testament. 

Le mystère de la Synagogue mettait en scène 
Anne & Caïphe, des docteurs de la loi (Zorobabel, 
Lamec, Aymo) & un certain nombre d'autres per- 
sonnages qui étaient, soit des Docteurs, des Phari- 
siens, des Scribes, soit, d'une façon plus générale, des 
Juifs 8c des employés de la Synagogue ^. Tous ces 



1. Elle est en tous cas fort ancienne : elle se trouve, comme veut 
bien me rapprendre M. E. Mâle, dés le neuvième siècle, dans le 
De Ecclesiasticis Officiis (I, vu) d'Amalarius. 

2. Dans la deuxième table ce morceau est placé à la troisième place 
par une erreur éviJente. 

3. Cette histoire devait être fort incomplète : les seuls personnages 
étaient « Abraham, Izac, Ismael, Elezer ». 

4. Nason, Almena, Salatiel, Mathatie se retrouvent dans Joseph 
iVArimathie avec le rôle de docteurs, Balam & Aniquet s*y retrou- 
vent également avec le rôle de serviteurs ou de messagers. (Il y a ici 
un Joftet, & dans Joseph un Jafet, habitant de Jatt'a.) Les autres per- 
sonnages, dont les noms paraissent empruntés arbitrairement aux 
passages les plus divers de la Bible (Semey, Roboam, Amos, Séruth, 



INTRODUCTION. XJ 

personnages devaient délibérer sur les moyens d'ar- 
rêter les progrès de la doctrine nouvelle ou plutôt 
encore sur ceux de perdre Jésus '• 

Ce morceau termine la série des prologues. Nous 
arrivons à un autre groupe d'« histoires » mettant 
en scène quatre événements notables de la vie pu- 
blique de Jésus j de ces quatre épisodes, qui parais- 
sent avoir été traités des plus souvent au quinzième 
siècle*, nous n'avons conservé que le premier, celui 
de la Samaritaine. C'est un des morceaux les plus 
simples de style, les plus sobres de développement, 
les meilleurs en somme de l'œuvre tout entière; il 
était sans doute emprunté à quelque source relati- 
vement ancienne 8c que n'avaient pas encore gâtée 
la diffusion 8c la trivialité propres au quinzième 
^iècle. Il nous paraît légitime d'en inférer autant 
des trois morceaux qui nous manquent 8c dont la 
simplicité 8c la brièveté nous sont attestées par le 
petit nombre de personnages qui y paraissaient^. 

Ici se place le Jugement de Jésus ^ c'est-à-dire la 
scène où est décrété, dans une sorte de conseil di- 
vin, le sacrifice qui doit assurer le salut de l'huma- 
nité. Ce « Prologue dans le ciel », dernier 8c immé- 

ManasséSy Corbet, Abiathar, Obeth) devaient être des Juifs achar- 
nes à la perte de Jésus; on en retrouve plusieurs (Roboam^ Manas- 
ses] dans la Passion de Greban, où ils jouent ce rôle (& de même 
Zorobabel & Nason, cités plus haut). 

1. Ils sont mis en scène à plusieurs reprises, & souvent avec beau- 
coup d*à-propos, dans la Passion de Greban. 

2. Voyez Petit de Julleville, II, 379-424. 

3. Ce ^ont, pour le premier, la Adulteyrix, son Companho; pour 
le second, lo Boytos, lo Paralatic, lo Orb\ pour le troisième, los 
Cambiadors, lo Sacerdot de la Ley. 



xij MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

dîat prélude du drame de la Rédemption, se trouve 
sous une forme assez différente de celle-ci dans la 
plupart des Passions françaises j son sujet n'est au- 
tre en effet que celui de ce fameux Procès de Para- 
dis qui met aux prises la Miséricorde & la Paix 
plaidant devant Dieu pour la rédemption humaine, 
& d'autre part la Justice 8c la Vérité sy opposant 
au nom de l'innocence de la victime'. Cette allé- 
gorie est ici notablement défigurée : des quatre 
personnages traditionnels, un seul, le dernier, ap- 
paraît '; mais la scène n'est point pour cela simplifiée, 
au contraire : car les trois autres vertus trouvent 
leurs équivalents dans Innocence, Fidélité, Humi- 
lité, avocats de Jésus, Charité, Nécessité, avocats de 
Nature humaine; ici nous trouvons de plus tout un 
personn:! de juges, notaires, 8cc.; le débat enfin est 
repris jusqu'à trois fois devant des juridictions diffé- 
rentes (Loi de Nature, Loi d'Ecriture, Loi de Grâce). 



I. Sur ccitc alléi»oric, qui remonte au moins au douzième siècle, 
voyez Petit dk Jullevili.e, II, 35c), note. Son succès avait été si vif que 
le dcbaf qui en l'ait le fond se retrouve à maintes reprises (souvent 
réduit à deux personnages} dans le mystère du Vieil Testament^ où 
il est souvent médir)creiiient amené. — M. Thomas [loc. cit. p. 'SHy) 
paraît se tromper lorsqu^il identifie nntvc Juf(ement Je Jésus i\\ ce un 
Contrast de Natura Iliimaua am lo demoni infernal^ lo quai contrast 
fouc déterminât per Dieu lo paire, qui fut joué sur la place du 
Marché-Neuf à Rodez le 3 avril 1440; le démon ne paraît point & 
ne pouvait guère paraître dans un iiKjrceau identique ou analogue 
au nôtre. Ce Contrast devait â notre avis se rapprocher beaucoup 
plus du débat entre .lusiice & Miséricorde que nous retrouverons 
dans le Jugement flânerai [v. GGGi ss.) & qui roule sur le sort défi- 
nitif des àmcs des damnes; la Vierge essaie de le trancher, mais il 
ne l'est dchnitivemciit que pa'- Jésus-Christ. 

-i. X'ériie joue ici un rùle diametialcment opposé à celui qui lui 
est ordinairement assigné, puisqu'elle plaide pour l'homme contre 
Jésus. 



INTRODUCTION. xiij 

Ce n'est plus en effet un simple débat, mais un 
véritable procès, où sont observées, avec une exacti- 
tude dont la rigueur louche à lenfantillage, toutes 
les formes de la justice d alors. Par son réalisme pé- 
dantesque ce morceau caractéristique porte bien la 
marque de son époque ; il est curieux aussi par le 
nombre de personnages allégoriques qui y figurent 
& qui montrent à 1 évidence l'influence exercée jus- 
qu'au fond du Rouergue par les Moralités alors si 
fort en honneur dans les pays de langue française. 
Cette modification de la vieille allégorie est en 
somme assez originale & le paraîtrait peut-être da- 
vantage si elle n était gâtée par lextrême mala- 
dresse de Texécution. Il nous semble malheureuse- 
ment difficile d en taire honneur à Tauteur rouergat, 
car nous en retrouvons ailleurs les traits les plus 
caractéristiques : dans une moralité de Jean d'Abon- 
dance', Nature humaine* demande à la Vierge de 
lui sacrifier son fils; celle-ci en appelleen vain à Noé, 
à Moïse, à saint Jean, à Siméon & au v Roi Souve- 
rain » qui tous la condamnent. C'est exactement, 
comme on le voit, le cadre utilisé trois fois de suite 
par notre auteur. L'idée même des trois juridictions 
devant lesquelles la cause est appelée ne lui appar- 

1. Petit de Julleville, Répertoire du Théâtre comique en France 
au moyen âge, p. 94. Nous n'avons pu malheureusement lire le texte 
de cette pièce, non plus que de celle dont il va être question ; nous 
ne les connai$î>ons que par les courtes analyses de M. Petit de Jul- 
Jeville. 

2. Il est souvent question de Nature humaine dans les Passions 
françaises, mais elle n'y forme point un personnage comme ici. Dans 
Grcban (v. 2700 ss.) on saisit pour ainsi dire sur le fait le passage 
de Pidée abstraite à la personnification. 



xiv MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

tient peut-être pas : une autre Moralité, attribuée à 
Pierre du Val *, met en scène Loi de Rigueur 8c Loi 
de Grâce. Ces deux pièces ne sont, il est vrai, anté- 
rieures ni Tune ni l'autre au commencement du 
seizième siècle; mais à cette époque on ne faisait 
plus guère au théâtre que reprendre des thèmes déjà 
traités, & elles avaient évidemment des modèles qu'a 
pu connaître lauteur rouergat. 

Les quatre épisodes de la Résurrection de Lazare ^ 
du Repas che^ Simon ^ de VEntrée à Jérusalem 8c de 
la Cent devaient être ordinairement considérées 
comme faisant partie intégrante de «la Passion*. 
C'est ce qui explique qu'ils aient été ici placés après, 
non avant le Jugement de Jésus. Notre Résurrection 
y^de La'[are n'est directement inspirée par aucune des 
versions de cet épisode que nous connaissions^. Il 
faut supposer ou que l'auteur a eu sous les yeux un 
déplorable modèle, ou, ce qui nous paraît beaucoup 
plus probable^ qu'il a fait œuvre originale en bien 

1. Petit de Jullevillb, op. cit., p. 86. Nature humaine paraît aussi 
dans cette pièce. 

2. Dans rÉvangile de saint Jean, de tous le plus souvent utilisé 
peut-être par les dramaturges, le récit de ces événements précède 
immédiatement celui de la Passion & forme avec lui un drame dont 
Punitc est visible. Le premier & le troisième, qui mirent le comble 
à l'exaspération de la Synagogue, expliquent du reste le fait histori- 
que de la condamnation de Jésus. 

3. Nous avertissons une fois pour toutes qus nous n^avons pu con- 
sulter aucun des Mystères français inédits; nous avons dû nous 
contenter pour eux des excellentes analyses de M. Petit de Julie- 
ville. Nous devons à Textrcme obligeance de M. P. Meyer communi- 
cation d'une copie de la Passion du manuscrit Didot. — On sait que 
M. Chabaneau a publié des fragments assez étendus de ce texte 
(Revue des langues romanes, XXVI», i885, p. 8-23; XXXII, i888, 
p. 343-5) sur lequel il avait antérieurement présenté de très pré- 
cieuses observations {ibid., XVn, 3o3; cf. XXVIII, 53-65). 



INTRODUCTION. XV 

des endroits : la trivialité des idées & la platitude du 
style y dépassent en effet tout ce que Ton peut ima- 
giner*. Une idée qui lui paraît personnelle est celle 
de &ire intervenir, à titre jj'amis de la &mille de 
Lazare, des personnages que nous retrouvons dans 
d'autres morceaux (Centurion, Nicodème, Joseph 
d'Arimathie)*. Au contraire, celle de faire faire à 
Lazare le récit de ce qu'il a vu en enfer ne lui ap- 
partient pas : on trouve en effet ce récit, sous une 
forme passablement différente, dans divers drames 
français^. 

Pour le morceau suivant, nous avons le bonheur 
de posséder la source directe de l'écrivain rouergat : 
c'est à cette circonstance que nous devons de pouvoir 
nous rendre un compte parfaitement exact de ses 
procédés de composition ^. Dès les premiers vers, on 

1. Ce jugement sévère sera expliqué &, nous l'espérons, justifié un 
peu plus loin (p. xxiv ss.)- 

2. Nous verrons à plusieurs reprises l'auteur employer ce même 
moyen pour donner à son œuvre une unité factice. 

3-. Par exemple, dans la Passion du manuscrit de S'«-Geneviève 
(Jubinal, II, 171) & dans celle de Greban (v. 15784 & suiv.). Un 
fragment d'une autre Résurrection de Lai^are, qui était beau- 
coup plus courte, a été inséré sur un feuillet resté blanc (voy. 
p. 285). Cette version était précisément celle que contenait avant sa 
mutiicition le manuscrit Oidot; les sept derniers vers de notre frag- 
ment sont à peu près identiques aux passages correspondants de la 
Passion Didot, qui n^a conserve pour tout cet épisode que quinze 
vers publiés par M. Chabaneau [Rev. d. l. rom., xxviii, p. 7). Nous 
inclinons à croiie que ce fragment était aussi inscrit au « livre », 
car nous savons qu'il en était ainsi d'un autre fragment qui se pré- 
sente exactement dans les mêmes conditions (voy. note de la 
pngo 287); il en résulterait cette conclusion assez importante que le 
fl livre », comme le volume conservé, était une compilation em- 
pruntée à des sources diverses. (Nous allons voir en etTet que la 
Passion proprement dite ne reproduit pas celle du manuscrit Didot 
dont il va être question.) 

4. Voyez plus loin, p. xxiv. 



XVJ MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

peut relever quelques membres de phrases qui se re- 
trouvent çà & là dans le passage correspondant de la 
Passion gasconne du quatorzième siècle que nous a 
conservée le fameux manuscrit Didot'} puis, tout 
à coup*, la ressemblance devient frappante & se 
poursuit, sauf quelques additions ou suppressions, 
jusqu'au moment (v, 2576) où Jésus ordonne à 
Pierre & à Philippe d'aller à Jérusalem chercher 
Tânesse & Tânon j cette scène qui dans le Mystère 
Didot est placée ailleurs 8c qui n'y est indiquée que 
par une courte rubrique (v. 3 17) reçoit ici un déve- 
loppement assez long &, semble-t-il, assez original^. 
Une fois entré à Jérusalem, Jésus montait en 
chaire & prononçait devant les Juifs assemblés un 
sermon qui se trouvait au « livre n^. Ce sermon 
était suivi de la Cène^ & de la Passion, 

i. Nous n'ignorons pas les objections que peut soulever celte épi- 
thète, aujourd'hui traditionnelle; il pourrait se faire que l'origine 
de ce texte fût catalane. Voyez Chabaneau, Rev. d. L r., xvii, 1880, 
p. 3o3. II faut espérer que la question sera définitivement tranchée 
dans l'édition que M. P. Mcyer promet d'en donner prochainement. 

2. Vers 2434; cf. Passion Didot, v. 352. 

3. Les deux disciples chargés de la mission en question sont dans 
la Passion de Sainte-Geneviève Pierre & Jacques, dans celle de Gre- 
ban & dans le fragment d'Amboise [Romania, XIX, 264) Pierre & 
Jean. (Les deux évangélistes qui font mention de la scène n'en nom- 
ment point les acteurs.) Le personnage du « Rustique » ne se 
trouve dans aucune des Passions que nous connaissons; un « Rusti- 
que » joue un rôle tout difFérent dans un Mystère de Job dont le 
manuscrit est de 1498 (Petit de Julleville, U, 378). Peut-être l'au- 
teur rouergat & celui de ce mystère ont-ils emprunté ce nom à 
une source aujourd'hui perdue. ^ 

4. Voy. p. 99 note. L'habitude d'intercaler des sermons dans des 
œuvres dramatiques était fréquente, depuis les plus anciens temps, 
chez les auteurs français; il y en a notamment un certain nombre 
dans Grcban. V«)y. aussi Petit de Julleville, passim. 

5. Ce morceau n'est pas indiqué à la première table, évidemment 
par oubli. 



INTRODUCTION. Xvij 

Il est bien regrettable que ce dernier morceau, 
qui devait tenir une si large place dans lensemble 
de l'œuvre, ait été transcrit sur le volume perdu. La 
première idée qui se présente à Tesprit est qu'il était 
emprunté au Mystère gascon ; une des scènes immé- 
diatement précédente n'en provient-elle pas en effet? 
Il n'en est rien j les preuves abondent qui nous per- 
mettent de l'affirmer. L'ordre des scènes prélimi- 
naires n'est pas le même j le Mystère gascon les place 
dans l'orcjre suivant : Miracles \ Résurrection de 
La-^farCy Vendeurs chassés du Temple y Femme aduU 
tèrCj Entrée à Jérusalem^ Repas che-^ Simon^ \ 
tandis que la succession^ dans notre texte, est la sui- 
vante ; Femme adultère^ Mitacles, Vendeurs^ La- 
"{are^ Repas che-^ Simon^, Surtout les personnages 
sont différents ^ : nous ne voyons apparaître dans 
notre Mystère ni le père & la mère de l'aveugle, qui 
ont dans l'autre un assez long rôle, ni Longin, ni 
les deux larrons, ni d'autres encore ; inversement le 
drame gascon ne connaît ni ce Botadieu, dont la 
mention, comme Ta déjà remarqué M, G. Paris ^^ 
est si curieuse, ni Gamaliel, ni Nicodème; elle ne 



1. Nous n'avons que celui de i^Vvcuglc guéri, mais cet épisode 
fjuvre la pièce, qui peut être incoinplèic du début. 

2. L'ordre de ces deux derniers épisodes est emprunté à l'Evan- 
gile de saint Matthieu. 

3. Sauf en ce qui concerne le troisième épisode, notre texte suit 
l'ordre de saint Jean. 

4. Quelques personnages, outre les principaux, sont en commun, il 
est vrai, par exemple un Roboam ; mais ce nom emprunté à la Bi- 
ble ne prouve rien ; il se retrouve aussi dans Greban. Le Malquet 
de la Passion gasconne est appelé ici Malcus(voy. p. i36 note). 

5. Journal des Savants, 1891, p. 544. 

III 2 



irviij MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

nomme point les chevaliers chargés de la garde du 
Sépulcre' 8c n'introduit naturellement point non 
plus les personnages dont la seule utilité est de re- 
lier la Passion aux autres parties du drame rouer- 
gat*. Nous devons donc admettre, ou que la Passion 
qui en faisait partie était puisée à des sources toutes 
différentes, ou du moins que la Passion gasconne, 
si elle a été utilisée, a été ici très fortement re- 
maniée 3. 

En revanche elle avait été mise à profit, presque 
sans changements, pour les morceaux suivants : notre 
Mystère de la Résurrection est, à l'exception des 
soixante premiers vers^, rigoureusement calqué sur 
le passage correspondant de la dite Passion. Les 
différentes scènes dont ce Mystère se compose (la 
Descente de J.-C. aux Limbes, le dialogue des trois 

1. Les noms de Galiot & Perseval ne nous paraissent pas pouvoir 
désigner d'autres personnages que ceux-là. 

2. Oliffarty Piquausel, &c. 

3. La Passion rouergate se continuait par un récit de la Résurrec- 
tion (ou du moins de la Descente aux Limbes) faisant double emploi 
avec celui qui nous est resté; en effets au vers 272g (v. p. 102, note} 
Tauteur renvoie au passage correspondant du c livre » qu^il veut 
substituer à la leçon conservée (laquelle est empruntée littéralement 
à la Passion gasconne). 

4. Ce début où les gardes du tombeau viennent raconter à la Syna- 
gogue la Résurrection de Jésus-Christ & où celle-ci essaie d^acheter 

eur silence ou d'obtenir d'eux un faux témoignage, devait servir 
dans la pensée de Pauteur a préparer Joseph d'ArimathiCf où le 
même sujet est traité fort au long, & qui semble inspiré, comme I:» 
Résurrection j par l'Évangile de Nicodème. L'auteur ne s^était pas 
inquiété d'abord de mettre les deux pièces en parfait accord, car 
dans la seconde (v. 4273) Caïphc semble ignorer les faits dont on 
vient l'informer ici ; du reste, il n'était point satisfait de cette partie 
de son œuvre, car (p. 100, note) il Pavait modifiée en y introdui- 
sant Centurion, & il entendait en rc;nplacer certaines répliques par 
d'autres, qui étaient sans doute empruntées au livre », car elles 
ne se rencontrent pas dans notre Mystère. 



INTRODUCTION, XIX 

Maries avec le marchand de parfums, leur visite au 
tombeau où les anges leur apprennent la Résur- 
rection, l'apparition de Jésus-Christ à Madeleine 
& le récit de celle-ci à la Vierge & aux Apôtres, 
lapparition de Jésus-Christ aux disciples d'Emmaus) 
se retrouvent toutes & disposées exactement de même 
dans le Mystère gascon, dont l'auteur rouergat s'est 
borné à transcrire le texte avec une négligence & 
selon des procédés que nous apprécierons plus loin. 
C'est ici que se place dans le manuscrit le long 
Mystère de Joseph dfArimathie qui n est indiqué 
sous ce titre dans aucune des deux tables ' « Ce drame^ 
consacré à peindre la fureur des Juifs à la nouvelle 
de la Résurrection & leurs efforts pour en arrêter la 
divulgation, est fondé essentiellement sur l'Evangile 
de Nicodème. Cet Évangile semble avoir commencé 



I. La seconde, qui est seule complète, ne contient aucune indication 
qui puisse s^y rapporter. La première t'ait suivre immédiatement la 
Passion de la Jusataria, Ce mot, qui semble un composé de Jui[ieu, 
& se traduirait littéralement par a la Juivcrle », peut s'appliquer en 
somme aussi bien à la Synagoga qu'à Joseph d' A rimai hie. Notre pre- 
mière idée, qui est aussi celle de M. Thomas, avait été d'identifier 
Joseph^êi la Jusataria. Mais il est frappant que tous les personnages 
de ce dernier morceau (Melchisedech, Lamec, Zorobabel, Aymo, 
Nazon, Aniquet, Almena, Salatiel, Mathatie) se retrouvent, & à peu 
prés dans le même ordre, dans la Synagoga. La plupart, il est vrai, 
se retrouvent aussi dans Joseph; mais s'il s'était agi de ce dernier 
niorceau on ne s'expliquerait pas que, sur neuf personnages cites, il 
n'y ait aucun des protagonistes du drame. La place même qui lui 
serait assignée ne serait pas tout a tait satisfaisante. Nous suppose- 
rions plus volontiers que l'auteur de la première table avait com- 
mencé par erreur à transcrire de nouveau la liste des personnages de 
la Synagoga, & qu'il s'était arrêté en s'apercevant de cette erreur. Il 
est possible ilu reste que cette première table ait été écrite avant 
Tinscriion, c'est-à-dire la composition de Joseph^ puisque nous sup- 
posons que nous avons fa minute de l'auteur. Peut-être un examen 
minutieux du manuscrit, que nous n'avons plus entre les mains, élu- 
ciderait-il ce point. 



XX MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

à être utilisé au moment oii les auteurs dramatiques, 
voulant pousser le récit de la Passion aussi loin que 
possible, durent chercher des documents sur le len- 
demain de la Résurrection : Jean Michel par exem-| 
pie, & Tauteur de la Vengeance de Jésus-Christ y' 
puisèrent assez largement '. Mais il semble que nuili 
part il n'ait été suivi avec autant de fidélité qu'ici.! 
Il est peu probable néanmoins que lauteur rouergatj 
ait travaillé directement sur le texte } il a en effei 
altéré certains noms*, s'est trompé sur d'autres 5, & ai 
interverti l'ordre de plusieurs scènes^. Mais il en] 
avait un souvenir assez précis (ou peut-être suivait 
il une traduction médiocrement soignée), car tous! 
les événements rapportés par l'Évangile se retrouvent! 
chez lui Se il Wy a rien ajouté d'important^. Il n'esti 
pas tout à fait responsable de la lenteur &c de laj 

1. Petit db Julleville, II, 446 & 451. — Peut-être faut-il en dire 
autant d'Eloi du Mont, auteur d'une Résurrection jouée en i53o qui 
paraît inachevée (Ibid, p. 6o5). Il est bien probable que c^est aussi à 
cette source que sont empruntées les Lamentations des Justes au^ 
Limbes communes à tant de Passions. 

2. Leucius (dans d'autres manuscrits Leoncius) & Charinus de- 
viennent chez lui Elion & Chariot. • 

3. Les deux personnages cités dans la note précédente sont dans 
le texte fils de Siméon, le patriarche qui salua Jésus enfant au Tem- 
ple; il en fait les fils de Ruben, par une confusion entre deux nom? 
que la Bible associe, maïs qui désignent des personnages d*une tout 
autre époque. — \\y2id2ins\t Jugement général une méprise du inênie 
genre, qui est assez plaisante : le nom de Raguel qui, dans la Bible 
{Tobie, VI), est celui du parent de Tobie, devient celui d'un ange, par 
confusion avec Raphaël. 

4. 11 met en scène la délivrance de Joseph aussitôt après son in- 
carcération ; dans l'Evangile le récit de cette délivrance est place 
beaucoup plus loin; il coupe en deux l'histoire de Joseph par la 
scène des morts ressuscites qui, dans l'Evangile, vient à la suite de 
cette histoire. 

5. Certains passages sont traduits à peu près littéralement, par 
ex. les V. 4412-3. 



INTRODUCTION. XXJ 

confusion avec lesquelles les scènes se déroulent dans 
son œuvre, car il trouvait dans son modèle, non 
sans détriment pour la clarté du récit, deux sujets 
enchevêtrés, les poursuites dirigées contre Joseph & 
les progrès faits d'heure en heure par Tidée de la 
Résurrection ; mais il faut avouer qu'il n'a rien tenté 
pour atténuer ce défavit : il a au contraire alourdi 
encore Tallure du récit en le compliquant d'allées 8c 
venues ou de scènes parfaitement inutiles' & en y 
introduisant un nombre vraiment excessif de per- 
sonnages secondaires*. 

\J Ascension de Jésus est un épisode qui est traité 
dans la plupart des Passions du quinzième siècle; 
il comprend ici huit cent cinquante-un vers & se 
compose essentiellement de deux sermons qui n'of- 
frent rien de bien intéressant^. 



1. Celles par exemple où Gamaliel donne une consultation à Cen- 
turion, ou intervient auprès des ressuscites. 

2. On ne trouvera pas moins de six messagers par exemple. Peut- 
être Fauteur voulait-il donner des rôles à des amateurs disposés à se 
contenter de peu. 

3. Les seuls passages un peu curieux ont été publiés par M. Tho- 
mas ; /oc. cit.). Voici du reste une analyse du morceau : 

Nostra Dama, les apôtres, Maria Jacobi, Maria Salome & la Mag- 
dalena se préparent à recevoir Jésus & dressent la table. Jésus appa- 
•Mît; sa mère & les apôtres lui souhaitent successivement la bien- 
venue (v. 1-97); Jésus leur annonce qu'il va se séparer d'eux, mais 
qu'auparavant il veut partager leur repas (98-126). Après ce repas, 
Jésus fait un ser.non où il proaiet le salut à ceux qui observeront 
les ^ix commandements de Dieu & qui croiront aux cinq articles de 
la roi, qui sont : i* la Conception ; 2* la Nativité ; 3* le Crucifiement ; 
4' la Descente aux enfers; 5* la Résurrection. Il ajoute que le 
>ixicme, la transmission du Saint-Esprit à ses apôtres, est sur le 
pinidc s'accomplir & que le septième sera le Jugement dernier. 
i'uis il leur ordonne d'aller prêcher par le monde l'Evangile & 
l'K-riture ^v. 127-245). Les apôtres s'agenouillent, Jésus les em- 
brasse, appelle sur eux la bénédiction de son père & s'élève au ciel 

V. 246-261). Les anges chargés de la garde du Paradis refusent de le 



Xxij MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Le Jugement général^ qui est par surcroît une 
sorte d'Enfer, paraît au premier abord plus original : 
il ne nous reste en effet aucune composition anté- 
rieure sur ce sujet '. La seule où il soit traité est un 
Mystère représenté à Modaneen i58o*. Cependant, 
à y regarder de près, on est tenté de conclure que 
notre auteur a travaillé sur d'assez nombreux docu- 



recevoir lorsqu'arrive Dieu le l^ère, qui accueille son rils avec trans- 
port. Jésus lui demande d'envoyer le Saint-Esprit à ses apôtres 
(v. 263-356); Dieu le Père accède à ce désir, & dès que rKsprit-Saini 
est descendu sur eux sous forme de langues de feu, saint Pierre se 
met à prêcher. 

Il prend pour texte de son sermon : Qui habet aures audienJi au- 
diat &, après quUl en a expliqué le sens en romans segon lo cornu 
lenguatge, les anges commencent à chanter : 

Revelha te, revelha. fin cuer jolhy, 

So que mon cuer désira no es pas aisy ! 

Saint Pierre, appliquant ce texte à ses auditeurs, les exhorte à se 
réveiller de Pétat de péché & à appeler le Grand médecin qui seul 
peut les guérir & qui ordonnera d'abord un bon jolep , puis une 
bonne medesina (v: 357-475). C'est pourquoi son sermon aura trois 
parties : 

Permieyramen sera del jolep (v. 476-642 ), 

La segonda sera la medesina (v. 643-733.), 

He la tersa veramen sera 

De la dieta que lo malaute tenra (v. 734-803). 
Il développe ces trois points dans un langage semi-médical, semi- 
théologique où il assimile les péchés aux humeurs du corps, & il 
termine en engageant tous les peuples à revenir à la foi catholique. 
Melchisedec, au nom de ceux de Rome, s'étonne un peu de la 
science dont saint Pierre vient de faire preuve (v. 804-822) & c'est 
alors que Aymo, Lamec, Habiathar, &c., s'expriment dans un cha- 
rabia grotesque (Voir Annales du Midi, II, 414) qui représente pour 
l'auteur l'égyptien, le crétois, l'arabe, &c. (v. 823-848). 

1. Il a dû être, ainsi que l'Ascension, composé après les autres 
morceaux. Dans la pensée de l'auteur, Joseph d'Arimathie devait 
primitivement clore le cycle, car il se termine par une tirade de la 
crida qui devait marquer la tin de la représentation. 11 est à remar- 
quer que l'auteur a rattaché ce drame aux autres parties de son 
œuvre (cf. plus haut p. xvni) en y faisant reparaître certains person- 
nages qu'il avait déjà mis en scène, par exemple Zorobabel, Aymo, 
Abiathar, Lamec. 

2. Voy. Petit de Julleville, II, 460. 



INTRODUCTION. XXÏl] 

ments. Il est possible que le cadre, qui est simple Se 
bien tracé (Jugement des démjns, des Juifs, des 
païens, des mauvais chrétiens),* soit de lui ; cepen- 
dant il pouvait être traditionnel, car du jour où on 
eut ridée de mettre en scène le Jugement général, 
il ne semble pas qu'un autre ait pu se présenter à 
l'esprit. Quant aux épisodes les plus saillants, lau- 
teur les trouvait déjà sans doute à Tétat de lieux 
communs dans la poésie de son temps; le plus ori- 
ginal , celui qui nous représente les sept péchés 
capitaux successivement jugés* Se torturés par des 
démons déterminés, devait lui être antérieur^; cette 



1. C'est évidemment pour être jugés quMls paraissent dans le Mys- 
tère de Modane. 

2. Ces démons sont dans notre texte Asmodeus, Âstaroth, Belfé- 
gor, Bélial, Belzébuc, Léviathan, Lucifer, Mamona, Satan, Véhémot ; 
ils représentent respectivement (sauf Astaroth, Belzébuc & Véhémot 
qui ne représentent aucun vice en particulier) la Luxure, la Paresse, 
la Colère, la Gourmandise, l'Orgueil, l'Avarice & l'Envie. Cette même 
liste de noms se retrouve, plus ou moins complète, dans la plu- 
part des textes dramatiques du quinzième siècle; les Mystères al- 
pins les donnent tous, sauf le troisième & le dixième; ils sont tous 
aussi, sauf le quatrième, le septième & le neuvième, dans Jean Mi- 
chel ; le Ludus Sancti Jacobi connaît le quatrième, le sixième, le sep- 
tième & le neuvième; le Vieil Testament le premier, le deuxième, 
le sixième & le huitième. Quant aux supplices eux-mêmes, qui se 
retrouvent à peu près tous, un peu différemment distribués, dans les 
Mystères alpins, ce n'est point ici le lieu de rechercher à quelle 
.source l'auteur rouergat a pu en emprunter l'idée ; il semble avoir 
«appliqué avec une intelligence médiocre le principe du contrappasso, 
dont Dante avait tiré des effets si saisissants : il fait avaler de l'ar- 
gent fondu aux avarjes, des serpents aux gourmands, & enân aux or- 
gueilleux (car il semble affectionner les supplices par absorption) du 
plomb fondu, peut-être parce qu'il considérait le plus lourd des mé- 
taux comme le symbole de cet abaissement dont l'Écriture menace 
les superbes. Remarquons que les supplices réservés aux trois der- 
niers péchés (Colé'-e, Envie, Paresse) sont très rapidement indiqués, 
Ce qui induirait à croire que l'œuvre a été écourtée. — Sur les 
croyances du moyen âge relatives à l'Enfer, voy. Schiavo dans 
Zeitschri/t fiir rom. Phil. XVII, p, 90 ss. 



XXÎV MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

conception de divers démons présidant en cette vie 
aux différents vices 8c chargés de les punir dans 
l'autre est en effet extrêmement fréquente dans l'art 
Se la poésie du quinzième siècle'. Il est donc très 
probable que les différentes scènes de son drame lui 
étaient fournies d'avance Se que son originalité n'a 
guère porté ici que sur la forme. 

De tout ce qui précède il résulte que notre au- 
teur avait une érudition dramatique assez considé- 
rable, & qu'il avait utilisé pour sa compilation des 
sources nombreuses 8c diverses dont la plupart sont 
aujourd'hui perdues^. Il nous reste à examiner 
maintenant comment il procédait à leur égard 8c 
ce qu'il faut penser de sa part d'invention. 



III. 



Avant de découvrir les fragments de la Passion 
gasconne qu'il a imités, nous étions fort embarrassés 
pour répondre à la première de ces questions. Corn- 



1. La correspondance entre les démons &. les vices est sensible- 
ment difliîrente dans les Mystères alpins. Voy. P. Guillaume, Le 
Mystère de Sant Antoni de Viennes, Introd., p. lxxvii Sur les repré- 
sentations figurées des péchés capitaux dans le sud-est de la France 
voy. le même ouvrage, p. lxiv. On vient encore de découvrir tout 
récemment une série de tVesques sur le même sujet dans Téglise de 
Pervillac (comm. de Montaigu, arrond. de Moissac), à peu de dis- 
tance de la patrie de nos Mystères (Voy. Bulletin de la Société ar^ 
chéologique de TarnS^Garonney i8g2, p. 33^/). 

2. Un grand nombre de noms de personnages se retrouvent dans 
d'autres œuvres dramatiques qui devaient avoir avec notre Mystère 
des sources communes; ainsi le Vieil Testament a un Gordelamor 
(par altération du Chodorlahomor du ch. XIV de la Genèse) & un 
Abiachar, Greban un Trote-Menu (Voy. App. 11, v. i), &c. 



INTRODUCTION. XXV 

ment pouvait s'expliquer ce dédain absolu de toute 
règle de versification'? L'auteur voulait-il réelle- 
ment écrire en vers 8c s'était-il, par ignorance ou 
mépris de son public, contenté à très peu de frais? 
Ou bien avait-il sous les yeux un texte correctement 
versifié qu'il aurait altéré de gaUé de cœur par la plus 
inconcevable négligence ou un parti pris plus incon- 
cevable encore ? Cette dernière hypothèse, quelque 
invraisemblable qu'elle pût paraître, était cepen- 
dant fondée : c'est d'un texte versifié régulièrement, 
ou à peu près, que l'auteur rouergat a tiré ce mons- 
trueux compromis entre les vers & la prose*. 11 n'a 
du reste suivi rigoureusement aucun système; il n'y 
a, dans de longs passages, qu'un écho lointain du 
texte original, comme si ce singulier copiste avait 
lu, avant de les transcrire Se avec la seule préoccu- 
pation d'en retenir le sens général, un certain nom- 
bre de vers, dont quelques expressions éparses lui 

1. Nous avons rigoureusement reproduit dans rimpriiné la dispo- 
sition du manuscrit; il y a, comme on peut le voir, des lignes de 
toutes dimensions, de quatre (gSo) à quinze syllabes (1430). L^examcn 
le plus superficiel suffit pour se convaincre qu'il est impossible de 
les rattacher à aucun système connu de versification. On pourrait 
croire au premier abord que les corrections, dont un grand nombre 
émanent de la même main que le texte, avaient pour objet de 
rapprocher celui-ci de sa pureté primitive; il n'en est rien, car la 
plupart du temps elles ne l'améliorent pas, & parfois même le gâtent 
encore plus (voir les variantes des vers 25g, 265, 267, 276, 476, 827, 
903, iSyo, &c.); on trouve jusqu'à des additions comme H or sa. La 
plupart des corrections de la première main n'ont aucune impor> 
tance ni pour le sens ni pour la forme; quelques-unes de celles de 
la seconde main ajoutent quelques mots dont l'intérêt est purement 
théologique (voyez par ex. v. 1546, 1557-8, &c.) ou ont pour objet 
de compléter les indications de mise en scène. 

2. Nous ne l'afrirmons naturellement que pour les morceaux imi- 
tés de la Passion gasconne; mais le même système a dû être suivi 
dans les autres parties de l'œuvre non originales. 



XXVJ MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

seraient restées dans la mémoire' ; ailleurs Tidentité 
est presque complète, comme s'il avait eu les yeux 
constamment attachés sur son modèle, sans cepen- 
dant viser jamais à le reproduire rigoureusement. 
Quelques-unes des altérations qu'il lui fait subir 
s'expliquent par l'introduction de formes ou de locu- 
tions propres à son temps 6c à son pays : on comprend 
par exemple qu'il ait employé ici comme ailleurs les 
pluriels allongés des adjectifs terminés en s^ les pre- 
mières personnes du présent de l'indicatif terminées 
en ij les formes iaibles des parfaits jadis forts, les 
présents du subjonctif à forme inchoative*, !k que 



I. Comparer par exemple nux vers 2^02 & suivants le passage cor- 
respondant de la Passion gasconne (v. 33o & suiv.) : 

Senher, hieu suy deuant tu vcngut 

£ per las grans vcrtut tuas 

Tu mi dona, ait plat, un do, 

Que aDc re ooni sab tant bon ; 

Lo don qu'eu qner hes aytal 

A tu que es bos he leyals, 

E tu he tos compayhos, 

Vuuhas I08 mais, vuelhas los bos (ms. tos). 

Esta huey ab mi, si ti plat. 

E que manges en mon palayt, 

E promet te per veritat 

Tos temps may m'en tendray per honrat. 

Far ho deus ses contendement, 

Que te promet! leyalment 

Que lonc tems t'ey amie estât, 

E raotas vetz t'ey dezirat 

Que be pogues far ton plazer, 

Car leyal hom es he sant, per ver, 

E puys que vezet que an bona volontat 

T'o quer aysi de bon grat, 

Senher, no remangua per res 

C'ab mi no t'en n'anasas ades. 

Respon Jhetus a Simon enaysi : 

Simon, a far vey quem cove, 
Tant parlas tu he dizes be, 
E per ho car ta bc as dit 
Vulh ton coratge sia complit. 



2, Voy. plus loin, p xlij, n* 37. 



INTRODUCTION. , XXVÎj 

l'emploi de ces divers traits propres à sa langue aient 
donné à la versification un assez grand nombre 
d entorses^ mais dans d'autres cas, les substitutions 
ou additions qui la détruisent nous paraissent abso- 
lument arbitraires'. On peut supposer, sans trop 
d'invraisemblance, si l'on ne veut pas croire à une 
négligence jusque-là sans exemple*, que l'auteur, 
ayant l'intention d'ajouter çà Se là quelques mor- 
ceaux qu'il ne voulait pas se donner la peine de 
versifier correctement, aura volontairement altéré 
ceux qu'il copiait pour rendre moins choquant le 
passage des uns aux autres. 

Ces altérations en effet n'intéressent point seule- 
ment quelques mots isolés Se n'ont point pour uni- 
que fin de détruire la mesure des vers : il a voulu 
parfois Éaire œuvre originale, abréger^ ou amplifier 

1. Peut-être faut-il ranger dans la première catégorie des expres- 
sions comme vos autres [2.b2'j) pour vos, suffertada (2731) pour suf^ 
ferta, dones (syB-i) pour ^o, dont la syntaxe s^accommodait mal ; mais 
ce sont des substitutions purement arbitraires que celle de per veri- 
tat (2745) à per ver, de ostar (2746) à tolre^ de potestat à poder, de 
avet^ perdut à perdit (2746 & suiv.), ou encore celles de Dieu lo 
Payre, Nostra Oamay &c., à Dieu ou Maria, qui reviennent sans 
cesse. Que dire enfin de cette effroyable consommation d^idverbes 
aussi nuisibles à la mesure qu*inutiles au sens, tels que encontinen, 
certanameftf verayamen, &c. r 

2. La littérature provençale, même à son époque de plus profonde 
décadence, ne nous offre rien de comparable ; la versification des 
Mystères alpins est presque correcte; celle du Ludus sancti Jacobi, 
quoique très négligée^ l'est infiniment moins que celle de notre 
texte. 

3. Dans la Résurrection, par exemple, le rôle de Madeleine, on ne 
\oit pas bien pourquoi, a subi un certain nombre de coupures : on 
en trouvera aux vers 2979 (18 vers), 2983 (10 vers), 3041 (2 vers), 
3075 (8 vers). La suppression la plus notable est celle d'un long mor- 
ceau (prés de deux cents vers) où Judas racontait Thistoire légen- 
daire renouvelée de celle d'Œdipe que le moyen âge lui attribuait; 
mais notre auteur, toujours négligent, en a laissé subsister quelques 
traits, qui, ainsi isolés, sont peu intelligibles (v. 2534). 



XXviij MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

certains morceaux. Sesadditions sont encore plus sou- 
vent fâcheuses qu'inutiles. La plus notable a eu poui 
effet rallongement des rôles de Thôte 8c de Thôtesse 
dans le Voyage à Emmaïïs : notre auteur ne trouvait 
dans son modèle ni les paroles de défiance que le 
premier adresse aux apôtres à leur arrivée dans sa 
filaison', ni le passage assez ridicule où le même 
personnage & sa femme essaient de s'expliquer ce 
qu'est devenu le troisième pèlerin Se se demandent 
si les deux autres ne lauraient pas tué Se enterré, 
ni enfin le débat qui s engage au sujet du paiement. 
Le réalisme vulgaire dont sont empreintes ces addi- 
tions nous engage à considérer également comme 
propres à notre auteur les autres scènes qui présen- 
tent le même caractère*. Leur inutilité parfeiite se- 
rait peut-être un motif suffisant pour lui attribuer 
également ces scènes ou tirades de remplissage qui 
rendent si pénibles la lecture de son oeuvre^. Quant 
à celles où ces deux caractères sont réunis, elles nous 
semblent porter manifestement sa marque de tabri- 



1. Cette addition lui paraissait si importante, qu'il n'a pas hésité à 
intercaler un feuillet supplémentaire pour l'introduire. 

2. Celles par exemple où les gardes & les cricurs semblent prendre 
plaisir à taire parade de leurs défauts habituels, la brutalité & Tivro- 
gnerie (v. 3458 & suiv., 3700 & suiv., 4481 & suiv.). Ce réalisme est, 

. comme on le sait, un des traits distinctifs du théâtre de cette époque. 
On retrouve le pendant exact de ces scènes dans la plupart des Pas^ 
sions françaises. 

3. Quand plusieurs personnages jouent des rôles analogues, il n'a 
pas ridée de faire de Tun d'eux le porte-parole de tous, & les mêmes 
pensées, exprimées à peu près sous la même forme, reviennent autant 
de fois qu'il y a de personnages : voyez par exemple dans Joseph 
d'Arimathie les discours des divers membres du conseil (v. 338o ss.). 
Les moindres subalternes ne savent point recevoir un ordre sans y 
répondre par trois ou quatre vers. 



INTRODUCTION. XXix 

que*. Peut-être trouvera-t-on ce jugement bien sé- 
vère j nous le croyons juste pourtant : c'est en effet 
dans les morceaux pour lesquels il nous semble avoir 
eu le moins de modèles que s'étalent le plus com- 
plaisamment ces défauts, ainsi que beaucoup d'au- 
tres*. Nous ne voudrions pas trop y insister; mais 
il est difficile de ne pas relever dans le Jugement 
de Jésus ^ Joseph (VArimathie & le Jugement général^ ^ 
l'extrême maladresse de la composition^, l'inutilité 
& le décousu de certains hors-d'œuvre ^ , enfin 
l'incommensurable naïveté de quelques anachro;iis- 
mes dont nous n'aurons pas le courage de nous 
égayer ^. 



1. Dans Joseph d'Arimathie (4126) on ne se contente point de re- 
quérir un crieur, mais on l'envoie lui-même chercher sa trompette. 
Voyez aussi (4812 ss.) la scène entre le trésorier & Mal boyso partant 
pour la Galilée. 

2. Ne pourrait-on ajouter, sans être pour cela taxé de malveillance 
systématique, que le style de notre auteur, qui est bien sa propriété, 
ne témoigne guère en faveur de son intelligence & nous autorise à 
lui attribuer les pires défauts d'invention & de composition i 

3. C'est aussi dans ces morceaux, ainsi que dans la Création, que 
sont semées avec la plus choquante prodigalité les chevilles comme 
scrtanameriy encontinen, &c. 

4. Voyez ce qui a été dit plus haut de Joseph d'Arimathie. 

5. Par exemple dans le Jugement général les interminables plai- 
doyers que prononce chaque classe de coupables & auxquels Dieu 
prend la peine de répondre point par point, le débat deux fois traité 
entre Justice & Miséricorde, la sentence d'arbitrage plus que con- 
fuse '/>7i3 & suiv.) de Notre-Dame, le jugement de la Mort & de la 
Vie, intercalé bizarrement ((J84ri & suiv.) à propos de la question 
du sort des enfants morts sans baptême (6712 & suiv.), &c. 

6. Les apôtres parlent, par exemple, de sexte & de vêpres (v. 444); 
l'hôtelier du voyage d'Eminaûs jure par saint Matthieu (v. 322 r); 
Joseph d'Arimathie dit ses matines & « fait du sanctificetur 
(cf. les discours de Joseph & de Centurion dans La^^are. p. 72-3). 
Jésus-Christ parle fréquemment de la « vraie croix » (v. 7197 &c.) » 
ailleurs il est question du vendredi saint (v. 5071). Quelques détails 
sont aussi d'une bien amusante naïveté : Jésus-Christ parlant de son 



XXX MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Ces défauts sont loin d'être compensés par Tinté- 
rêt que présentent certains traits de mœurs assez 
curieux, & les rubriques si abondantes en détails 
sur la mise en scène'. Le plus grand intérêt des 
textes que nous publions est donc en somme de 
nous fournir un spécimen étendu de la langue par- 
lée en Rouergue vers le milieu du quinzième siè- 
cle*. Aussi ne croyons-nous pas pouvoir nous dis- 
penser d'en énumérer les principaux traits 3. 



IV. 



PHONÉTIQUE. 

Voyelles. — i. Le changement en o de a toni- 
que latin suivi de n simple, qui est aujourd'hui 
régulier en rouergat, ne se rencontre ici que rare- 
ment : démo. On trouve une fois le même change- 
tombeau, fait remarquer que a certes il était fort beau » (v. 7124); 
en plein Jugement général Dieu exhorte les juges à mieux remplir 
leurs devoirs à Tavenir. CL aussi « le linbe dç Sinu Abrae d 4679 &c> 

1. Cependant elles nVnrichissent qu^assez peu nos connaissances 
sur ce sujet. Nous ne ferons remarquer que Pexistenced'un « tombsl » 
(rubrique de i5i), sorte de trappe pratiquée dans le plancher de la 
scène, & de mannequins destinés à être substitués « secrètement » 
aux personnages sou. iiis ix des tortures diverses (rubrique jiO"}. 

2. Les textes de cette date & de cette région sont assez rares : on 
en trouve cependant une série dans le manuscrit fr. r852 de la 
Bibl. nat., dont M. P. Meyer a donné récemment une notice & des 
extraits {Bulletin de la Société des anciens textes français f 1890, 
p. 75). 

3. Cette introduction dépassant déjà les limites prévues, nous 
nous abstiendrons de tout rapprochement avec les textes roucr- 
gats des époques voisines. V'oyez sur ce point L. Constans, Essai 
sur l'histoire du sous-dialecte du Rouergue, pp. 219-246. 



INTRODUCTION. XXX] 

ment devant nt : ont (=■ a ne. fr. ains)f maïs les 
formes ant^ an sont beaucoup plus fréquentes. 

Le suffixe ^arius^ a, est représenté constamment 
par -ier^ -ieira. 

Le changement de a final atone en o est en- 
core très rare : ago {abeam)^ como 6078, foro^ 
sio. 

a protonique initial est omis constamment dans 
le mot brat Se ses composés. 

L'habitude gasconne de préposer a à r se trouve 
(sans redoublement de IV) dans areguardar^ arigolar. 
Cf. aqualque. 

Inversement a organique est omis dans potîcari 
7834. 

a atone s'affaiblit en e dans gasenhat, guasenha- 
r^tj, segramen. 

2. e tonique devant l devient oe dans novoel. 

e atone passe très fréquemment à a : avesques 
5oo3y davalar, entarar, tarible 6086, tranblar. Il 
devient i dans chivalier, disirada^ guirira, mialha 
4480, miravelhat. 

e (pour a) en hiatus avec u disparait dans benu^ 
rat 1602. 

L'omission de e prosthétique, trait essentielle- 
ment rouergat, est très fréquente (voy. le Glossaire 
à jc, spf st) & se trouve même après une consonne : 
per scrich 3o26^ en scrich 3189, an nos staret-^. Cf. 
pourtant escapar^ escotar, &c. 

e inorganique apparaît dans anbe iSiiycarseren 
5976, inferen. 



ZXxij MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

3. i protonique passe à e par dissimilation quand 
il précède un autre i : avarecîa^ comessio^ deresiouj 
desipado j devinai, eniquitat , malecia^ menteria^ 
relegioj resestir^ resia^ vesitar. Parfois le deuxième i 
lui-même passe à e : devenitat^ devesiou^ emagenava, 
enebitiOj ensannetat, escreptura ^ j'elecitat. Il passe 
à a dans guasardo^ à u dans refrugeri^ pruon 289, 
pruonda 388 (Se priou 706), avec métathèse des deux 
éléments dans contuniat'^. 

Il est à peine besoin de noter que i est souvent 
remplacé par j^, à l'initiale comme dans le corps des 
mots. 

L'influence de mots en i final atone Se des mots 
latins en -iiim amène la création analogique de subs- 
tantifs comme acordi 6745, disîpli ^ contuni^ espasi 
7163. 

4. o bref tonique est traité fort irrégulièrement : on 
a d'une part vol, cor 4910, loc Jiji^ 8c d'autre part 
fuoc 2768, vuol (cf., par analogie, vuolguda 5657). 

o atone quoique noté encore par o, commençait 
peut-être à se prononcer ou : noualha R 7880, 
Noualhos 7881. 

o plus n à la iinale devient souvent ou^ ce qui 
est encore un trait proprement rouergat : deresiou^ 
passion 202, 294, priou ^ pruou^ visiou gSS. Ou 
est souvent remplacé par eu^ qui doit représenter 
un son très voisin : abusieu 3^oSy pacieu^ upinieu. 
On trouve plus rarement o, qui n'est qu'une graphie 
archaïque (voy. passio : meu 6730) : benedictio 457, 
passio 435, redemptio 436, rejectio 459. 



INTRODUCTION. XJmi) 

tonique & atone devient u dans um (p. 6i) & 
turmentar. 

5. u long atone passe à i d^ns trifava; il de- 
vient dans Jofieu R 4763. 

Diphtongues. — 6. ai tonique devient iei : iei 
(habâo)'y de même tous les futurs sont en -iVf, ce 
qui est un des traits caractéristiques de notre texte 
(voy. Gloss.). 

7. ^i se réduit à i dans metisa R 2999, au tria- 
das^ priso 823. 

8. eu passe à au dans toute la conjugaison du 
verbe desaubre (cf. conseubre). 

9. ue est très fréquemment réduit à w .• aculhir^ 
pusquam , vulham, vulhatf. Cf. pourtant pues^ 
quo^ vuelhasj &t. (voy. au Gloss. poder^ voler). 

10. Le second élément de ui tonique disparaît 
dans autru (cf. autrui i338)j la 1289 (cf. lay 1292) 
est peut-être emprunté au français. 

Consonnes. — 11. J. Le changement gascon 
de i en V ne se rencontre qu'une fois : vailada. 
b médial tombe dans proar. 

12. r. Le son sifflant de c devant e, i, est noté 
très souvent parx (voy. Gloss. à /). Le son dur de 
la même lettre devant a^ o est souvent représenté 
par quy devant z/, par q : aplyquadoyra, avoquar^ 
destaquary esquantir^ exequtio ^ inquaras ^ qualj 
qualat-^. 

La prononciation sifflante du groupe ch qui a 
triomphé dans une région étendue du Rouergue 
devait commencer à apparaître ; meisantamen. 
m 3 



XXXiv MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Le groupe latin et après la tonique devient ch : 
destruchj^ dich, efiech, escrich, liech 16Z2 ^ mau^ 
dicha^ nuech 4, perfach^ perfiech^ trach. Il en est 
de même pour dj : enuech 8202, miech 6, vech 
(cf. uei i23o, huei 3299). C'est sans doute une nota- 
tion inexacte du même son qu'il faut voir dans 
trathjy malasecte. Parfois il est représenté par t 
simple : dît^ maudits (8c malasit)\ net devant a 
donne ch : penchas^ tencha 5o8o; JunctaSy Junc^ 
taras 11 79, santy santa sont des formes savantes. 

i3. y est souvent redoublé, même en tête des 
mots : ifar^ ffe^ Jfi 29; deffendre^ dejfensa io3i , 
notiffiquar. 

14. ^. Il y a une extrême irrégularité dans l'em- 
ploi de cette lettre &c la valeur qui lui est attribuée : 
même devant a 8c 0, où elle eût suffi à noter la gut- 
turale dure, elle est souvent suivie de u : alleguava^ 
amaguary colguaty enterogua ^ guardar^ paguar, 
preguar, seguon, veguada xfiZ. Inversement devant 
ey i, le même son est souvent noté par g simple 
(des graphies par gu pour les mêmes mots ne laissent 
aucun doute sur la prononciation réelle) : bâte- 
gesOy engen {unguentum), geriry hubrigesy pogesy 
pregy. Enfin g peut avoir, même devant a, o, 1/, la 
valeur de / : agudi (de ajudar), aga (cf, ajatj 1678), 
essagafy augatj^ conguri 4549 (cf. conjuri 4578), 
cugar (cf. cugy)y envega^ envegoSy ga^ gogador, 
jutgaPy leguir R 1004, otragosamen, pegovy pengaty 
playdegaty sogorn, subgugat-^y y^gayre^ vegat{. 

i5. h inorganique s'introduit continuellement 



INTRODUCTION. XXXV 

soit au début, soit dans le corps des mots : c'est un 
des traits les plus saillants de notre manuscrit. On 
trouve jusqu'à des formes comme jhorn. Voy. au 
Gloss. 

i6, l. Quand l est précédée de e ou de î latins, 
ces voyelles se diphtonguent souvent soit en ia^ 
soit en îe : anglais 39, 140, humîalmen f angîel 61, 
104, gentiells. l tombe devant s final dans apostos 
2304. 

La vocalisation de /, rare dans notre texte, se 
trouve, peut-être par une influence française^ dans 
auta R 4483, autres R lôj^/àuta 119, 947, mau- 
ditios. 

17. m devant i, p^ n, est souvent remplacé par n : 
anh ' , conpaniha 4090, enpachar, enplir, senblan 
R 620, senblar, tonbam, tonbel R 35 *. 

m est omis dans dapnar^ nopnar. 

Le remplacement de m final par n dans les pre- 
mières personnes du pluriel en am 8c em^ qui est 
régulier aujourd'hui dans tout le sud-est, se trouve 
ici très rarement (peut-être même n'y a-t-il là que 
des eyeurs de graphie) : anen 4o36, bailaren^ crey- 
rerij fasian^ periguesen 4243, ponhan^ ponhen, supli- 
can 6o5j y trametarîf trobaren. Même fait dans non 
pour nom 7723. Inversement preguam 4278. 

18. n. Probablement par une influence de la 

1. Dans ce mot, b tombe souvent devant une consonne : an nos 
3196, cf. 21. Notons aussi des façons bizarres de couper les mots : 
an bel (= anb el), an baytant (= anb aytant) qui montrent assez 
combien le scribe (ou l'auteur) était peu lettré. 

2. Toutes les fois que le son nasal devant by p était indique par 
une tilde, ce signe a été transcrit par m. 



XXXV) MYSTÈRES PROVEKÇAUX. 

locution fréquente en aut^ n se prépose devant Id 
mot aut R 127 '. 

rij qui disparaît régulièrement devant s final, 
reste, peut-être par une influence française, dansj 
sert ans 2494, apellatîons. 

Dans le corps des mots, devant une consonne^ n 
est omise à peu près constamment dans coffort^ co- 
vidaty entreteguduj everSy redre^ etc. Il est difficile 
de dire si cette graphie correspond à une pronon- 
ciation réelle; cf. confort 191 2 & confortar^ con- 
dapnar (& compdapnar). 

Inversement n s'intercale dans enbàir^. 

n s'ajoute souvent par euphonie à la préposition 
a devant une voyelle : an aquels 895, lySô. Il est 
remplacé par d dans degus 2579, ^S^'* 

Le mot domina donne tantôt dama, tantôt, peut- 
être par une influence de la forme gasconne daune^ 
dana; la première forme s'applique ordinairement à 
la Mère de Dieu (cf. pourtant 6478, 6635 ss. &, 
d'autre part 6435). 

19. /? s'intercale dans compdapnar ^ ensemps R 
324, temptat. 

20. r. Dans les groupes de deux consonnes où 
entre r la métathèse est fréquente : albreguar^ 
descrubitj perjèrit^ permier^ permieyra 125. 

rr est souvent remplacé par r : guera 7654, narar^ 
moras 1218, sarat. 



1. On sait que ce fait est aujourd'hui connu dans une vaste région 
qui comprend le Rouergue. 

2. Cette forme existe encore aujourd'hui dans ]'Âriége. 



INTRODUCTION. XXXVÎj 

r final est souvent, mais non constamment omis 
dans la syllabe tonique : \^ à l'accusatif singulier 
des mots en -orem : emperado R 6l63, hobrado^ 
pecado 797, traido 23o. 

2^ plus souvent encore au pluriel de ces mêmes 
mots devant Ys de flexion : devorados, erros, joga^ 
dos, ryctos^ servidos 7969 (cf, rebos & los). 

3^ au singulier & au pluriel des mots en ^er 8c 
'ier : darîe^ lebrîe^ mesatgîe 8071 j carses, coselhies 
R 523, lebries (: sendiers) 61 14, dénies 8i5. 

Il tombe après un e atone dans les substantifs ou 
adjectifs : Lu'jej mage^ senhe. 

Les exemples de cette chute dans les finales ver- 
bales, toniques ou atones sont assez rares ; 

are : apaysa, aresta^ demora^ fa, fisa^ perforsa, 
posa, reconta^ sujferta (: pasar), troba. 

ire : dormi, enebi, legi^ mori, peri^ suffrij veni. 

ère (^ long) : tene. 

ère {e bref) : conoyse, espenge^ P^^^g^y reseme. 

21. s euphonique s'ajoute à la préposition a de- 
vant une voyelle (cf. n) : as 145, 38i, R 418. 

s même simple note la sifflante dure : corosar, 
denonsiar, grasia^ & il s'emploie continuellement 
pour c : serquar, sertanamen, sertas, sinc^ ausi^ me- 
disina i5o5, merse. 

Inversement s est remplacée par c dans centencia 
R 1226, ceti R 139, 

s médiale plus consonne passe à i dans vt?z7^f 1755. 

s étymologique est omise devant une consonne 



XXXViij MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

dans hlajèmar^ decendes, dédire^ dedich^ deliar^ di- 
nar^ proîme 789. 

s final est omise dans else^ an (pour ans). Il y a 
métathèse de ts en st dans aquetses 62o3, 6387. 

22. t inorganique s'intercale dans artgen (cf. ar- 
gent 481 1), septi. 

t devant consonne disparaît dans rox^j 6228,6294. 

Le groupe latin -tîa à la finale est noté indiffé- 
remment par -tia : i865, 5569, 5833; ^cia : R 609, 
R 5684, 5910; -sia : R 77, 262, 468. Parfois enfin 
les mots qu'il termine sont en -sa : 2048, 2090, 
5663, 6i65. 

Dans le groupe final nt^ t ne devait plus être 
prononcé, car il a disparu à peu près complètement 
de la graphie (voyez les adverbes en men 8c les part, 
présents) ; il apparaît cependant encore çà & là : 
merchant 285o, semblant 2490, Se parfois dans des 
mots où il n'a que faire : Leviatant R 7461 ; t final 
tombe souvent après / à la 2« pers. sing. des pré- 
térits ijàrmîes^ trohîes} il peut tomber même immé- 
diatement après une voyelle dans apela, comanda 
7217, Malenquara 4725, to. 

ts final se réduit à t dans quelques mots : malvat 
1698, tôt 4255, 5o20 (: crot'()j peut-être par une 
influence du texte gascon utilisé en plusieurs en- 
droits *. 

23. V se prépose à u dans vuelhs. 

24. 1 remplace Ys de flexion à peu près régulière- 

I. Peut-être ce groupe disparaît- il complètement dans ama 336. 



INTRODUCTION. XZXIX 

ment dans les substantiis terminés par b^ c, chy p^ th : 
orh-^ 5702 (cf. orbs SSyi) ; amic^ 1470, ^701, blancs 
43o2 , clerci^ 6109^ duc:^ 9162 (et aussi dux) ^ locj 
R 2092, marcj 4492, ri<r^ 6112, rauc^ 4o5i, jory 
3718 ; destruchy fruchf 34y capf 3^36^ trathj. Il est 
remplacé par r^ & a; dans joct-^ 6081, fiancx 4834. 



MORPHOLOGIE. 

Article. — 25. Les formes de l'article sont Zo, 
la^ dely aly de la^ a la; los^ las^ &cc. Devant un^ lo se 
transforme en Z^y cette forme {la hun)^ aujourd'hui 
commune à un grand nombre de régions, est due 
probablement à Tiniluence combinée de cadaun ' & 
de Vautre. 

Substantif. — 26. La déclinaison a tout à Êiit 
disparu de notre texte, mais quelques rimes sem- 
blent prouver qu'elle était encore observée dans 
l'original : resusitat : temisquaf^ 33ii} resusitat : 
serquat-^ 4862. 

27. La forme du cas sujet n'est restée que dans 
quelques formules comme : Dieus vos ajut 1784, 
lausatj sias tu 2334, ^c se trouve encore employée 
ça & là au vocatif : ay Dieus 2721, senher 86, 126, 
23o, 268 (cf. au vocatif /^n/tc;r 107, 112, 119, 438j 
Dieu i856, 2840). — Verges est invariable 684*. 

1. C'est l'opinion de M. Chabaneau [Deux manuscrits provençaux ^ 
p. 1G6). Cette forme se trouve déjà au treizième siècle (voy. Bartsch, 
Chrest, 269, u). li importe assez peu d'écrire, comme nous ]'avons 
fait, la hun ou lahun. 

2. Sur l'invariabilité de ce mot, voy. Chabaneau. Deux nus., p. 167. 



xl MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Dans quelques noms à double forme, celle du cas 
sujet a survécu à côté de lautre, mais sans rien con- 
server de son ancienne fonction : conpanhs 3336, 
enquantaire 3023, pastres 6073, Salvayre 167g, 
senher 4936. 

28. Les substantifs terminés en s forment souvent 
leur pluriel par l'addition de -es : brasses R 263, 
meses 582, proceses 1367. 

Adjectif et proKom. — 29. Les adjectifs dérivés 
de la troisième déclinaison latine ont souvent un 
féminin analogique en a^ as : colpabla 7006, cor-- 
porala 649, crw^ela 976, dolenta 668, difficila 638/, 
dosa i5i2, lusenta 99, perpetuala ôjooy plasentas 
638o, rasonabla 6538, taribla, trista 2991. Mais 
d'autre part lusen m, lusens i3, aparens 14, gran 
399, grans 469, greu 1970. 

Même forme de féminin pour tal Se quai : quala 
88, qualas 95o, tala. 453. 

3o. Le pluriel masculin des adjectifs terminés en 
s se fait souvent par addition de -es (voy, plus haut, 
n® 28) : boytoses 57o3, lasses 340, vergonhoses R 
2 2 2. La même formation s'applique à quelques 
pronoms : elses 1061, 1237 j aquelses 5548, aquetses 
6387 (& aquest-^ 3696)9 ^o^i^i 82, 488, toses 1141 
(mais aussi els & ror^), atrestanses i()\i)ftanres 6oo5. 

3i. Les pronoms personnels sont, au cas sujet, 
ieu} tu; el^ ela\ les formes du cas régime (accusatif 
et datif) sont assez flottantes : la forme atone de la 
première personne est me 224, 225, la forme toni- 
que mi 217, 239, 1114, i8o5, la forme atone de la 



INTRODUCTION. xlj 

seconde est te 217, 241, la forme tonique tu 260, 
141 3, 2473, 3609 (c'est sans doute par hasard que 
ti ne se rencontre pas); à la troisième personne /z, 
formé unique pour la tonique & latone, sert pour 
le masculin & le féminin. Lor {illorum) peut prendre 
Vs de flexion R 477 (p. 20). Le pronom interrogatif 
est qual^ quala &c aussi quinhj quinha. 

32. Les formes du neutre sont ho 167, 180, ayso 
228, 738, aquo i83, 45389 so 3, 45, 522; la forme 
moderne sa n'apparaît qu'une fois R 4763. 

Verbe. — 33. Sauf au futur & au conditionnel, les 
troisièmes personnes du pluriel sont ordinairement 
en o (on a cependant toquqyan 5932); quand la 
terminaison est précédée de i, elle se change le plus 
souvent en -an : avian^ fasian^ metian^ podian, 
rysian^ sabian 6573, venian 6243, 7143 ; cependant 
il arrive parfois que, même dans ce cas, o reste (ça 
8c là noté ou) : asetio R 2^5/[^Jàsiou (cf. sahion). 

34. La i'® pers. sing. du pr. ind. prend le plus 
souvent un i, rarement un r, & reste parfois sans 
lettre de flexion (voy. au Gloss.). 

35. Les formes gasconnes * en em, et-^ pour la i'* & 
2"*« pers. pi. de l'imp. de Tind. de la première con- 
jugaison sont assez fréquentes : voy. acusar^ anar^ 
demandarj emagenar^ mangar^ pensary portar^ pro^ 
menary reguardar^ renhar, trohar. 

36. Les formes fortes des parfaits commencent à 
céder la place aux formes faibles : ac^ foc sont moins 
fréquents que aguec^ jorec. Il y a un certain nom- 

1. Elles se trouvent du moins dans le déparlement du Gers. 



zlij MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

bre d'exemples de ces parfaits en ^igui devenus de- 
puis si nombreux en languedocien : devesigui^ sa- 
Ihîgui. La 3™« pers, sing. de ce temps est le plus 
souvent en -et^ mais ça Se là en -ec : aguecj aparec, 
demorecj dostecj forec (forme à peu près constante), 
tirée. 

37. Les formes inchoatives, très rares au présent 
de l'indicatif (voy. pourtant au Gloss. conclure Se 
corigir)j sont extrêmement fréquentes au subjonctif 
présent, où elles ont à peu près triomphé .• voy. 
ausirj henesir^ culhir^ Sec. 

38. La seconde forme du conditionnel reste dans 

quelques exemples : voy. aver^ gardar^ parlar, 
plorar. 

SYNTAXE 

Article. — 39. Devant un nom de matière, com- 
plément d'un autre nom muni de l'article, on em- 
ploie le génitif de l'article : laflor del (y SSiô. Au 
contraire l'article se supprime, conformément à l'usage 
du provençal moderne, devant le nom pris au sens 
partitif, qu'il soit précédé ou non d'un adjectif : an 
de fuelhas R 214. Cf. 232, R 324, 35i, R 2664, 
3456, 3732, R 5o8o, 7463, R 7532, R 8019. 

Comme dans les dialectes modernes, l'article est 
employé pour le pronom démonstratif : los de la 
vila R 462. Il faut noter aussi l'emploi de l'article 
au génitif dans les locutions comme jar del mira- 
velhat R 38. 



INTRODUCTION. xliîj 

Substantif, — 40. Serpen oscille entre le masculin 
210, 23o, R 233 Se le féminin R 167^ i83, R 269. 
Natura humana est tantôt traité comme masculin 
85o, tantôt comme féminin 8489 selon que Ton 
considère le genre du substantif ou le rôle que joue 
le personnage. 

ADJECTIF 8c Pronom. — 41. L'adjectif de quan- 
tité peut être joint au substantif par la préposition 
de &. néanmoins s'accorder avec lui : tanses de 
signes 6oo5, petita de malenconia 1490, en pauqua 
de hora 1871. Cf. 6639, 7873, 8072. Cf. encore 
mot de causas 5768. 

42. Les pronoms personnels sont employés avec 
le verbe plus fréquemment que dans la langue clas- 
sique. Nos autreSy vos autres commencent à rem- 
placer nos 8c vos. 

Souvent le pronom employé comme régime avant 
le verbe iait double emploi avec le substantif qui 
suit le verbe dans la même fonction : li baile... a 
Roma R 1291, li diga.. a la tronpeta R 4125. Cf. 
s'en aproche de els R 4555. 

Remarquez le brusque passage, fréquent dans 
l'ancienne langue, du pronom singulier au pronom 
pluriel de la deuxième personne 2266-9. 

43. Le neutre impersonnel est extrêmement fré- 
quent : el es hora 442, 444, eles posihle i545, eles 
veritat io5o, el es causa 690, 757, el me es avist 
767, el séria bo 4581, el hi a 693, el no ha pas 
gaire 5oo, il i a aguda 55oo^ el quai 45, 3o3, 
759, .832, e l calria 6iS. 



xliv MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

44. Le pronom démonstratif neutre remplace lar- 
ticle dans tôt aquo autre = « le reste » 282 1. Une 
autre forme du démonstratif s emploie avec le pos- 
sessif neutre au génitif : so del meu 2526, 2568 , 
so del /or 6188, 73o2, Cf. so dessus R 335- 

Verbe. — 45. Un des faits les plus frappants est 
l'emploi comme auxiliaire de certains verbes comme 
anary ausar, voler^ Sec. On sait que c'est là un des 
traits caractéristiques des parlers méridionaux aux 
quatorzième & quinzième siècles'. A. a/zar.*928,93oy 
933, 1829,3107, 43o5, 4434ss.,469i ss.,5i74 ss. — 
^. voler : 22,25. — C. ausar : 3417, 36o2, 3667, 
3950, 3962, 3964, 4101^ 4235, 4333. 

Conformément à l'usage méridional, le verbe 
esser st sert à lui-même d'auxiliaire; estar au sens 
de être se construit aussi avec esser 2726; mais au 
sens de aller^ il se construit avec aver 82 ; anar peut 
se construire avec esser R 6499 & aver 4179, 619 1 ; 
voler peut se construire avec esser 2946. 

46. Comme dans la langue classique, l'impératif 
négatif est formé avec le subjonctif, 1931, 2619. 
Dans les verbes ausir, aver^ dire^ far^ mètre, la 2"* 
pers. plur. de l'impératif, même positif, est emprun- 
tée au subjonctif : augaf^ 4484, 5685, agaf^ 683, 
digaf^ 2702, 3oo5 (cf. diguas 218 & sapias 7240), 
fasat-^ 622, metat-^ 5634. Inversement estat-^ 7905. 



I. Cet usage, dans le Ludus sancti Jacobi par exemple, prend les 
proportions d'une véritable manie. Il est plus fréquent dans certaines 
parties de nos Mystères, d'Ans Joseph d'Arimathie par exemple, que 
dans d'autres ; cet indice confirme ce que nous disions plus haut de 
Toriginalité relative de ce morceau. 



INTRODUCTIOK. Xlv 

Le verbe qui a pour sujet un nom collectif peut 
se mettre au singulier ou au pluriel : 2296-7. 

47. L'emploi du participe présent avec en est beau- 
coup plus fréquent que dans les textes classiques : 
voy. R 38, 76, R 127, 171, 172, 204, 463, 8cc. 

48. Exemple d'un participe passé neutre au sens 
passif : 4670. 

L'accord du participe passé, qu'il soit placé avant 
ou après le complément, est très fréquent : 

A. Participes placés après : 16, 118, 407, 428, 

447- 

B. Participes placés avant : 9, i3, 98, 431, 5o3. 

Cf. même : t'en ha portada {de la vianda) 45 1. Les 
cas de non-accord sont sensiblement moins fré- 
quents. 

Le participe passé s'accorde avec le complément le 
plus éloigné : 571. 

49. La corrélation des temps est parfois fort peu 
régulière : 

Subjonctif suivi d'un futur : no vos desplasia 
que no bailariey, 44o3. 

Impératif présent suivi d'un imparfait du sub- 
jonctif : cosi podes tu demandar que te dones 370. 

Cf. 384, 5145, 7436. 

50. Nous avons un subjonctif là où on attendrait 
l'indicatif après que^ 368, 5095. 

Quant se construit, non avec le futur, mais 
avec le présent du subjonctif; il est intéressant de 
rencontrer en Rouergue ce trait aujourd'hui carac- 
téristique du gascon 8c de l'espagnol : R 280, R 



xlvj MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

1668 (p. 100), R. note p. 99, R 4565, 488 1, R 
7191. Il en est de même de se suivi de l'imparfait 
(cf« l'espagnol Se l'italien) 2484, 4951, 6411. 

5i. Parmi les constructions particulièrement fré- 
quentes signalons les cas de propositions infinitives 
remplaçant la construction par que Se le subjonctif : 
148, 6268; & ceux d'ablatif absolu : iSy, i63, R 
4i53, R 45io, 7o3i. 

'52. La négation est presque toujours renforcée 
par des substantifs parmi lesquels ponch tient une 
place tout à fait prépondérante. 

Particules ' . — 53. L adverbe de quantité devient 
adjectif & varie : 2355. 

54. Par une tournure fréquente dans la langue 
populaire, de est explétif dans les appositions : mes-- 
senhors de coselhiers 11 10*. Il l'est de même dans 
les locutions de que = c'est pourquoi 5o5, 554, 
571 &c., d^ascuns 538o, d'aquestas 3469^ d'aquo 
2169 (= ascuns^ ^^O» ^^ ^^ hont 661, de davanty 
de darier R 2664. 

55. Que est explétif dans très que == très 3493, 
mas que = lURis 3665, sertasque. Cf. d'autres parti- 
cules explétives dans a la donc 2009, a la donquas 
6692, R 7071. 

56. Voici enfin quelques locutions remarquables : 
se no que = « mais à condition que ... ne pas » 35, 



1. Plusieurs des phénomènes signalés ci-dessous ont été relevés 
par M. Chabaneau dans des textes du quatorzième siècle (Deux 
mss., p. 175.) 

2. Cf. ay dels traidos 2725, &, dans les patois modernes, les in- 
terjections comme paubre dejou, &c. 



INTRODUCTIOK. xlvîj 

OU « à moins que ne pas » 966, 794^ i ^^^ ^^^ f ^ 
= « à condition que » 1286, per tal de = a k 
cause de » 1674, 355 1, per tal que = « afin que » 
6253 , 6838 ou (t de manière que » SoSy } tal no 
te que = « rien n'empêche » ySyij Jar mal 
(impers.) = « être difficile » , may may = « beau- 
coup plus. » 

57. Exemples de syllcpses : 3453-4, 3665-7, 
4770-2, 5043-4, 52 10. 

58. On trouvera des exemples de constructiotis 
remarquables & le plus souvent fort négligées aux 
vers 256-7, 424-6, 587 = 9, 2385 & suiv., 25o8, 
38i6, 4671, 4907, 6200, 6558. 

59. Notons enfin une foule de mots empruntés 
au français. Ces emprunts sont tellement nombreux 
qu'ils nous paraissent ne pouvoir s'expliquer unique- 
ment par l'influence de la langue littéraire sur le 
dialecte, mais appuyer l'hypothèse que des sources 
françaisesauraient été utilisées directement par l'au- 
teur ; ami 2619, an (pour en) R 766, apellanta^ 
après i564 (pour aprop beaucoup plus fréquent), 
ausi 5323, chaut 2555 (à côté de cal beaucoup plus 
fréquent), coa 7693, coman 4767, congîet R 5408 
{cf.comjat^ 3277), damage y de ga 1724, dîlay^ 
douarij entremets ^ fauta .119, f^/^i^fiansa 5089 (^^' 
fisansa 5 1^0) y Jlat aire ^ foet, Jontaina, fysicien^ ge 
(/a dans les passages correspondants de la Passion 
Didot), gean^ gihet 11 26, la 4805, meisanta 2i58, 
mentiariay merchan^ momeyra^ medici 7828, noisa, 
pacte j priso 2714, reprochy^ riche 6222, 7737, 



xlviij MYSTÈRES PR0V£N<:AUX. 

rostirj sa 4806 (& dans hor sa ySS) j sans 119, 2g3 
(= sine)^ sargan R çgS, sargant 624, subgiet-^ 
7991, surgien^ valeya 2i39, 

II me reste à dire maintenant la part qui revient 
aux deux signataires de ce volume : M. Teulié a 
seul copié le manuscrit & rédigé le glossaire', dont 
nous avons discuté en commun quelques articles 
douteux ; mon œuvre s'est donc bornée à la présente 
Introduction 8c aux quelques corrections apportées 
au texte. Nous nous sommes partagé le labeur de 
la correction des épreuves : c'est dire que nous par- 
tageons aussi la responsabilité des fautes d'impres- 
sion* & des inconséquences de graphie^, qui sont 
vraiment plus nombreuses qu'il n'est permis & pour 
lesquelles nous sollicitons ici toute l'indulgence du 
lecteur. 

Toulouse, I*' août 1893. 

A. Jeanroy. 

• 

1. M. Teulié a adopté pour ce Glossaire, auquel il a consacré des 
soins tout particuliers, le plan suivi par M. P. Meyer pour celui de 
Daurel & Béton ; il n^y a compris que les mots ou formes manquant 
au Lexique roman; exception a été faite pour les verbes, dont toutes 
les formes ont été relevées. 

2. Par un malentendu qu'explique dans une certaine mesure le 
système de la collaboration, plusieurs feuilles (entre autres les trois 
premières, la dixième & la onzième) ont été tirées avant que le bon 
défiiiitif eut été donné. De là un grand nombre de fautes de ponc- 
tuation, & d'autres, dont les plus graves seulement ont été relevées 
à V Errata, 

3. On pourra trouver par exemple des coupes différentes pour des 
mots comme enaissi, tresque, &c. Nous avions commencé à distinguer 
les e ouverts des e fermés, particulièrement aux imparfaits du sub- 
jonctif: la fréquence des rimes é : è nous a amenés à renoncer à ce 
système. 



LISTE DES PERSONNAGES' 



LA CRÉATION ET LA CHUTE. 



DIRIJ LO PAYRE 




1 


Urirl 


119 


MIQITKI, 




49 


ADAM 


i58 


GABR1FI. 




69 


LA SERPEN 


168 


RAPHAËL 




107 


EVA 


•79 






LA SAMARITAINE. 




JHRSI7S 




3o3 


SANT ANDRIEU 


343 


PEYRE 




33o 


LA SAMARITANA 


368 


SANT JOHAN 




336 


CAMBRES 


463 


DALPHINAS 




339 






LA 


RÉSURRECTION DES MORTS. 




THAMOR 




478 


TADAS 


496 


TAUSI 




483 


HELAMITAS 


5l2 


CORDOLAMOR 




.493 


SEN1RF.L 


5.4 




Î.F 


JUGEMENT DE JÉSUS. 




NATUKA HUMANA 


524 


ABRAAM 


893 


DIEU LO PAYRE 




604 


JACOB 


9'4 


LO NOTARI 




612 


DAVID 


io38 


ROMA [sergent] 




632 


FIDKLTTAT 


io5o 


JHRST7S 




640 


veritat 


1081 


MARIA 




642 


ZACARIAS 


1114 


BONA PACIENSA 




658 


SALAMO 


1182 


ADAM 




678 


lEREMIAS 


1210 


CARITAT 




690 


L*AVOCAT 


. »*47 


I6NOCENSIA 




767 


SANT JOHAN 


i3i3 


JOSKPH 




810 


NECESSITAT 


i365 


NOS 




862 


HUMILITAT 


«394 


I. Us tout dooQtft dans l'ordre de leur entrée en scène ; les chiffires désignent les 
▼ers où châone râle oommeDce. 



m 



1 



LISTE DBS PBRSOKNAGBS. 



JOSEPH D'ARIMATHIE. 



[docteur] 3379 

CAYPHAS 3410 

ANNAS 3412 

AYMO [docteur] 3434 

ABDERON 3438 

BARISAUT [garde] 3468 

PICAAUSEL [garde] 3466 

OUFFART [garde] 3471 

TALHAFER [garde j 3477 

JOSEPH 3532 

LAMEC [docteur] 3609 

ABIATHAR [docteur] 3622 

ZOROBABEL [docteurj 3634 

SALATIEL [docteur] 3643 

NICODEMUS 3767 

LA TRONPETA 3927 

LO NOTARI 41 19 

ANIQUET [messager] 4192 

CENTURIO 4204 

GAMALIEL 4245 

GAMBAPORT [juif] 446 1 



TSMAEL[juif] 4511 
BALAM [messager] 4698 
CHARIOT 4640 
MALENQUARAT [messager] 4722 
THABORET [messager] 4725 
TUSTA-LA-BUSQUA, [mes- 
sager] 4768 
MAL-BOYSON [messager] 4773 
LO TEZAURIER 4823 
THALHAFER [galiUen] 4856 
TRINQUA-LA-PALHA 4966 
BOTA-FUOG [messager] 5o38 
JAFFET 6046 
THAO [messager] 6049 
BOTZ [juifl 5229 
MALCAUSAT [juif] 525 1 
SIMON [juif] 5267 
MELLA [juif] 5283 
AMON [Juif] 53oi 
BON-RETORN [messager] 532 1 
LA CRIDA 5328 



LE JUGEMENT GÉNÉRAL. 



DIEU El^ERN AL (LO JUT- 




ZOROBABEL 


5751 


QE, NOSTRE-SENHOR) ' 


5376 


AYMO 


5778 


LA UN DE LAS TROMPE- 




ABIATHAR 


5797 


TAS 


5388 


LAMEC 


5809 


L'AUTRE ANGIAL 


5403 


LOS EXISTF.NS 


5904 


LUCIFER 


5415 


Los PAGUAS HE IDOLA- 




SANT MIQUEL 


5567 


TRES (Habuthab) 


5947 


DAVID 


5622 


LOS PRELATZ (Simoii) 


6049 


LOS JUZIEUS (Mbicrisb- 




LO POPULAR 


6077 


dbcb) * 


5721 


LOS PASTORS 


6093 



I. Cf. R 5910 & R 6523. 

3. Nous mettons eotre parenthèses les noms des personnages chargés clans la 
pcns^ du réviseur, de représenter les groupes mis en scène par rtuteur. 



LISTE DBS PERSONNAGES. 



li 



LA RÉSURRECTION DE LAZARE. 



IX) LAZER 


1628 


NICODEMUS 


i883 


LA MARTHA 


i634 


JOSEPH D'ARIMATHIA 


1897 


LA MAGDALENA 


1716 


CENTURIO 


1907 


BEDI [messager] 


1780 


SANT PEYRE 


2807 


JHBSUS 


1804 







LE REPAS CHEZ SIMON. 



SIMON 


2394 


JUDAS 


2523 


JHESUS 


2399 


SANT PHRLIP 


2684 


MARIA 


2448 


PEYRE 


2692 


LA MAGDALENA 


2465 


LO RUSTIC 


2605 



LA RÉSURRECTION. 



BARLSAUT [garde] 


2669 


ADAM 


2771 


CAYPHAS 


2679 


EVA 


2791 


OLIPFART [garde] 


2685 


CHERUBIN 


2812 


ANNAS 


2691 


CERAPHIM 


2820 


PIQUAUSEL [garde] 


*697 


DIEU LO PAYRE 


2828 


ABDERON [chef des gardes 


2701 


LA MAGDALENA 


2840 


L*AUTRA GENDARMA 


2705 


MARIA SALOME 


2844 


AIMO [docteur] 


2712 


MARIA JACOBI 


2847 


SANT MIQUEL 


2721 


LO MERCHAN 


2857 


SANT GABRIEL 


2725 


NOSTRA DAMA 


*947 


JHESUS 


2729 


SANT PEYRE 


3092 


LUCIFFER 


2737 


SANT JOHAN 


3i 17 



[LE VOYAGE D'EMMAÙSJ. 



BARNABAS 


3l2l 


L'OSTESA 


3223 


CLEOFAS 


3129 


SANT ANDRIEU 


3332 


JHESUS 


3i54 


THOMAS 


3336 


L'OSTE 


3xo5 







"j 



LISTE DBS PERSONHAGES. 



LO ENPERADO 


6164 


SUPERBIA ou ERGUELH 


7198 


LO PARALITIC 


6178 


ASTAROTH 


7178 


LOS REYS 


6206 


AVARECIA 


7292 


LOS JUTGRS 


6295 


MAMONA 


7337 


MISERICORDIA 


6358 


GOLA 


7395 


JUSTICIA 


6373 


LEVIATAN 


743o 


BELZEBUC 


6461 


LUXURIA 


7533 


LA MAYRE DE DIEU 


6491 


ASMODEUS 


7557 


RAFAËL 


65i8 


IRA 


7652 


L'ANGIAL 


66i5 


BELIAL 


7691 


GABRIEL 


6846 


VEHEMOT 


7715 


LA MORT 


685o 


ENVEGA 


77 »9 


RAGUEL 


6980 


SATHAN 


7789 


LA VIDA 


6989 


BET.FEGOR 


7867 


PILAT 


7i5o 


NOUALHA ou PIGRESA 


7881 


CAYPHAS 


7159 


LO MESATGIÉ 


8071 


ANNAS 


7170 







CORRECTIONS ET ADDITIONS 



P. 
P. 

P. 
P. 
P. 
P. 



6, R 

7, R 
7, ▼• i68, 
i3, note, 
i3, note, 
i5, n. 2, 



137, ligne 
i54. 



au lieu de nau 

— mena 

— ma mia 

— Cichard 

— soc. 



lire 



naut 

mené 

m'amia 

Sichar 

sec. 



P. 

P. 

P. 

P. 

P. 

P. 

P. 

P. 

P. 

P. 

P. 

P. 

P. 

P. 

P. 

P. 

P. 

P. 

P. 

P. 

P. 

P. 

P. 

P. 

P. 

P. 

P. 

P. 

P. 

P. 

P. 

P. 

P. 

P. 

P. 

P. 

P. 



Je corrigerais aaiourd'bui, non sia en tian, mais kor en hora 
(La formule tro que sia hora revient souvent dans les indi- 
cations BCéniques). 



i8, v.45i, 453, au lieu de Ven 

33, note, avant Psaume ajouter 56 1 
3i, V. 768, au lieu de parlât; 

3i, V. 77J, — autrui. 

33, ▼. 806, — so<pte 

32, ▼. 808, , — vos 

33, V, 835, — vos 

34, V. 85o, — vinceret, 
34, ▼. 861, corrigez qui en quinh. 

36, ▼. 904, au lieu de encontinen 

36, ▼. 014, — Jabob 

37, v.gSS, — terra; 
37, V. 943, — trastot^ 
37. ▼. 95o, — lasqualas 
37, supprimer la note sur le vers 943. 



41, ▼. 1044, 
43, R iii3, 
46, ▼. 1179, 
48, V. 135l, 
5o, V. 1394, 
54, V. 1395, 
54, ▼. 1 398, 
57, V. 1497, 
60, V. i566, 
66, V. 1714, 
78, R 2086, 
84, V. 2263, 
84, R 2269, 
84, V. 3378, 



au lieu de pas, 
— . pauc 



troque totas la — 

bayUf — 

En aqui — 

pueysque — 

no — 

guandir — 

no la — 

moriey — 
fa so 

may — 

a regarde — 

la qua la — 



9 1 , note sur 3460, corriger no en nos 

93, V. 25ot, au lieu de deveti? 



i33, V. 3593, • 

i37, R3716, 

i38, i39, V. 3759,3789, 

140, R 38oi, 

140. V. 3835, 



li ey 
la meno 
mal an 
Sinaguga 
lo 



lire ten 

lire parlât, 

— autruif 

— so que 

— »0f, 

~ vos. 

— vinceretur, 

lire encontinen, 

— Jacob 

— terra 

— trastot\ 

— las qualas 

lire pas. 

— pauc^ 
tro que totas las 

— bayle. 

— Enaqui 

— pueys que 

— non 

— guandir. 

— no l'ac 

— mori[ri]ey 

— faso 

— mas 

— aregarde 

— la quala 

lire devet 

— riey 

— l*ameno 

— malan. Cf. 3701. 

— Sinagu[o]ga 

— la 



144, R 3930, I. 3, supprimer la trompar. 



liv 



ADDITIONS ET CORRECTIONS. 



P. 
P. 
P. 
P. 
P. 

P. 
P. 
P. 
P. 
P. 
P. 
P. 
P. 
P. 
P. 
P. 

P. 
P. 
P. 
P. 
P. 



P. 

P. 

P. 

P. 

P. 

P. 

P. 

P. 

P. 

P. 

P. 

P. 

P. 

P. 

P 

P. 

P. 

P. 

P. 

P. 

P. 

P. 

P. 

P. 

P. 

P. 



145, V. 3q7i, 
145, V. 3973, 
1481 ▼. 4069, 
i55, V. 4361, 
160, R 4427, 



au lieu de her ont 

— crtyrian 

— Hediriey 

— auret\ 

— au tentre 



lire heror{t) 

— creyrian, 

— He diriey 
"^ awreti, 

— ausentre 



161, R 44.50, 
164, R 4543, 
164, R4555, I. 3, 
164. R 4555, 1. 3, 
i65,v. 4575, 
166, V. 4605, 
168, ▼. 4648, 
170, V.4704, 

170, V. 47 M, 

171, R47a»» 
171 



dire mot, 

areguarde 

fiquati. 

eU. 

ho 

paraulat 

que 

ret que tio 



& en note corriger al vesentre. Cf. 3453, 5352. 
au lieu de aure lire autre 

— partde dins — part dedins 

— dire, mot 

— arguarde 

— Jiquat^ 

— eh, 

— he 

— paranlas 

— qae 

— resquetio 
note sur 4743, corriger mal cay dan en mal carcan ou mai cap 

d'an(?) 

175, V. 4841, au lieu de ^ar</a lire garda. 

176, V. 4877, — veraiemen — veraiamen 
183, R 5045 J. 3, — hun son — hun seu 
303, V. 56i4, — veraiamen. — veraiamen 

302, V. 5617 Mn faltamen... & ajouter en note : Il y a ici une lacune Les 
quatre derniers vers doivent être prononcés par les Pa« 
triarcbes ou les Prophètes, 
au lieu de lo 

— aiat\ 

— te$moni 
-' salvameu 

— dapas 

— omnipeten 

— anarieu 



lire 



lot 

ajati 

tettimoni 

talvamen 

da pat 

omnipoten 

anariey 



311, R 5903, 

331, V. 6307, — 

333, V. 6371, — 

337, ▼. 6373, — 

339, R 6443, — 

33o, V. 6455, — 

33i, V. 6493, — 

35i, V. 7079, supprimer [non], 

361 ,▼. 7381 , au lieu de demandât, lire 

261, R 7394. 1. 3, — Golaen — 

273, ▼. 7766, — R£ 

285, V. 16, — humialman — 

385, V. 17, — /fl — 

390, col. 3, art. dffio/ar.au lieu de meulet, lire 

393, col. I, art. aver, après agruo. ajouter agro 6690. 

393, col. 3. art. aver, 1. 5, ajouter agera 6900 & le supprimer i la I. 8. 

394, col. I, art. benettry 1. i, lire /•& ajouter 2* p. pi, benetet\ 3333. 

395, col. I, cap doit peut-être se traduire par chef; cf. 4383. 
395, col. I, supprimer cartes, pluriel de cartem. 

395 . col. 3, art. coffessar, au 1 ieu de fut. lire prêt. 

396, col. 3, art. conjurar, ~ conjuri — conguri 
3o3, col. I, art. enbair, — tubj, — tubj. pr. 
3o3, col. 3, art. entramHdos, supprimer les crochets & ajouter 3i5t. 
3ii, col. 3, ajouter : mensas(al) 6o36, s mens. 

3 1 3, col. 3, art. mota, au lieu de moceta, lire muceta et ajouter : fr. aumuste, 
333, col. I, art. tomoyre, La forme sobmoyre se trouve au v. 489 du mor- 
ceau resté inédit (fol. 74 r"). 



demandas 

Gola en 

He 

humialmen 

lo 

ailet de moulin. 



MYSTÈRES PROVENÇAUX 



DU QUINZIÈME SIÈCLE 



MYSTÈRES PROVENÇAUX 



LA CRÉATION ET LA CHUTE 

ENSEC SE LA CREATIO DE ADAM HE DE EVA 

DIEU LO PAYRE : 

Hen lo permier comeiisamen 
Hiey créât lo cel, la terra el firmamen, 
He per so que la terra era teiiebrosa, 
ley fach lo joni he la iiiiech oscurosa. 
En après tey fach lo Hrnianien 5 

En lo miech de lasayguas veramen, 
He iey las ayguas en hun loc mesas 
Âfy q^e la terra miels aparegués, 
He per so iey apelada Taygua maria. 
En après a la terra dich iey veramen lo 

Que portés los fruchs encontinen 
Dels albres que ieu iey meses. 
Iey en après fâchas las estelas lusens, 
Lo solelh he la luna mot aparens, 
Que illuminesso lo jorn he la nuech. i5 

Los peysos de la mar ieu iey creatz, 
Balenas, dalphis hede totz estatz, 
He totas autras hestias del mon, 
He lor iey dich veramen 

Que multipliquesso belamen 20 

Cascun an sou pario. 
III. I 



a MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

En après ieu voly formar 

L'orne, que me puesqua lausar 

En cel he en terra he per tôt lo mon, 

He lo voiy formar a ma cenblansa, 25 

Lo formariey de la causa plus hordurosa, 

Horra, pudenta he abhominosa 

Que sia certas en tôt lo mon, 

Affy que soven el se regarde 

He que soven el se emagene 3o 

De quinha materia el es salhit. 

En après voly que el pocessisqua 

He en aquest monde el se enguausisqua 

Dels fruchz de la terra he del remanen, 

Seno que per el veramen falhisqua. 33 

Aras forme Tome del limo de la terra he aprop s*eii a ne per lo sca- 
dafal. Hentretnn lo tonbcl se ubrisqua, he Adam fasa del mort tro 
que DIEU LO PAYRE tome he li digua so que se ensec en alcnan 
sobre el* : 

Ieu te baily esperit de vida 

Que tôt quant es te servisqua 

En terra he en mar he per tôt lo mon. 

Ara» se lere Adam, quant Dieu lo payre sera per lo scadafal, en fasen 
del m'travelhat, he pueys DIEU LO PAYRE se asiete sus huna esca- 
bêla parada honestamen he digua u s3s .ingials que van tôt jorn 
anb el per lo scadafal ** Mi<]uel, Gabriel, Raphaël, Uriel : 

Escotatz me, mos bels angials, 

An vos autres ieu voly parlar. 40 



* Les quatre derniers mots ont éti ajoutés après coup. 

** Les mots que van t.j.a. e. p. L s. ont été barrés dans le manuscrit & les 
noms des quatre anges ont été ajoutés après coup. 

41-44^' Quatre vers sont devenus illisibles par siitedu mauvais état du premie 
feuillet. 



LA CRÉATION ET LA CHU TK. 3 

Lo nom sertas li quai baylar [v-j 

He per so el von quai anar 43 

Per las quatre partidas del mon 
Per saber sertanamen 
Cosi ela se deu apelar, 
9) MlQUEL Dieu tôt poysan he glorios. 

Nos hem aisi totz davant vos So 

Fer far vostre comaiidamen 
He de anar la hont vos playra. 

Oiçua DIEU LO PAYRE a siint Miquel : 

Miquel, en orient von quai anar 

Per veser se vos trobaretz 

Cossi aquesta creatura 55 

Deu aver son nom. 

Oiçiia DIEU LO PAYRE a sant Gabriel : 

He vos, Gabriel, vos iretz en occiden 

Per veser se vos trobaretz . 

Lo nom de aquesta creatura, 

Quar ela es neta he pura. 60 

Digiia DIEU LO PAYRE a sanc Raphaël ; 

Raphaël, mon bel angiel, 

En septentrio von iretz 

Se negun signe vos trobaretz 

Cosi ela se deu apelar. 
Digua DIEU LO PAYRE a sa[n]t Uriel : 

Or sa, Uriel, vos iretz en Aquilo 65 

He reguardaretz tôt lo tro 

Per veser se atrobaretz 

Negun signe que vos deniostrès 

Lo nom d'aquesta creatura. 
Digua GABRIEL a Dieu lo payre : 

Ho veray Dieu eternal, 70 

La vostra benedictio vos demandam, 
A la fy que pusquam bonamen trobar 
Cosi aquesta creatura se deu apelar. 



4 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Digua OIEU LO PAYRE : 

leu VOS doni la benedictio 

Hen vos meten en ma protectio 75 

En nom del payre he de[l] filh 

He del sant Esperit. Amen. 

A rat s*en a ne case un en son cartier, he quant ▼eyran las estelat las 
reguardo honescamen he porto lot escrivame[n]t pcr far manieyra 
de escrieure, he las letras devo cstre fortgrosas he de auripcl he las 
dero portar en presensia de totx, he quant volran partir reguardo 
la hun l'autre sans dire mot he que venguo tôt belamen datant 
Dieu [lo pay]re he que se meto de ginolhos he Die[u] lo [payjre 
los deu regua[rdar belamjen.^ Digua RAPHAËL a Dieu lo payre : 

Ho nostre creator he senhor, 

Nos veuem de maCnJtenen 

De la bout nos aviatz trames[es]^ 80 

He vos die sertanaraen 

Que nos bem estatz totses 

Cascuii en son cartier. 

Digua DIEU LO [PAYRE a sant Miquel] ^ : 

Or sa, Miquel, que con[tatz] vos 
De las partidas de orieu } 85 

Bj Miquel. Senber, ieu vos contî veramen [f- 3 r»] 

Que ieu iey trobada una estela 
La quala es lusenta be mot bêla 
Que se apela Anathole, 

He per la gran beutat que es en ela 90 

Ieu, senber, veramen iey presa 
Lo comensamen de sa letra 
He la vos aporti, senhor, aisi. 

Aras baile l.i letra a Dieu lo p..yie. Apiop digu;i OlEU LO PAYRE 
a sant Gabriel : 

Que contatz vos, angiel Gabriel, 

De las partidas dj occiJe:i? g5 

i^ GABRIEL. Dieu, payre omnipo ten, 

Ieu vos conti boiia novela, 

* Le bas du f*» 2 est mutilé. 



LA CRÉATION ET LA CHUTE. 5 

Quar ieu iey vista huiia estela 

Clara he lusenta coma lo jorn, 

La quala Disis s*apela, loo 

He per so que ela me plasia tant, 

De sa letra iey près lo comensameii 

He la vos aporti, senhor, aysi. 

Aras bayle la letra a Dieu lo payre. Aprop digoa DIEU LO PAYRE 
a sant Raphaël : 

Raphaely mon bel angiel, 

Que contatz vos de.maCnJtenen io5 

De las partidas de septentrio } 

tj RAPHAËL Dieu, senhor de tôt lo tro, 

Ieu vos conti de septentrio 

Bonas novelas veramen, 

Quar ieu iey vist al firmamen i lo 

Una estela mot lusen 

La quala Arctos, senhor, se apela, 

He per so que ela me ha ben agradat. 

De sa letra iey près lo cap, 

He la vos aporti, senhor, aisi. ii5 

Aras baile la letra Raphaël a Dieu lo payre. Digua DIEU LO PAYRE 
a sant Uricl : 

Uriel, heque contatz vos 

De las partidas de Aquilo? 

Avetz vos neguna causa trobada? 

ij) Uriel. Senhor, ieu vos die sans fauta 

Que en las partidas de aquilo 120 

Ieu iey vist de dedins lo tro 

Una bêla estela veramen 

Clara he lusenta coma lo solhelh 

La quala Mensembrios s'apela, 

La permieyra letra de son nom i25 

[Arjas, senher, ieu iey presa 

[Hej la vos aporti aisi. 

126-27. Le ms. est mutilé. 



6 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Aras Dieu lo payre quant aura presas las letras, las legisq ua en nau 
•1^ las asemblan totas. Aprop digua DIEU LO PAYRE : 

Vos, Miquel, de orient 

Avetz portât hiin M. 

Vos, Gabriel, de occideii i3o 

Avetz portât hun .D. 

Vos Raphaël, de septe[iiJtrio [v-] 

Avetz portât hun .A. 

Vos, Uriel, de Aquilo 

Avetz portât hun .M. i35 

He per so, totas aquestas 

Letras asenbladas, 

Aquesta creatura 

Aura a nom ADAM. 

Digua Dieu LO payre als angiels estan en son ceti : 

Mos anglais, escotatz aisi 140 

He en so que ieu diriey de mantenen : 

leu vos die sertanamen 

Que aiso sera aquel 

Que metra los noms 

As una cascuna creatura 145 

He de la sua generatto 

Se enplira tôt lo mon. 

Aras st lere DIEU LO PAYRE de son seti & a ne reguardar Adam he 
quant lo aura regardât, a ne per lo scadafal en disen so que se ensec : 

No es pas bo lo home estre sol, 

Per so H quai far hun ajutori; 

He que demoro totz per raso i3o 

En aquest monde sans contradire. 

Aras se endormisqua Adam entretan que Dieu lo payre anara per lo 
scadaf{<l he puey vengua he li prengua h una costa del costat he la 
porte sobre lo ton bel de Eva he pueys s*en a ne per lo scadafal he 
Eva ubrisqua lo tonbel sans moyre d*aqui tro que Dieu lo payre 
aga parlât so que se ensec, he Ada[in] se deu estre levât. Digua 
DIEU LO PAYRE a Eva ; 



LA CREATION ET LA CHUTE. 7 

leu te bayly esperît de vida. 

Que tôt quant es te servisqua 

En terra he en mar he per tôt le mon« 

Aras se levé Eva he Dieu la mena per la ma a Adam he digua DIEU 
LO PAYRE : 

Adam, ve te aisi ta companlheyra i55 

Bona he bêla he ben formada. 
Cosi voles tu que aga a nom} 
b) ADAM. Voly, senher, que aga a non Viragua 

Per so que de mon costat es tirada. 

Aras los prengua per la ma, la h un desa, Tautre delà, he los mené 
en Paradis terrestre he <|ua[nt sjeran dedins, digua DIEU L[0 

PAYR]E : 

Adam he vos Eva, sains ieu vos mett i6o 

He tôt quant es sains vos bayly 

Trastot a vostre comandaCmjen, 

Réservât lo fruch de Talbre de vida 

Lo quai vos mostrî mantenen, 

He per so guardatz mon comandamen, i63 

Que no mangetzponch fruch vos autres [f^ 4 r»] 

Quar se ho faytz tant tost moretz. 

Aras s'en aneDieu lo payreen Paradis he Etr se seccha dejotz Taiibre 
de vida he Adam en autra part he pueys veiigua lo serpen parlar 
an Eva, que deu venir de infern he digua LA SERPEN : 

Dieu vos guarde de mal, ma mta, 

He ausî a tota la companîha. 

Vos senblatz estre tota trista • 170 

En estan tota soleta, 

En reguardan vostre bel repayre 

Lo quai vos ha douât Dieu lo payre, 

He si a gran cop de bêlas fruchas 

Las qualas devo estre fort saborosas, 175 



166. Vos a. a été ajouté après coup & tfaquel barré. ^ 168. Les deux der- 
nier& mots oot été ajoutés postérieurement. 



8 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

He especialmen d*aquest albre bel 

Lo quai fruch sertas es mot bel. 

No saby pas se ne ausatz mangar. 
^ ËVA. Sertas nos non ausam pas toquar, 

Quar nostre maestre nos ho a devedat i8o 

He nos ha dich que se ne mangavem 

Que encontinen sertas moriam. 
^ LA SERPEN. Ma bêla sor, d'aquo no duptetz pas, 

Quar veramen no quai pas. 

Se d*aquel fruch vos autres nia[n]gatz, i83 

Per aquo sertas no moriretz pas, 

Mas vos die be sertanamen 

Que ieu sabi lo comandamen 

Per que vos ho a el devedat, 

Quar se vos autres ne mangatz 190 

Atant coma el vos autres saubrîatz, 

He per so mangatz ne solamen 

Quar be vos die veramen 

Que no von repenedretz pas. 
^ ËVA. Pueys que per aquela causa ho a fs^ch el, 195 

Ieu ne vau penre encontinen 

Huna poma he ne vau niangar. 

Ara pre[n]gua la poma Eva hc la mange he digua EVA quant i*aura 
mangada : 

Unna autra sertas ne vau portar 
A mon espos Adam per fa mangar. 

Arat cultsqua E^a la poma he la porte a Adam he digua EVA la pré- 
sentai! a Adam : 

Ho Adam, mon amie gracios> 200 

Ieu veni sertas a vos 

He vos porti d'aquest bel fruch, 

Quar el es tant bel he tant dos, 

186.11 y avait d'abord moreti. — 198. Ms. Vtma. — 307. £/, a été barré 
après pat. 



LA CRÉATION ET LA CHUTE. 9 

Eu VOS preguan que ne mangetz. 
1^ ADAM. He ma esposa, avetz ne mangat vos^ 3o5 

i^ EVA. Hoc veramen, lo meu espos. 
^1 ADAM. He las! no vos ho avia pas devedat 

Nostre maestre he castiat 

Que no mangessetz pas d'aquel fruch ? M 

vj EVA. Mon espos, lo serpen me ha dichde serta 210 

Que se d*aquest fruch nos mangavem, 

Saubriam sertas tant coma el 

He per so vos pregui, lo espos'meu, 

Que ne mangetz coma ieu. 

Aras Adam prençua la poma de la ma de Eva he la mange he quant 
Taura mnngada s*en fugisquo totz dos dejocz hun figuier he se cru- 
bisquo an de fuelhas, he DIEU LO PAYRE davale de Paradis he 
s'en ane al verdier he digua : 

Adam, Adam, hont ies anat } 2i5 

Que as dich ni que as fach^ 

Aras Adam ni Eva no sono mot. Digua autra vetz DIEU LO PAYRE : 

Adam, Adam, aprocha te de mi ; 

Diguas per que t'en ies fugit aqui. 

Pensas te que ieu no te vega aqui } 

Que as fach ni que as dich, 220 

Que t*en sias fugit en tal manieyra } 

Vai sa, vai si, mena ta companiheyra. 

Aras Tenga Adam he Eva totz vergonhoses he tremolan he digua 
ADAM : 

Senhor, vet vos aisi ma companiheyra 

Que vos, senher, me avetz bailada, 

La quala me ha, senher, desauhut 225 

Que me ha fach mangar del fruch 

Lo quai me aviatz, senher, devedat. 

Digua Dieu lo PAYRE a Eva : 

He cosi as tu fach ayso, 
Eva, ni per quai raso ? 
i|^ EVA. Sertas, senher, lo serpen traydo 23o 

Me ho a fach sertanamen fa 



10 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

He me ha tant donat del vena l'aurelha 
Entro que me a desaubuda. 

Digua DIEU LO PAYRE al serpcn : 

He tu, serpeii, per que ho as fach ? 
^1 Lo SERPEN. Sertas, senhe, ieu ho iey fach a33 

Per ma grau envega he malvestat 

Que ieu porti a natura humana^ 

Quar volgra que tôt lo mon 

Vengués an mi en infern pruon. 
Digua DIEU LO PAITRE a Adam : 

Adam,puey$ que mon comandamen as passât, 240 

Tôt so que te avia donat 

Te sera veramen ostat, 

He la maladictio te doni ieu 

Que d'aquesta hora en avan 

De ta susor vieure agas 245 

Tant que en aquest monde demoraras 

He tota ta generatio. 

He inquaras may te die ieu [f*» 5 f.] 

Que jamay en Paradis no intraras 

Ni misericordia no trobaras 25o 

Entro que io fîlh de Dieu 

Haga presa mor he passion. 

Digiia DIEU LO PAYRE'* a Eva ; 

He tu, Eva, pueys que as trespassat 

Lo comandamen que ieu te avia bailat, 

La maladictio ieu te doni : 253 

La maladictio que tu auras. 

En dolor tôt joni tu enfantaras 

Los enfans que conseubras 

He tôt jorn a Tome seras subjecta. 

Digua DIEU LO PAYRE a la serpen : 



* Ms payra, 

339. Le copiste avait d'abord écrit vengua. — a 55. D'abord^ te doni ieu. — 
3^9. D'abord, subjecta sera*. 



LA CREATION ET LA CHUTE. II 

He a tu, serpen, quant as fach lo cas, 360 

Tôt jorn per terra lo ventre tiraras 

He sertas per ta malesia 

Paras paor a la femna. 

Aras los prenga Dieu lo payre per los brasses coma se los Tolia gitar 
défibras, he sone OlEU a sant Mtquel : 

Vay sa, Miquel, prestamen 

Âquesta gen gieta me deffora, 265 

Quar an pasatz mos comandaniens. 

Plus sains no say demoro. 

Aras baile Dieu las raubas de pelissas he se vestisquo he quant seran 
▼estttz ane Dieu fora de Paradis terrestre he entretint sant Mîquel 
daTale he digua SANT MlQUEL, quant sera davalat, a Dieu lo 
payre : 

Senher, ieu veni a vostre mandamen, 

Quar iey ausit cridar grandamen 

Que sains bas ieu decendès 370 

He per so, senher, ieu veni prestamen 

Per fayre vostre comandanien. 

Digua DYEU a sant Miquel : 

Miquel, tota aquesta gen 

Gitatz los defora encontinen 

He batetz los me fortmen 275 

Quant an passatz mos comandaniens. 

Ar<is los giete sant Miquel de Paradi he Dieu lo payre s*en sia 
montât, he digua SANT MIQUEL : 

Fora, fora, malvada gen, 

Fora tost he ben coren ! 

No demoraretz plus aisi^ 

Prengua cascun son cami. 280 



262. Totjorn^ a été barré après he. — 263. Veramen^ a été barré après Faras. 
— 363. Rétabli ainsi par une autre main; d'abord : Gieta m'e de fora aquesta 
gen, ~ 372. D'abord mandamen. — 375. On a ajouté après èoup à ce vers tu los 
batra%, sans doute avec l'intention de modiâer ainsi tout le vers : He fortmen tu 
lot me batrat. — 276. On a ajouté après coup à la fin du vers an patsat^ en 
barraot ces mêmes mots après quant (Cf. la note précédente.) 



12 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Aras quant son defora he sant Miquel s'en sia anat, digua ADAM 
dt ginolhos he may EVA en parlan a nostre Senhor* : 

Oy ! setiher Dieu tôt poysan 1 
Que as creadas totas causas de nien 
He as format aquest paubre pecador 
leu te pregui, Dieu, mon creator, 
Que [de] nos agas merse he misericordia [r^] 283 
He, senher, noCm] mespreses pas 
Tu que me as format de tas mas. 
Reforma me, senher, se te platz 
He perdona me, seiihe, mos pecatz, 
Quar ieu soy sertas aquel 290 

Que iey subjugat tôt lo monde 
' A pena eternal veramen, ~ 
Sans jamais salhir de infern, 
Tro que ton fîlh prengua passiou 
Per fayre la redemptio 295 

Del gran peccat que ieu iey cornes. 
O senher Dieu, payre poderos, 
Âgatz pietat, senher, de nos 
Quar no sabem ont nos anam 
Ni quai cami nos prenguam 3oo 

He em, senher, fort enbaitz. 
Adieusiatz, senher, a vos nos recomandam. 

* Les cinq derniers mots ont été ajoutés après coup. 



LA SAMARITAINE 



ENSEC SE LA ESTORIA DE LA SAMARIFANA 



Dits JHESUS als dîsipols : 

Mos amicz, el nos quai aaar 

En Galilea per predicar 

La passiou que ieu iey a suffri ; 3o5 

He per so metam nos en cami 

He vulham non donquas anar 

Quar en Samarla nos quai passar, 

Quar el es en nostre cami 

He passarem totz per aqui, 3io 

La hont son los paguas he los gentiells 

He gran cop d'autres pharizieus. 

Nos venrem près de la vila Cichen 

He âqui nos repausarem, 

La hont Jacob, lo gran payre, 3i5 

Fetzfar hun potz en son repayre : 

Lo quai repayre el compret 

De Hemor, princip de Cichen; 

En io quai repayre van demora 

Jacob he sos filhs habitar, Sso 

En tro que Dina, la fîlha, 

Forec sertas envilanida 

He la vila tota destruta 

Per los enfans de Jacob. 

3i3. Corr. Ciehard? cf. 3a 5 & Ev- toc, Jo., IV, i. 



14 MYSTÈRES PROVENÇAUX.. 

Aras s*en ano totzensemps he ran trobar lo potz de Jacob; he Jhesus 
se pause sus Tor del potz he dîçua als dicipols que aneso en la 
vila comprar de pa que ma[n]çeso he de peyso, he digua JHESUS : 

Peyre he Johan he Aadrieu, vos autres anaretz 

Eu la vila de Cichar he çompràretz ?33 

De pa he de peyso que mangem ; 

Quar ieu vos die verameii 

Que ieu soy graudamen las. 

1^ PEYRE a Jhesus. Senher, pueis que a vos platz 33o 

Nos lay irem totz d'aquest pas 

He farem vostre comaudanien 

He pueys, seuher, aportarem 

De tôt so que nos avetz dich. If* t n».] 

Seuher, an baytant a vos nos recomaCnjdani. 335 

Aras s*en ano les disipols comprar so desus ha* hun apelat Dalphinas 
he dtgua SANT JOHAN : 

Senher Dalphinas, Dieu vos ajut! 

Nos hem, senher, aisi vengutz 

Se auriatz ponch so que nos demaCnjdam } 
ly DALPHINAS. Senhors, que voletzni que demandatz^ 

Tant lasses vos autres me senblatz 340 

Quar vos autres etz fort niagres 

He vostres visatges son for pâlies, 
i^ SANT ANDRIEU. Senher, nos avem graudamen caminat 

Del mati entro aras, 

He sertas despueys no avem mangat; 345 

Ieu cresi que sia hora de vespras. 
Bj DALPHINAS. Senhors, diguatz que demandatz? 

Quafrj ieu vos provesiriey mantenen 

He vos baylariey encontinen 

Tôt so que demandaretz. 35o 

i^ PEYRE. Senher, de pa he de peyso nos demandam, 

Se ne avetz bailatz nos en 



* Ms. he. 
34.6. Ms. le. 



LA SAMARITAINE. l5 

He vulhatz vos desempachar 
Quar sertas nos non volem anar 
A nostre maestre que nos espéra. 355 

tf DA[L]PHINAS. Ama senhors, an la bona hora 1 
Vet vos aysi lo peyso he lo pa 
He vpramen be vos die de serta 
Que non pagaretz.denier ni mealha. 

Aras prengua^ SANT JOHAN lo peyso he lo pa he digua a Dalphi- 
nas, quant s'en anara : 

Senhor Dalphinas, a Dieu siatz! 36o 

He del be que nos avetz fach, 
Senher, per mort de Dieu sia ! 

Aras entretan que s^en torno los disipols he vengiio tôt d'à pas entro 
que sia** hor. He la Samaritana vengua per posar de Taygua an la 
botelha he quant sera al potz, fasa manieyra de posa sans far conte 
de Jhesus, he digua JHESUS a la femna he la femna l'escote : 

Femna, be sias tu venguda 

He de gran joya reseubuda ' 

Posa de Taygua encontinen 365 

Quar ieu te die veramen 

Que ieu iey, sertas, gran set. 
Bf LA SAMARITANA. He tu, que sias, senher, juzieu, 

Cosi podes tu demandar 

Que ieu d'aquesta aygua te doues? [v«] 370 

He no sabes be tu que es 

Quar tu portas los vestimens 

Dels Juzieus sertanamen 

He que los Saniarita[n]s lor porto envega gran } 

He per so te die ieu, senher, sertanamen 375 

Que ieu no t'en posariey poneh. 
wj JHESUS. Femna, sertas, be te die ieu 

Que se tu saubeses los dos de Dieu 



* Ms. pregua. 
" Corr. sian, 
356. Corr. Amat\. 



l6 • MYTÈRES PROVENÇAUX. 

Ni qui es aquel que t*eii demanda 

D*aquela aygua a heure, 38o 

Tu veramen lin demandarias as el 

Que t'en doues encontinen 

A heure de l'aygua de vida. 
1^ LA SAMARITANA. Senher, tu no as pas en que poses 

L*aygua veramen d'aquest potz. 383 

He te die ieu sertanamen 

Que l'aygua es veramen 

Grandameu pruonda 

He tu que mandas donar 

A heure de l'aygua de vida, Bgo 

Donquas tu ieys major 

Que nostre payre Jacoh ? 
1^ JHESUS. Femna, ieu te die veramen 

Que l'aygua que ieu donariey 

An aquels que m'en demandaran ^gS 

Jamays plus set non auran. 
Bj LA SAMARITANA. Dona me d'aquela aigua, se te platz, 

Que ieu, d'aquesta hora en avan, 

No haga plus set tant gran, 

He que no vengua plus serquar 400 

D'aquesta aygua ni may posar. 
t^ JHESUS. Femna, vay, vay serquar ton raarit! 
i^ LA SAMARITANA. Senher, veramen ieu vos die 

Que ieu no iey ponch de hiarit. 
i^ JHESUS. Femna, vertadieyramen as dich 40^ 

Que no bas poneh de marit. 

Sine maritz as agutz veramen 

He aquel que as de presen 

Sertas no es pas ton marit. 
1^ LA SAMARITANA. Senher, vertadieyramen ieu vos die 410 

Que ieu iey eonogut encontinen 

Que vos etz propheta veramen 

He eresi que lo Messias es vengut 



LA SAMARITAlKE. I? 

Loqual s'apela Jhesu Crist 
He per so, senhor, vos demandi perdo. 41 5 

Aras se meta la Samaritana de ginolhos, las mas juncus, ^e digua 
JHESUS : 

Femna, crey fermamen [f»? «*! 

Quar ieu soy sertas el 
Lo quai parla an tu. 

Aras^ la Samaritana s'en ane en la rila he laisc la botélha he quant 
sera as els digua LA SAMARITANA datant que los disipols parlo 
an Jhesus : 

Messenhors, vulhatz totz escotar 

So que îeu vos voly recoiitar : 420 

Ieu anava serquar de Taygua, 

En m'en anan la gran carieyra, 

Ieu encontriey sus Ter del potz, 

Lo quai ha fach far iiostre payr>3 Jacob, 

Ieu sertas iey trobat 423 

Lo gran propheta Messias, 

Lo quai me ha contât tôt mon cas : 

Dels sine maritz que ieu iey agutz, 

He d'aquel que ieu iey aconogut 

Que sertas no hera ponch mon marit. 43o 

He iey conogut que me ha dicha la vertat : 

Per so vos die ieu, en veritat, 

Que el es lo fîih de Dieu omnipoten 

He que ve tôt encontinen 

Per penre mort he passio, 435 

Per fayre la redemptio 

Del poble que es tôt perd ut. 

Aras los disipols Te[n]guo he prescnto la Tianda ha Jhesus, he digua 
SANT PEYRE : 

Senhor, nos vos aportam 

La vianda que vos nos aviatz dich ; 

He, senher, totz vos preguam 440 

* Après Aras on a rat are : venguo los disipols he, — 425. Ce Ters a été ajouté 
poster ieuremeot. 

III. 2 



|8 MYSTÈRES FROVENÇAUX. 

Que la vulhatz benesir, 

Quar el es hora de mangar 

He cresi que, seguon que me apar, 

El es hora sertas de sexta, 

Quar vespras so sonadas grau temps ha ; 445 

He per so, senhor, vulhatz mangar 

La vianda que avem aportada. 
ij^ JHBSUS. Mos dissipols, vulhatz me escotar. 

leu iey autra vianda a mangar 

La quala vos autres no conoisetz pas. 45o 

^ SANT JOHAN. Maestre, donquas qualcun t'en ha porCada 

De vianda he t*en ha donada. 
t) JHESUS. Mos dissipois, ma vianda es tala 

Que ieu fassa la volontat 

De mon payre que me ha trames. 455 

^ SANT ANDRIEU. Senher, nos te preguam, per excellensia, 

Que nos vuelhas donar la benedictio 

He nos vuelhas donar licensia 

De penre nostra refectio, 

Quar la hora passa de mangar. 460 

u) JHBSUS. Sesetz vos en lo nom meu 

En vos donan la benedictio. [▼* 

Done U benedictio. 

Aras se asieto los disipols en terra he meto la toalha he. la TÎanda he 
aprop nostre Senhor lo[r] done la benedictio he los areguarde & 
aprop, quant auran mangat & cntretant que leraran la toalha, 
Tenguo los de la vila he digua CAMBRES a Jhesus, en fasen gran 
rererensia : 

Senhor, nos venem a tu 

En preguan ta gran humilitat, 

Que t*en venguas alotgar, 463 

Senhor, en la nostra cieutat 

Non obstan que nos no siam pas Juzieus 

Mas hem, senhor, Samaritans; 

He, senher, per los miracles grans 

Que totz los jorns ausit dire avem 470 



LA SAMARITAINK. 19 

Que fas sertas cascun jorn 

Nos, senher, en tu creyre voleni. 

wj JHESUS. Senhors, anar nos non vole m 

He tost he ben coren 

En las partidas de Jherusalem 475 

Per acabar lo raandamen 

De Dieu lo payre omnipoten* 

Aras s'en ant cascun en son loc he Jhcsus s*en ane resucitar lo Laier 
en Betbania. 



473. Après «Of, en a été barré & remplacé par non. — 476. Ce vers a été 
poetérietirement refait de la façon suivante : Per lo mand. de Dieu acompiir. 



LA RÉSURRECTION DES MORTS 



ENSEC SE LA RESURECTIO DELS MORTZ, 
QUANT JHESUS HA ESPIRAT SUS LA CROTZ. 



[f* 8 f] 
Aras aprop que las tenebrasson fackas, devo resucitar .V.mortz ht ios 
très s'en anoen Gualilea he Ios dero aculhir Ios que se enseguo ; 
he Ios dos s*en ano al temple de Salamo an lors susaris heseestian 
aqui sans dire mot tro que sera hora, he digua lo de Gualilta apelat 
Thamor a son co[m]payre apelat Tausi : 

Mon compayre, vos siatz ben vengut ! 

Vos me faytz hua gran conort, 

Quar no ha pas gran temps 480 

Que vos eretz sertas mort, 

He cosî etz vos resucitat? 

tj TAUSI. Mon compayre, ieu vos diriey vertat 

Per que ieu soy resucitat, 

Quar aquel Dieu que crusifiquat avetz 485 

Veramen el es decendut als linbes 

De la hont totz Ios Sans Payres 

Hero veramen totses meses 

He ayso per lo pecat de nostre payre Adam 

Quant hac passât lo comandamen 490 

Que Dieu li avia devedat; 

Aquel nos ha veramen resucltatz. 

Aras se ane aseser Tausi de costa son compayre, he après parle 
CORDOLAMOR a Tadas : 

He vos, mon companho Tadas, 



LA RÉSURRECTION DES MORTS^ 21 

Diguatz nos vos que contatz 
De la hont vos etz vengut? 495 

wj TADAS. Cordolamor, mon companho, 

Quant ieu vos vech, me sap mot bo; 

He per so que novelas me demaiidatz, 

Ieu las vos contariey en veritat. 

Sertas el no ha pas guayre 5oo 

Que Dieu es intrat en lo repayre, 

En infer(e)n la hont nos erem ; 

He avem vista huna gran clardat lusen 

Sertanamen plus que lo solhelh 

De que nos ha totz illuminatz 5o5 

He nos a dich que nos levesem 

He en lo monde tornesem 

Per notiffiquar la sua sancta resurectio; 

He per so vos die veramen ieu 

Que el venra sertas en breu 5 10 

Fayre la sua sancta resurectio. 

Aras l'en ane asetiar Cordolamor costa Tadas he dîgua HELAlVIITAS 
a Sent bel : 

He vos, mon frayre, que disetz 
De so que vos avetz vist? 
wj SENIBEL. Mon frayre, vos sabetz que ieu era mort [y] 
He encontinen que mon arma 5i5 

De mon cors forec salhida 
Ela s'en anet tota marida 
Dedins sertas en infern, 
He aqui ela ha estât despueys 
En atenden tôt jorn 52o 

La redemptio del filh de Di«u 
He per so vos die teu que el venra 
Sertas en breu. 

532. Ms. putqua^. 



LE JUGEMENT DE JÉSUS 



ENSEG SE LO JUTGAMEN DE JHESUS 

DE NAZARET* 



Los jucgts ht cosclhies hc aTOcatz hc lo notari ht lo largan Roma se 
(itTO partir del tscadaAal he se dero anar abilhar en lo secrtt, 
caseun se|^n son abilhamcnj be après devo Tenir cascun en son loe 
be, quant seran asetiatz, deii Tenir NATURA HUMANA de infern, 
abilhat en guisa de hun home TÏelh honesumen^ ht digua, quant 
sera fora per lo etcadafiâl, entre sy meteis : 

leu soy, sertaS) Natura Humana 

Que iey estât eu infern gran temps, 5a5 

Despueys sertas que fori morta 

He y soy inquaras de presen; 

Mas ieu vau far huna requesta 

Davant Dieu lo payre omnîpoten 

Que H plasîa per caritat 53o 

Que de nos autres aga pietat 

Que pusquam salhir de layns, 

Vesen que hi avem tant demorat, 

En nos donan misericordia* 

Aras i*m ane HATURA HUMANA daTant Dieu lo payre he se mtta 
dt ginolhos quant sera daTa[n]t el, he digua : 

Ho veray Dieu tôt poysan, 535 

Humialmen ieu vos pregui 

Que me vulhatz escotar hun pauc 

* Après le titre riodication suÎTante a été ajoutée : he te deufar davant que la 
resusytaeio del Late te fata. 



L£ JUGEMENT DE JÉSUS. a3 

D* so, 8«nher, que vos roly dir*. 

Senhor, el es causa vertadieyra 

Que ieu he ma compaiihieyra 540 

Quant vos nos agretz formatz 

He en paradis terrestre ficatz 

Vos nos disetz he nos devedetz 

Que no ma[n]geseni del fruch de vida 

Quar sertanamen se ho fasetz 545 

Encontinen vos autres morretz. 

Senhor, nos vostre conia[n]damen pacem 

He encontinen subgugatz sertas forem 

A la mort corporala he penabla. 

Après, senhor, gran temps 55o 

Nos sertas morigrem 

He en infern nos qualc desendre 

He tota nostra posteritat; 

De que, senhor, vos agretz pietat 

De Natura Humana que aviatz formada 535 

He en vostre gran consestori 

Vos ly promesetz causa sertana ; 

So es asaber : misericordia, 

Segon que ha dich lo propheta Davit 

Per la boqua del Saut Esperit : 56o 

Misericordias domini in eternum cantabo. 

So es a saber, senhor, que misericordia donariatz 

Als pecadors que han fachs pecatz 

Quant fartan botia penedensa. [v«] 

Nos autres, senhor, avem fâcha aquela 365 

Quar nos avem en infern eicat 

•V. milia ans he plus pasatz 

En cridan tôt jorn misericordia 

He vos avem demandât àquel 

Que nos aviatz promes per la ley 370 

55i. Ms. mmmi^rmem» — 534. Mb. offwrwti, — Pmiiiim M, 1. 



14 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

De que, senhor, austdas vos avetz 

Nostres plhors he nostras clamors, 

He nos avetz trames aquel 

Sertas que nos dema[n]davein; 

So es a saber lo vostre iilh SyS 

Que es desendut desus del cel 

He se es vengut vicarnar 

En lo ventre vergînal 

De la mayre de Dieu eternal, 

He aiso sans hobra de home 58o 

Mas per hobra del Sant Esperit* 

•IX. meses en son ventre Ta portât 

He de sas mamelas lo ha alachat 

He es demorada verges 

De davant lo enfantamen 585 

He en lo enfantamen après. 

Nos sabem, senhor, que el es decendut tôt esprès 

Per fayre de Natura Humana la Rederaptio 

He de nos gitar de infern pruon. 

Senhor, el no s'en es guayre curât 590 

Quar sertanamen el ha estât 

. XXXIII. ans, he plus, en lo monde 

Sans fayre de nos autres gran conte. 

Per so, senhor, ieu lo voly far ajornar 

Per davant los jutges 595 

De la Ley de Natura ; 

Quar, senhor, el promes nos ha 

De nos gitar sertas d*aqui 

He so podem nos proar 

Per lo sant home David 600 

Quant el ha dich per la boqua del Sant Sperit : 

In capîte Ubri (jt)scriptum est de me 

Utfacerem voluntatem tuam* 

603. Ps. 39, 2. - Vulg. In capite Ubri tcriptum ett de me ut facerem volun- 
tatem tuam : deut meut, volui, & legem tuûm in medio cordit met» 



LE JUGEMENT DE JÉSUS 25 

Di|rua DIEU LO PAYRB : 

Hor sa, Natura Humana, 

leu te respondi de presen 6o3 

Quar ieu te iey tranes. mon filh 

Per te gitard'aquel perilh 

He sertas ieu no sabi pas 

Que te pogues ieu may far* 

Aras NATURA HUMANA prengua congiet an gran rcTerencia ht 
ane parlar an lo notari de la Ley de Natura, he digua : 

Senher, ieu veni a vos 6io 

Per vos dire sertas dos motz. 
Digua LO NOTARI : 

Horsa, dana, que demandatz vos ? 
Voletz re de nostre hobrado^ 

Dïgua NATURA HUMANA ; 

Senher, sertas ieu vos diriey 

Ieu voly huna letra de ajornamen 6i5 

Per ajornar personalmen 

Lo filh de la Maria. 

Digua LO NOTARI : 

Diguatz, sertas, el calria 
Saber cosy es son nom ? 

Digua NATURA HUMANA : 

Jhesus de Nazaret Tapela hom. [f» lo r.] 620 

Aras LO NOTARI fasa senblan de escrieure la letra he pueys la ly 
haylc, hedtgua : 

Senher, vos àvetz aisy vostra letra, 
He que fasatz ajornar vostra partida* 
Digua NATURA HUMANA : 

Senher, ieu no sabi pas 

Quai sargant poyriey troba 

Que ho sapia ben fa ? 635 



613. Ms. demandant;, — 621. Il faut remarquer que Natura Humana est habil- 
ée eo homme : • abilhat en guita de hun home ». (Cf. la rubrique de la page 22.) 
C'est pourquoi on l'appelle : Senher. 



26 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Digua LO NOTARI : 

Diguatz, vos penretz Roma, 

Quar teu vos die de serta 

Que el ho saubra beii fa. 

Aras NATURA HUMANA ane al sargant Roma ha 911 ly bailan la 
Ucfa ékgam : 

Roma, ieu tos pregui caramen 

Que vos me fasatz encontineii 63o 

Lo contengut d'aquesta letra. 

Aras prangua * la letra ROMA hc fasa sanblan dt la lagtr, ha digua : 

Senher, sy fariey ieu veramen 

He lay vau oiicoiitinen 

Per veser se lo trobariey. 
Aras s'en ana ROMA ajornar Jhesus de Nazarct, he digua : 

Jhesus de Nazaret, 635 

A la requesta de Natura Humana 
Ieu vos ajoriii personalmeti 
Que agatz a comparer encoiitinen 
Per davaut los jutges de la Ley de Natura. 
Digua JHESUS : 

Ieu, sertas, soy conten 640 

De anar per davant elses 
Per veser que me demanda. 

Aras lo Roma s'en ratorne en son loc hc Natura Humana se deu 
cstar en loconsistori en atenden sa partida. Haprès la MARYA parle 
an son filh per lo escadafial he digua an manan anb ela Bona 
Paciensa : 

He lasa, mon filh, heque avetzfach 

A rencontra d'aquesta malvada gen} 

Que en aisy vos ago ajornat 643 

De anar comparer personalmen. 

Digua JHESUS a la Mayre ; 

Ma mayrè, vos ho ausiretz dire, 
He vos pregui mot caramen 



LE JUGEMENT DE JÉSUS. tj 

Que VOS prsnguatz Bona Passieiita 

He que la menetz an vos 65o 

Que vos fasa coCmJpanîha. 

Digua la MAYRE ; 

He mon fîlh, sy fariey ieu 
He la menarî^y sertas an mi. 

Aras parle la MAYRE DE DIEU an Bona Paciensa, he digua : 

Bona Paciensa, vos venretz an mi 

Se vos play alcunamen 653 

Quar ieu vos die sertanamen 

Que ieu iey ben besonh de vos. 

Digua BONA PACIENSA : 

Pueys, dana, que play a vos 

Ieu soy contenta verayamen 

De vos fayre companiha M 660 

De la hoiit vos volrretzanar; 

Mas huna causa vos voly preguar 

Que no vos vulhatz tant descouortar 

Coma fesetz quant lo agretz perd ut 

En Jherusalem quant lo lay menetz, 065 

Quar de très jorns ni de très nuechs 

No hagretz sertas Bona Paciensa. 

Digaa la MAYKfi < ^ 

He lasal paubra dolenta 

He que poyra aiso estre 

Quar ajomat an mon fîlh 670 

A co[m]parer personalmen 

Perdavant los jutges de la Ley de Natura? 

Pausa» 

Digua may : 

He per so, mon filh, se vos platz, 

Ânem totses d'aquest pas 

Veser que vos dema[n]daran» 675 

Aras s'en anc Jhcsus he la Mayre he Bona Paciensa per lUTant los 



28 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

jutget he, quant serait al consistori, faso rererancta he puey IjO NO- 
TARI rasitt la causa, he digua : 

A la requesta de Natura Humana 
Es ajoniat Jhesus de Nazaret. 
Digua ADAM a Natura Humana : 

Hor sa, Natura Humana, 
Que demandatz vos } 
Digua NATURA HUMANA : 

Messenhors, ieu iey fach ajornar, 680 

Per davant vos autres, 

Jhesus de Nazaret* 
Digua ADAM : 

Hor sa, agatz hun avocat 

Que plaidege vostre cas, 

Quar aysy no vos escotarem pas. 685 

Digua NATURA : 

Messenhors, se vos platz, 

Baylatz me quai que vos vulhatz 

Quar ieu sertas soy conten. 

Digua ADAM : 

Sus, Cari ta t, parlatz per el. 

Aras se levé CARITAT he fasa senblan de parla r an Natura he pueys 
legisqua la letra ho[rasa] senblan de la legi, he pueys parle ; 

Messenhors, el es vertadieyra causa 690 

Que entre Natura Humana 

He Jhesus de Nazaret 

El hi a sertas hun gran procès, 

Quar ma partida 

Se complan fort de el 695 

He dis de ma[n]tenen 

Que aprop quant el hac trespasat 

Lo comandamen de Dieu lo payre 

En ma[njgan del fruch de Talbre 

Que li era estât devedat 700 

694. D'abord he dû au lieu de quar. 



LE JUGEMENT DE JÉSUS. 29 

Forec condapnat encontinen 

A la mort infeniala, 

He per so quant ma partida 

Forec sertas morta 

Ela desendet en infern priou yoS 

He tota sa posteritat 

He per so que ma partida sabia be [f^ 1 1 r-.] 

Que el desendrîa eu lo monde 

Per fayre de Natura Humana la redemptlo 

He aiso podi ieu probar 710 

Per la Sancta Escreptura 

La quai dis en aquesta manieyra : 

Ipse invocabunt me, patermeus es tu 

Et ego ponam illum exelsum pre regibus terril 

He por tant, Messeuhors, 71 5 

Totses los Sans Payros 

Sabian las promessas 

Que lor ero estadas autriadas; 

An levatz los uelhs vas los cels 

He an cridat a Dieu lo payre 720 

Que lor volgués trametre 

Aquel que era promes en la Ley. 

Dieu lo payre ha dich a son fil h : 

Lo quai de nos autres 

Anara enio monde 735 

Per penre carn humana, 

Per far la redemptio de Natura^ - 

Tant tost Jhesus de Nazaret 

Sertanamen ha respondut 

He a dich en aquesta manieyra : 73o 

In capite libri scriptum est de me 

Utfacerem voluln'itatem tuam, 

•jog. Le xns. portait d'abord : Per f. l.r,— 711. D'abord, per la E. S.^ yii, 
Ps. 88- 4. - Vulg. Ipse invocabit me, pater meus es tu : deus meus, & susceptor 
salutis meae. Et ego primogenUum ponam illum excelsum prae Regibus terra e, 
— 731 , Ps. 39, 2. (Cf. le V. 60^0 



3o MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

So es a dire veraiamen 

Que ieu co[m]playney encontineti 

Affayre vostra volontat. 735 

A la donquas, Dieu lo payre respondet : 

Mon fîlh, so me play be, 

He d'ayso ieu iey gran plase. 

Tôt aiso ma partida ha saubut 

He ayso H es [e]stat dich en ferm 740 

Que el es desendut del cel 

He es aisy per davant vos autres 

He per so, Messenhors, ieu die 

Que el deu estre conpellit 

De atendre sa promessa, 743 

Quar huey may deuria estre hora 

Vesen que ha tant demorat 

En lo monde he caminat 

Sans aver neguna conoysensa 

De so que ha promes, 750 

He per so die ieu, Messenhors, 

Que el deu estre condepnat 

De nos atendre la promessa, 

He per so eo[n]clusisy ieu que el deu mori* 

Digua ADAM a Jhesus : 

Hor sa, que disetz vos, Jhesus de Nazaret, 735 
De so que demanda Natura Humana^ 

1^ JHESUS. Messenhors, el es vertadieyra causa. 

Oi£;ua ADAM : 

Jhesus de Nazaret, 
Hel vos quai far hun avoeat 
Per respondre a Natura Humana 760 

Quar aisy no vos eseotariam pas. 
^ JHESUS. Messenhors, se vos platz, 

Baylatz me aquel que vos playra* 

74a. Ce vers était d'abord ainsi conçu : He te et encamat ai^, puis on a 
tffacé, se & encamat^ & ajouté : per d, y. a. 



LE JUGEMENT DE JÉSUS. 3l 

Di^a ADAM : 

Hor sa, parlatz per el, Ignoce[njsia. 

He defendetz ly ben sa causa 765 

Quar el ii*a be besonh. [v«.] 

Aras M IcTt lGNOCENS[I]A ht fasa s«nblan dt parlar an sa partîda a 
l'aurclha. Hc pueys digua, h* lo Nota ri fasa scnblati d« escrieure 
tôt so qnt dito lai partidas : 

Messenhors, el me es ben avist 
Que Caritat ha graiidamen parlât; 
.He aiso al plaser de son coratge 
He per so que el ha co[njclusit 770 

Que ma partida deu xnori 
He aiso per lo pecat d'autrui* 
Die ieu sertananien que no fa 
Quar el ly séria fâcha enjuria 
Se per autrui pecat mort el prendia, 775 

Vesen que ma partida no ha ponch fach pecat 
Tôt aiso podi ieu probar 
Quar pecat no ha jamay fach 
Ni en sa boqua no se es trobada 
Neguna paraula mal dicha : 780 

Qui peccatum nonfecit, nec înv$ntus 
Est dolus in ore ejus. 
Répliqua CARITAT : 

Hor sa, Messenhors, pueys que ma adversa par- 
Que Jhesus no deu pas mori [tidadis 
Per las razos que ha dichas, 785 
Die ieu sertanamen que si fa 
He proby ieu en aisy 
Segon la Ley de Caritat. 
Dis que cascun deu far a son proyme 
So que volria que hom feses per el 790 
He per so que Jhesus, que es aysy, 
Se es fach Dieu he home 

775. D'abord el p. «.— 781. Epist. Petr. I, 2, 4. 



32 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

El deu reseme son proyme 

Segon la Ley de Caritat; 

Quar seno que el ho fasa 795 

Jamays autramen no se fara 

Quar hun pecado no pot pas reseme hun autre. 

Per so conclusy teu que el deu mori; 

Non pas per son pecat 

Quar jamays non ha fach 800 

Mas per lo pecat de son proyme. 

Digua ADAM a Jhesui d« Nazaret : 

Jhesus, as tu ausit lo playdegat, 

Que ha deffendut ton avocat 

En te deffenden, que tu no cleves pas mori } 

Hor sa vos tu ausir 8o5 

Soque los cosselhiers diran } 
^ IHESUS. Messenhors, ieu soy co[nJten. 
Digua ADAM n Joseph : 

Hor sa, que dîsetz vos Joseph, 
Per vos he per vostres companhos ? 
1^ JOSEPH. Messenhors, ieu parly per totz 810 

He die que el deu mori ; 
He deu estre vendut 
Per hun de sos disiples 
He aîso per lo pretz 

Sertanamen de .XXX. dénies 81 3 

La razo si es aquesta : 
Quar ela es sertas mesa 
Sobre mi en figura 
Quant fori vendut per mos frayres 
Âls Ymalitieus per «XXX. dénies 820 

795. Tout d'abord au lieu de quar le ms. portait he per to, qui a été rayé. — 
797. Vers en interligne. — 810. Après ^ Joseph^ on a ajouté : He hy deu aver 
très ho quatre conselhiers hefar senblan de parlar entemps, pueys digua : Cette 
indication a été postérieurement écrite, en marge ; la couleur de l'encre & récri- 
tare indiqueut deux mains différentes, La première a écrit jusqu'à conselhiers, la 
deuxième depuis he far, &c. jusqu'à la fin. — 81 3. On a ajouté en marge, puis 
effacé : coma ieuforecper mot frayres. 



LE JUGEMENT DE JÉSUS. 33 

He per so coticlusict ieu 

Que el deu estre près coma îeu, 

He deu estre mes en priso es cura 

Coma ieu forî en la cisterna 

[He] deu estre mes entre dos layros 82S 

[Coma} ieu fori en la priso de Pharao 

Quar la figura deu per vertat 

Respondre a la veritat* 

Digtia ADAM a Is autres jutges ; [f> 13 r>.]* 

Horsa, Messenhors, vos autres avetz ausidas las 

Que han dichas los conselhiers 83o [rasosj 

He los avocatz totz, 

Hel quai sertas que nos donem 

La sentencîa encontinen 

A Jhesus de Nazaret, 

He per so, Messenhors, aprochatz vos 835 

Arat los jutges se aprocho de Adam & faso senblan de parlar en^emps 
he après se retraçuo cascun en son ceti, he digua ADAM : 

Hor sa, Jhesus de Nasaret, 

Tu as austt tôt lo plaidegat 

D'un he d'autre costat 

He per so aten aysy . 

En so que ieu te voly dire. 840 

Nos, jutges de la Ley de Natura, 

Te donam tala sentencia, 

La hun aprop l'autre. 

He ieu Adam tôt permier. 

Te doni tala sentencia 843 

Que sertas tu deves mori. 

La razo si es aquesta : 



* En tête du f» 12, en marge, une main grossièrement dessinée avec le mot nota, 

823-26. Ces vers ont été ajoutés après coup dans un renvoi au bas de la page. 

Ils ne se:nb]ent pas avoir été écrits par la mCme main ; l'encre des deux premiers 

est plus foncée que celle des derniers. — 82 5-26, le ms. est mutilé. — 840. Ce blanc 

se trojve dans le manuscrit. 

III. 3 



34 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Qiiar Natura Humana 

Que tu as formada, 

Sertanamen el ha pecat 85o 

Quar ha trespasat ton coma[nJclainen 

En ma[n]gan sertanamen 

Del fruch del a[l]bre de vida 

He vesen que tu has promes 

De los rezeme totses 855 

Die ieu que tu seras crucificat 

En lo albre de la crotz he clavelat 

Quar qui in lîgno vincebat 

Per îîgnum quoque vinceret, 

» 

Digua ADAM a Noe : 

Hor sa, Noe, que disetz vos 860 

Ni qui es vostre jutgamen } 
¥j NOE. Messenhors, ieu die sertanamen 

Que el deu morir encontinen. 

He la raso es aquesta : 

Quar quant el voc péri lo monde 865 

Sertas per lo grau diluve, 

He aiso per lo gran pecat de la carn, 

El me fes mètre dedins l'arca 

He ausy tota ma maynada 

Sans salhir de lains. 870 

Après, quant passât forec lo diluvie, 

Ieu defora Tarea salhigui ; 

He quant ieu fori defora 

Ieu me mesy a plantar viiiha. 

Quant forec inadur lo rasim 875 

Ieu begui tant d*aquel vy 

Tro que me cal: sertas dormi. 

85 1. Trapasat a été mis à la place de romput qui esl rayé. — ms. conadamen. 
— 858. Quar, a été ajouté en marge. — 860. En face de ce vers, en marge, se 
trouve l'indication mudat. — 86ï. Qmî, a été ajouté après coup. — 865. Voe^ a 
été ajouté après coup, il y avait d'abord : ac périt qui est rayé. — 873. He, a 
été substitué à après qui est rayé. 



LE JUGEMENT DE JÉSUS. S5 

He quant ieu fori adormit 

La hun de mos filhs me descrubit 

Tro que mostriey mas vergoiigas. 880 

He per so ieu soy figura 

De la sua deresiou, 

He que la figura deu respondre [v»j 

A la verîtat sertanamen, 

He per sd, die ieu de manteneu 885 

Queel deu estre pendut 

Sus lo albre de la crotz tôt nut 

Afy que totz se trufo d*el 

En vesea sas verguongas. 
Di|^ua ADAM a Abnim : 

He vos Habram que disetz 890 

De Jhesus de Nazaret ? 

Deu raorir? hoc ho no ? 
wl ABRAAM.Ieu VOS dic sertanamen 

Que el deu mori san fauta ; 

Quar en rai es estada la figura 896 

Per so que dis l'Escreptura ; 

Quarel me ha sertanamen temptat 

Que ieu sacrifiqués mon filh 

He aiso per amor d*el. 

Ieu fesy son comandamen 900 

He lo meniey en la mo[nJtanha 

He sus son col ieu li mesy 

881. P.T $0 a été effacé & remplacé par dayto qui nous paraît moins correct. — 
883. Au bas du f« I s r> se trouvent les vers suivants qui ont été ajoutés après coup. 

Htm es estât Jigurat 

Per lo sant home Thobias 

Que ha Jich en aisy 

Per la boqua del Sant Sperit : 

Jeu soy sertas nasqtit 

Del ventre de ma may[re] ' 

He pueys quant ieu mort seriey 

Trastot nut m'en tornariey 
Cest peut-être cette variante que signalent les indications nota ik Ynudat, 

* Le ms. est mutilé. 



36 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Hun fays de lenha veramen 

Per lo sacrifficar encoiitinen 

Tôt aiso ieu iey fach, 9o5 

He per so die ieu sertanamen 

Que sus son col deu portar 

Lo fust en que deu estre crucificat 

Quar en mon filh el es estât figurât 

Heper so la figura deu respondre a la veritat. 910 
Di^ m An\M a Jacob : 

Hor sa, Jacob, que dtsetz vos 

De Jhesus de Nazaret ? 

Deu el niori? 
i||JABOB. Messenhors, ieu vosdirtey 

Quar el deu mori veramen 91 3 

He la razo es aquesta : 



De la molher del rey de Samaria 

Que eia portava a Ysac mou payre. 

Perso que loraviadoiiatzgrancop d'affayres 920 

Mon payre me devedet per espres 

Que en aquei pais ieu non demores 

He per so ieu camiaiey tant 

Troque forec solhelh colguat. 

Ieu sertas m'en montiey 925 

En lo puech del mon More, 

Que se dis mont Calvayre, 

He aqui ieu me vau agayre, 

Per so que ieu era grandamen las. 

He jotz ma testa ieu vau mètre gSo 

Huna peyra en loc de coysy. 

He estan ieu aqui 



9o3. On avait corrigé post. veramen de ihena. Nous rétablissons la première 
leçon à cause de la rime. — 910. Ce vers a été ajouté postérieurement. — 917. Ce 
vers qui parait nécessaire au sens a éti barré. — > 919-34. Ces vers ont été ajoutés 
au bas du f" 13 v»; leur place est indi ]uée par un renvoi de la main du copiste. 



LE JUGEMENT DE JÉSUS. 37 

Vaii veser una visiou, 

Que près de mi avia huna escala, 

Que toquava del cel en terra ; 935 

De que decendian los anglais. 

He tota aquesta causa ieu figurava. 

He per so die ieu sertanamen 

Que sertas aquela escala 

No figurava autra causa 940 

Seno que i*albre de la crotz. 

He aqui el deu estre clavelat 

Per nos reseme trastotz 

Dîgua ADAM a Jhesus : lf« i3r«] 

Hor sa, Jhesus de Nazaret, 
As ausida ta sente[n]cia 945 

Que te an vailada totses los jutges? 
^ JHESUS. Senhors, hoc, san fauta. 

Aras M TÎrt daTas sa Mayre 81 digua : 

He las! ma mayre he que disetz^ 

Vos avetz ausidas las novelas, 

Lasqualas no so pas trop bêlas, 930 

Que me calha mori per autru. 
Oîgua LA MAYRE as Adam he als Santz Payros : 

Ho Adam he Eva, 
Tant de mal avetz fach 
Quar sertas per vostres pecatz 
Mon fîlh es compdapnat a la mort ; 955 

He m*es avist que li fan tort 
Que per autru pecat 
El dega estre compdapnat. 
He lasa ! tant m a la 

Forec aquela poma. 960 

Digua ADAM per sy he per totz los Sans Payros tôt de ginolhos: 

O Regina de misericordia ! 

94,3. Cette réponse de Jacob qui manque de suite en beaucoup d'endroits doit 
avoir été mal reproduite par le copiste. — 948. M s. ma mamayre. 



38 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Agatz de nos autres pietat 

Quar .V. mîia ans avem estât 

Hen infern he en tenebras, 

He seno que vostre fîlh nos resema 965 

Sertas d'aquesta gran pena 

Jamays nos non salhiriani. 

He per so, mayre del cel gloriosa, 

Nos vos preguam humialmen 

Que preguetz lo vostre car fîlh 970 

Que nos giete d*aquest perilh 

Per la sua sancta mîsericordia • 
Digua LA MAYRE DE DIEU ah jutges : 

O ley amara he de miseria! 

Que as compdapnat mon filh 

A penre mort crusela 973 

leu sertas me apely de la centencia vostra 

A la Ley de Escreptura. 
Digua ADAM a Nostra Dama : 

Dana, nos no ametem pas 

Sertas vostra apellatio. 
Aras digua son avocat IGNOCENSA a Nostra Dama : 

Dana, el vos quai penre vostre procès 980 

Pueys que vos etz apellanta 

He que parletz an lo notari 

Que encontinen lo vos bayle. 

Aras la MAYRE DE DIEU s'en ane al notari que It bajie lo procès 
he digua : 

Senher, bailatz me mon procès 
Quar ieu me soy apelada 985 

De la sent[n]cia que han donada 
Los jutges de la Ley de Natura 
A rencontra de mon paubre filh. 
1^ LO NOTARL Dana, Dieu vos garde de perilh [▼•! 

976. de la c. V. t été ajouté postérieurement. 



LE JUGEMENT DE JÉSUS. Sç 

He may sertas vostre filh 990 

He vos done boiia pacieiisa. 
Vos avetz aisy vostre procès, 
Quant vos playra me paguaretz. 
i|^ LA MAYRE DE DIEU. Dyeu VOS pague, 

Senhors, totses. 995 

Aras pre[njgua la Maria lo procès he s*en ane an son filh he Bona 
Paciensa a la cort dels jutges de la Ley d'Escreptura he digua 
LA MARYA al Notari* : ^- he Natura Humana demore a la cort 
de la Ley de Hatura troque sia ajornada per lo sargan** — 

Senher, ieu veiii aisy a vos 

He vos porti aquest procès 

Que lo reguardetz, se vos play, 

He que me fasatz tôt espres 

Unas ietras de apellatio, 1000 

De ajornameii he de enebitio 

A rencontra de Natura Humana 

He dels jutges de la Ley de Natura. 

Aras lî bayle la Maria lo procès he lo notari fasa senblan de lo 
leguir he pueys fasa senblan de li far sas Ietras de ajornamen he 
de enebitio*"** he pueys las baile a la Maria**** he digua LO 
NOTARI ; 

Dana, vos avetz aisy vostras Ietras 

Per enebi los jutges de Natura ioo5 

He ajornar Natura Humana 

Que vengua comparer encontinen 

Davant los jutges de la Ley de Escreptura. 

Aras li baile lo notari las Ietras a la Maria he digua LA MARIA 
quant aura presas las Ietras : 

He lasa 1 diguatz me 

• Après al notari on a barré ce qui suit : he que baile la Maria lo procès he 
que fata lo notari senblan de lo legir he digua après la Maria al notai i quant 
seran al eonsestori de la Ley d'Escreptura, 

* * Cette indication ajoutée en marge est d'une écriture & d'une encre différentes 
du reste du texte. 

*** De ajomamen he de enebitio , mots ajoutés en marge de la même encre & 
de la même main que la précédente indication. 
**** Las baile a la M., barré dans le texte. 



40 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

' Quai sargant fara aiso be ) loio 

Quar ieu no conoisy deguii. 
leu vos aseguri sertanamen 
Que nos besonh be ne avem. 

Digua 1.0 NOTARI : 

Dana, Roma sera vostre sargan 
Per far lo ajornamen, ioi5 

Quar el ho fara mot ben. 
Digua LA MARIA : 

Roma, ieu vos bayly aquestas letras 
Que me fasatz lo contengut d*aquelas ; 
Ieu vos ho pregui mot caramen. 

Araf bailt la Maria las letras a Romn he quant las aura prcsas hc 
fasa senblan de las legir, he digua ROMA : 

Dana, ieu lay vau de mantenen loio 

He fariey ma executio 

Sertas de ma cometio 

En aisy coma las letras ho porto. 

Aras ane ajornar Roma Na tu ra Humana a la requesta de Jhesus de 
Nazaret, ht digua ROMA : 

A la requesta de Jhesus de Nazaret. [f* 1 1. r«] 

Ieu vos ajorni^ Natura Humana, loaS 

Que venguatz comparer 
Per davant los jutges 
De la Ley de Escreptura. 

Uem^ aqui meteis ane enebi los jutges de la Ley de Natura he digua 
an gran rtTerencia : 

Senhors, a la requesta 

Dels jutges de la Ley d'Escreptura io3o 

Vos fau enebi tio he deffensa 

Que no agatz a executar la cente[n]cia 

A TencoCnjtra de Jhesus de Nazaret. 

Aras Tengua Natura Humana comparer per datant los jutgcfl de la 
Ley de Escreptura ht pueys digua LO NOTARI quant las parttdas 
tcran Tengudas : 

io3i. Ms./an. 



LE JUGEMENT DE JÉSUS. 4I 

A. la requesta de Jhesus de Nazaret, 

Es ajornat Natura Humana io35 

A veser procedir en la causa d*apel 

He de baylar sos greuges. 

Di|^ua DAVID : 

Que disetz vos, Jhesus de Nazaret? 
1^ JHESUS. Senhors, ieu iey fach ajornar 

Natura Humana per davant vos autres 1040 

Dî^ua DAVID : 

Hor sa, Jhesus de Nazaret, 

Agatz qualque avocat 

Que parle per vos 

Quar autrameii no vos escotarem pas, 
v) JHESUS. Messenhors, se vos platz, 1045 

Aquel que vos playra 

Me baylatz. 
Oigua DAVID : 

Sus, Fidelitat, vos parlaretz per el ; 

He vegam que diretz? 

Aras baile loNotari lo procès al avocat he lo avocat fasa senblan de 
parlaran Jhesus de la materia, he après digua FIDELITAT : 

Messenhors, el es veritat io5o 

Que en la cort de la Ley de Natura 

A agut sertas hun gran procès 

Entre Jhesus de Nazaret 

He Natura Humana; 

De que séria loue a reconta io55 

Mas ieu diriey tôt lo efiech 

De que es estât playdegat; 

Quar an jutgada ma partida 

Sertanamen a mori 

He aiso per lo pecat d'autruî. 1060 

Respondi ieu, q«e elses an mal jutgat 

He die ieu eu aquesta razo : 

Aquel que es creator 



42 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Del cel he de la terra 

He (le tôt lo unîversal monde, io65 

Sertas, no deu pas morî ; 

Jhesus de Nazaret es creator 

He rey dels reys he senhor; 

Per aquela razo, ieu die 

Que sertas el no deu pas mori : 1070 

Quia ipse est rex regum 

Et dominus dominantium, 
Digua DAVID a Natura Humana : 

Hor sa, Natura Humana, que respondetz 

En so que dis partida adversa^ 
f) NATURA HUMANA. Messenhors, se vos platz, [▼•) 1075 

Baylatz me qualque avocat 

Que parle per mi mantenen. 
Digua DAVID : 

Sus, Veritat, defendetz la causa 

De Natura Humana he no i aga fauta 

Que no fasatz vostre degut. 1080 

Aras fasa senblan Vericat de parlar an Natura Humana, he pueys 
digua VERITAT : 

Messenhors, pueys que la causa 
Es entre mas mas venguda, 

Ieu iey speransa de la deffendre. 

He per so die ieu par ma partida, 

Non obstan que que aga dit Fidelitat, io85 

— Que Jhesus es estât compdapnat 

A gran tort he pecat, — 

Ieu die que el es estât 

Sertanamen ben jutgat. 

La razo si es aquesta : 1090 

Quar el ha dich de sa boqua 

Que el se humiliaria per Humana Natura 



1071. Apoc. 19. 3. Vulg. £.t habet in vestimento, & infemore suo scriptum: 
M Rfx regum f & Dominus 4oininantiutn », 



LE JUGEMBNT DE JÉSUS. 48 

De la reseme tro a la mort; 

He ha dich sertanameii : 

Factus hobediens usqut ad morte m ^ 1095 

Mortem autem crucis, 

Item^ el meteys ha dich : 

Ego sum via^ veritas & vita. 

So es a dire VQrayamen : 

Que el es vericat he vida 1 100 

Coma ha dich Sant Johan Batista 

He que el no se deu pas dédire 

Quar autramen no séria 

Pas dich estre veritat. 

De que ieu die que el deu mori i io5 

Que que digua ma adversa partida. 

Di^ua DAVm : 

Hor sa, Fidelitat, voletz vos plus dire 
De so que es estât playdegat } 
ij FIDELITAT. Messenhors, ieu no voly autra causa dire. 

Oigua DAVID alf coselhiers : 

Hor sa, Messenhors de coselhiers, mo 

He vos autres que disetz 
De Jhesus de Nazaret } 
Deu el mori? 

Aras se ajusco los conselhiers, très ho t[uatre*, he faso senblan de 
parlar ensemps he quant auran estât hun pauc cascun se torne en 
son loc he digua ZACARIAS"^* : 

Messenhors, ieu parly per mi 

He per mos companhos, 1 1 15 

He no diriey que dos motz : 

Nos avem ausit lo playdegat 

Que ha prepausat Fidelitat 



1095. Jean. 14. I. 

* Tret h. q,y ajouté par une autre main. 

*' On a barré he d, Z. & on a mis à la place une indication que nous ne lisons 
qu'imparfaitement : diga David, avistamen (?) &c., pues (?) Zacarias, 



44 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

A rencontra de Natura Humana, 

He piieys Veritat deffendut ha iiao 

A rencontra de sa partida ; 

He tôt also nos considérât avem 

He disem totses de mantenen 

Que el deu morir sertanamen 

Hen hun tresque gran turm'en i iztb 

He deu estre menât al gibet, 

La hon los mais facto rs 

So descapitatz totz 

Anb espenchas he vilanias 

He escupimens he autras enjurias ; 1 1 3o 

Quar el es estât figurât 

Per Moyses en lo désert, 

Quar quant lo poble 

Forec malaute 

Elplantet hun gran forquat ii35 

En lo miech loc del désert [f* i3 r»] 

He aiso tôt per son coselh 

En que mes huna gran serpen 

Fâcha de eram sertanamen 

He totses aquels que ero malautes 1140 

Quant se venian reclamar toses 

De bon cor he de bona volontat 

De davant aquela figura 

Encontinen trobavo sanetat. 

De que nos disen, per veritat, 1 145 

Que sertas aquel forquat 

No dénota autra causa 

Seno que el deu estre pengat 

Sus lo albre de la crotz he clavelat 

He aiso per donar sanetat ii5o 

A tôt lo monde de estre salvat. 

1 137. Ce vers a été ajouté en marge par une autre main. 



LE JUGEMENT DE JÉSUS. 45 

Oi^U DAVID* : 

Hor sa, Jhesus de Nazaret, 
As tu mantenen ausît 
Tôt so que es estât dich 

Per los coselhiers 1 1 55 

iJe la Ley de Escreptura? 
Vos tu re plus dire^ 
1^ JHESUS. Senhors, ieu no sabi que dire, 
Mas sertas que vos placia 
De me fayre bona justicia. i i6o 

Aras Tenguo totses los jutges an David he faso senblan de parlar 
ensemps he pueys cascun s*en torne en son loc, he digua DAVID : 

Hor sa, Jhesus, escota be 
Tôt so que se dira aisy. 

He nos, jutges de la dita causa, 
Donam sertas nostra seiitefnjcia 
La hun aprop l'autre. ii65 

He DAVID se deu senhar en disen : 

In nomine patris & filhy & spiriius sancti. 

He ieu, David, coma rey. 

Te doni la senteCnjcia de presen 

Que tu seras crucifîquat 

Sus lo albre de la crotz he clavelat : 1 170 

Quar ieu ho iey prophetizat 

Per la boqua del Sant Sperit 

En que sertas ha dich : 

Foderunt manus meas & pedes mtos : 

Et dinumeraverunt omnia ossa mea. 1 175 



* Après digua David on a ajouté a SalamOy puis i) Salamo : He ieu Salomo, &c. 
Cette note semble indiquer que l'on a supprimé dans une représentation depuis le 
vers 1 1 53 jusqu'au vers 1 1 82. 

* Celte indication a été ajoutée après coup non seulement ici mais encore après 
les vers 1184, 1197. 

II74* 21,3. 



46 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

So es sertas a dire : 

Que tu deves estre fort tirât 

Dels pes he dels brasses he de las mas 

Troque totas la juncturas 

Sian fora de lors locz. 1180 

Digua DAVID a Salamo : 

He VOS, Salamo, que disetz } 
vj SALAMO. He ieu, Salamo, ma sente[n3cia voly donar, 

Mas permieyramen me voly senhar ; 

In nomîne patris &filh & spiritus sancti, 

Pausa. 

He die que tu, Jhesus de Nazaret, 118S 

De vilana mort tu moras, 

He en ta facia te escupiraii 

Bel cop de malvatz truans, 

Quar tu ho as dich de ta boqua 

Que deves mori de mort vituperosa : 1190 

Morte turplssima condapnemus eum, 
Digua DAVID : 

Zacarias, que disetz vos } 
1^ ZACARIAS. He ieu, Zacarias, coma propheta, M 

Voly donar ma sentefnjcia 

A rencontra de tu, Jhesus de Nazaret, iiçS 

Mas permieyramen sertas me senhariey : 

In nomine patris & fdh & spiritus sancti, amen, 

Pausa. 

He per so, Jhesus de Nazaret, 

Ieu te doni ta sentefujcia : 

Que tu penras mort per totz noo 

He entre los mais factors 

Tu seras crucifîcat 

He seras tant mal menât 

1 191. Sap. 2i 4. Vuig. Morte turpissima condemnemui eum. 



LE JUGEMENT DE JÉSUS. 47 

Que en ton cors ni en ton cap 
No senblaras pas aquel que Les isoS 

Quar tu as dich de ta boqua : 
Cum iniquis deputatus est. 
Digua DAVID a Teremias : 

He vos, leremias, que disetz? 

Deu mon } hoc ho no ? 

% lEREMlAS. He ieu, leremias, 12 10 

Que iey ausit tôt lo cas, 

Donarîey sertas ma senteCuJcia, 

Mas permier me voly senhar, 

Quar a tôt jutge S3 aperte 

Quant vol jutgar autru : i2i5 

In nomine patris & filhy & spintus sancti. Amen. 

Horsa, Jhesus de Nazaret, ieu te doni tala sen- 

Que tu sertanamen moras, [tencia] 

He batut tu tant seras 

Per qualsque malvatz garsos 1320 

Tro que lo sanc toCm]be als talos ; 

Quar tu ho as dich de ta boqua, 

Que tu deves estre flagellât 

He de toses enjuriat : 

Débet flagellari & ce di 1335 

Et a multis împroperia pati. 

Aras digua Noitra Dama quant aura ausida la centencia heii regua- 
<lan los Jiizieus : 

Ho VOS autres Juzieus, malvatz garsos, 

Que tant etz pies de malvestatz 

Quar, per la eiivega que al meu fîlh portatz, 

Vos autres avetz tant alléguât i33o 

Que a la mort Tavetz fach compdapnar 

Coma se era layro ho traydo. 

Digua JHESUS a la Mayre : 

1207. Luc. 32, 4. — 1217. Hor sa a été ajouté par une autre maio. 



48 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

He las ! mayre ieu vos iey dich 

Que vos agatz bona paciensa, 

He no vos vulhatz pas tant gaymentar i 235 

Quar ieu vesy que el ho quai far 

En aisy coma elses ho an dich. 

Diçua LA MAIRE als senhors jutget : 

Messenhors de la Ley de Escreptura 

Ieu me apely de la sentencia 

Que avetz donada a l'encontra 1240 

Sertas de mon paure fîlh 

Quar no es justa ni razonabla. 

Digua DAVID a la Maria : 

Hor sa, dana, nos no ametem pas 
Sertas vostra apellatio, 

Mas que anetz en nom de Dieu 1245 

La hunt, dana, vos playra. 
Arat digua fon AVOCAT a Jhesui de Nazaret : 

Jhesus de Nazaret, escotatz. 
Hel vos quai penre vostre procès 
Pueys que apelat vos etz, 

He que diguatz al notari i25o 

Que encontinen lo vos bayle, 
Arai LA MAYRE digua al Notari : [f^ 16 r*] 

He lasa ! notari, ieu vos pregui 

Que vos me bayletz io procès 

Quar, senher, vos be sabetz 

Que mon fîlh se es apelat ia35 

De la senteCn]cia que han donada 

Los jutges de la Ley de Escreptura. 

Dîgua LO NOTARI : 

Dana Maria, ieu soy cofnlten 

De vos bailar encontinen 

Sertas vostre procès. 1360 

Aras LO NOTARI li baile lo procès en disen : 

Dana, ieu lo vos baily 



LE JUQBMBNT DE JÉSUS. 49 

Entre vostras mas 

Tôt sarat he sagelat, 
Vos me paguaretz quant vos playra. 
id NOSTRA DAMA. He las ! mon amie, Dieu vos pague ! 136S 

Aras s*en ane la Maria he Jheiut ion filh he Bona Pacienta en la cort 
de la Ley de Gracia he que baile la Maria lo procès al notari he lo 
notari lo desplegue he faia tenblan de lo legir he pueys digua 
L.A MARIA al notari. * 

Aysy comenta la Ley de Gracia he i devo estre quatre jutget : Johan 
he Matieu, Marc he Luc he .XI. Apottolt per coielhieri he des 
aTOcatx : la hun per Jhesus de Nazaret, so es Humiliutj l'autre 
per Natura Humana, so es Nécessitât. 

Digua LA MARIA al Notari : 

Senher, ieu^ paubra dolenta, 

Veni a vos mot mal contenta, 

Fie vos porti aquest procès 

Apellatorî, be lo veyretz, 

He que me fasatz tôt espres 1270 

Hunas letras de ajornamen 

Per ajornar Natura Humana, 

He que porte enebitio 

Per enebir los jutges 

De la Ley de Escreptura. 1275 

Aras baile lo procès la Maria al Notari he que lo notari fasa senblan 

de lo legir he pueys fasa las letras que ha dema[n]dadas he las 
li baile, he digua LO NOTARI : 

Hor sa, Dana, vet vos aisy 
Vostras letras quedemandatz. 
Aras prengua LA MARIA las letras he pueys digua : 
He dîguatz me, senher, se vos platz, 
Quai sargant poyriey ieu trobar 
Que sapia be aiso far 1280 

He que eucontinen lay anès? 

* La fin de cette indication a été barrée depuis he que baile, &ç., & remplacée 
par he Natura Humana se ettia a la cort de la Ley d'Etcriptura troque lo Mr- 
gamt vengua. 

m. 4 



5o MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Digua LO NOTARI : 

Dana, vos avetz aisy, tôt prest, . 
Roma, que no fa re plus. 

Lo mostre an lo det. 

Quar el be condura 

Vostra besonha he la fara 1285 

Anb una que lo paguetz. 

Aras ane la Maria al sargant he, quant sera ai el, dygua LA MARIA : 

He lasa ! mon amie Roma, 
Anaretz me vos ajornar 
Natura Humana que es la. 

Lo mostre an lo det. 

He que lay anetz prestamen 1290 

Entretaii que no s*en va. 

Aras H baile las letras la Maria a Roma he, quant las aura presas, 
digua ROMA : [v*] 

Dana, ieu lay vau eucontinen, 

He fariey mon ajornamen 

En aqui coma mas letras ho porto. 

Aras ane ajornar Roma Hatura Humana, he digua : 

Natura Humana, ieu vos ajorni 1295 

A la requesta de Jhesus de Nazaret, 
He que venguatz comparer encontinen 
Davant los jutgesde la Ley de Gracia. 

Digua NATURA HUMANA a Roma : 

Ieu sertas lay anariey volontieyra 

Per veser que me dema[n]dara. i3oo 

La Maria ] ren huna gran pena 

De me fa aiiar he tornar. 

Item aqui meteis ane eaeby ROMA los jutges de la Ley de Escreptura 
he lor fasa gran reverensd, be digu.i : 

SenhorCs], a la requesta 

Dels jutges de la Ley de Gracia, 

Ieu vos fau enebitio he defensa i3o5 



LE JUGEMENT DE JÉSUS. 5l 

Que no agatz a executar la sentencia 
A rencontra de Jhesus de Nazaret. 

Aras s'en torne Roma a la cort de la Ley de Gracia he baile las letrae 
al notari, he pueys digua LO NOTARI : 

A la requesta de Jhesus de Nazaret, 

Es ajornat Natura Humana 

A veser procedir en la causa d'apel i3io 

He de baylar sos greuges 

A la encontra de Natura Humana. 

Digua SANT JOHAN : 

Hor sa, que disetz vos, Jhesus de Nazareth } 
w} JHESUS DE NAZARET. Senhors, ieu vos direy dos motz, 

He se vos play me escotaretz. i3pS 

Digua SANT JOHAN : 

Hor sa, aysy plus vos no parlaretz; 
Mas prendetz vostre avocat 
Que vos deffenda vostre plach 
Quar aisy no vos escotarem pas. 

Digua JHESUS . 

He las ! Messenhors, se vos platz, iSso 

Baylatz me quai que vos vulhatz 
Que deffenda ben ma causa. 

Di|^ua SANT JOHAN : 

Sus, Humilitat, levatz vos 

He deffendetz lo belamen 

Seguon Dieu he bona consiensa. iSsS 

Aras Humilitat pre[n]gua lo procès de las mas del nota ri he lo avocat 
fasa senblan de parla r an Jhesus de Nazaret he pueys digua LO 
AVOCAT : 

Messenhors, ieu vos diriey, 

Ieu iey reguardat lo procès. 

Senhors, el hi a agudas 

Gran cop de defensas 

D'una partida he d*autra i33o 

De que séria Ion a recontar ; 

Mas lo effiech es aquest : 



Sa MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Quar los jutges 
De la Ley de Natura 

He de Escreptura i333 

An compdapnada ma partida 
Sertanamen de morîr, 

He also per lo pecat de autrui, [f* 17 r*] 

De que sertas d*aquela sente[n]cia * 
Ma partida se es apelada, 1 340 

He die que el ha bona causa d'apel, 
He per so se es apelat davant vos autres 
Quar, Messenhors, coma vos autres sabetz : 
Lo ignocen no deu pas portar 
L'autrui pecada ni paguar, 1345 

Ho autramen li séria fach gran tort 
Vesen que no ha fach ponch lo pecat. 
Aras digua SANT JOHAN a Natura Humana : 

Hor sa, que disetz vos, Natura Humana, 
De so que Jhesus se rasona 

Ho son avocat per el ? i35o 

^ NATURA HUMLANA. Messenhors, ieu vos diriey 
He en res no vos falhiriey..... 

Digua SANT JOHAN a Natura : 

Horsa, Natura Humana, tarsatz vos 
Quar no vos escotarem plus 

Mas prendetz qualque avocat i355 

Que deffenda vostra causa. 
f) NATURA HUMLANA. He las! ieu paubre. 

No say conoisy degun, 
^ Mas vos pregui, Messenhors, 

Que me baylefz calcun i36o 

« 

Que me deffenda ma causa. 
Digua SANT JOHAN a Nécessitât : 

Vos, Nécessitât, parlaretz 
Per el he lo deffendretz 
En aisy coma sera de razo. 



LE JUGEMENT DE JÉSUS. 53 

Aras M lert NECESSITAT he fasa scnblan de parlar an Natura 
Humana he pueys digua : 

Messenhors, el es causa sertana i365 

Que, entre Jhesus he Natura Humana, 
Ha agut gran cop de proceses 
Coma en la cort de la Ley de Natura 
H»inay de la Ley de Escreptura, 
Per so que Natura Humana iS^o 

Tôt jorn li demanda 
Que la giete de la hont Ta mesa : 
So es a saber en infern prion ; 
He que Jhesus li a promessa 
De la gîtar sertas d'aqui, 13^5 

De que Jhesus de Nazaret 
Ne es tombât tôt per espres 
De totas las autras cortz 
He inquaras li fa demanda 
Que li atenda la promessa, 1 380 

He die ieu que el ho deu fa 
Quar de sa boqua dich el ha 
Que el se de[u] humilia 
Tro a la mort per los pecadors : 
Usque ad mortem crucis. 1 385 

Item el ha may dich 
Per lo propheta Izaias 
En lo Capitol .XLVI. 
Ieu iey fach Tome 

He lo porti he lo portariey 1390 

He pueys après lo salvariey. 
Digoa SANT JOHAN a Humilitat : [v-] 

Horsa, Humilitat, 
Voletz vos re plus dire } 



i385. Epiit. ad Philip. II, i.-Vulg. Humiliavit temetiptum foetus obediens 
MM^ue ad mortem, mortem autem crueU, 



54 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

vj HUMILITAT. Messenhofs, ieu no sabi que dire 

Quar, pueysque el li a promessa, iSgS 

Hom li faria sertas eiijuria 

Se hom no compila sa volontat ; 

Quia voîenti no sit injuria. 

Aras Sant Johan apele los conselhiers he que renguo en roda lie que 
faso senblan de parlar ensemps he pueys quant aurait esta^ 
eniemps que cascun torne en son loc he, quant tôt sera asctiat, 
digua SANT JOHAN a Jhesiis de Nazaret : 

Hor ^a, Jhesus de Nazaret, 

Vos tu re plus dire 1400 

Ni alleguar en tas deffensas? 
ql JHESUS. Messenhors, ieu no voly re plus dire 
Mas vos pregui per caritat 
Que de mi vos autres agatz pietat 
En me fasen bona justicia. 1405 



ENSEC SE LA CENTENCIA. 



Hor sa, Jhesus de Nazaret, 

Escota be aysy. 

Tu as ausit tôt los plachz 

Que an dit los avocatz 

En la cort de la Ley de Natura 1410 

He en la cort de la Ley de Escreptura, 

He a totas as aguda sentelnjcia 

Sertas a l'encontra de tu 

He per so que de totas las cortz 

Tu t'ies apelat, 141 5 

1408. Plaeh\ a été barré & remplacé par playdegat^. 



LE JUGEMENT DE JÉSUS. 65 

Pausa. * 

He per so nos ensemps totz 

Que hem en la cadieyra de justicia 

Te donam tala sentencia; 

He permieyrameii totz nos senhare[m], 

Disen hun cascun de nos : 1420 

In ttomine patris & filhî & spîritus sancti. Amen. 

He per so que la gran ley es aquesta : 

Que hom deu redre a hun cascun 

Soquees seu sertanamen, 

He per so que el i a agut gran procès 1435 

Entre tu he Natura Humana 

Que deina[njda tôt jorn la promesa 

Que li as promefa, gran temps ha : 

So es a saber que la deves gitar 

De la hont tu Tas fâcha mètre, 1430 

So es a saber en infern pruou. 

He tôt aiso a prohat 

Sertanamen son avocat, 

He per so, nos jutges de la Ley de Gracia, 

Te donam tala senre[n]cia 14^^ 

Que tu seras sertas pendut 

Sus lo albre de la crotz, tôt nut, 

He en lo puech de monti Calvayre 

Tu sertas seras clavelat, 

La hont hom met los mais factors, 1440 

Sertanamen entre dos layros, 

He aqui sertamen tu morras, 

He aqui sertas la redemptio tu faras [r» 18 r] 



* Ajouté en marge postérieuremeot. 

1416. He p. t. a été ajouté après coup. — 1437. Après nut on a effacé le vers 
suÎTaat : He aqui sertas tu moras. Il a été reproduit plus bas (1442) à peu près 
exactement — 1439. Après clavelat on a effacé les deux vers suivants : 

He aqui sertanamen tu moras 
Entre dos layros. 



56 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

A Natura Humana que promesa as. 

He per so, dana, vostras apeliations 144^ 

Que avetz agudas de las autras cortz 

No han ponch sertas de loc; 

He per so, dana, escotatz be aisy 

Quar lo be public 

Deu estre perferit i45o 

Davant que lo particular 

He per so val may que vostre filh morisqua 

Que se Natura Humana peria. 

Digua JHESUS DE NAZARET a sa Mayre : 

He las! ma mayre, ausît avetz 

Sertanamen tôt lo procès 1455 

He es estât concluait per totz los jutges 

Que el me quai mori 

Per lo pecat sertas d*autrui. 

Aras la Mayre tonbe morta quant son filh aura parlât he Jhesus he 
Bona Pacicnsa la dero lerar he conortar, he digua JHESUS quant 
sera revenguda ht Icvada per lo escadafal t->t troa la fy: 

He las ! ma mayre, agatz paciensa 

Pueys que avetz austda la senteCnJcia 1460 

Quar en aisy quai que se fasa. 

Digua LA MAYRE : 

He lasa ! dolenta, mon filh, 

Quinha paciensa he consolatîo 

Podi ieu aver en aquest jorn } 

Quar no iey que hun paubre filh 1465 

He aquel es jutgat a mori 

Per lo pecat sertas d*autrui. 

Ho ! danas, agatz pietat 

D*aquesta paubra dolenta, 

Quar ieu no iey ponch d'amicz 1470 

Sertanamen en aquest monde 

1457. Après que le mot tertai est effacé. 



LE JUGEMENT DE JÉSUS. 5? 

Que me vuelho ajudar 

Ni alcunamen consolar 

Quant mon fîlh'mort sera. 

He lasa ! que poyriey ieu far 1475 

Ni quinh coselh penre poyriey 

Vesen que ieu no iey ponch de maiso ! 

He lasa ! tôt lo monde ajatz pietat de mi, 

Vesen que ieu soy paubra creatura. 

Ieu no sabi cosy anariey 1480 

Ni quinh cami penre poyriey 

Quant auriey perdut mon bel fllh, 

Quar ieu vesy be 

Que sertas lo monde 

De paubra gen n*a pas gran cura. 1485 

He las ! Johan, tant mal avetz ÙLch 

Que mon filh agatz )utgat 

De penre mor he passio. 

Diçua BONA PACIENSA a Nostra Dama : 

He 1 dana, aquo es so que ieu die 

Que per petita de malencbnia que vos agatz 1490 

Tant tost sertas vos gaymentatz 

Que pueys ne vos sove plus de mi. 

Quar aitant pauc ne von sovenia 

Del rey H e rodes quant far volia 

Vostre filh, que es aisy, mori ; 1495 

Quar lo vos qualc fugir en Egipte 

Se vos lo voliatz, dana, guandir 

He per so, dana, agatz paciensa 

Ieu vos pregui caramen. 

Diçua JHESUS a la Mayrc : [v*] 

He las! ma mayre, no sabetz be iSoo 

Que sertanamen el cove 

Que ieu sia lo gran metge } 

Que guérir Natura Humana ieu devi } 

Ma mayre, vos vesetz be 



58 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Que el quai que ieu sia la medisina i5o5 

Sertas co[n]tra la granda malautia 

Que ha comesa Adam he Eva 

He tota sa posteritat, 

Quant elses aguero mangat 

Deliciosamen he gostat i5io 

Del fruch del albre de vida ; 

Quar elses la trobero tant dosa, 

He per so quai que la medisina 

Sertanamen sia fort amara : 

He aiso es la medicina i5i5 

Sertas que ieu devi penre 

Per Natura Humana rezeme. 

Oigua LA MAYRE : 

He lasa! mon filh, 
Ieu vos pregui mot caramen, 
Que pueys que vos quai la redemptio-far i5ao 
Ieu no la voly pas enpachar, 
Mas que vos plasia de me autriar 
So que vos voly demandar. 
Digua LOFILH: 

He ! ma mayre, que voletz que fasaïf 

Quar no ha en lo monde cs^usiA iSaS 

Que sia justa he razonabla, 

Mayre, quç ieu no la fa$a per vps. 

Digua LA MAYRE ; 

Mon filh, ieu vos d^maudi hun do. 

Se vos play, que lo me autrietz : 

Que ieu morisqua devant vqs i53o 

Affy que ieu plus no demore 

Sertaname^ eu aques^ mpndç; 

Quar sertas degvis no i aura 

Que me vualha coQ,sola 



i538. Aa liea de hun do on avait nii,9 d'abord doat causas, — f 539. Après a«- 
triet^ on a «flacé le vers : Lo permitr sertas sy es aquesù 



LE JUGEMENT DE JÉSUS. Sç 

Quant, mon fîlh, vos seretz mort; i535 

Quar, mon filh, en lo monde no ha 

Femna que puesqua sufferta 

La gran pena qiieve passar 

A son enfan quant deu mon, 

Specialmen de tala mort crusela. 1540 

Diçua LO FILH : 

Ma Jiiayre, îeu vos respondi 

De so que me avetz demandât : 

Quar, ma mayre, be sabetz 

Que tôt so que demandât me ave^z 

£1 es posible a mi de ho fayre i545 

Mas que sia juste he razonable. 

Mas el es causa convenienta 

Que la Redempfio ieu fasa, 

He quai que ieu morisqua 

Per reseme Natura Humana; i35o 

He per so, ma mayre, se ieu nô moria 

Permieyramen que vos 

Sertas en infern desendriatz vos 

Quant, ma mayre, morta seriatz. 

La quala causa ieu no volria pas i335 

Quar no séria pas causa razonabla 

Que vos que etz nascuda sans pecat 

Intresetz en infern. 

He per so, ma mayre, ieu vos pregui 

Que vos agatz bona paciensa i36o 

De las miserias he tribulatios 

Que veyretz far en ma pacieu; 

He vos promet!, ma mayre, seguramen lf"i9 ^] 

Que après ma resurectîo 

Ieu vos donariey tala consolatio i565 



I >46. Vers ajouté en marge. — 1 5 53. Mayre effacé après permiey. — 1 5 53. Après 
infern on a effacé vos. — i354. Ma a été ajouté après coup. — 1 3 57- 58. Ces deux 
▼ers sont ajoutés aa bas de la page & leur place est indiquée par un renToi, 



6o MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Que jamays mayre no la aitala, 

Quar ieu, ma mayre, vos recompensariey 

Sertas talamen 

Que en vostra mort nullamen 

Vos no veyretz negun malvat esperit. iSyo 

Arat t*cn ane Jhcsut hc la Mayre he Bona Pacicnia «n Bcthania far 
la resucitatio dtl Laser he la Martha sia al monumen quant 
Jhesus Tenra, he digua LA MARTHA de ginolhot : 

Ay ! laseta, se tu say foses estât, &c. 



iSôy. Quar a été ajouté en marge à la place de he qui est raturé. — iSyo. La 
fin du Yers veyret\ negun, &c, a été ajoutée en marge au lieu àt pauaret\ panck 
de turmen qui est raturé. 



HYMNE A LA VIERGE 



LO YPNE QUANT U[M] FIQUARA NOSTRE SENHOR 

SUS LA CROTZ : 

A totses remembrar nos deu 

La passio del filh de Dieu 

Que a resernutz los pecadors 

Que ero en infern pruon. iSjS 

Ho verges, tant bona forec 
La vostra sancta conceptio 
Quar avetz portât lo Salvador, 
Lo Redemptor dels pecadors. 

Quar vole esser près he liât i58o 

He dels apostols delaisat 
Per que totz fosseni delieuratz 
De las cadenas de pecatz. 

Ho verges, flor de paradis, 

Vos jamays no avetz falhit i585 

A degun que vos serviguès 

Sertas an bona devotio. 

Quai no deu aver gran dolor 

Quant Jhesu Christ era tôt sol 

An cordas liadas al col } iSgo 

Lo menavo coma h un fol. 



1574. Oo avait mis d'abord quar aa Heu de que. — > 1 5y5, Tottet après ero a été 
bWTé. — i582. D'abord totiet. 



62 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Ho castel de virginitat! 

Vos que avetz lo anelh portât 

Que nos ha totses delieuratz 

Del loc sertas de perditio. iSgS 

Quant lo agruo fort mespresat 
He davant Ânnas amenât 
He per dire la verîtàt 
Forec grandamen turmentat. 

Ho Verges, fon de pietat, 1600 

Âvocatz nos de bon grat 

Lo vostre filh benurat 

Que nos perdo nos très pecatz. 

Quant forec fortmen flagellât [▼*] 

Lo iilh de Dieu he malmenât i6o3 

Per lo fais traydo Pilât, 
Pueys en après s*en es truffât. 

Ho Verges, he que farem nos 

Se no avem socors de vos, 

Quar lo demoni enguanos 161 o 

Nos agaffa coma leo ^ 

Quai es aquel que no plora 

Quant ha ausida dire la dolor 

Que passa Nostre Senhor 

Per tôt lo poble pecador! 161 5 

Ho ! mayre de Dieu, vos, preguatz 
Per nos autres pecadors malvatz 
Lo vostre fîlh que nos done sa patz 
Quar lo monde es mot turbat. 

Senhor, laus he gracias agatz vos 1620 

Quant vos platz que venguam an vos ; - 
Guardatz nos las armas he tôt lo plus. 
Morisqua peccat he viva Jhesus ! 

iôo3. D'ab. Per done, ne est raturé. 



HYMNE A LA VIERGE. 63 

Ho Verges, nos autres que em aisy 

Vos preguam de vespre he de mati 163S 

Que nos recomandetz a vostre filh 

Que nos guarde de tôt perilh. 



1627. A la fin de l'hymne te trouve le mot Ameu qui est d'une écriture différente 
de ce qui précède. 



LA RÉSURRECTION DE LAZARE 



AYSY COMENSA LA SUGITATIO DEL LAZE.[f- 20 r-] 

Comcnta LO LAZER a parla r : 

Helas! Martha, la mia sor. 

Tant me dol lo cap he lo cor ! 

Caramen vos supliqui ieu i63o 

Que, per reverencia de Dieu, 

Lo liech me anetz adobar 

Quar ieu me voly anar pausar. 
i^ LA MARTHA. Mon frayre, anatz vos pausar 

Quant vos volretz, i635 

Quar adobat lo trobaretz 

Quar vos sabetz be sans falha 

Que au mi no ce te pas noalha, 

An voly esser prosa he esperta. 

He non pas coma mal aperta. 1640 

i^ LO LAZER. He per ma fe! Martha, vos faytz be 

He Jhesu Christ von redra tôt be. 

Car îeu vos die sans deffalhensa : 

Dieu lo payre no vol que diligensa, 

He per so qui a noalha 1645 

En aquest mon he no trebalha, 

Ges en paradis no yntrara 

Ho la Escreptura menteria. 
1^ LA MARTH[A]. To ! he que faran los prelatz 

He los senhors benefficiatz, i65o 

Los merchans he lo[sJ borgeses 

Que despendo largamen lors bes 



LA RÉSURRECTION DE LAZARE. 65 

He 110 traso mal ni no se affano ; 
DisetZy mon frayre, que aquels no ano 
En lo règne celesttal i655 

An la companiha angeliqual } 
^ LO LAZE. Marth[a], ieu vos dîriey la veritat 

Que quant aquels auran fort engrayssat 

Lor cors he ly auran donat plazes 

Be lor tornara en gran desplazer. 1660 

D*ayso Ieu no voly plus parlar 

Quar sertas ieu iey tant a ffar 

Que es forsa que m'en ane jaser. 

He las ! que fara lo paubre Lazer 

Quant quai que ieu morisqua ! i665 

CILETE. 

Lo LAZER te va jazer he quant sera al liech diga : 

He las ! veray Dieu omnipoten, 
He que fara aquest paubre dolen 
Per que passy ieu tant gran dolor^ 
He Jhesu Christ, lo meu creator, 
Per que fas tu Natura Humanal 1^70 

Ni per que li donas tant de mal^ 
Quar tant tost que fori nat 
Ieu volgra estre estât enta rat 
Per tal del mal que ieu sufferti. [v] 

' He las ! he que fara lo paubre Lazer? lôyS 

ff LAMARTHA. He mon frayre, be he bel, se a Dieu platz. 
He tant vos desconortatz. 
Ajatz solamen, lo meu frayre, 
Bona esperansa en lo Salvayre, 
Quar per lo pecat de Adam 1680 

Nos en lo mon pro mal suffertam 
He per los grans pecatz mortals 



1673. estât est ajouté. — 1675. On a ajouté en marge : he que fariey (?) iVm, 
ma %or Martha (?) 

III. 5 



66 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Que nos fam en aquest monde 
Jhesu Christ nos dona aquestz mais. 
He, mon frayre, Dieu corigis aquels 168 5 

Que ama. 

He que fana 1^ paubra gen 
Se no avia castiamen } 
Sertas que se desperana 

He tôt lo mon dapnat séria; 1690 

Qua[r] an tôt que hem pro turmentatz 
Nos hem tant avols he malvatz 
Que sertas mesconoysen Dieu. 
He per so vos supltqui ieu 

Que vos sove[n]gua de Dieu 1693 

He agatz bona paciensa. 
1^ LO LAZER. Marth[a], vos disetz la vertat; 
Mas lo mal es tant malvat 
Que ieu vos juri per ma cresensa 
Que no podi aver paciensa, 1700 

Quar de bon dire : es malaute } 
Dieus te ajut! 

He las! tant bêla riquesa es sahit 
Que sertas, Martha, ieu vos die 
Que pro poyria hom estre rie 1705 

De la riquesa raondanal 
Quar ses salut gayre no val. 
Be nos te una gran foleza 
Se nos dapnam por la riquesa. 
He que valra a Tome dapnat 1710 

Lo gran aur, argen, que aura amasat 
Se après el es dapnat? 
He las, paubre, he que fariey 
Quar sertas Ieu moriey 
He no sabi pas ont anara la mia arma? 171 5 

i6q6. Ce vers est raturé. — 1704. Ms. qua. 



LA RÉSURRECTION DE LAZARE. 67 

1^ LA MAGDALENA. No faretz, lo meu frayre, 

Quar sapiatz que lo Salvayre 

Vos vol hun pauc esproar 

Se vos auretz bona padensa 

En vostras trtbulattos. 1730 

He, mon frayre, no menetz tant gran marri m en 

Quar, se a Dieu platz, non valretz mens. 
1^ LO LAZER. He ! ma sor Magdalena, 

He que de ga non yey vena 

En mon cors que no sîa adormîda, [f<'3i r*] 1725 

He conoysy que ieu finîriey leu ma vida 

Quar lo mal me conquista tant fort 

Que no me podi donar negun conort. 
>) LA MAGDALENA. He, lo meu frayre, diriey vos, 

Vos sabetz be que los avols he los bos 1730 

So per pecat subgetz a la mort, 

Sia vtelh, jove, flac ho fort, 

Cove mori una veguada, 

Quar Dieu ha centensia donada 

As Adam he as Eva, nostres payros, i-jSS 

Que mori nos quai totz; 

He per so no vos fasa pessamen, 

Quar el es comu a tota gen. 
i|| LO Lazer. He Magdalena, he quai sera 

Aquel que pavor no aura 1740 

De la mort que es tant crusela } 

Quar no i a persona tant forta 

Que no passe per aquela porta. 

He, mort, cosy ies tant taribla. 

Tant espaventabla he horibla? 1745 

Quar tôt lo cors ve a rompedura 

Quant se ve al trespassamen 

Quar Tarma ve lo démon presen 

Quant se ve a son trespassamen, 

He lo ve en sa figura 1750 



68 MYSTÈRES PROVENÇAUX, 

Que per so la mort es tant escura. 
Per que podi ieu ben esser enbaît 
Quar tant tost falhira mon sperit, 

Arat tt ItTO la» sors he salhisquo de la cambra he MAGDALENA 
digua a la Martha : 

Ma sor, sabetz que farem ? 

Trametam un vailet que avem 17^5 

An aquel propheta Jhesus j 
lar tant tost no i aura d'el plus, 
i Uar el guéris de tota malautia, 
Sia de paralasicamen ho de lebrosia 
He el es nostre gran amie. 1760 

Per Dieu seguramen vos ho die 
Nos 110 avem autre remedi 
Mas que hy trametam Bedi. 
^ MARTHA. Sertas, Magdalena, vos disetz be ; 

Trametam lo y per vostra fe. 17^5 

Aras sona MAGDALENA a Bedi he H digua : 

Sus Bedi, vay sa 
He escota be so que le diriey. 
Vay t'en Ieu he ben esperl 
Al propheta que es al désert, 
He diguas ly de part nos autras doas 1770 

Que nos hem las suas sirventas, 
He lo Lazer, lo seu amat, 
Es en tant gran enfermetat 
Que d'aysy a pauc sera mort ; 
He per so nos ly preguam fort M 1773 

Que ly plasia tant per nos far 
Que lo vuelha guérir he consolar, 
Quar uo[s] li o preguam caramenj 
He torna Ieu he espertamen. 
1^ BEDI, he fasa reTcrencia. Madama, tresque volontier 1780 
Ieu seryey vostre mesatgier, 
He, se platz a Dieu lo payre, 



LA RÉSURRECTION DE LAZARE. 69 

No y demorariey pas guayre. 
Aras ane parla r BEDI an Jhetus : 

Dieus vos ajut, propheta de Dieu ! 

Sertanameii vos sapiatz, senher, que ieu 1785 

Soy mesatgier de doas donselas, 

Se vos saubesetz qualas so aquelas, 

So es Martha he Maria Magdalena. 

Entrambidoas son en gran pena 

Quar seguramen lo frayre lor 1790 

Es en gran p[e3na he dolor 

He es quasy al pas de la mort. 

He per so, senhor, elas vos preguo fort 

Que las agatz per recomandadas. 

Quar elas, las vostras amadas, 1795 

He se voletz tant saber per elas. 

Vos sabetz qualas so elas 

He lo Laze es vostre amat. 

Per so vos preguo per pietat 

Que vulhatz anar de par de la 1800 

He per so elas me an trames de sa. 

Faytz me resposta breumen 

QuafrJ tornar m'en quai encontinen. 
^ JHESUS a Bedi. Sabes tu que lor me diras, 

Quar tu an mi parlât as, i8o5 

He dona lor bon coffort 

Quar lo Lazer es a la mort, 

Mas que aquel mal li es donat 

Per tal que lo poder de Dieu sia demostrat, 

He digas lor que ieu lay seriey en breu. 1810 
w^ BEDI. Aquesta resposta fariey be ieu 

Anbe aitant vos comandi a Dieu. 

Aras s'en recorne Bedi he quant sera datant Tostal del Lazer, diga 
LA MARTHA a Bedi : 

He que dises tu, Bedi? 

1788. Soesti été ajooté en marge. 



70 MTSTÈRES PROVENÇAUX. 

Metra nos hy ponch de remedi } 
w) BEDI. Per ma ffe, Marth[a], ieu vos dtrîey ; i8i5 

Quar anb el dos motz parlât tey, 

Ht allega he dis en sa raso 

Que seguramen non valra mens, no ; 

An dis per sert que guîrira, 

May sertas tôt se saubra. 1830 

El no say venra pas d*uey 

Mas venra pueys en breu. 
1^ LA MARTH[A]. He moCn] frayre, fasetz bon conort [f-ia rj 

Quar lo vostre ben amat 

Sertas nos ha mandat 1825 

Que el venra tant tost. 
wj LO LAZER. Sertas, Martha, ieu soy mort. 

Trebalhatz solamen de me sebely, 

Quar forsa me es que ieu m*en ane mori, 

Quar ieu no podi plus vieure veramen; i83o 

Mas que vos pregui caramen 

Que no sonetz ni menetz crit 

Entro que sia fora lo esperit. 

He Mossenhor Sant Miquel, amie de Dieu, 

A tu comandi lo sperit meu. i835 

Aysy deu morir lo Lazer he pueys lo porto sebelhir he ago la torcha 
quant sera mort he la MAODALENA dyça a sa sor : 

He lasa I ma sor cara, 

He que farem nos autras ara } 

Quar aras es mort lo nostre frayre, 

Lausat ne sia Dieu lo payre ! 

He ma sor, nos hem be aras descoCn]solada8 1840 

He Dieu nos ha be flagelladas. 

He, veray Dieu omnipoten, 

Tant secret es vostre jutgamen ! 

Vos nos avetz davalatz d'amon 

He nos avetz meses en aquest mon, 1845 

He quant avem pro trebalhat 



LA RÉSURRECTION DE LAZARE. 7I 

En breu sertas nos en quai anar. 
Aquest mon sertas non es re; 
Degun no hy deu mètre son coratge, 
Quar aquest mon no es que trayso i85o 

He de motas armas perditio. 
Qui may se atura may i pert, 
Quar ieu ho conoysy be per sert, 
He quar tôt lo solas que nos aviam 
Es perdut en aquest dia, i855 

He Dieu, conforta nos. 
Ma sor Martha, que disetz vos } 
^ MARTA. Ma sor, ieu vech be que nos 
Sertanamen podem be dire : 
Adieu bon temps! ses contradire, 1860 

Quar nos avem perdudas nostras amors 
He los gauchz nos so mudatz en dolors. 

Aras LA MARTHA se vire davas lo poble he digua : 

Bonas gens, prenetz an nos miralh 

Quar be ho podetz penre ses falh. 

Be vesetz per esperentia, i865 

Quar nos erem en grau exceliensia, 

Tôt lo mon nos apellava danas 

Aras no em que paubras danas. 

De la bobansa d^aquest mon [v»] 

Tant Ieu se fon quant ve d*amon; 1870 

He per so se dis que en pauqua de hora 

Dieu sertanamen labora. 

Aras se vire davas la Magdalena he diçua : 

He Magdalena, la mia sor. 

Nos avem be doloyros lo cor 

Mas aytant pauc no sy faria re plus 1875 

Pueys que aital play al rey Jhesus. 

Mas sabem que farem nos autras doas } 

1839. M», poder, — 1867. Ms. appella madanas. — 1868. Ms. drflr. — 1873. 
M>. nia. — 1875. Corr. lï?. 



72 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Que enuech ! Anem ambidoas 

Despolhar aquestas vestlmentas^ 

He penrem ne d^autras dolentas 1880 

Que seran raubas de dolor 

Pueys que platz a Nostre Senhor. 

Aras ano despolhar aquelas raubas he que ne vestisquo de dolor. 
Aras comensa NICODEMUS a parla he que ane parla r an Joseph he 
li digua : 

Ho Joseph de Arimathia ! 

leu voly parlar an vos : 

Se VOS play que anem totz dos i885 

En la vila de Bethania } 

Quar sertas ieu iey ausit dire 

Que lo Lazer era mort, 

He per donar alcun cofort 

A la Martha he a la Magdalena 1890 

Las qualaspasso mot gran pena 

De lor frayre que tant tost es mort 

He per so elas so desconfortadas. 

He las ! so las nostras amadas. 

Per so die ieu que hy anem 1893 

He qualque conort lor donarem. 

^1 Joseph. Anem donquas, Nicodemus, 

He ly direm qualque oremus 

He requiem he a porta infery 

Per tal que l'arma aga refregeri; 1900 

He may sertas que es be degut 

Quar el es nostre conogut. 

Mas demandem a Centurio, 

Loqual es nostre companho, 

Se el i volria ges anar. 1905 

Ara ano parlar an Centurio he diga JOZEPH : 

Centurio, an vos votem parlar. 

1897. On a raturé le ver« suivant : He ly direm se vol anar an nos. — 1902. 
Ms. qua. 



LA RÉSURRECTION DE LAZARE. 73 

Aras se Ictc CENTURIO he àï^à* : 

Hor sa, Jozeph de Ârimatia, 

Digatz me en hun cop que y a. ;f* 33 r*] 

fj Jozeph. Sapiatz que ieu he Nicodemus 

Sertanamen hem totz vengus, 1910 

Quar volem anar en Bethanta 

Donar confort a la Maria 

De la mort de lor bon frayre 

Que es mort tant tost no ha gayre, 

Per veser se hy voletz anar, 191 5 

^ CENTURIO. Se hy voly anar? que? 

Hoc ! se platz a Dieu, per ma fe ! 

He se 1y diriey hun de profundb 

He de pater nostres atrestanses 

De requiems he de ave marias 1930 

He de autras oratios pyas. 

He confortarem las suas sors 

Quar elas nos amo anbidoas. 

Nicodemus anara permier, 

Vos, Jozeph, après he ieu darier, 1935 

^ Jozeph. He sus ! donquas anem prestamen. 
^ CENTURIO. Per ma fe! ieu soy conten. 

CILETE. 

^ras i*en ano i| las sors he NICODEMUS dtgua : 

He digatz, Maria Magdalena, 

Per que meuatz vos tan gran pena ? 

Donatz vos un pauc de coiiort 1980 

He no vos turme[n]tetz tant fort. 
^ LA MAODALENA. He lasa ! cosy m'en poyria ieu tener 

Que sia mort mon frayre, lo Laze ? 

He lasa! quala séria aquela, 

Sia borgesa ho sia donzela, 1935 



* he diga est ajouté après coup. 
1901* Ms. toti uns. 



74 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Que se poyria tener de plorar. 
Se avia hun amie tant car 
Coma era mon frayre, lo Laze^ 
Non y a neguna que s*en poges tene. 
leu avia aqut totas mas a m ors 1940 

He Dieu las me a mudadas en plors, 
He perso ja mays no m*en tenria 
Quant tôt io mon se vyraria. 
wj NIGODEMUS. Per ma fe ! diriey vos, Mâgdalena, 

Quant vos auretz menada pro pena 1945 

El sera forsa que vos plasia, [v»] 

Quar Dieu vol que aytal se fasa 

He no sy pot far sertas re plus 

Pueys que enaysy ho vol lo rey Jhesus. 

f) NICODEMUS an Martha : 

He vos, Martha, fasetz coma vostra sor iqSo 

Tant avetz doloyros lo cor 

He no vulhatz donar tal dolor 

De so que vuol Nostre Senhor. 
i^ LA MARTHA. Nicodemus, vos etz nostre amie, 

Mas ses deguua falha vos dib igSS 

Que ieu sufferti tant gran pena 

Que m'es avist que la mort me mena, 
ij NICODEMUS. Martha, sabetz que vos diriey ieu? 

So que vos fasetz es contra Dieu, 

Quar totz em nascutz per morir i960 

He negun no hy pot falhir. 

Per so d'aquo que Dieu ordena 

No devem ges menar pena 

Car aquo desplatz a Dieu lo payre, 

Mas vos ne fasetz a vostre avegayre. 1963 

1^ JOSEPH. Maria Mâgdalena, sans falha. 

Vos menatz fort gran trebalha 

Ieu vos pregy, donatz vos conort 

Quar sertanamen vos avetz tort. 



LA RÉSURRECTION DE LAZARE. 7^ 

^1 LA MAGD. Jozeph, ja raay no forec mort tant greu, 1970 

Coma es aquesta ara; 

Quar ieu iey perdut tôt mon conort 

Quant lo meu bon frayre es mort ; 

Quar mal pot aver joya ni solas 

Aquela que a perdutz tôt sos amatz. 1973 

^ JOZEPH. He Magdalena, no sabetz vos, 

Que sian dux, contes ho baros, 

Nobles, borgeses ho merchans, 

Vyels, joves, petitz ho grans, 

Papas, avesques ho abatz, 19^^ 

RyctoSf vicaris ho prelatz, 

Totz cove que vengo a la mort > 

Be nos devem donar gran conort 

He pro del mal en aquest mon, 

Morl nos quai, no sabem hou, 19^^ 

He no sabem pas hont irem If" 24 ^] 

Ni quinh conselh sertas penrem ; 

Quar aquel que aura mal hobrat 

Guarde se del enemic forquat, 

He no se peque al cayreforc, 1990 

Quar se ho fa, tombara al gorc 

Lains dedins lo potz infernal 

Hon aura peiia eternal ; 

Per que ieu vos die, Magdalena, 

Que no devetz ges mena tal pena 1995 

Quar may en aquest mon vieurem 

Per cert may de mal farem, 

He quant deuriam creyse en be 

Lo contrari fam, per ma fe ! 

He per so no menetz tant gran dolor 2000 

Quar ayso vol Nostre Senhor. 
Parie JOZEPH an la Martha : 

He Martha, cosy etz tant dolenta ^ 

'97S> D'abord son %olas,^ IQ91. Ms. fi«z. 



76 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

He siatz qualque pauc pacienta 

He no vulhatz plora tant aspramen 

Quar so desplay a Dieu omnipoten. looS 

q| LAMARTHA. He Jozeph de Arimathia, 

Sertas ja may no m'en tenria. 

Quar ieu volria esser mortha 

He ala donc fora estorta 

De la gran dolor que ieu passy 3010 

Que m'es avist que ieu trespassy. 
^1 JOZEPH. Martha, Martha, parlatzan mi 

He diguatz me, per vostra fe, 

Quînh es lo plaser d'aquest mon, 

Ni en que ve ni en que se fon } 201 3 

He reguardetn be de que venem, 

En que tornam ni en que hem ; 

Quar aquest mon no es que trebalh, 

S*y em huey, i em démo, no falh. 

Be es fol que per una virada de uelh 3020 

Ni per los bes pert tal joyelh, 

So es a saber la vida eternal, 

He guasanha la pena infernal. 

Regardem be que nos quai mori 

He sabem pas cora sera la fy« 2025 

Que que sia ni que que no, 

Trastot no val pas hun boto. 

Mas cascuu deuria esse avisât 

Que a la fy no sia sobdat. 

He per so 110 plangatz tant vostre frayre M 3o3o 

Pueys que enaysy ho vol Dieu lo payre 

Coma vos meteisa ho podes veser, 

Mas faytz ne a nostre plaser. 
^ CENTURio. Magdalena, la mia amada, 

Vos etz fort dolenta he irada 3o35 

He avetz gran malenconia 

Mas aquo no quai pas que von sia. 



\ 

1 



LA RÉSURRECTION DE LAZARE. 77 

Vf LA MA6DALENA. He Centurio, lo meu amat, 

Vos siatz tresque ben aribat. 

leu conoysy be manteiien '2040 

Que vos autres etz nostres amicz veramen, 

Quar a la cocha conoys hom los amicz 

He a la cocha los enemicz ; 

Quar alcuns se fan amicz de boqua 

Mas no socoro pas de una bloqua. 3045 

Aquels so amicz per falcetat 

He no etz pas vos autres, los meus amafz, 

Quar be vesem per experiensa 

Que be esperduda conoysensa; 

Quar al jorn de huey fay persona mesquina 2o5o 

Lo que an lo poder viro Tesquina. 

Plassia a Jhesu Christ tôt poderos 

Que no fasa pas aytal a nos ! 

Mas be se liech en la Escrlptura 

Una paraula mot dura : 3o55 

Que de la mesura que hom mesurara 

Veramen mesurât sera. 

Aras, Centurio, quant vos me disetz 

Que tant doloyrosa me vesetz, 

Senturio^ ieu iey raso 2060 

Quar ja may no aurem un jorn bo. 
w} CENTURio. He Magdalena, diriey vos, 

No agatz lo cor tant doloyros, 

Quar no[s] devem voler mori, 

Quar d*aquest mon nos cal salhir : 2o65 

Al may say estam, tonbam en pecat 

En molesta he en barat. 

Per so cascun se deuria perforsa 

Que fesesde bonas hobras 

Entre que ha temps de sobras ; 2070 

Quar sertas no i a pas rosada 

Que sia plus leu levada 



78 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Coma es venguda la mort. 

Be nos devem donar coiiort. [^ 25 r«] 

Aras re plus no vos diria 3075 

Mas an vos, Martha, parlar volria 

Que no vos vulhatz desconfortar 

De la mort de vostre frayre car 

Mas que trebalhem de lo sebelhir 

He no vulham plus laisar closir. 2080 

wj LA. MARTA. Senturio, vos disetz be 

Fasetz ho vos autres, per vostra fe. 

1^ CENTURio. Serta, Martha, nos hem contens. 
He vos autres, enfans plaiens, 
Cantatz qualque can doloyros 2o85 

Quar ayssy avem pro a ffar nos. 

Aras M meto a cantar los enfans he los capelas so que se ensec : Corus 
angelorum he puey, quant sera sebelit, digo : re^uieseant in pace, 
amen, He los Juzieus porto lo corssebely, he, quant sera sebelit, faso 
las danas senblan de far absoWre, he pueys s'en torno totz he 
fotas en lors locz, he las danas faso manieyra de plange lo Laze, 
he diga Nicodemus datant que s'en ano las Marias. 

Diga NICODEMUS : 

Pregui vos, Martha, he vos Magdalena, 

Que no menetz plus dol ni pena, 

Mas retornatz vos en vostre hostal 

He prenetz paciensa en vostre mal. 2090 

ï^ LA MARTHA. Nicodemus, so es raso 

He lasa! ma sor, anem non a la maiso. 

Aras s*en van al lor loc (he) he totz los autres a lors locz. 



Aras Jhesus s*en ane en Bethania he qua[n]t BEDI los Teyra venir 
digua a la Marta : 

BEDI. Martha, sertas ieu vech venir 

Lo propheta^ anatz lo aculhir 

3075. D'abord diriey. 



LA RÉSURRECTION DE LAZARE. 79 

He fasetz ly reverensia he honor 3095 

Quar el vos pot dostar vostra dolor. 

Ara la Magdalena demort aqui he Martha t*0n ane al tombel he 
Jhesu Crist venga he LA MARTHA se agi nolhe datant el he diga : 

He senher, he que hy faretz vos ara } [[v] 

Quar lo meu frayre es mort ara 
He, senhor, de granda pietat. 
He tant tart etz vos aribat, 3100 

He senhor, se vos fosetzvengut de bona hora 
Vos agratz fâcha tant bona obra 
Quar vos etz, Senhor, de vertut 
Que agratz sertas donat salut 
Al meu frayre que es aras mort. 310S 

He lasa ! que ieu iey perdut tal conort ! 
He se vos fosetzaysy estât 
El no fora pas trespassat. 
He, senher de granda excellensa. 
Se vos platz, agatz conoysensa 31 10 

De la vostra paubra sîrven ta 
Quar ela es tant fort dolenta; 
He lasa ma rida ! he que far iey } 
Quar ja mays gauch no auriey 
Quar al mon autre gauch non avia 311 5 

Se no al meu frayre quant vivia; 
Mas vos avetz be lo poder en Di^u 
He en ayso ho cresy ieu 
Que tôt quant ly dema[n]daretz 
Que sertanamen vos ho auretz. 3130 

wi JHESUS. Martha, no sias trista ni marrida 
Quar ieu soy resurectio he vida, 
Quar tota persona que en ml creyra, 
He sia mortha, ela vieura ; 
He sia morta corporalmen, 3135 

Ela vieura espiritualmen, 
Quar lo Laze venra de mort a vida, 



8o MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

He per so no sias tant enbaida. 
^ LA MARTHA. Ho Jhesu Crist,iîlh de Dieu lo payre, 

leu cresy be que lo meu frayre 2i3o 

Resucitara sertanamen 

Al gran jorn del jutgamen ; 

Adonquas tôt lo monde resucitara 

He Tarma dedins lo cors tornara. 

No y aura papa, rey ni prélat, 21 35 

Avesque, duc, conte ni abat 

Ni Juzieus, Morols, Mescresens, 

Turcz, Sarasis ni autras gens 

Que no vengo en una valeya, 
• So es a saber en la val de lozofat, 2140 

La ont tôt lo mon sera jutgat. 

Als dapnatz dira Dieu omnipoten : 

« Anatz en infern eternalmen 

An totz los demonis infernals, (f^sô r>] 

Hont passaretz penas eternals. » 2145 

Mas permieyramen dira als salvatz : 
tf Venetz vos autres, los meus amatz, 
Venetz en una gloria eterual 
Ont jamays no auretz mal. » 
Tôt aquo fara beii Jhesu Crist; 2i5o 

Mas, ami ! que iey lo cor trist ! 
No donara ponch aquo de conort 
Quar mon frayre lo Laze, es mort. 
^ JHESUS CRIST. Martha, agas esperansa en Dieu 

He crey que ieu soy filh de Dieu; 21 53 

Quar qui creyra en mi fermamen 

Ja mays no mor[r]a eternalmen. 

Mas el i a d'alcuna gent meisanta, 

He de aquela n*i a tantal 

He d'aquels ennumerables, 2160 

Que fan sertas coma los dyables 

Que creso en Dieu lo Creator, 



LA aèsuhrection de Lazare. 8i 

Mas que morta es la cresensa lor ; 

Quar qui creyra he Us obras fara 

Ses doptansa salvat sera. ai 65 

He per so, Martha, se voles creyre 

Lo poder de Dieu he veyre 

Que ieu soy filh de Dieu omnipoten 

An d*aquo auras coiisolamen. 
ij MARTHA. Senher, sapiatz que ieu 3170 

Cresy que tu es fiih de Dieu 

He ies estât trames de part d*amou 

He ies vengut salvar lo mon. 
§f JHESUS. Hor sa, Martha, vay sonar ta sor cara 

Que venga parlar an mi ara, aiyS 

He no sias tant fort doloyrosa 

Quar inquara seras joyosa. 
^ MARTHA. He senher, ieu soy be contenta. 

Tu me podes penre per ta sinrenta. 
Ane sonar LA MARTHA a la Magdalena. 

Augatz, ma sor, que vos diriey : a 180 

Vegatz nostre maestre, lo quai es la. 

El vos manda aras veni, 

He per so anatz lo aculh ;• 

MAGDALENA ane baysar los pes a Jhesu Crist he diga : 

Ho veray propheta de Dieu, 
Per que no soy ieu morta Ieu M 2i85 

Que no passes tant gran dolor, 
Tant gran mal ni tant gran tristor ! 
He Senher, ta mal m'avetz vos mostrada 
De la gran amor que ieu vos portava, 
He ge vos amava ieu coma mon cors 2190 

He be vos amava fort la mia sor, 
He nos, Senhor, vos ma[n3dem de bona hora ; 
Per que no etz, Senhor, vengut de hora) 
He vos venetz, aras, quant es mort. 
He Senhor, donatz nos qualque conort 31.93 
III. 6 



82 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

De la mort de no$tre car frayre 

Lo quai es mort ii*a pas guayre. 
^ JHESOS. He digatz me ont l*avetz mes> 
LA, MAODALENA lo ly mostre an io dst he dtga : 

Veramen, Senher, aysy es. 

Jhesut Crist te plore aspiran he NICODEMUS ane a Jozeph he ly 
diga : 

He ont va la Madalena tant spert ? 3200 

Ela s'en va al tombel per sert; 

R!a hy va mena dol he plora. 

Anem la far en hun cop tornar. 
ly JOZEPH. Sus donquas, Nicodemus, auem hy. 

He vos, Senturlo, que fatz aysy) 22o5 

1^ CENTURIO. He ieu hy anariey, mas que a Dieu plasa. 

Sus donquas, anem hy totz a massa. 
Arai a no totz al tonbel he quant hy seran dtga NICODEMUS : 

Aquest amava ben fort 

Lo Laze, lo quai es mort 

Quar se no lo âmes coralmen 2210 

No se plorera pas tant vivamen. 
9j JOZEPH. Hoc, mas bem meravilhy fort 

Que el no lo aga guardat de mort 

Lo Lazer, pueys que ha tant gran poder, 

Quar el retorna als orbz lo vezer. 221 5 

wj CENTURIO. Hoc, que ieu vigui l'autre dia 

Hun que, pauc ni pro, no hy vesia, 

Mas el ly retornet lo vezer; 

He per so ieu no podi creyre 

Que el no venga essagar 2220 

Se el lo poyria resucitar. 
1^ JHESU CRIST. Hostatz la peyra del tonbel, [(• a; r«] 

He veyretz miracle novel. 
w) LA MARTHA. Ho ! veray propheta de Dieu, 

Mot caramen te pregui ieu 2233 

2312. M». Be m. — 232 5. Ms. te fui. 



Uk RÉSURRECTION DB JLAZARE. 83 

Que no se fasa, per ta honor, 

Quar trop ne salhtra gran pudor, 

Que quatre jorns ha que forec sebelit 

He de ga deu esser poyrit, 

He tal pudor ne salhira 323o 

Que totz nos enfecira; 

Quar no y a tant gran caronhada, 

Ni no y a taat pudenta prunada 

Que pudisqiia tant fort 

Coma fa lo cors de hun home mort; saBS 

Fie no y a fems de estable 

Que sîa tant abominable 

Coma es nostré cors quant es mort. 

He per so nos deuriam be presar petit, 

Quar nos no hem que sac de ordura; 2340 

Quant em mortz, tornam en poyridura. 

Nos no deuriam paslevar erguelh 

Quar en una virada de uelh 

Tota la bobansa d'aquest mon, 

Coma vesem, en non res se fon. 2345 

Avem, nobles, avem noblessas 

He, merchans, he avem pro richesas! 

Avem en aquest mon pro trebalhat, 

Be avem pro vi he pro blat. 

Tôt ho perdem en una hora* 33S0 

Se no que Dieu nos socora. 

Et n*i aura pro d'enpachatz. 

He las ! be devem portar grans estatz ! 

He las! ieu vos pregui, lo meu Salvaire, 

Que no sia descrubit lo meu frayre; 3355 

Quar de ga es envermesit 

He tôt lo cors es de ga poyrit 

He salhira ne tal pudor 



aaSa. Ms. denpchat\. 



84 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Que jamay hom no vie major. 

1^ JHESU CRIST. Martha, agas ferma esperaiisa, 3360 

Quar tu veyras de Dieu la p[o]ysansa ; 
He no doptes en re solamen 
May crey al filh de Dieu omnipoten, 
Quar per so que ton frayre es mort, 
Martha, tu auras inquara confort. 2s65 

i|^ LA. MARTHA. Senher, ieu fariey ton comandamen 

Q;iar vos etz filh de Dieu omnipoten, 

i le per so se te platz de tant be far 

Ieu cresy be que vos ho podetz far. 

Arat dosio la pe/ra he JHESU CRIST se meta de ginolhoi las mas 
junctat he a regarde vas lo cel he diga : [v] 

O veray payre meu ! 2270 

Ieu soy veray filh teu, 

Quar tu me as trames d'amon 

En aquest misérable mon 

Per passa gran tribulatio 

He penre mort he passio. 2275 

Ieu soy vengut penre carn humana 

Per rezeme Natura Humana 

La qua la era dapnada 

He ly dpnariey eternal vida; 

[Per mi no falhira pas,] 

Que ieu no la lor done eternalmen. 2280 

Senher, ieu era inmortal per natura, 

Aras iey près cors de ordura, 

Quar iey presa la humanitat 

He unida an la devenitat. 

Ieu era rey he senhor, 2285 

Aras me soy fach servidor; 

Ieu soy vengut per lo poble salvar, 

Senher, per mi no falhira pas. 

2267. D'«bord iu tes. — Après 2279, ver» raturé. 



LA RÉSURRECTION DE LAZARE. 85 

Digua may : 

Veray payre omnipoten ! 

leu voly mostrar a tota gen 3390 

Ta poysansa he ton poder, 

Quar voly resucîtar lo Lazer 

He lo voly tornar de mort a vida, 

Quar l'arma li es del cor salhida, 

Per tal que tôt lo poble presen 3395 

Cresa en tu, Dieu omnipoten, 

He que conosquo la veritat 

Que îeu soy d*amon davalat; 

Quar lo Lazer ieu resucitariey 

He l'arma dedins lo cors ly metriey. 33oo 

Aras te leye JHESU CRIST he cride fort he digua : 

Ho Lazer! ho Lazer ! salh defora, 
Quar Dieu, ton creator, te ho comanda* 
He tu, infern, layssa lo anar defora. 

Araie lere lo Lazer sobdanamen. Dîga JHESU CRIST als apostols : 

Hor sus^ mos apostos prestamen 
Destaqatz lo encontînen 3 3o5 

De aquels liams en que era [ejstaquat. 
wj SANT Peyre. Senhor, aquo farem nos volontiers. 

Aras lo destaquo he après s*en a ne laysar aquelas raubas he may las 
Marias he Jhesui s>n torne en son loc. 

CILETE. 

* 

Après quant LO LAZER sera yestit que a ne redre gracias a Jhesu Crist 
he diga : 

[f» 28 n] 

Ho veray filh de Dieu omnipoten, 

Ieu te redi gracias de ma[n3tenen 

Quar, Senher, ieu soy be tengut 33 10 

Que de gran mal me as rezemut. 

leu cresy que tu ies filh de Dieu eternal, 

33o3 fora est barré. — a3o6. Ms. liants. 



86 ' MYSTÈRES PROVENÇAUX. ' 

Que me as gitat de hun gran mal, 

Quar îeu era en infern pruoii 

Hon dévia intrar tôt lo mon. 33 1 5 

Aqui era ieu en graiidas penas 

He era estaquat an grandas cadenas, 

He al gran crît que as gitat 

Tant tost los inferns se so abandonatz, 

He ieu prestamen soy salhit fora iSio 

He tôt aquo autre lay demora* 

Ieu te pregui, veray filh de Dieu, 

Que no torne layns plus ieu. 

Masque tu que es davalat sains 

T'envuelhas davalar lains aSsS 

Gitar de tenebras los teus àmatz 

Que so en grans escurdatz. 

Aqui te espero Eva he Adam, 

Davit he lo propheta Abram, 

Sant Johan Batista he los Ign[o]cens, a33o 

Moyses he bel cop d'autras gens. 

Tu, Senhor, ho sabes be mielhs que ieu 

Quar tu ies veray filh de Dieu. 

Lausatz sias tu eternalmen 

Quar me as gitat del turmen I 3333 

Aras parla a la [s] sors : 
Aras vos diriey, las mias sors. 
Que no agatz plus doloyros los cors, 
Quar per las suplicatios sanctas 
Las qualas avetz fâchas tan tas 
Dieu me a de mort a vida tornat 3340 

He del limbe de infern me a gitat. 

Ara parla an lo poble : 
Bonas gens, notatz so que vos diriey, 
Quar las penas de infern vistas iey ; 
He be vos die, sens contradire, 
So no so pas paraulas de rire ; 3343 



LA RéSUHRBCTION DE LAZARE. 87 

Quar sy tota la arena de la mar 

Se tornava en lengas que pogeso parlar, 

Sertanamen no poyrian dire 

La gran pena he lo gran martiri 

Que sufferto los dapnatz 335o 

Lauis dedins aquela fornatz, 

Quar tota persona dapnada, 

Ly valria may que no fos nada, 

Quar en înfeni ha tans de dyables [v] 

He so tans fortz espaventables 2355 

Que se persona viven ho sabia, 

Sertas ja may son pro no fa ri a. 

Graupautz, colobres he serpens 

Lalns so dels hprgolhoses paramens ^ 

He los malvatz tristes usuries sSôo 

Hy so meses en grans brasyers 

La hont los rostiso a payroladas 

Los demonîs coma carbonadas ', 

He no se pauso nuech ni jorn 

He aquo es tôt lor sogorn. 3365 

Après los luxurioses malvatz, 

Sian mondanals ho prelatz, 

Son meses en hun loc de glassa. 

Aqui estaran totz a massa, 

Quar aqui lor martelo las dens, 3370 

Tant gran he tant ma[l]s so los turmens. 

He que fan dels malvatz goliartz 

He dels malvatz enbriaix ? 

Sertas grapautz, colobres es lor vida ; 

Fuoc grese he solpre es lor viaiida. 3375 

Dyriey vos dels malvatz envegos ? 

Elses auran de gentes companhos, 

Los demonis, que los regardaran 



2373. M s. tolprtch* 



88 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Et tant aspramen los turmeutaraii, 
Que lor valria may que no foso natz 338o 

He maudiran lo Dieu que los a creatz* 
D*aquels que so iratz he corossatz, 
Sapiatz que los demonis malvatz 
So fort emalesitz contra aquels, 
He ja may no auran pausa anb els 2385 

Totz aquels que an noalha, 
Ha servie! san falha, 
Sy los demonis los fan trebalhar, ' 
Non pas en heure ni en mangar, 
' Mas a royre unas cadenas sBqo 

Que lor trinquo totas las mayselas* 
Tôt infern es pie de escurdat, 
De fum, de fuoc he de eniquîtat; 
Be vos die que la menre pena de enfern pruon 
Es sertas mage que totas la[s] del mon. 3395 



LE REPAS CHEZ SIMON 



Aysy comensa lo CoTÎt de Simon lebros, très cartas en avan, h» 
comensa SYMON he va coTidar Jhesus ke tota la companiha he 
comensa enaysy : 

Mossenhor Dieu eternal, 

Se vos platz^ veiiretz en mon ostal 2395 

Etc. 



AYSY COMENSA LO COVIT DE SIMON LEBROS. 



Aras s*en ane lo Lazer he las doas sors s'en ano an Nostra Dama he 
pueys Simon Tenga coTidar Jhesus : 
SIMON. 

Mosenhor Dieu eternal, 

Se vos platz, venretz en mon os ta l^ 

Vos he tota la companhia. 

^ JHESUS a Simon. Simon, metetz vos en la via 

Quar nos vos segrem totz. 3400 

Aras Simon s'en ane he Jhesus vengua après quant la faula sera mesa 
he digua JHESUS, quant sera près de la taula : 

La patz de Dieu say sia ! 
Mon oste, nos hem totz vengutz. 
ijl Simon. Mosenhor, vos siatz beu vengut. 
Vos he vostra companhia, 

3395. Ces quelques lignes se trouvent à la fin du f" 38 v«, & ]es trois pages 
auxquelles il est fait allusion (f* 29-31) sont occupées par la table des personnage* 
& par une rédaction tris abrégée (45 vers) de la Réturrection tU La\are^ qui a 
été barrée après coup, & qui est amorcée à la fin du Jugement de Jétut (voy. 
plus haut, p. 60.) Cette rédaction sera imprimée en appendice. 



90 



MYSTÈRES PROVENÇAUX* 



He pregui la vostra grau ver tut 
Que me donetz hun do, se vos platz. 

^ JHESUS. Mon hoste Simon, que deroandatz, 
Aras que hem en vostre hostal ? 

^ Simon. Lo do que ieu demandi es tal, 
Vos que etz, senher, bo he liai, 
Que, per la passiou que vos penretz, 
Mos pecatz, senher, me perdonetz. 
He siatz, senher, a mi tostemps 
He vos he vostres companhos, 
Siatz, senher, ben vengutz totz 
He vulatz, senher, mangar 
So que vos es aparelhat. 
Be vos die en veritat : 
Mon hostal he lo remanen 
Es al vostre comandamen, 
He no tant solamen a vos, 
Mas a totz vostres companhos. 
Far ho devi, que siatz conten, 
Quar ieu vos die veramen : 
Vos iey portada gran amistat 
He motas vetz vos iey désirât 
Que pogues far vostre voler 
Quar bon home etz per ver. 
Aras podetz conoise ma volontat 
He vos pregui per caritat 
Que de mi vos agatz pietat. 
Senher, no demore per re 
Que no prenguatz vostre plaser* 

1^ JHESUS. Simon, far ho voly per ver 

Pueys que tu as parlât tant be, 

He quar tu ho as tant be dich, 

Voly que ton coratge sia complit. 
1|^ SIMON. Benesecte siatz, senher, he lausat 

Pueys que me avetz tant honorât ! 



34o:> 



2410 



24 1^ 



2420 



Ifo 52 r».] 2423 



2430- 



2433 



L.E RSFAS CHBS StMtMf* CI 

Quar îeit vos juri per lo Dieu d«l tro 3440 

Ja mais causa no me saup tant bo 
Coma aquela que me avetz dîcha. 

Aras» daTant que Jhesus se meta a taula, Simon ane serquar Nostra 
Dama he tota sa companhia, he digua SIMON a Hostra Dana : 

Dona, Dieu vos done sa patz 

He a tota vostra companhia ! 

leu soy vengut d*aquest pas ' 2445 

Vos covidar en aquest dia 

De dinar en mon hostal. 
w) MARIA. Senher, lo Dieu etenial 

Nos done sa patz a totz. 

He Simon, es mon filh en vostre hostal ? 2460 
1^ SIMON. Dana, ieu vos die per aital, 

Quar veramen el lay es. 

Aras Tengua Simon an Nostra Dama he tota la companhia. He 
dîgua Simon quant sera daTant Jbesus : 

Senher, nos hem aysi trastotz; 
Quant vos playra asetiatz vos. 

Aras se asetio totx a taula se no Simon he la Marta he lo Laser * ; 
he aquels porto vianda he, quant sera tôt portât, senhe JHESUS la 
taula : 

Senher, payre omnipoten, 2455 

Que formiest Tome de nien, 
Quar tu lo formies de ta ma, 
Pueys fesis lo vi he lo pa 
Hen aisi coma fesis al désert 
•V. pas segon que no es sert : + '4^° 

Tu benesisquas aquest ma[n3gar 
Que nos as fach aparelhar ; 
Aquels que dono an cor bo M 

Dona lor, senher, salvatio. 
Respondo totz : Amen. 

* On a ajouté en marge : la Magdalena deu estre en autra part. 
3460. Cette croix indique sans doute que le personnage qui représentait Jésus 
faisait le signe de la croix en cet endroit. '^ - 



^2 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Ardis •ntretan «fue mango ▼e[n]gua la MagdaUna am huna brostia 
de enguen he lo meta sus lo cap de Jhesus ; he Judas reguarde an 
mal huelh he fasa senblan que mal li sap. — He digua la MA6- 
DALENA quant li a mes lo enguen sus lo cap : 

Ây ! glorios vertadier payre ! 2465 

Senher, tu qui es mon senhor 

Quar tu es del inonde salvayre, 

Se[n]her he veray Creator 

He ies veray perdonayre, 

Que me perdones, senher, ma folor. 3470 

Aras LA MAGDALENA se meta desotz la taula deginolhoske hongna 
los pes a Jhesus a m lagremas & los esuge am* los pels« he digua 
so que se ensec sans moyre entro que Judas s>n sia anat : 

Tu qui es nascut de verges pura 
He de Dieu omnipoten, 
En tu, senher, iey tota ma cura 
De far, senher, ton talen. 

Aras dis SIMON iradamen per Tescadafal : 

Ausit iey dire, que m'es fort greu, 2475 

D'aquest home que es iîlh de Dieu, 
Quar quant Tiey vist onge son cap 
Hom dis que conoîs he sap 
He dis que es propheta de Dieu ; 
Mas aiso vesi be ieu 2480 

Que el no conois, en veritat, 
Aquela femna que Ta toquât, 
QCujar ela es plena de tôt pecat ; 
He per so, se propheta veray fos, 
Be conogra sas desonors 2485 

He lo mal que ela ha fach. 
1^ JHESUS a Simon. Simon, se tu ho voles escotar, 
Huna raso te voly mostrar. 
He quar tu doptas aisi tant 

* Ms dnn. 



LE REPAS CHEZ SIMON. 93 

Per $o te voly dire huii senblant. 3490 

Aras enten so que dire te vuelh : 

Dos homes ero en hun castel 

Que ero oblîguatz as un renovier 

Cascun per sertans deniers ; 

La hun ne dévia sertas .C. 2495 

He l'autre X. veramen. [f» 33 r»] 

Negus no hac de que lo pagues* 

Aras veyras cosi lin près* 

Hel se vole ben far paguar; 

Ha la hun he a l'autre va demandar : 2600 

Vos autres que me devetz } 

leu cresi que paguar no me podetz, 

He per so, a la hun he a l'autre vos dont 

He tôt lo deute ieu vos quiti. 

Aras me diguas, Simon, se te platz, aSoS 

Quai es aquel que lo deu may amar? 
1^ SIMON a Jhesus. Senher, ieu te-dic per veritat 

Que au aquel que ha may donat. 
1^ JHESUS a Simon. Simon, vertadieyramen as jutgat. 

Aras me diguas, per veritat, 2iio 

Quai de vos me ha plus honorât. 

Ho tu, que m*as donat a mangar 

Ho aquesta femna, que veses plorar? 

Quar, quant en ton hostal soy intrat, 

Aquesta me a los pes lavatz. 25 1 3 

He per so que tu les home de entendemen 

No me as donat a lavar veramen, 

Mas aquesta femna, en veritat, i 

No.sesa de mos pes lavar | 

Am lagremas de cor pongen. 2520 

He per so te die veramen, | 

Totz SOS peeatz ly so perdonatz. 

2493. D'abord vint 



94 MYSTÂRBS PROVENÇAUX. 

Arai JUDAS se 1er 9 de taula he parle* an los apoitoU t 

Senhors, sertas fort soy irat 
He fort me teni per autregat ; 
Quar be vos die que fort m'es greu 25a5 

Quant Jhesus nie dosta $0 del meu. 
Vos autres entendetz be lo sermo 
Mas no sabetz pas la raso. 
Per so soy ieu tant fort corosat 
Que ieu sia tant desfortunat; 253o 

Ieu vos ho diriey, se Dieu ni*ajut. 
En quai guisa m'a desaubut» 
Be cresi que ausit dire avetz 
Que mon maestre partir me fes 
De ma molher, per mon pecat 3535 

Que era gran, per veritat ; 
Mas be vos die, sau plus ponhar, 
Que de el m'en vau sertas venguar, 
Quar trenta dénies me a dostatz 
He per «XXX. dénies lo vau lieurar. 3540 

Als Juzieus vau eneontinen 
He lo lor vendriey prestamen 
Per so que lo enguen ha eseanpat. (t«] 

Be ly valgra may lo agues guardat 
He que lo agues faeh vendre 3545 

He als paures faeh despendre 
Que quant enaisi lo ha aroinistratk 
^ JHBSUS a Judas esun a taula : 

Amie, he quinh mal vos donatz * 

Ni per quai raso vos eorosatz? 

Se aquesta femna ha beii hobrat, , 355o 

Per que ne etz vos tant irat? 

A tu respondi^ Judas malvat, 

Que de gen paubra me as parlât* 

* On t barrd Per se meteh per lo scadafal. 



LE REPAS GHBZ SIMON. 9$ 

Judas, dels paitbres no as gran cura 

Ni t'en chaut gayre de lor sofrachura, 2555 

Mas que tu ies tant gran renovîer, 

He de paubres no te chaut hun denier, 

D*elses no t'en quai veramen, 

Mas de aribar aur he argen. 

Per so te die ieu de serta 256o 

Que tostemps al monde paures aura 

He del be lor poyran fa. 

Aras fj JUDAS a Ih«ius tôt iradamen : 

He no me diras autra causa. 

Per Dieu, be vos die san fauta 

Que ieu vos vau sertas reneguar 3565 

He lay vau san plus ponhar. 

Be te die que tant fariey 

Que so del meu cobrariey, 

Ho en davans al diable me donaria 

Se autramen eobrar no lo podia, 3570 

He no seriey jamais be paguat 

Tro que te ago près he liât. 

Aras digua gracias JHESUS quant Judas s'en es anat : 

Payre meu, de so que nos avetz donat, 
Senher, vos siatz ben lausat ! 

1^ Totz : AmenMt se leTe de taula he digua JHESUS estan de pes a 
sant Peyre he sant Phelip^ quant Tan en Jherusalem : ** 

Peyre he Phelip, vos von iretz 3575 

En Jherusalem he me amenaretz 

La saumeta he lo poly, 

He que io me amenetz aisi. 

He se degus vos ditz : « Que ne voletz far } » 

Diguatz que lo senhor ne a a besonhar, 358o 

He amenatz lo me prestamen 



2 565. Vau a été ajouté. 

* Au lieu de AnJrieu, qui est raturé. 

*' quant v, e. Jh, a été ajouté après coup. 



96 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Quar ieu serras encontinen 
En Jherusalem voly anar. 
i|; SANT PHELIP. Seiihor, volontîes ho farem, [f* 34 r« ] 

Quar, mot malvat séria 2 585 

Qui vostre mandat no creyria. 
Mon servie! a vos tostemps doni, 
Cor he mon cors a vos abandoni. 
Senhor, sapiatz que sans dedich 
Sera fach so que*avetz dich. 3590 

He per so anem prestamen. 

PEYRE ditz a Jhesus : 

Senhor, nos hy anam totz d*aquest pas 
He farem vostra volontat. 

Aras t'en «ino serqunr la saumeta en Jherusalem he, quant seran d« 
part de la, diga SANT PHELIP a sant Peyre : 

Nostre maestre, sens menti, 
No sap ni no pot ponch deffalhi. 2595 

Ve la la saumeta que nos querem. 
La mostre an lo det : 

Peyre, sabetz vos que farem } 

Fasam so que lo maestre nos ha dich 

He no ho metam pas en oblit 

He per so ieu la deliariey. 2600 

1^ PEYRE. Be dises, he ieu la menariey 

Tôt mantenen a nostre maestre. 
îj PHELIP. Ieu voly tôt jorn an vos estre ; 

Anem donc ses plus aresta. 



2583. Après ce v. le copiste avait écrit : Peyre dit\ a Jhetut : 

Nos hi anam tot{ d'aquett pat 
He farem vostra volontat. 

Aras s'en ano serquar la saumeta he lo poly en Jherusalem he lo meno he 
quant seran vengut\t digua Sant Andrieu a Jhesus, 

Ces deux vers qui sont reproduits plus loin (v. 2592-93) ont été raturés Se la 
rubrique qui les suit aurait dû l'ôtre de mâme puisqu'elle est aussi reproduite plus 
bas &L que l'indication suivante : ^ Phelip : Srnhor, volonties ho/arem^ placée eo 
marge immédiatement au dessous du v. 3583 nous renvoie au v. 2584. 



,LE REPAS CHE2 SIMON. 97 

Ara la anodeliar he vcAça LO RUSTIC c[ue la tauma lor toI défen- 
dre, hediga : 

Se hom me deyîa tuar 26o3 

leu. me penriey a vostre mantel. 
H« pensatz que me sîa bel 
De penre sans congîet la bestial 
Aquo no me sap ponch a festa 
Ni no la ne menaretz ga, a6 ro 

He se ho faytz, mal me saubra, 
Quar ela no manget uey ni ier. 
Per so ieu vos die per entier, 
Non obstan que ma rauba no sia honesta, 
Vos no penretz d*aysy la bestia 361 3 

Que a vos no von prenga mal, 
Quar nos avem jutge he officiai 
Que hô conoyseran per justicia* 
v) SANT Peyre. Mon ami, no nos fasas rudessa. 

Quar tort ni noysa no te farem 3630 

Mas enten be so que te direra. 

Ieu no la agra pas deliada [v«] 

« 

Se ela no te fos ben guardada. 
Se te play, presta la a Jhesus, 
Quar de son mandamen nos hem vengutz 3635 
He no podem plus demorar. 
Amie, vuelhas la ly prestar; 
Be te deu sertas playre. 
ix> RUSTICH. Mos bels Senhors he de bon ayre. 

Tôt quant poyriey Jhesus far, 363o 

Fariey, sapiatz, sans doptar; . 

Quar ieu iey en el gran fisansa 

He de el speri aver perdonansa; 

Per so, Messenhors, la penretz 

La saumeta he la ly menetz. 3635 

s6ia. Ms. vey. 

HT. 7 



98 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Quant el ne aura fach me sia reduda. 
ij) PHELIP. La saumeta no sera pas perduda 

Ni mal menada ni gastada 

Ont te sera sana lie aiegra tornada 

He meihor que no foc ja mays, ' 3640 

Quar sertas, mon amie, ben faytz 

Quant la prestatz al sant propheta, 
^ LO RUSTIC. Senhors, tôt quant ieu yey es a sa requesta 

F-fe a son plazer he a son agrat. 
vj l'EYRE. Ta ne seras rémunérât 

En paradis, en lo aut repayre. 

A dieu donquas, nostre bel frayre, 

Quar nos la H anaiu menar. 
^ LO RUSTIC. Eu nom de Dieu pusquatz anar, 

Que vos guarde la nuech he lo dia 265o 

He tota sa companiha. 
Aras ne meno U saumeta a Jhesus he diga SANT PHELIP : 

Nostre maestre, hom vos amena 
Aquesta saumeta am gran pena. 
Aysy la avetz am gran affar 

Quant vos playra podetz montar; 2653 

De mantenen vet la vos aysy. 
Diga SANT PEYRE : 

Senhor, tu sias ben lausat, 

Complit avem so que nos as comandat, 

Senhor, nos hem a tu vengutz, 

Quar ieys del monde la salut. 26G0 

Nos te cresem he te lausam, 

La saumeta te hamenam ; 

Senhor, tu que as lo monde format, [f* 35 r».] 

Monta desus per ta humilitat. 

Aras monte Jhesus sus la saumeta he s*en ane en Jherusalem an los 

a656. On a raturé après ce vers, Aras monte Jhesui sut la saumeta sans 
re dire, 

2636. Ms //. 



LE REPAS CHEZ SIMON. 99 

apostols, dos de daTan he los autres de daries, de dos en dos, he li 
trago de flors, he los enfans ly meto las raubas per lo cami, he 
digo los enfans quant passara sus las raubas : 

Benesecte sia lo filh de Dieu ! 2663 

Que ve salvar lo poble seu» 

Seiihor, vos etz trames en aquçst mon 

Per fayre la redemptio. 

2668. On lit après ce vers les lignes suivantes : 

Aras quant Jhesus sera davalat de la saumeta, monte sus la cadieyra he diga 
quant los Juliens seran davant el tot% asetiat\ an banc%. 

Diga Jhesus : 

Non solamen a vos autres Ju^ieus, 

Als Publiquas heals Phariiieus; 

Etc, ut habetur in libro alio per ordinem : 
Ces deux vers forment le début d'un morceau dont la transcription, comme on 
le voit, n'a pas été continué.*. Us se retrouvent, avec toute la fin du morceau qu'on 
vient de lire (à partir de sôS/) en tête du fol. 36 r. (I.a fin du fol. 35 r. est occu- 
pée par une table, & le verso ne porte que quelques notes étrangères au texte) : 
cette autre rédaction des vers 3657-68 ne fournit que les variantes suivantes ; 
2660 : la veraia saluî. — 2662 : la 5. he lo poly t. a. — 2664 : p. t. gran /r. ; 
la fin de la rubrique diffère également; on lit : Aras &c., ds dos en dos he per lo 
cami los en/ans li meto de Jlors,fuelhas deh albres en fora, he los autres las 
raubaSf he los en/ans digo so que se ensec : Benesecte &c. (après les deux pre- 
miers vers : He Ijs autres en/ans)... Aras quant Jhesus sia en Jherusalem, los 
apostols lo davalo, he pueys Jhesus s'en ane predicar quant sera despolha[t] 

dal temple (?) he digua : Non solamen he phari\ieus. Immédiatement après 

ces mots, est transcrit le morceau sur ta Résurrection. 



LA RÉSURRECTION 



ENSEC SE LA RESURECT[nO. 



Aras Abderon he las gendarmas ano sagela lo tombel he, quant sera 
sa^elat, Abderon s'en tome he la gendarma ^ardo lo to[m]bel ni 
que sian he se asieto al torn de[l] tombel totz ererses he faso co *" 
& quant Jhesus resucite, lo tonbel deu tremolar, he las gendarmas 
s'en fugisquo en Jherusalem he digua BARISAUT : 

Hoy, senhoria de Jherusalem , 
Nos sertas totses non fugem 2670 

Per lo grau bruch queavem ausit^ 
Quar, estau nos entorn lo tombel, 
Serras totz ausit avem 
Tremolar tota la terra, 

He cresem veramen de serta 2675 

Que aquest sant propheta 
Sertas huey de bon mati 
Es veramen resucitat. 
CAYPHAS. Calatz vos, que en mal tostemps 



* On a barré depuis he la gendarma^ jusqu'à he faso co & remplacé ce passage 
par les mots suivants jcrits en marge : he Centurio he la gendarma, He diga 

90 que te tec quant sera davant la senhoria : Afessenhors^ ieu iey Diga 

Pilai als avesques : Or m, Metsenl.ors, escùtat\ 

Immédiatement au dessous, d'une autre main : He Jhetu* te ane ait infern he 
no digua mot tro que tant Sfiquel he Gabriel ajo parlât. 



LA RÉSURRECTION. ICI 

Siatz vos fiquat, 3680 

Geii folastre que vos etz ! 

Quar vos he vostres companhos [▼•] 

Avîatz begut tant de vi dos 

He per so no sabetz dire que es estât. 
OLIFFART. Mossenhor, ieu vos die en veritat 2685 

Que huey de bon mati 

He ayso près de Talba del jorn, 

Quar nos erem totz a l'entorn, 

[He] a fort tremolat lo tonbel 

He cresi que el sia resucitat. 3690 

ANNAS. Hoy, ribautZy fols enquantatz, 

Ayso plus no ho diguatz, 

Mas que diguatz totz ensemps 

Que los disipols veramen 

Entretan que nos dormiam 2695 

Lo so sertas vengutz panar. 
PIQUAUSEL. Mossenhor, aquo no quai plus doptar, 

Quar ieu vos dtc en veritat 

Que el es veramen resucitat^ 

Nos ho sabem tôt de serta. 3700 

ABDERON. Mos amicz, no diguatz plus aquo, 

Mas que diguatz totz enconti nen, 

He guasenharetz de l'argen^ 

Que vos autres aviatz trop begut. 
1^ L'AUTRE. Ieu vos die, se Dieu m'ajut, 3705 

Que per argen que nos doiietz, 

Nos sertas no mentirem ges 

Que la vertat no vos diguam. 

He vos die que quant lo tombel 

Ha tremolat 2710 

En aquela hora el es resueitat. 
^1 AIMO, doctor. Hoy, fols enrabîatz! 

3681. Ms. Vcn, -^ 3689. He ajouté. 



lOZ MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Se vos autres no vos calatz 

Ho 111 vos fara mètre en priso ; 

He per $o tenetz vostre cami, 3713 

Quar se no vos ostatz d*aisi 

leu vos fariey sertas tant batre 

Que no vos sovenra que de niori. 

Anatz, de part lo dyable, anatz, 

Anatz, la bon que vos vulhatz ! 3720 

CILETE. 

Aras Tcn^uo sant Miquel he Gabriel he se meto sus lo tombel la hun 
a la hun r:*p he Tautre als pes, he dîgua SANTMIQUEL : 

Ay Dieus ! he cosi so tant malvada gen 
Los fais Jusieus mescresens 
Que cugavo Dieu veramen 
Tener en claus al monimen^ 
SANT GABRIEL. Ay ! dels traîdos malvatz, If- 37 r»] 3725 

Els no so pas estatz ben avisa tz 
Que Dieu no s*en sia anat 
He que el no sia resucitat. 

Aras Sant Miquel he Gabriel s'en anoan Jhesus dava[n]t losenfernis, 
he digua JHESUS quant seran as el : 

Dyables malvatz, que estatz aqui, 
leu soy Jhesus que estan (aqui) aysi 2730 

leu iey suffertada passio 
Per so que ieu dones salvatîo 
An aqueis que ero condapnatz, 
Quar ja mai no foro bategatz 
He ios iey de mon sanc resemutz 2733 

Los Sans Payros que ero perdu tz. 
t) LUCIFFER. Senhor, no sabem pas quai etz 



2729-67. Tout le passage depuis dyablet jusqu'à prophetas a ét^ couvert de 
ligues transversales. En marge, on lit l'indication suivante : Vaquât» ^ Diga to 
que es al libre quant sera dava[n\t infern quar aquesta materia no senbia 
pas l'autra^ & en tête de chaque réponse de Lucifer & de Jésus se trouve Tabré- 
viation V" {Vaquât), 



UL RéSURRBCTION. |o3 

Ni cresem aquo que disetz. 

Vos no etz pas lo filh de Dieu 

He per so no intraretz pas vos. 3740 

Quar so que nos avem gasenhat 

Tenrem tostemps mal vostre grat* 

Per so vos die îeu que von tornetz 

Quar sains vos no intraretz ges. 
v} JHESUS. Ieu intrariey lains per veritat 2745 

He vos ostariey tota vostra potestat, 

He totz aquels que so lains en dolop 

Los ne menariey an granda honor, 

Quar per elses iey gran mal sostengut, 

Que mon sanc n*iey tôt perdut. 2760 

1^ Lucifer. Pueys que de nos no hi a agut, 

De badas vostre sanc avetz perdut, 

Quar sertas pauc lor valra 

Quar de sains degus no isira. 
b) JHESUS. Els ne îsîran totz, mal a ton grat, 2755 

Mas tu seras tostems dapnat 

He auras pena he turmen 

Tostems en aquest fuoc arden. 

Mas be te die, per veritat, 

Que negun home bategat 2760 

Aqui no suffrira turmen 

Mas que fasa mon mandamen. 

Aras pueys que no me voles hubri 

Veyras mon poder sans mentir. 

— Ubretz vos, portas tnfernals, 2765 

Que layns intre lo rey devinai. 

Aras las portas tombo he Jhesus intre layns, he JHESUS parle am los 
prophetas : 

Amicz, venetz vos en an (a)mi [v«] 

3766. Après ce v. on trouve dans le ms. l'indication suivante, de la même main 
<^ac la précédente (v. 3729) : Ahi tome al loc d'aquest libre quant tel lo libre 
$era aquabat he digua Jhesus al$ payros quant los tray de infem so que s'en^ 
seque : Amic\, venet^ vos en an mi..... 



104 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

He donariey vos gauch saii fy, 

Lo melhor gauch que home aga vtsty 

La gran gloria de paradis. '^77^ 

wj ADAM. Ay, senher, tu sias lausat, 

Quar les en infern davalat 

He as suffertada passiou 

A fy que nos donesetz salvatio; 

Quar be podem esser enogatz, 2775 

Ostatz nos d'aysi^ senher, se vos platz. 

Ho ! mon Dieu, mon Creator, be siatz vengut. 

Vos etz mon gauch he ma salut. 

So so las mas que me formero 

He de terra me fabriquero; 2780 

So es aquel que lo monde fabriquet 

He totas causas hordenet. 

Ay! Dieu, senher tant glortos, 

Quar vos etz, senher, tant misericordios 

Que avetz suffertada per nos tal pena ; 2785 

Quar otra lo teu comandamen 

leu trespasiey ton comandamen 

He per ma gran cobesensa 

Volgui saber ta sapiensa 

Quant mangiey de la poma de vida. 2790 

EVAditz a Jhesus en ploran : 

Senher, ve te aisi la tua pecairitz, 

Que me formiesten paradis 

He que me fesis de hun petit os. 

Senher, a tu demandi merse, 

Quar iest vengut mori per mi 3795 

Quar tu, senher, as restaurât 

So que ieu perdiey per mon pecat. 

Aras Jhesus los tragua de infern he los mené en paradis he los dyables 
crido mot fort, hedigua JHESUS quant s'en ane : 

S7q5. Ms. fifii. 



LA RÉSURRECTION. I05 

Aras me seguetz, bonas gens, 

He salhetz d'aquest turmen. 

Venetz, que ieu vos doua rîey salut, 2800 

Quar los dyables so totz vencutz 

He, quar aviatz prophetisada veritat, 

Aras recobraretz grau sanetat. 

Digua ADAM : 

Lausem totz Dieu Jhesu Crist! 

He lo vulham grandameu grasir, 38o5 

Que es vengut del cel d*anioii 

Per nos gitar de infern pruon. 

CILETE. 

Aras Jhesus Ye[n]gu«i daTant paradis he tos prophetas, he dedins Para 
dis aga dos anglais que no toIo ponch hubri, he digua JHESUS : 

Mos amicz, ieu soy aisi vengut 

Que tôt lo poble iey resemut 

Que en infern era tôt perdut If" 38 r«] 2810 

He los diables iey totz vencutz. 
i|| CHERUBIN.^ Ay ! bel senhor, he don veiietz, 

Cubert de sanc, ni que queretz^ 

Quar sains pas no intraretz 
• Ni'def^ns dels pes no say metretz. 28i5 

w} JHESUS. Amicz, ieu voly aqui intrar 

He hy voly aquest poble menar, 

Quar ieu lo yey grandamen comprat 

He ne iey volgut mon sanc escampar. 
wj CERAPHIM. Ay ! bel senhor, so cresatz vos 2820 

Que home no say intrara, ni may vos, 

Tro que lo fîlh de Dieu glorios 

Aga suffertada passio per los pecadors. 
tj JHESUS als angials. Senhors, augatz, no vos sia greu, 



* D'abord Séraphin. 
2819. Ms. espampar. 



Io6 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Quar ieu soy veram^n lo fîlh de Dieu, 2825 

Que iey sqffertat turmen fort greu 
Per salvar lo poble meu. 

Aras se ubrisquo las portas de paradis he, quant so intratc, digua 
DIEU LO PAYRE a son filh* : 

Aras intratz vos, lo meu filh, 

Que avetz suffertat mort he perilh. 

Quar tôt lo mon avetz restaurât 383o 

Benesecte siatz he lausatl 

Aras ditz DIEU LO PAYRE als prophetas : 

Vetietz avan, los amicz meu[s] ! 

Salvatz etz mal grat los Jozieus. 

• 

Venetz, asesetz vos prop de mî 

He auretz gauch sans tota fy 2835 

Per so que avetz fachs mos comandamens 

He avetz cresut en Dieu omnipoten ; 

Las coronas vos metriey sus los caps 

Que siatz totz reys coronatz. 

Aras lo Payre los pause las coronas sus las testas he Jhesus dnvalj en 
Paradis he demore aqui^*. 



Aras las .III. Marias s*en ano al merchant cOmprar lo enguen he 
digua LA MAGDALBNA quant s*en Ta per lo scadâffal : 

Ay 1 senher Dieu, payre glorios, 2840 

Que escanpies de tu sanc presios, 
Per nos ies mort he levât en crotz, 
Per ta pietat, senher, consola nos. 

Diga MARIA SALOME : 

Ayl senher Dieu, payre ptetados, 
Se te platz, senher, reguarda nos 2845 

Quar mortas hem, se no te trobam nos 
MARIA JACOBI. Ay 1 gran es lo dol que devem far [vj 

* A ton/. Ces mots ont été ajoutés. 

* ' he Jhetus d^ e. P. h d. a., a été ajouté en marge après coup. 
a83o. Ms. mos. — 2846. Ms. Hen. 



LA RÉSURRECTION. I07 

Quar sertas tostems nos cove plorar 
Se lo bon Jhesiis no podem trobar. 

Aras s'en ano al merchant. — Digua LA MAGDALENA : 

Senher merchant, Dieu vos ajut, 285o 

He vos guarde de mal he vos done salut! 

Nos hem sirventas del rey celesttal, 

Senher, nos hem dolentas fort 

De nostre maestre que los Juzieus an mort, 

He de vos, senher, comprar volem 2855 

Del vostre enguen en que lo hongesquem. 

tj LO Merchan. Danas, vos autras siatz ben vengudas, 

Gauch vos done Dieu quar fort senblatz maridas. 
Diguatz me, danas, que demandatz, 
Quar de tôt soy ieu aparelhat 2860 

De far, danas, vostre voler. 

1^ MARIA SALOMË. Senher, nos venem quere 
De Tenguen que dich avem, 
Per so trametetz lo quere 
Quar nos autras anar non volem. 2865 

Aras mostre* Tenguen LO MERCHAN : 

Bêlas damas, ieu lo vos mostrariey, 
Lo melhor enguen que nô forec ja may. 
Aras sentetz cosi odora fort. 

Aras odoro** lo engen***. 

i|| MARIA JACOBI. Senher, del hodorar no non chaut 

Mas que Tenguen sia fizel 2870 

Quar nos lo demanda m aytal. 

Diguatz lo pretz, se vos platz, 

Quar nos non anam d*aquest pas. 
9) LO MERCHANT. Cascuna donaretz hun marc 

De argent 2875 

' D'abord baile. 
** Ms. Ai/oro. 

' * * Aras a. l. ^ ., a été ajouté en marge. 

2870-71. D'abord iia coma demandant aytal. — 2872. S. v. p., ajouté. — 
3874. D'abord, .C. marc\. — iSjb.Jln a été barré après de. 



108 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Quar no lo aurtatz autramen. 
Prendetz lo enguen 
He pueys anatz Vos en. 
1^ LA MAGDALENA. Teiietz, senher, he grau merses de vos. 

Aras bayle la Magdalena lo argen al merchant, he diga pueys 
LO MERCHANT quant aura près lo argen : 

Anatz, danas, en nom del bon senhor, 2880 

Que vos done a ffaire trastot per son honor 

He vos done gran gauch he v*oste lo plor. 

^1 MARIA SALOME. A Dieu siatz, gran merses vos redem 

He del servie! que de vos près avem, 

Quar anar non quai davant Jherusalem. 3883 

Aras totas très s'en ano he la Magdalena pre[n]gua la brostia he s'en 
a no al sépulcre he digue per lo cami cascuna so que se ensec : 

Digua LA MAGDALENA en s'en anan : '> 3g r*.]* 

Ay ! Senher Dieu, payre glorios, 
Per vostra pietat acoselhatz nos. 
Maridas hem, lasas ! que farem nos } 

Aras sian datant lo sépulcre, he digua LA MAGDALENA : 
Dieus, que volgues per nos morir, 
He lasa ! qui nos poyra lo tombel ubri^ 3800 

Quar no avem negun poder 
La peyra moyre ni sostener. 

tf MARIA JACOBI. He lasas! que poyrem far ni dir? 

Quar no vesem neguh home venir 

Que nos ajudes a tolre 3895 

La peyra que no podem moyre. 

Aras Sant Miquel he Gabriel davalo de Paradi he vengo sus lo ton bel 
he lo ubrisquo he, quant sera ubert, digua SANT MlQUEL a las 
Marias : 

Anatz avan, no temisquatz 



* En tétc du f» 39 r> se trouve l'indication suivante qui est barrée : Aras devo 

davaiar Miquel he Gabriel quant las Mariai par[to\ del merchant he que 
ubritquo lo vai, he la un al cap he Vautre ait pet, 

2893. D'abord dire. ^ 3895-96. a tolre en surcharge au lieu de a levar & 

moyre au lieu de ostar. 



LA RÉSURRECTION. I09 

Ni de nos autres paor no agatz. 

Que anatz queren ni que ploratz 

Ni entre vos autras tal dol menatz ? 2900 

f^ MAODALBNA. Nos deniaCii]dam Dieu glorios 

Que en la crotz forec mes per nos 

He cresiam que aquî el fos 

En aquel tombel que sesetz vos. 
1^ GABRIEL. Danas, el no es pas aisi. 2905 

Tornatz vos en per lo cami 

Quar Dieu que fes lo pa he lo vi 

Resucttet huey de bon mati. 
1^ MARIA SALOME. Senhors, benauratz sîatz 

Quar tant bonas novelas aportatz 2910 

He cresi que vertat diguatz, 

Nos non irem se a Dieu platz. 
1^ MiQUAEL. Danas, nos vos disem veritat, 

El es veramen resucitat 

He als apostols von anatz 2915 

He a totz ensenips ho contatz. 
^! GABRIEL a las danas. He per aiso que 110 duptetz 

Lo susari vos autras penretz, 

He tantost que as elses seretz 

Ha totz ensemps lo mostraretz. 2920 

Dtgua SANT MIQUEL : 

He faytz tais çomandamens 
Que se dono gran alegramen 
He que s'en ano ben coren 
En Galilea veramen. 

Aras las Marins prenguo lo susari, he digua MARIA JACOBI: 

' Senher Dieu, tu sias lausat 2925 

Quar lo susari bon fores envolopat 
Senher, a nos as tu mostrat. 

3904. Que seseti vos a été ajouté & on a raturé les mots : ont vos seset\ vot 
qui formaient un autre vers. — 2921-2 1.. Ms, H. fan\ &€, Vers ajoutés par une 
autre main dans un renvoi & que nous retrouvons légèrement modiliés un peu 
plus loin (V. 3067-71.) 



no MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Aras losan^ialt s'en ano. Hedigua ta MAGDALENAa las autras : [v*] 

Donas, donquas tornatz vos en 

Quar ieu iriey mon senhor queren; 

Ja mays no me veyretz verameii agSu 

Se no lo podi trobar breumen. 
1^ MARIA SALOME. Dieu que forec en crotz pausat, 

Lo vos layse trobar se ii platz 

He anb aîtan, dana, a Dieu siatz. 

Aras la Magdalena se asiete costa lo ton bel he las autras s*en ano a 
Nostra Dama he quant* s'en anaron, MARIA JACOBI digua per lo 
cami : 

Ay lasetas! he que farem 3935 

Ni qualas novelas recontarem 
A la mayre de Dieu quant la veyrem? 
Quar Jhesu Crist vist no avem. 
^ MARIA SALOME. Dana, nos li podem contar 

Que nos l'erem anat serquar, 2940 

Mas no Tavem pogut trobar 
Al monumen hont solia estar. 

Ara sian davant Kostra Dama he dtgua MARIA JACOBI de ^inolhos: 

Maria dana, Dieu vos sal ! 

Bonas novelas vos podem contar 

Que Dieu que fes la terra he la mar 3945 

Esvolgut huey resucitar. 
tj NOSTRA DAMA. Danas, benesectas siatz 

Quar tant bonas novelas aportatz. 

Diguatz me ara, se vos platz, 

Se l^avetz vist ni atrobat? 
i^ MARIA SALOME. Maria, nos no l'avem pas vist, 3960 

Mas dos anglais si nos an dich 

Que el es del monumen isit, 
• Quar lo susari avem vist. 

* D'abord / teran. 

2939. Après ce v. on avait d'abord éa'it par erreur le suivant : Que Dieu que fes 
la terra he la mar. (V. 2945) 



LA RÉSURRECTION. III 

Aras* las Marias li mostro lo susari he digua MARIA JACOBI a 
Nostra Dama : 

He per ayso, dana, que ho cresatz 

Vet vos lo drap hont forec eiivolopat 2955 

Lo cors que era tant ben hurat 

Quant de la crotz forec davalat. 

Digua NOSTRA DAMA : 

Ay ! car filh^ bo he pietados, 

Key d '1 cel tôt poderos, 

Salvatz avetz los pecadors 3960 

Mal grat dels fais Juzieus traidos. 

Aras Tengua Jhesus en l'ort he digua LA MAGDALENA costa lo 
tombe! : 

Ay lasa 1 tan mal me es près 

De tant gran dol que vengut m'es 

Del meu senhor que an pendut, 

Mon gauch he ma vertadieyra salut; 2965 

Lodol que m'es vengut es tal 

Que home no Ta vist tal, 

Ni tant gran ni tant doloyros, 

Tant crusel ni tant amaros; lf*4ï f*] 

Tant es crusel lo dol que ieu iey 2970 

Que ses dopte ieu moririey. 

Mas morir, lasa ! no podi ges 

Quar mot me séria ben près 

Se per lo dol podia morîr 

Del meu senhor que ieu tant deslr. 2975 

Mot me valgra may la mort 

Que suffrir tant gran desconort. 

He lasa 1 non fora tant de greu 

Mas que lo pogues trobar Ieu. 

Ay lasa! on lo serquariey 2980 



* Il y avait d'abord : Ara li montra lo susari he digua Nostra Dama. 
2934-57. Ces quatre vers se trouvent au v d'un petit feuillet qui porte le n" 40. 
^ 3965. Vers barré dans le ms. 



HZ MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Pueys que aisi trobat no Tiey } 

Quar aisi lo degra trobar veramen 

Près sertas d'aquest monimeii, 

Quar aï si forec sos tarât 

Quant de la -|- forec davalat. 3985 

Aras se levé LA MAODALENA, he di^iia entre si meteisa : 

Levar me vau an gran dolor 

He vau serquar lo meu senhor 

He pregui se platz as el 

Que me fasa tant gran gracia 

Que son cors ieu pogues trobar 3990 

Per que no me fasa tant trista anar. 

Ay ! senher Dieu, ajudatz me 

He faytz me tener bon cami, 

Senher, que tôt lo mon formîest 

Fay me venir la hon tu iest. 

Ara LA MAGDALENA s'en ane ras Tort he digui : 

Ho sta ieu ho sia tart, 3995 

Ieu m'en iriey d'aquesta part. 
Ayl senher Dieu omnipoten, 
'l'rametetz me, senher, bon cosselh 
He lo loc ont puesca a vos venir. 

Ara la Magdalena s*en ane datant Tort he reguarde tains he Jhesus 
sia en senblansa de hun ortola, he digua LA MAODALENA entre 
se metisa : 

En a^'iel ort vesi ieu hun home 3ooo 

Que me senbla bon prodome, 

Ortola senbla veramen 

Que en autra causa no met son entendemen 

Mas cosi puesqua son ort cavar. 

Lasa 1 no sabi se as el m'en ane 3oo5 

3983. Le mot crot^ est figuré par deux barres transversales ; de même souveot 
— 3989 D'abord /Eisa venir as el. — 3990. Ce v. était d'abord ainsi conçu : He t. c. 
que i. p. t,-^ 2993. En marge vis à vis de ce v. se trouve l'indication V*'. {vacat) 
qui est répétée au v. 3019. — 3oo6. D'abord demandi. 



LA RÉSURRECTION. ii3 

He qualque causa ieu H demande. 

SerCas as el m'en anariey 

He qualque causa H demandariey, 

Quar ieu poyria a.profechar 

Del coselh que me poyria donar. 3oio 

Ara LA MAGDALENA parle amb el : 

Diguatz, amie, se Dieu vos ajut, 
Vos que etz aisi vengut, 

Diguatz se avetz vist h un home pasar [v] 

Ni se avetz ausit degun home parlar 
Del fîlh de Dieu, cosi es mort 3oi5 

A gran pecat he a grau tort } 
Quar no lo trobam pas al.monumen 
On lo mero sos parens ; 
Per que vos pregui humialmen 
Se l'avest vist ni conogut 3o2o 

Aquel que lo monde a resemiit } 
ff JHESUS. Maria, so que anatz queren 

Avetz trobat tost he breumen; 
Quar de bon cor me avetz serquat, 
Cresatz que vos me avetz trobat; 3o25 

Quar enaisi se troba perscrich 
He fouc per los prophetas dich 
Que Dieu per son poble moria 
He lo ters jorn el s*apareria 
Dedins hun ort, prop de hun cami, 3o3o 

Lo jorn de Pasquas, de bon mati, 
En manieyra de hun ortola 
Que en son ort tôt sol estaria. 
Maria, donquas no vos ploretz, 
Trobat avetz so que querefz. 3o35 

Maria, he per que doptatz? 
Ieu soy Jhesus que demandatz 
He sqy de mort resucitat ; 
Cresetz ho be per veritat. 
m. 8 



114 MYSTÈRES PROVENÇAUX* 

Ara LA MAQDALENA se aginolhe als p«i 4t Jhesus, he digua : 

Senher, vos etz lo «eu senhor, 3040 

Mon payre he mon creator ; 

Senher, vof etz Dieu veramen 

Queavetz suffertat mort he turmeii, 

Benesecte siatz he lausat 

Quant a mi vos etz demostrat. 3o45 

Am U Mnçdalena Tuelha baisar los pet a Jhesu Crist he el loi fugîs- 

({ua, he.digiia JHESUS : 

Maria, no vos aprochetz de mi 

He pausatz vos hun pauc aqui. 

Vos faretz so que ieu vos dirîey, 

He escotatz-be so que vos comandartey. 

Ara la Ma^dalena dttz a Jhesus seguen lo per Tort he no lo puesqua 
to<{uar^ he digua LA MAODALENA : 

Lo meu Dieu, se a vos platz, 3o5o 

Près de vos me aprochariey 

Quar autra causa tant no desiri 

Coma fau vos de mas mas tenir; 

Per que vos pregui, lo meu senhor, 

Que me laisetz de vos aprochar 3o35 

He que ieu vos puesqua toquar 

Quar se h j faytz sertanamen 

Tostemps sera mon cor arden^ 

Quar poyriey dire per veritat [^ 4» r^J 

Que Dieu iey vist he lo iey toquât. 3o6o 

Ara la Magdalena lo vuelha toquar he JHESUS la rcbotc an la ma he 
li done sus lo fron en disen : 

Maria, vos no me toquaretz, 

Mas so que ieu diriey vos faretz : 

Als apostols vos von tornaretz 

He a la mia niayre me recomandaretz, 

He ly diguatz que vos avetz son filh trobat 5o65 

He avetz amb el veramen parlât; 

A totz ensemps faytz lor coma[n]damen 



LA RËSURRBCTION. Il5 

Que totz s*ei\ ano ben coreii 

En Galilea la cieutat, 

He anb aitan tornatz vos en 3070 

Tôt prest he alegramen. 

Ara la Magdalena s*en ane a Kostra Dama ht Jkesus s'en tome en 
Paradi, he digua LA MAGDALENA quant 5*tn ira per lo scadafal : 

Ay I Dîeus, tant gran gauch m'es avengut, 
Quar Dieu in*a fâcha tala vertu t 
Que a mi el es aparegut 

Aquel que es del monde veraia salut» SoyS 

Dif^a may quant s*en va : 

Ara m*en vau tôt coren 
Dire a Maria tôt alegramen 
He als apostols aytan be 
Que resucitat es veramen. 

Item digua quant sera datant Nostra Dama : 

Maria dana, Dieu vos sal. 3o8o 

Per Dieu vos pregui no vos donetznegun Tmal], 

Quar ieu iey trobat tôt per engual 

Lo rey del cel spiritual. 
w} NOSTRA DAMA. Maria, vos siatz ben venguda 

Quar tant bonas noveias me aportatz. 3o85 

Ieu soy sertas fort engausida, 

Diguatz me ho may, se a vos platz. 
wj LA MAQDALENA. Gloriosa mayre de Dieu, 

Dona, cresetz so que die ieu : 

Resucitat es lo iiih de Dieu 3090 

Que avian mort los fais Juzieus. 
1^ SANT PEYREa la Magdalena. Maria dana, se a vos platz, 

So que avetz vist nos contatz, 

Quar nos hem totz desconortatz 

Se vos, dana, no nos confortatz. 3095 

wf LA MAODALENA. Senhor, augatz he escotatz 

He de re no vos enbaisquatz 

Quar ieu vos diriey so que demaudatz. (▼'! 



Il6 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Aras mot be me escotatz : 

Quant ieu m'en anava en gran desconort 3ioo 
He me plorava sertas mot fort, 
Ieu vegui estar dedins hun ort 
Âquel que los Jusieus avian mort. 
Ieu me pensiey que ortola fos 
Dema[n]diey Vin ntot pîetos 3io3 

He ei no me respondet mot; 
Mas me va dire que « No vos 
(^ual plus plorar 

Quar ieu soy aquei que demaCn]datz » 
He me a dich que als apostols m*en tornes 3i i<i 
tf He a totz me recomandaretz, 
Quar ieu soy veramen resucitat 
He en Gualilea me atrobaran 
He aquî resucitat me veyran. » 
Per que ieu vos doni bon coselh 3i i3 

Que rotz ensemps anem as el. 
i^ SANT JQHAN. Maria, sertas nos vos segrem 
He totz ensemps as ei anarem 
He aquî anb el demorarem 
He jamais d*el no partirem. 3 120 



l.O VIA riîK DE KMAUS*.] 



Ara la Magdnlena demore aquî he Barnabas he Cleoffas se lero he 
s'en a no en Enaus, he digua BARNABAS en caminan a Cleofas : 

Ay 1 Dieu, lasetz ! nos que farem 
Ni quai cosselb penre poyrem } 
Tant gran mal nos es avengut 

* Ce titre a été écrit en marge par une autre main ; il ne se trouve pas dan^ li 
table des f«* 29-30. Il se trouve en revanche dans celle du f*> 35. 



LA RÉSURRECTION II7 

Del bon seilhor que avem perdut. 

Perdiit avem nostre coiiort, 3i23 

Nostre solas, nostre desport; 

May val que nos laysem morir 

Que no fa tant gran dol suffrir. 
1^' CLEOFAS. Conpanh, be avem gran raso 

Que planguam nostre senhor. 3i3o 

He per Dieu be devem plorar 

He plange fort he sospîrar, 

Quar jamay no aurem patz 

He per el hem for mal uratz. 

Las! be devem aver dolors 3i35 

Quant nos membra de las desonors 

De las vilanîas que près a tort, 

Quant sus la crotz suffric mort. 

Sabetz, companh, que me iey pensât ^ 

Que huey deu esser resucltat 3140 

Quar aiso nos die he nos promes 

Hen davan que fos batut ni près. [f°43 r»] 

vj BARNABAS. Conpanh, conpanh, parleni bas, 

Quar veramen no sabem pas 

Se degus 110 escotaria; 3145 

Quar tôt jorn per los camis 

Demoro gran cop de quoquis, 

He hora no los ve pas bonamen. 
fj CLEOFAS. Anem donquas tôt belamen 

He parlem tôt graciosamen, 3i5o 

Quar sertas entrambidos 

Avem gran cop de envegos, 

He ayso per tal de nostre niaestre. 
Ara JHESUS venc darier elses ;i manieyra de hun pelegri he ditz lor : 

Augatz, senhors, per que parla tz 

Ni per que tant tristes aiiatz? 3i55 

3ia9& 3i39. Ms. couphan. 



||8 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Diguatz me ho, se vos play^ mos amicz, 

Par quai raso etz tant enbaîtz? 
ly CLEOFAS. Amie, cosi parlatz vos enaisi } 

Quar vos senblatz pelegri . 

Cosi podetz demandar nos que disem ? 3i6o 

He ge venetz de Jherusalem, 

He pueys que de Jherusalem etz vengut 

Que es la causa que no agatz saubut 

So que en aquestz dias han fach 

He g'es per tôt lo mon retrach } 3i65 

^ JHESUS, Diguatz me, se Dieu vos ajut, 

Aniicz, que es endevengut^ 
1^ BARNABAS he no fasa se[n]blan de lo conoyse ; 

Aras, diguatz, se vos ajut Dieu, 

No sabetz de Jhesus de Nazareu 

Que forec home tant poderos 3170 

Tant fort he tant glorios 

Que han los Juzieus a mort lieurat 

He lo an en la crotz pogat^ 

Pausa. 

Mas aras son très jorns pasatz 
He huey deu esser resucitat. 3175 

Aras nos hem en marimen gran 
Quar nostras danas dich nos an 
Que so estadas al monumen 
He nos han contât verayamen 
Que no i an pas lo cors trobat 3 180 

Mas io susari hon forec envolopat, 
He an nos dich per veritat 
Que dos anglais hi an trobatz 
Que lor an dich alegramen [v«] 

Que resucitat es veramen. 3i85 

1)1 JHESUS. Ho foisi ho fols ! en que doptatz^ 
Be fola gen me senblatz. 



LA RESURRECTION IIÇ 

Cosi se pot far que no cresetz 

So que en scrich trobat avetz? 

He vos autres no avetz ausit dire 3 190 

Que enaysi ho quaiia complir 

Tôt so que era prophetizat 

Del fîlh de Dieu he prediquat? 
ly CLEOFAS he lo coirîde tn^isen : Be dîsetz, senher, ben agatz, 

Veritat senbla que diguatz. SigS 

Aras, pueys que etz ah nos vengut, 

Demoraretz aquesta nuech. 
vj IHESUS. Sertas, seuhors, no fariey 

Que inquar plus luenh iriey. 
ql BARNABAS. Veramen, senher, no faretz ges 32oo 

Quar henuech an nos staretz. 

He on voletz enuech may anar^ 

Quar el es hora de sopar. 

Ara sian daTa[n]t huna ostalaria, he digua CLEOFAS : 

Ho la! ho la! l*oste, ont etz^ 
ij L'OSTE. He quai etz vos ni que queretz? 32o5 

vf BARNABAS. He a say re, senher, per sopar? 
1^ L'OSTE. He, Messenhors, he que quai tant crîdar? 

Quar el say a pro veramen, 

He no sabi sertas pas 

Se porta tz guayre d'argent, 33 10 

Tant mal me portatz bona rauba. 
1^ CLEOFAS. Senhqr oste, ieu vos die san fauta 

Que nos venem de Jherusalem. 

He'per lo cami trobat avem 

Âquest paubre pelegri 32i5 

He lo avem amenât aisi 

He H avem dich que demores an nos, 

3194. Ms. agatj. — 3204. Dans ce passage on a changé la rédaction de quel- 
ques vers. Après 3204 on a raturé les suivants : A say re per Mpar. — ^ l'Oste. 
Quai» etx vos ni que demandât^ ? — f^ Barnabas. Sos hem, senher, sertas ro- 
mieua — 3207-18. Ces vers se trouvent au recto d'un petit feuillet qui porte le 

n» 44- 



u 



120 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Mas, senher oste, que plasa a vos. 
1^ L'OSTE. Venetz avan, seiihors romieus, 

He alofgafz en nom de Dieu j<22 

Quar no poyretz per sant Mathieu 
Trobar melhor hostal que lo ineu. 

Ara diga L*0STESA : 

SenHors rointeus he pelegris, 

Aysî a bon pa he bon vî 

He de bon cor vos servirem. 3225 

Aras meto la taula he porto de pa he de vï — lo pa toc entier 
masque sia trinquât de par(t) de sots en quatre pessas — • ht se meto 
a taula, he diga CLEOFAS a Jhesus : 

Veramen, senher, mot nos sab bo; 

No plangem pas la mesio 

Quar bon home senbla que siatz, 

Per que nos tenem per honoratz. 

Aras donquas, se vos platz, mangem 32:>o 

He pueysas may parlarem* 

Aras Jhesus fasa la beneditio he pre[n]gua lo pa he lo trinque San 
cotelen .1111. pessis, he pueys ditzJHESUS : [f^ 4S r»] 

Senher, nos te devem lausar. 

Benesetz nos aquest mafnjgar. 

Ara lo conogro al triuquar del pa, he ditz BARNABAS . 

Senher, vos etz lo meu senhor, 

Nostra salut he nostra honor. 3235 

Ay ! senher, benesecte siatz ! 

Vertat es que vos etz resucitat. 

Ara Jhesus s*en a ne, he CLEOFAS digua en cridan he Toste he 
Tostesa esCoto : 

Ay lasetz! he tant mal nos es près 

Quant en aysi anat s*en es, 

He Dieus! he quant lo reguardavem 3240 

Cosî nos no lo conoisiam? 



3218. D'abord, que v. pi. Ici, un vers raturé. — 3219. romieut est barré. — 
3325. Ce vers ajouté en marge remplace le suivant qui est rtturé : He servir rot 
anem de bon cor. — 3as8. D'abord, bons homes senbla t^. 



LA KÉSURRECTION 121 

Companh, se vos platz, pensem d*anar 
He aiiem lo tôt recontar 
Âls disypols que so en Jhenisalem 
He direiïi lor que vist ravem. 3245 

Aras ▼cnguo l'oste he Tostesa he digua L*OSTE : 

Tho ! romieus, he que crîdatz? 

Diguatz nos ho, se vos platz, 

Avetz ponch débat de Tescot ? 
1^ LA MOLJIER. Non pas, senher, mas que an mort 

Lo romieu que anava anb els, 325o 

Quar vos vesetz que no so pas ensemps 

He cresi que lo an sostarat, 
ri L'OSTE. He sus ! que lo dyable i aga part ! 

Quar be me o emagenava 

Quar ja mays senblan gorinalha 3235 

No van sertas que de nuechz. 

He per so diguatz hont i*avetz. 

Ho autramem ieu vau a la justîcia. 
1^ BARNABAS. He senher hoste, se vos platz, 

Escotatz nos hun pauc per amor de Dieu. 3260 

Quar sertas tôt nostre débat 

Hera, senher, del romieu; 

Quar so es, senher, lo fîlh de Dieu 

Que an mes a mort los Juzieus 

En Jherusalem davant ier. 3265 

He per so nos Tavem, senher, conogut 

Quant a taula es estât vengut, 

Quar el ha près lo pa en sa ma 

He sans cotel lo ha trinquât. 

He de ayso, senher, nos hem sertas 3270 

Quar ho avem vist cosi ho a fach ; Iv] 

Quar quant el era de mest nos 



3153. Senblan, a été ajouté après coup. — 3264. D'abord, Q. avian m. a m. l. 
fais Juzieus. 



122 MYSTÈaSS FBOVSVÇAUX. 

So ero totas sas faysos 

De benesîr enaquî lo pa. 

He sertas el s'en es fugit 3275 

He despueys no Tavem vist. 

Fie per so, senher^ donatz nos comjatz 

Quar en Jherusalem voleni anar. 
1^ L'OSTE. Horsa, mesenhors, el quai contar. 

Vegam se avetz de que paguar. 3280 

i^ L'OSTESA. Senhe mage, el no quai pas demandar 

Argen an aquels que porto avol rauba» 

Quar ieu vos dîc san neguna fauta 

Que a tant pauc veramen 

No n'auriam ponch, 3285 

Quar els no an pas besonh, 

Senhe mage, de mal îvern 

He laîsem los anar hon que se vuelho. 
i^ CLEOFAS. Senher oste, no nos demandetz 

Ponch d'argen, quar no n*avem ges 3290 

Quar be vos die veramen 

Que sertas no n*avem ponch. 
1^ L'OSTE. Anatz, senhors, en nom de Dieu, 

He recomandatz me al fiih de Dieu 

He diguatz li me que per sa sancta pietat 3295 

Me perdone totz mos pecatz. 

Ara sVn ano en Jherusalem, lie quant seran davant els dtgua 
CLEOFAS : 

Senhors, escotatz nos, se vos platz. 

Nostre maestrè es resucitat 

Quar nos lo troben huey mati 

Que nos aparec sus lo cami. 33oo 

He quant forem a l'ostalaria vengutz, 

El près am nos tôt son conduch ; 

He conogrem lo al senhar 

3383. D'abord, a gfen. ^ 3287. D'abord, de m. i, s. m. 



LA RÉSURRECTION 123 

Quant forec temps de natnjgar* 

He quant nos lo reconogrem 33o3 

De Costa el mètre nos volguem. 
Aquî meteys el s*e\\ anet 
He no sabem ont se tiret. 

Aras JHESUS yengua quant se seran atetiatz am los habiu sacer- 
dotals he digua : 

Mos amicz, patz sia am vos ! 
No slatz pas huey may paurugos, 33io 

No doptetz ni no temisquatz, 
Quar ieu soy Dieu resucitat, 
He peraiso que no doptetz 
Avetz re que mangetz ? 
wj Peyre. Senher, sertas ieu vos die 33 1 3 

Que nos avem de peyso rostit, 
He a taula vos metretz 
He de so que nos avetz donat 
Mangaretz, senhor, se vos platz. 

Aras se meto a taula he porto de peyso rostit he pa he yi he mange 
Jhesus e totz los autres, he digua SANT PEYRE quant auran 
mangat : [f»46 r»] 

Senhor, benesecte siatz 332o 

Quar tant be nos alegratz, 
Ges no serem iratz ni tristz 
Pueys, senher, que vos avem vist. 
^ .HESUS. Apostols, ieu vos dlriey que faretz : 

Per lo mon vos autres von iretz 3325 

He per tôt von iretz predican, 

Per que las gens se saivaran. 

Mon poder vos doni sus aisi 

Que tôt quant faretz en nom de mi 

Sera complit he acabat 333o 

De tota vostfa volontat. 

33oS. Ce vers a été ajouté en marge à la place de : He de pueys tertas no lo 
vegrem. qui est rature. — 33i8. D'abord d. «. q. Dieu nos a d, mangaret\. -^ 
3319. Ajouté eo marge. 



124 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Aras Jhesus s^en a ne he ▼e[n]^ua Thomas he digua SANT ANDRIEL7 : 

Amie Thomas, hon as estât? 
Que Dieu es a nos demostrat 
He sapîas que nos aveni vist 
Nostre senhor Dieu, Jhesu Crist. 3335 

1^ Thomas. Mos conpanhs, ieu vos diriey, 
Ni veraraen no creyriey 
Ni home no sera cresut 
Per mi entro que ieu aga tengut 
Las mias mas en son costat, 3340 

Enaisi coma forec clavelat, 
Ni entro que ieu aga mes mon det 
Ai trauc dei costat drech 
No creyriey per veritat 
Que Dieu sia resucitat. 3343 

Ara rengua JHESUS, he digua a Thomas : 

Thomas, Thomas, bayla me 
Las tuas mas. 

Batle Thomas las mas a Jhesus he Tfiomas li reguarde las m«js he los 
pes he li meta la ma en son costat, he digua JHESUS : 

Amicz, Dieu vos sa! trastotz 
He tostemps agatz bona patz! 
Auga, Thomas, lo meu amie, 335o 

Scota be so que ieu te die : 
Bayla la tua ma he te mostrariey 
Las grans nafras que presas iey, 
He reguarda mas mas he mos pes 
He erey que ieu soy Dieu vertadier; 3355 

He reguarda cosi so totz trinquatz 
He erey que ieu soy resueitat, 
Negun temps no vuelhas duptar. 
Amie, del meu resucitar. 
f( THOMAS. Senher meu, fort soydesastrat Ivl 336o 

3336. Ms. conphans. 



LA RÉSURRECTION 125 

Quant de vos iey tant doptat. 
Mas, mon senher, aras cresi ieu 
Que vos etz veray filh de Dieu. 
Vos etz mon Dieu he mou senhor, 
Perdouatz me, senher, la mia eror 3365 

He ma folor he mon pecat, 
Quant iey en vos tant fort doptat; 
De tôt, se vos platz, me donatz perdo 
He pueys donatz me salvatio. 
vf JHESUS. Thomas, ieu te perdoni ta eror 3370 

He ton pecat he ta folor, 
Mas quant me as vist he m'as tengut 
No te deu esser per grat tengut; 
He te die sertanamen 

Que aquels seran ben huratz 3375 

Que carnalamen no meveyran 
He de cor ferm en roi creiran : 
En la fy ieu ior donariey repaus. 



JOSEPH D'ARIMATHIE 



Après que la Resurcccio sera fâcha, ven^ua Melchisedec, Aymo, 
Lamec, Zorobabel, Salatiel, Abiathar he d'autres Juxieus he s'en 
ano en la Sinagogua. Dedins la Sinngoga ss devo trobar Caiphas, 
Annas he Abderon, he digua MELCHISEDEC quant totx seran 
asetiatz : [f* 47 r«] 

Messenhorfs], el i a de novelas 

Que no so bonas ni bêlas 338o 

Las qualas ieu vos contariey 

He en re no hi falhirtey. 

Las qualas sertas so aquestas : 

Quant lo fais propheta 

Es estât mes en crotz, 3385 

Âquest Joseph d'Ârimattha 

An Nicodemus, son companho, 

So estatz sî presumptuoses, 

Sans conselh démandar a nos, 

Que an davalat aquel truan 3390 

Sertanamen de la crotz. 

L'an desclavelat he davalat 

He en hun tonbel lo han fiquat. 

He pueys H an fachagran honor 

Per far a nos gran desonor. 3395 

Tôt aîso an vist veramen 

Gran cop de nostra gen; 

Per que el hy quai remedi donar, 

He die que los quai trametre serquar 



JOSEPH D*ARIMATHIE. 



127 



Per I08 vostres servtdors 3400 

Que los meno entranbidos, 

He pueys que hom vega encontinen 

Que se deu far d'aquesta geii ; 

Quar se hom sertas no los punis 

Hels faraii mal per tôt lo pais. 34o3 

He per so sertas die ieu 

Que, se hom los laisa sans punitio, 

Els metran en gran abusîeu 

Sertas tota la nostra ley. 
wf CAYPHAS. Messenhors, ieu die veramen 3410 

Que los aiioserquar eneontinen 

Per saber la veritat 

Ni eosi a haiso tôt aiiat. 

He per so vos die ieu mon vegayre : 

Que nos no hi devem plus ponhar 3415 

Que nos no los trametam serquar, 

Ho autramen nos ausaria desplayre 

Per so que gran eop de nostra gen 

Ho ereso fermamen 

Que el es sertas resueitat, 3420 

He per so metam ho tôt en effiech. 
wj ANNAS. Messenhors, al may hi ponham, 

Al may fam sertas de nostre dan ; 

Quar be vos die de serta [v*| 

Que, quant huna causa es tenra, 3435 

El la fa bon pleguar. 

He per so vulham hy avisar ; 

Que davant que sia publiquat, 

Que hom la vuelha estirpar 

He que hy trametam encontinen 3430 

Nostre prebost an tota sa gen 

Que los ano serquar totz dos 

He los ameno per davant nos. 
1^ AYMO. Abderon, die ieu que vos hy devetz anar, 



128 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

He hy devetz anar sans plus ponhar. 3433 

Preiidetz vostres servidors 
He los menatz totz dos. 
i^ ABDERON. Messenhors, ieu soy prest veranien 
De hy atiar encontiiieii 

Pueys que a la senhoria platz. ?44o 

He vau serquar tota ma gen 
Que prenguo sans plus ponhar 
Lors arneses encontinen. 

Ara s*en ane Abderrn serquar los tetis scnridors que ano serquar 
Joseph he Nicodemus per los menar a la Sinaguoga dayant la 
senhoria, he digua ABDERON n sos servidos : 

Companhos, el vos quai anar 
Peure Joseph he lo menar -^443 

He Ntcodemus, son companho, 
Per davant la senhoria. 
Ânatz vos prestamen armar 
He en aîso no vulhatz pas ponhar 
Que no hy anetz prestamen 345o 

He que los amenetz encontinen, 
Vesentre de tota gen, 
He davant la senhoria, 
Los quais so en la Sinaguogua. 
He liatz los estrechamen he fort, 3435 

An de cordas fort grosas, 
Que no vos puesquo ponch escapar. 
1^ BARISAUT. Mossenhor, nos hy anam encontinen 
He farem tôt vostre mandamen. 
He may may que no nos comandatz, 3460 

Quar so es nostre desport 
De menar la gen, sia drech ho tort, 
He de lor fayre tôt jorn desplaser. 
He per so totz de hun voler 
Los vos anam sertas serquar, 3465 



JOSEPH d'ARIMATHIE. 1 29 

Aras ano serquar los sargnns Jossph hc Kicodemui he porto cordas 
per los siaqiiar, lie digua PICAAUSEL davant que los estaquo : 

Dieu VOS guart, Messenhors, totz dos 

He ge me senblatz totz cosiros. 

Venetz, venetz, que nos vos revelharem. (f-48 r« 

Au d*aquestas cordas vos staquarem 

Affy sertas que no nos escapeCz. 3470 

Digua OLIFFAR : 

He sus, de part lo dyabie ! levatz vos ; 
Quar nos vos estaquarem totz dos 
Coma sertas se voliatz laurar. 
He ge me senblatz tant ypocritas 
Mas nos vos liarem las esquinas 3475 

Que la ronha no vos prusira de brieu. 
£>igiia TALHAFER : 

To! Joseph he vos Nicodemus, 

He ge faytz tant del presios, 

Sus, de part lo diable ! levatz vos, 

He no hy viilhatz plus ponhar, 3480 

Quar sertas nos von volem menar 

Per davant tota la senhorla ; 

He aqui ausîretz sertas parlar 

De vostra malvada vida 

Que avetz sertas tôt jorn tenguda, 3485 

Ara losstnquo he los meno totz estaquatz a Abderon he la tro[m]peta 
deii trompar per lo cami he deu pueys dire — Qui aital fara, aital 
pcnra^"^ he digua BARISAUT, quant sera davant Abderon : 

Maestre, los prisonies vos amenam 
He vet los vos aisi totz estaquatz, 
He los avem sertas pasatz 
Per davant trastot lo poble 

Affy que case un h y prengua exemple. 3490 

Digua ABDERON als seryidors : 

Conpanhos, menatz los a la Sinaguogua 
Per davant tota la senhoria. 
III. 9 



j3o mystères provençaux. 

Arai los- meno a la Sinaguoga totc estaquatx, he digua ABUERON, 
quant sera davant tota la tcnhoria : 

Tresque redoptabla senhoria, 

Aisi avetz los prisonies 

Que me aviatz mandat serquar, 3495 

Los quais menam par davant vos autres 

He faytz ne so que vos playra. 

Aras digua CAYPHAS a Joseph he a Nicodcmui : 

Joseph de Arimathia, 

He vos Nicodemus aytan be, 

Nos vos avem trameses serquar 35oo 

Per so que vos han reprCoJchat 

Que aquest Jhesus encantayre 

Avetz sertas desclavelat, 

He Tavetz davalat de la crotz 

Sertas sans congiet de nos. 35o5 

De que avetz mal fach 

He von penra sertas mot mal 

Se enaisi vos autres ho avetz fach. 

He nos han donat entendre 

Que en lo vostre tonbel, 35io 

Lo quai avîatz fach tant bel, 

Vos l'avetz sertas mes; 

De que von penra mal [▼•] 

Se enaisi vos ho avetz fach ; 

Quar aiso séria gran mespres 35 1 5 

De tota nostra ley, 

He ne auriam reprochy gran 

Per d aisi en avân, 

Se en vostre sépulcre 

Aviatz mes aquest truan. 352o 



3497. D'abord q. volret\. — 33o5. D'abord nosire congiet. — 35ii. Vers ajouié 
postérieurement. ~ 3517. D'abord g. r. — 3520. D'abord malvat truan. Après 
ce vers on a barré celui-ci : He per to avisat\ vos cosi vos reipondret\, que l'on 
retrouve un peu plus bas refait différemment. 



JOSEPH D'ARIMATHIE. l3t 

Quar, se aiso es verfat 
So que desus vos meto. 
Vos autres voa repenti retz 
He ne faretz enmenda 

De cors he may de bes. 3525 

He per so, Joseph, avisatz vos 
Cosi vos respondretz 
De so que dich vos ley, 
Ni may cosi parlaretz, 

Quar trastotz per ensenble 353o 

Nos serras vos escotarem. 
1^ JOSEPH. Senhors, îeu vos resp[o]ndriey 
De so que me avetz dich, 
He veritat vos diriey 

Sans ja may vos mentir ; 3535 

Quar be vos die que meso[nJga no val guayre 
Ni se pot sertas mantener 
Quar a l'endarier se troba 
Tota la veritat 

Quant ve a temps a venir. 3540 

Messenhors, el es vertat 
Que ieu he Nicodemus 
L'avem desclavelat 
He davalat l'avem en terra 

He nos l'avem sosterat 3545 

Dedins lo meu tonbel. 
Aqui l'avem fiquat 
Sertas an lo congief 
De nostre maestre Pilât ; 

He nos ha dich veramen 355o 

Que per tal del sabat 
D'aqui lo dostesem, 
De-que ho avem sertas fach. 

3340. Vers ajoute après coup. 



l32 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

1^ ANNAS. Jcseph, Joseph, vos parlatz 

Sertas trop otragosamen, 3555 

De que vos en penra 

Sertas trop malamen. 

Quar sans nostre congiet 

Vos Tavetz davalat 

Aquel malvat truan, 356o 

De que avetz mal fach, 

Quar no era que hun encantaire 

He convertia tota nostra ley 

He a donat as entendre, 

Que el hera Dieu veramen. 3565 

1^ JOSEPH. Senhors, a Pilât s'aperte [f- 40 H 

Sertas de lo baylar 

He de lo far despendre 

Quant as el ly plaira, 

Quar el ho deu fayre 3570 

Pueys que lo a fach pengar. 

leu iey fach son mandamen 

Pueys que lo me a donat 

Quar cresi que es saut home 

He I er so îeu ho iey fach. 3575 

Mas vos autres etz mala gen 

He avetz sertas mal fach 

De fayre tant de mal ; 

De que mal vos en venra. 
1^ AYMO. Joseph, nos te farem morir, 358o 

Sapias, de mala mort, 

Per so que lo as sebelit, 

Aquest malvat truan, 

Que no era que hun endemoniat 

He avia lo diable al cors. 3585 

Per so te pend rem en las forquas 

35S7. D'abord te m, l. v. 



JOSEPH D*ARIMATHIE. l33 

Afy que los ausels las ventralhas te mango. 
%^ JOSEPH. MesenhorSy vos faretz de mi 

So que vos playra, 

Mas verameii be vos die 3590 

Que hom s'en repentira ; 

Qiiar ieu li ey ausit dire 

Motas de vetz he predicar : 

Qui no creyra fermamen en el 

Sertas el dapnat sera. 3595 

1^ MELCHISEDEC. Ho ! malvat fruan, flatayre, 

El te quai far morir, 

Quar se hom te ténia guayre, 

Tu ausarias convertir 

An tas bêlas paraulas 36oo 

Sertas tota la gen 

He ausarias far gran mal 

Contra tota nostra ley. 

He per so soy ieu sertas de upinieu 

Que hom lo deu far morir 36o5 

He mètre lo en lo priou 

Sans mangar ni san heure 

Ni sans neguna dardât veyre. 
1^ LAMEC. Joseph, sabes que nos fa rem de tu ? 

Sertas a totz los cas 36 10 

Mangar te fa rem, 

Per so que tôt jorn fas 

Contra la nostra ley. 

Tu voles estre vist [v] 

Per ta gran santetat, 36i5 

Mas be te die veramen 

Que tu hy seras bratat. 

He per so que tôt jorn mantenes 

La tua gran malvestat, 

36o6. Conr. la prison? ^ JSgS. D'abord s. d. s. eternalmen. 



l34 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Die ieu que deu mori 3620 

He deu astre lapidât, 
1^ ABIATHAR. Joseph, tu ies de Galilea nat 

He as segut aquest eiiquaCnJtaire, 

De que te die, per veritat, 

Que tôt no te valra guayre 3635 

Quar tu ies un gran bratayre 

Quar ieu ho sabi de lonc temps. 

He desias, no ha pas guaire, 

Que ei era Dieu homnipoten. 

He per so die ieu veranien 363o 

Que el deu sertas mori, 

Per so que tant falsamen 

A davant totses mentit. 
vj ZOROBABEL. Messenhors, ieu die veramen 

Que el deu mori eneontinen^ 3635 

Quar tôt jorn lo ha segut 

He lo poble ha desaubut 

He lor ha fach entendre 

Que sertas aquest encantaire 

Hera fîlh sertas de Dieu. 3640 

He per so conelusi ieu 

Que el deu sertas mori. 
^1 SALATIEL. Joseph, tu ieys malvat garso. 

Quant tôt jorn nos acusavem 

Aquest malvat garso truan, 3645 

He en coselh he en autra part. 

Tôt jorn l'anavas rasonan. 

Quar, quant nos H metiam davant 

Totas sas eneantarias, 

Pervertîas tôt lo eoselh 365o 

Per tas grandas ilatarias. 

He per so conelusi ieu, 

3643. Ms. nalvat. 



JOSEPH d'arimathie. i35 

Quant no se vol converti, 

Que el deu penre sertas mort greu 

Dava[n]t que sia dimege mati. 3655 

w} CAYPHAS. Joseph, tu as ausit 

D'aquest poble que te ha dich. 

He per so te die ieu 

Se te vos convertir? 

Ho autramen sertas nos te farem mori. 366o 

w} JOSEPH. Messenhors, ieu vos diriey 

Que en la ley de Jhesu Crist vieuriey [f» 5o p] 

Tant quant en aquest monde demorariey, 

Quar la ley es bona he veraia. 

Mas que el hi a de malvada mainada 3665 

Que no la volo ponch creire 

He a la fy s^en ausarian repenedre. 

He vos autres, Messenhors, espesialmen 

Que deuriatz converti tota la gen 

Que so sertas en la Sinaguoga; 3670 

Quar a vos autres se aperte de ho ffa. 

He se ho faictz, be ho faretz, 

He ja mais no von repenedretz. 
vÇ ANNAS. Messenhors. sertas ieu vos diriey : 

Âl may aquest truan esta davant nos, 3675 

Al may ditz de sas desonors. 

He per so die ieu veramen 

Que el deu estre mes encontineii 

Dediiis huna priso escura 

Que no vega solhelh ni luna. 368o 

I^ CAYPHAS en parla n a Abderon : 

Âbderon, nos vos bailam la comessio, 

£ que la metatz en exsequssio 

He que lo menetz prestamen 

An tota vostra gen 

3663. D*abord T. q. demore e.a, m. 



l36 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Dedins la priso escura, 3683 

Per so que no presa huii boto 

Tota la nostra ley. 

He fermatz fort la priso 

Que no puesqua salhir; 

Quar (lavant que sia lo sabat 3690 

Nos lo farem sertas mori. 

Enferiatz lo nie fort 

He metetz lo als septz, 

Faytz que sia ben estaquat 

Que no escape ges ; 3695 

He tenetzaquestz sagels 

En que sageletz 

Las saralhas de la priso 

Quant dedins sera mes. 

Ara lo meno a la priso Abderon he sos sargans he bayle Cayphas 
los sagels [a] Abderon^ he, en lo menan per lo scadafal*^, dig^ua 
PIQUAAUSEL a Joseph : 

Tira, Joseph, tira avan I 3700 

Quar tu seras mes en malan 

Per so que les malvat garso 

• 

Tu intraras en la priso 
En que no veyras dardât neguna 
Ni solhelh ni may la luna. 3705 

Digua OLIFFART a Joseph : 

Joseph, tu les entre nostras mas 

He no sabes pas cosi trepam. [v«] 

No as pas tu vist d'aquel truan. 

Quant el era en nostras mas, 

Cosi lo promenavem nos? 3710 

He no hy dévias pas tu penre exemple ? 



* he bayle C. l. t. A., ajouté en marge. 

** Après le mot tcada/al on trouve d'une main différente les noms des gardes : 
Barhsaut, C liffart, Thalhafer^ Malcut, Picaautel. 

3696-99. Vers ajoutés en marge. — 3708. Après ce vers on a raturé : Que Dieu 
tejlque en malan/ 



JOSEPH D'ARIMATHIE. 13? 

Oigua TALHAFER a Josepji : 

Joseph, Joseph, tu ies un grau ipocrita, 

Que tôt lo jorii fas del santifficetur 

Eu diseii tôt ioni tas matinas, 

Mas nos te gratarem tant Tesquina SyiS 

Que no te prusira ja mays. 

Aras la meno n la priso. 

Digua ABDERON als sargans quant Tauran menât* dedins la tor : 

Enferiatz lo me fort, 

He metetz lo me als socz, 

He sia ben estaquat 

Que no scape ponch, 3720 

Que quant la senhoria 

Lo nos demandara, 

Que sains nos lo puesquam trobar. 

Aras lo enferio he lo meto als socz lie lo staquo he pueys salisquo dé- 
fera he saro la porta he sagelo la saralha an dos sagels he s'en 
terne Abderon he sos sargans a la Smaguogua, he digua ABDERON : 

Senhors de tresque gran excellensia, 

leu iey fâcha ma comessio 3725 

He veni davant vostras presensias 

Per vos fayre la responsio. 

Pausa. 

Senhors, vertadieyramen 

Dedîns la priso mes Tavem. 

Aqui Tavem enferiat, 3730 

Hoc sertas, he ben estaquat. 

Am grosas cordas veramen 

1/avem liât estrechamen, 

He pueys la saralha sagelada 

Âm totz los dos sagells, 3733 

He vet los vos aisi totz dos :' 

leu los vos baily entre vostras mas, 

♦ D'abord seran au lieu de Va. m. 

3726. Ms prensesid^ — 3729. D'abord : nos l'a. m. ci. la p. (raturé ensuite). 



l38 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

\ras baile Ableron las claus* a Cayphis he Tautra [aj Annas, he 
digua CAYPHAS a Abderon : 

Nostre prebost, Âbderon, vos statz ben veiigut. 

Vos nos faytz grau plaser 

De vôstra comessio 3740 

Quant Tavetz acabada 

He mesa en exequtio. 

Sapiatz sertanamen [f* 5i r*] 

Que nos vos paguarem 

De l'argent de la talha ; 3745 

En re no falhirem. 

He per so sesetz vos hun pauc 

Que nos volem parlar 

A lo senhor Nicodemus : 

Per veser que vol far. 3750 

Ara te asetie Abderon he los sargans demoro defora la Sinaguoga, hc 
digita CAYPHAS a Nicodemus : 

Hor sa, Nicodemus, vulhatz nos escota. 

Pueys que sains etz vengut, 

An vos volem parlar. 

Etz vos ges dels disiplis 

D*aquest malvat truan 3755 

Que ha convertida la gen ? 

Tôt jorn en predican 

Ha semenadas erros; 

Dieu lo meta en mal an ! 

Voletz vos contradire 3760 

En nostra ley que es bona ? 

Ho voletz estre desiple 

D*aquela malvada persona ? 

Se voletz penre jhorn 

Per nos fayre resposta, 3765 

Nos lo vos bailaren. 



* D'ab. los tageU, 

3766. Le V. suivant a été raturé : Per sofajrt^ not retposta. 



JOSEPH D'ARIMATHIE. 189 

q) NICODEMUS. Messenhors, grau meravilhas me doni 

De vos autres que totz enaisi 

Etz tant arditz de intrar 

Eu la siuaguogua ni habitar. 3770 

i^ ANNAS. Fie per que, Nicodemus, ho disetz vos ? 

Quar se vos fosefz satge, 

Nos parlerem miels an vos, 

Mas vos etz hun gran folastre 

He grandamen horguolhos. 3775 

1^ NICODEMUS. Messenhors, ieu vos die en veritat 

Que totses vos autres excumengatz etz 

Per so que avetz fach morir 

Jhesus de Nazareth 

Ha gran pecat he a gran tort. 3.780 

Falsamen Tavetz lleurat a mort^ 

De que gran mal von venra 

He a la 6 tôt lo mou ho conoisera. [mal 

i^ CAYPHAS. Nicodemus, NicoJemus, vos parlatz totjoru 

He cresi que seretz de la upiniou M 3785 

D'aquel malvat truan, 

Sertas de vostre oncle 

De Joseph d'Ârimathia, 

Que Dieu lo meta en mal an. 

He per so, Nicodemus, se vos no vos qualatz, 3790 

Nos vos farem mangar 

Sertas tôt vieu als cas, 

Veseii de tota la gen, 

He per so agatz conselh 

De qualque hun per nos respondre, 3795 

Que nos fasatz resposta en breu, 

Quar sertas autramen 

Nos farem veramen de vos 

Coma far sertas volem 

3770. D*ab. : May $erta% de h. 



I40 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

« 

D'aquel malvat truaii, 38oo 

Joseph d'Ârimathia. 

Aras s*en ane Nicodemus sans dire mot en son seti ke los de la Sina- 
guga s*en ano en lors setis. He JOSEPH digua dedins la tor so que 
se en sec : 

Ho mon Dieu he mon Senhor! 

Que etz dos he de grau amor, 

Vulhatz me, senher, escotar, 

Vos, seiiher, que ajudatz als desolatz 38o5 

En totas lors nesecitatz 

Quant en vos creso fermamen 

De cor veray he de entendemen 

He ja mais, senher, aquels no desemparatz 

An tôt jorn sertas los consolatz, 38io 

He per so d*aquesta preguaria encontinen 

Me vuelhas, senher, escotar. 

Pausa, 

Senher, per ta gran misericordia he pietat 

Me vuelhas, senher, consolar 

He dostar d*aquest loc tenebros; 38i5 

Los quais, senher, los fais Juzieus 

Me hi an sertas, senher, iiquat 

He me an Hat he estaquat 

He fort sertas enferiat 

He me an, senher, mes als socz 3820 

Que me trifnjquo totz los talos. 

Me volo far morir de mala mort 

A gran pecat & a gran tort 

Per so, senher, que vos iey desendut 

De lo crotz he despendut. 

38oi. Après ce vers on a barre* ce qui s.iit : Aras s'en ane Wicndemus sans dire 
mot en son seti, he Melchisedec digua vesentre de toti : 

Messenhors, yulhat\ me escotar 
Huna causa que ieu voly dire, 
Quar et quai lapidar 
Joseph d'Arimathia. 
38o3. D'ab. Que ies tresque... ~ 38 1 5. Corr. aqueiti locs? 



lOSEPH D*ARIMATHIE. I4I 

Pausa. 

Hoy, dana sancta Maria, 

leu vos pregiii que en aquest dia 

Me vulhatz^ dana, consolar !f«* 52 r] 

Enaisi coma consoletz santa Helizabet 

Quant vos visitar la anetz. 383o 

He las! dana, lo vostre filh vulhatz preguar 

Que per lo merit de la sua sancta passio 

D'aquest loc me vuelha gitar. 

He, maire de Dieu, ieu vos pregui 

He de bon cor vos supliqui 3835 

Que per lo guauch de vostre benesecte car fîlh 

Quant lo vos aniey desclavelar 

De la crotz hont l'avian pendut 

Los fais Juzieus he estendut. 

Que me vulhatz gardar, dana, de tôt perilh ; 3840 

Quar sertas los fais Juzieus malvatz 

Me han, dana, jutgat 

Me far mangar als cas tôt vieu. 

Per so vos pregui per mort de Dieu 

He per la vostra sancta pietat 3845 

Que no me vulhatz ponch dese[m]parar 

En aquesta nesecitat. 

Pausa, 

Ho veray Dieu, mon Jhesus, 

Que tôt jorn als vostres ajudatz, 

Âjudatz me, senher, de mantenen 385o 

Quar ieu vesy ben veramen 

Que quant de sains me partiran, 

Morir sertas me faran. 

He las ! mon Dieu, vulhatz me delieurar 

De las mas dels Juzieus 3855 



383o. D'abord : Q. v. l'a. 



142 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Enaisi coma delicuretz Âbraam 

De las mas dels Hebreus 

Quant lo volian far, seiiher, cremar. 

He ai tan be^ seuher, me vulhatz delieur[arj 

Henaisi coma delieuretz son fîlh Izac 386o 

Quant lo ly voliatz far, senher, sacrificar; 

He Davit, lo sant propheta, 

De las mas del gean Golias. 

Senher, ieu vos recomandi mon arma aytant be, 

Que quant partira de mon cors 3865 

La vulhatz, senher, colloquar 

En la vostra sancta gloria. 

Aras intre Jbesus en la tor he la tor se deu levar quant el voira 
intrn, he digua Jhestis quant sera dedins : 

Ho mon liai servido[rJ, 

Aisi es ton Dieu he ton Redemptor, 

Lo quai iey presa passiou SSyo 

Per far tota la redemptio 

Del humanal linatge, 

Lo quai era tôt perdut 

He en infern totdesendut 

En las mas del dyable de infern BSyS 

Lo quai Lucifer an son casern 

Lo avia sertas tôt en son poder. 

He per so te soy ieu vengut veser 

Quant me as tant réclamât. 

Quar qui me reclama de bon cor, 388o 

De bon voler ieu li agudi 

He tôt jorn en mon poder lo teni. M 

Vegas, Joseph, quar ieu soy aquel 

Que ha resemut tôt lo monde 

Per lo sanc que ieu iey perdut per totz 3885 

Sus lo albre de la sancta veray[a] crotz, 

38?9. M s. inulik^ 



JOSEPH D*ARIMATHIE. 148 

He per so que tu ho cresas fermamen 
leu te voly mostrar de presen 
Las plaguas que ieu iey presas. 
Aras Jhesus li mostre lai plaguas, he digua pueys JOSEPH a Jhesus : 

He las! seiiher, ieu cresi fermamen 3890 

Que sertas vos etz aquel 

Que a fâcha la redemptio 

Per tôt lo humanal linatge; 

He per so, senher, vos pregul ieu 

Que per la vostra sancta hu militât SSqS 

Que de mi, senher, agatz pietat. 

Aras Jhesus lo giete fora de la priso he pueys quant sera de fora la 
prtso se tome davalar he Jhesus ne mené Joseph per la ma en 
Galilea, he digun JHESUS quant se n'ira n per lo scadafal à Joseph : 

Joseph, mon espesial amie, 
Ieu voly que anetz d*aisi en avan 
Per lo pais predican 

Sertas la mia sancta passio, 3900 

Hoc, he la veraia resurectio, 
Cosi es estada fâcha, 
Quar ieu vos die sertas sans falha 
Que an aquels que huna hora del jorn 
Devotamen lor remembrara, 3906 

Ja may sertas en infern no intrara[n]. 
Wij JOSEPH de ginolhos davant Jhesus : 

O veray Dieu eternal ! 

Ieu vos redi grasias he merses 

Per £0, senher, que m'avetz esausit. 

Non pas, senher, coma ieu devi, 3910 

Mas enaisi, senher, coma ieu podi ; 

He del gran be, senher, que vos m'avetz fach 

Quar se vos no me ague.setz ajudat, 

Ieu no fora pas escapat 

De las mas dels fais Juzieus traidos. 3915 

He per so, senher, pregui \oS 



144 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Que no me vulhatz poiich, seiiher, desemparar, 

Quar ieu vos prometi sertaiiamen 

Que en la sancta fe catholiqua 

Ieu voly vieure veramen. 3920 

Aras s'en ane Jhesus en Paradis he Cayphas mande :otz los de la Sina- 
guogua que venguo a la Sinaguogua he faso trompar la tromper la 
tro[m]peta que totz venguo, he digua CAYPHAS a la trompeia . 

Tronpeta, vay proclamar 

Per lo scaclafal he cridar 

Que totz aquels que so de coselh 

Que ago venir encontinen 

Dedîns la nostra Sinaguogua [f» î>3 f] SgaS 

Quar alcunas novelas son vengudas. 

1^ LA TRONPETA. Senher, ieu hi vau encontinen 

He fariey vostre mandamen. 

Aras i*tn ane la tro[m]peta tro[m]par per lo scadafal he digua, quant 
aura uo[m]pat très vetz, so que se en sec : 

Ieu fau saber de mandamen 

De Cayphas, nostre prélat, SgSo 

Que totses los del cosolat 

Aguo a venir encontinen 

A la Sinaguogua per tener cosselh : 

Coma so als Fariseus 

He als Juzieus he Seduceus SgSS 

He a totz los capz de la senhoria ; 

Que aguo a venir, cornant que sia, 

Al coselh sertas gênerai, 

Quar que no hy venra 

•C. lieuras el paguara 3940 

A la reparatio de la sinaguogua. 

Aras ve[n]guo totz coma Melchisedec, Aymo, Lamec, Zorobahel, 
Habiathar, Salatiel he gran cop dels autres venguo en la Sina- 
guogri he aqui se deu tpobnr Cayphas he Annas am d'autres he 
digua CAYPHAS quant totz seran asetiatz : 

Messenhors, coma totz sabetz 
De Joseph que es en priso 



JOSEPH D*ARIMATHI£. 146 

£1 no fa lains que cridar 

Quar ieu ho iey ausit cascuti jorn. 3945 

He crida sertas a son Dieu 

Que lo vuelha delieurar 

He de nostras mas lo gitar. 

Be sabetz totzque el es encantayre 

He sertas lo ne ausaria trayre. SgSo 

Per so vulham hy totz avisar 

Quar se el nos scapava 

Gran desonor nos séria 

Se non fasian sertas justicia, 

Tota nostra Iey turbaria; BqSS 

Perso vulham ne justicia far. 
1^ ANNAS. Messenhors, el me apar 

Que justicia ne quai far, 

He que la fasem breumen, 

Quar be vos die veramen 3960 

Que se nos no lan fasiam, 

El nos ausaria venir en gran dan , 

Per so que el es de noble linatge, 

He ausaria aver gran parentatge 

Que lo nos ve[n]rian dostar 3965 

De la priso he delieurar : 

Per so die ieu que ho eoehem 

Per donar exemple a tota la gen. 
1^ MELCHISEDEC. Messenhors, die ieu veramen 

Que el ho quai far encontinen, 3970 

Davant que la her ont sia publiquada, [v] 

Quar be vos die que el i a d*avol mainada 

Que tant tost sertas la ereyrian 

Per so die ieu que lo agam 

He que lo fasam morir. 3975 

^1 AYMO. Messenhors, sertas ieu die 

3071. M s. Plubiquada. 

m. 10 



146 MYSTÈRES pROVEirÇAUX. 

Que el es del pais de Gualilea, 

He no hamo pas gualre nostra ley, 

Quar els lai so tant mala gen, 

He se sabion que aquest truan 3980 

Fos en nostra priso, 

Sertas no lor saubria pas bo ; 

De que die ieu que morisqua. 
^ LAMEC. MessenhorSy ieu vos die de serta 

Que quant aquest fais propheta predicava, BgSS 

Tôt lo jorn aquest truan anb el anava 

He li fasia gran cop de servicîs 

En Galilea he per tôt lo pals , 

He faria tôt jorn, se el escapava, 

He per so metam lo ha mort. 3990 

1^ ZOROBABEL. Messenhors, el deu morir, 

Quar el ha ai tan be convertit 

Son cosi Nicodemus 

He faria de autres se escapa ; 

He per so no hy ponhem plus. ^99^ 

fj SALATIEL. Messenhors, ieu vos dirîey 

He en re no vos mentiriey 

Quar quant davant ier 

Aquel fais propheta predicava 

He tota nostra ley nos blasmava, 4000 

Aquest que es en la priso 

Sertas se resia de nos. 

Vegatz que faria, se escapava 

Ne en Gualillea tornava : 

Faria may de mal que davan. 4005 

Per so conclusivi ieu que deu morir. 
1^ ABIATHAR. Messenhors, el quai avîsar 

Quai jorn deu penre mort 

He que se fasa segretamen 

Quar el hi a bel cop de gen 4010 

Que no volrîan pas que morigues 



JOSEPH U'ARlMATMIÉ. I47 

He per so 110 hy ponhen ges 

Que 110 se fasa tost he prest* 
1^ CAYPH4S. MessenhorS) ei es estât avisât 

Toî son proses he palpât 401 3 

Per totz los messenhors del conselh, 

De que es estât conclus veramen 

Que el deu estre mangàt tôt vieu [f« 34 r*] 

Dels cas sertas dedîns la vila, 

He per so lo 'quai anar quere 4020 

He que sla menât Savant nos 

He ausîra tota sa sentensia. 

He per so, Abderon, de nostra leciensia 

Vos lo nos anaretz serquar, 

He davant totz lo nos faretz menar 4025 

Tôt estaquat coma es en la priso, 

He tenetz las claus he menatz lo 

leu la vos baîly de ma ma. 

Quar be vos die de serta 

Que despueys no ha mangat. 4o3o 

Ara baile Cayphas las claus a Abderon per hubrir la priso, he digua 
ABDERON a totz : 

Messenhors, de vostre congiet 

leu lo vos vau serquar 

He sertas lo vos fariey menar 

Per los servidors meus 

Per davant tota la conpaniha. 4o35 

Aras s*en ane Abderon serquar los servidos que tino serquar lo pri- 
son ier, he digua ABDERON : 

Ânen, servidors, serquar 
Lo prisonier per lo menar 
Per davant la senhoria, 
Quar sertas en aquest dia 

El ausira sa sentencia. 4040 

1^ PiQUAUSEL. Mossenhor, nos hem prestes per y anar 
Quant vos venra per plazer. 



148 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Arat ano serquar lo prison ier Abderon he sos senridos Holiffar, 
Picaausel, BariMut, Thalhafer, Malcus ^ he, quant seran a la 
porta, ubrisqua an las claus Abderon la priso he Joseph s*en sera 
anat he fasa minas Abderon he los serTÎdos que mal lor sap 
quant s*en es anat, he digua ABDERON tôt iradamen per lo 
scadafal : 

Ho ribaut! fais encautaîre ! 

Tôt aiso me hemagena ben ieu 

Que enaisi serras non penria 4043 

Quar trop estava en la priso. 

Ieu sabi que ha usât tôt jorn 

Âquest ribaut de encantaria, 

Quar per tôt lo pays de Judea 

No ha fach sertas autra causa 4060 

Se no que guérir raucz he orbs, 

Endemoniatz, he resucitar los mortz. 

Helas ! se ieu podi espiar ont es 

Ieu lo gardera sertas de core ; 

Quar ieu lo agra be de la ont es. 4o55 

He me costes cors he bes 

He may sertas tôt quant ieu iey ! 

Kesposta m'en vau a la senhoria far [v] 

Que no sera bêla ni honesta 

He hy vau encontinen. 4060 

Quar se ieu no hy anava de mantanen 

Els poyrian dire veramen 

Que ieu saubria al raubator. 

La quala causa sertas no fau 

Quar ieu los iey redudas las claus 4065 

Sertanamen entre lor mas. 

Anem, mos servidors, totz, 

De davan los senhors 

Hedirîey lor que no avem ges atrobat 

Joseph sertas en la priso. 4070 

* Les noms des gardes ont été ajoutés en marge. 



JOSEPH D*ARIMATHIE. I49 

Aras s'en a ne Abderon parlnr an la senhoria en la Sinaguogua, he 
dïgva ÂBDERON : 

Messenhors, meisantamen nos es près, 

Quarsertas Joseph aiiat s'en es 

De l'a priso hont Taviam mes. 

Qualque h un sertas Ta raubat, 

leu no sabî pas quai ho ha fach; 4075 

Se no que ho aga fach aquel encantaire 

Per so que era son disipie restât, 

He cresî que lo ha gitat del loc 

De la hont sertas nos Taviam mes. 

Per so, messenhors, vos autres avisa tz 4080 

Que s'en deu far d'aquest cas 

Que no demore pas sans punisio. 
Bj CAYPHAS tôt iradamen. Messenhors, per ma conclusieu, 

leu die sertas que nos devem far 

Per tota la vila cridar 4o85 

Que se degun lo ha ni lo sap 

Que encontinen lo aga a revelar, 

He aîso an grandas penas, 

Las qualas seran mesas 

Sertas per tota la conpaniha. 4090 

Aîso m'es avist que se deu far 

He per so entre totz vulhatz avisar 

Se séria ben fach que feses enaisy. 

Cascun de vos autres digua son avist. 
^ ANNAS.* Messenhors, pueys que huna causa es fâcha, 4095 

Ela no ha besonh que de reparatio, 

He al may nos hy farîam lonc sermo 

Al may nos enpachariam, 

Quar lo pobie veramen 

Es somogut grandamen 4100 

He s^en ausaria venir gran escandol. 

* D'abord : ^ Mblchisedbc per totz. 



l5o MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Per so, messenhors, entre totz 

Avisem que es de far 

He no hy vulham plus ponhar. 

Bj Melchisedec* Messeilhors, el quai far huna crIUa 4103 

Per tôt lo lonc de la vila 

Eu la manîeyra que es stat dich desus ; 

He que la faso encontinen 

Tost he prest he corea 

A la estansia de nostre prélat Cayphas ; 4110 

He que uare tôt lo cas 

Coma es estât dich desus. 
Digua CAYPHAS al nota ri : 

Notari, escrivetz, enaisi coma sabetz, 

Que se deu far en nostra senhoria 

La crida per tota la vila 41 1 5 

He que no hy aga ponch de fauta. 

He quant sera escricha, anatz an la tronpeta 

Far cridar so que sera dedins escrich. 
ij LO NOTARI. Mossenhor, ieu vau encontinen 

Far vostre mandamen 4120 

He fariey far la crida 

Sertas per tota la vila 

Enaisi coma es acostumat 
ijl CAYPHAS. Ha val hy donc, sans plus ponhar, 

Quar la causa es cochada. 4135 

Aras s*en ane serquarlo norari la tro[n]peta he li digua LO NOTARI 
a la tro[n]peta he totz los de la Sinaguogua demoro dedins troque 
la enquesta de Senturio sera fâcha. 

Tronpeta, anatz serquar 

La tronpa per cridar 

Quar el quai tro[n]par per vila 

So que ieu vos diriey en escrich. 



' D'abord : f^ Annas. 

4109. V. ajouté. — 4134. Ms. lia» 



JOSEPH d'arimathie. i5i 

i^ LA TROMPETA al notari. Notari, la trompeta es aisi 41 3o 

Tota presta per trompar 

Tôt so que roossenhor voira cridar. 

He ho voli far veramen 

Quar el me donarade Targen 

En que ieu ane a la taveriia 41 35 

Beure sertas de bon vi. 

Hanem donquas, notarié quant vos plaira. 

Aras lo notari prengua la cri<la que se en sec he fasa trompar per lo 
escadafal très Tetz, he digua en auta Totz la tronpeta : 

Augatz que vos fam a saber 

De part nostre prélat Cayphas 

A tota persona, de quinh hestat 4140 

He condisio que sia, 

Que sapia novelas de Joseph d'Arimathia 

Que encontinen he sans delay 

Âga a revelar a la senhoria; 

He aiso sus la pena de sent marcz d'argent 4145 

He de perdre cors he bes 

He de estre sertas mes 

Encontinen en la priso. 

He per so se i a negus ni neguna persona 

Que lo tengua resquost en sa maiso 41 5o 

Que encontinen ho aga a dire, 

He aiso sus la peua desus dicha. 

Aras CAIPHAS, fâcha la crida, digua als de la Sinaguogua : [v«] 

Messenhors, que vos en senbla 

De so que ieu vos voly dire } 4154 

Totses sertas sabem que nos autres perdut av^m 

Aquest Joseph d'Arimatiha, 

Autra causa no s'en pot far; 

Mas que de novel vuelham avisar 



4144.. D'abord en un seul vers : Que ho aga a — 4160. D'ab. Que tapia 

honi el es, — 4i5i. D'ab. : a revelar. 



ifïl. MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

D'aquest sarasi Senturio 

Que avia presa la guarda 4160 

De guardar sertas lo tombel 

D*aquest malvat garso 

Que degun dels apostols no lo paiies; 

Negun de nos no sabem se s'en es anat 

Ho se SOS disiples lo aurian panât ; 4163 

Quar el disia a tota la gen 

Que lo ters jorn resucitaria veramen. 

Los très jorns sertas pasatz so 

He per so, senhors, el séria bo 

Que tramesesem serquar Senturio 4170 

He may sertas totz vos servidors 

Per veser que nos diran 

D*aquest malvat truan 

Se es resucitat, hoc ho no. 

Digua ÂNNAS : 

Messenhors, el me senbla que el séria bo 4175 

De lo trametre sertas serquar, 

Que vengues an nos autres parlar. 

He saubriam tota la veritat 

D'aquest malvat ribaut cosi a anat, 

Quar sertas autramen 4180 

Non podem ponch parlar veraiamen. 

He seguon que el nos dira, 

El sertas nos covenra fa, 

Que lo trametan serquar 4185 

He may sertas sos conp(h)anhos. 

Digua MELCHISEDEG al servido que s*apela Aniquet^ : 

Sus, Âniquet ! vay serquar 
Aras he prestamen 
Senturio que venga parlar 



' Dans tout ce passage Aniquet a été mis à la place de Tustabu$qua qui est 
bâfré partout sauf au v. 4704. 



JOSEPH d'arimathie. i53 

Ail nos hencontinen 4190 

He may totses sos servidors. 
i^ ANIQUET. leii hy vau encontinçii, mesenhors, 
He li dirîey que vengiia encontineii 
An totses sos servidors. 

Aras ane ANIQUET serquar Senturio he totz sos companhos he digua : 
— he que li fasa gran reverensia — 

Capitan Senturio, 4193 

De m and a m en de la senhoria, 
De nostre maestre Cayphas 
He de tota Tautra conpaniha 
Mando, que encontlnen venguatz [("> 36 r»] 

Vos he vostra companiha; 4200 

Quar els volo parlar an vos 
He an totses vostres servidos, 
He que hy venguatz sans plus ponhar. 
^ CENTURIO. Tustabusqua, vos von iretz 

He a la senhoria me recomandaretz 4205 

He ly diretz que encontinen 

leu hy iriey an tota ma gen 

Mas que la haga aribada, 

Quar elses so avol maynada 

He la fa mal ariba 4210 

Quant totses so per la vila. 

He encontinen que seran aribatz 

Nos sertas lay irem. 

Aras s'en torne ANIQUET far la resposta a la senhoria he digua : 

Dieu gart de mal la senhoria, . 

Hoc, e may tota la companiha. 4215 

leu veni de la hont trames me aviatz 

He vos die en veritat 

Que ieu iey trobat Senturio. 

He iy ey dich que tôt prestanien 

Vengues parlar an la senhoria ; 4220 

He el me ha diuh que tota sa companiha 



l54 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Era sertas per vila 

He quant la hauria aribada 

Els venrian totz enconAneii« 

Aral vendus Sentnrio an toca ta gen parlar s Gamaliel, he digua 
SENTURIO : 

Gamaliel, Dieu vos garde de mal 4225 

He totz aquels que roay amatz. 
leu soy vengut d*aquest pas 
Sertas, senher, parlar an vos. 
Senher, vertadieyra causa es 
Que la senhoria me a sertas trames serquar ^iSo 
Que ieu vengues anb els parlar. 
He per so, senher, ieu soy vengut a vos 
Que me donetz qualque cosselh, 
Quar elses so malvada gen 

He me ausarian mètre en priso. 4a35 

Ieu cresi que la causa per que me trameto quere 
Sertas, senher, es aitala : 
Per so que ieu avia presa la querela 
De guardar al tombel lo sant propheta. 
Ma ieu no lo podia pas guardar 4340 

Quant el es resucitat, 
Quar el ha fach tremolar lo tonbel 
Que me peiisiey que totz periguesen 
Quant el resucitava. 
vj GAMALIEL. Senturio, vos siatz ben vengut 4245 

He tota vostra companiha. 
He per so que vos teni per amie, 
Ieu sertas von volria donar, 
Per so que vos teni per amie, 
He per so, senher, ieu vos die 4250 

Que mon coselh es aital : 
Que quant seretz al tribunal [v*] 

^239. D'abord D. g. /. s. p. a. t. 



JOSEPH D*ARIMATHIE. l55 

Davant tota la senhorîa, 

Escotatz los, coman que sia, 

Entro que ago tôt parlât ; 4^55 

Qi^ar be vos die verameii : 

Qui be escota be respon. 

He se els vos enteroguo sus lo cas 

De que, seiiher, vos vos doptatz, 

Vos sertas lor respondretz 4260 

Tôt so que vist auretz 

Ara s'en Ta Centurio a la Sinaguoga he preii congiet doGamaliel, he 
digua CENTURIO : 

A Dieu sîatz, mon amie Gamaliel, 
En preguan Dieu del eel 
Que vos done la sua saiieta gloria. 
i^ GAMALIEL. leu pregui a Dieu, lo rey de gloria, 4265 

Que lo Sant Esperit vos trameta, 
He vos done gran mjeinoria 
De dire tota la vertat 
Enaisi eoma Dieu es resucitat. 

Aras prenguo congiet la hun de l'autre he s'en ane Centurio coma 
es dich lay sus, he digua CENTURIO quant sera a la Sinnguoga : 

Messejihors, ieu veni de vostre ma[n]damen 4370 



4360. Après ce vers, Gamaliel ajoutait ce qui suit qui a été raturé & remplacé 
par le v. 4261. 

Messenhors, el es vertat tôt to 
' Que vos autre diset^^ 

Que la querela ieu l'avia presa 

De guardar al tonbel aquest sant home 

La quaîa causa ieu hi aniey 

He tol^ mos companhos hy meniey 

He la guardem tro al ter s jorn. 

Mas be vos die que sus Calha del jorn 

El venc tant gran tremolamen de terra 

Que me pensiey que toti periguesem. 

He quant aquel tremolamen forec pasat^ 

leu vos die en veritat 

Que venguero dos jovensels 

Nous retrouvons plus loin (v. 4383-300) ce récit, avec quelques variantes, dans 
la bouche de Centurio. 



l56 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

He may tota ma co[m]paniha, 

Per veser que nos voletz demandar } 
fj CAYPHAS. Centurio, vos volem demandar 

Grandamen sertas de novelas. 

Per 80 que vos aviatz la querela 4275 

De guardar al tonbel aquest propheta, 

Nos no sabem pas se lo avetz ben guardat. 

En vos preguam que nos diguatz la vertat 

Se el i es inquara, hoc ho no ; 

Quar nos avem ausit parlar 4280 

Gran cop de mesonges he contar 

En disen que el es resucitat. 
i^ CENTURIO. Messenhors, sus aquest cap ieu vos respoiidriey 

He la verîtat ieu vos dirîey. 

[f- 57 ri 

Quant me disetz que ieu avia la querela d*el guardar 

Sertas, messenhors, el es veritat. 4285 

La quala causa ieu hy aniey 

He totz mos co[m]panhos hy meniey 

Quant m'o hagretz comandat, 

He lo gardem tro al ters jorn. 4290 

Mas be vos die que sus Talba del jorn 

El venc tant gran tremolamen de terra 

He vos die fermamen 

Que me pensiey que totz periguesem, 

He no sabiam ont nos herem, 4295 

Se erem en terra ho en lo cel 

Tant de paor agrem totz. 

Aprop quant tôt aquel tremolamen fore pasat 

Ieu vos die en veritat 

Que venguero dos jove[n]sels 43oo 

Que ero veramen mot bels. 

He ero vestitz de vestiments blancz, 

Sertas, blancz coma la neu 

4361. M s. cotatar 



JOSEPH d'arimathie. iSy 

He se van seser sus lo tonbel. 

Doas daiias van venir encontinen 43o5 

Que ero mot belas veraraen ; 

He aquels jovensels quant las vigro 

Encontinen lor demandero : 

« Danas, que anatz queren } » 

He encontinen elas respondero : 4810 

tf SenhorSy nos sertas demandam 

« Jhesu Crist de Nazaret que en aquel tonbel Taviam mer 

a Lo quai los fais Juzieus avian mes a mort, 

« A gran pecat he a gran tort« 1» 

He elses respondero encontinen 481 5 

Que el era resucitat verayamen, 

He que aneso en Gualilea 

Quar aqui lo trobarian sertanamen* 
i|/ Ankas, iradamen. Centufio, Centurio, nos pensavem be tôt aiso 

Que enaisi sertas non penria, 4320 

Quar ieu vesia be que cascun dia 

Vos sertas anavetz anb el ; 

He per so avisatz que parlaretz. 
Bf CENTURio. Messenhors, d'aquest prepaus no me moyretz, 

He ieu saubes perdre ma vida 4325 

Que ieu sertas no dises 

Tôt so que de mos huelhs vist auria. 

He per so, messenhors, ieu vos die 

Que vos autres avetz fach mal 

De far aquest home morir 433o 

A gran pecat he a gran tort. 
1|| AYMO, iradamen. Centurio, VOS parlatz trop 

De que von ausaria mal penre 

He per so vos voly ieu dire 

Que el quai que vos nos redatz 4635 

So que vos avCijam bailat en guarJa, 

Ho sertas autramen [▼•] 

Nos vos farem mètre en priso. 



1>8 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

He que quai far tant gran sermo ? 

Redetz lo nos, he faretz que satge. 4340 

fj CENTURIO. Messenhors, ieu vos dirîey, 

El quai debatre per raso 

He que no fasam ponch gran sermo. 

Messenhors, vos autres me demandatz 

Lo sant propheta, que ieu lo vos baile. 4345 

Vos autres sabetz be 

Que Ieu no podi pas, ' 

Quar ieu no lo iey pas en mon podeh 

Ieu vesi be que vos autres 

Sertas me serquatz tôt jorn cavilhatios 435o 

Per so que me demandatz 

So que ieu no podi pas aver. 

He per so ieu vos die per ver 

Que a Tenposible hom no se deu ponch obliguar. 
1^ LAMEC, i radamen. Mesenhors, tot jorn aquest Centurio 4355 

Baila gran cop de allegatios, 

He se nos lo escotam grandamen 

El nos ausaria enpachar veramen 

Quar el es hun gran ralhayre, 

He sertas an sas gra[n]das paraulas 4360 

Qui las ly volia totas escotar 

Sertas el fària amolar 

Très ho quatre molis de ven 

Per so die ieu que encontinen 

Lo metam en la priso. 4365 

i^ SALATIEL, iradamen. Messenhors, ieu soy de la upinyo 

De Lamec mon companho, 

Per so que ha dit de presen 

Que hom lo meses en priso 

Per so que es tant flatayre; 4370 

Quar aquestz flatayres 

4362. M s. AtnoJar, 



lOSEPH D'ARIMATHTE. iSç 

An lor gran ilataria 

Sertas convertirîan 

Tota huna conpanîha. 
iW^ ABIATHAR, iradaraen. Centurio, VOS etz malvat garso, 4375 

Quar tôt jorn respondetz 

Sertas al mespres 

De tota la senhoria. 

He per so sertas die ieu 

Que el nos deu baîlar 438o 

Âquel malvat truan 

Ho metam lo en priso 

Que non salisqua d*aquest an. 
wf CENTURIO. Messenhors, ieu vos diriey : 

Vos autres me amenasatz 4385 

De me mètre en priso. 

El quai que ieu aga pasiencia [f^ 38 r>] 

Quar sertas ieu no soy pas bo 

A resestir contra vostra malesia 

He per so ieu vos voly sertas dire 4390 

Que ieu vos fariey aital pacte, 

Lo quai pacte ieu maiitenriey, 

He lo vos die sans contradire : 

Que se vos autres me baylatz 

He encontinen lo me delieuratz 4395 

Joseph de Arimathia que tenetz 

He en priso mes lo avetz 

Lo jorn del venres al ser, 

Que ieu sertas vos bailariey 

Jhesus de Nazaret encontinen. 4400 

He se vos autres no lo me bailatz 

No vos desplasia que aitan pauc 

Ieu no lo vos bailariey pas. 

He per so, messenhors, se vos platz 

Vos autres m'en faretz resposta. 44o5 

t) CAYPHAS, iradamen. Ho malvat Sarasi Senturio ! 



l6o MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Nos nos hem trop fisat de vos 
He coiioisem a vostre parlar 
Que no s*i quai plus fisar 

Quar vos etz de estran pals. ' 4410 

• He per so diso nostras leys : 
Que de home estranh 
No fasas ton conpanh. 
He per so vos fau ieu resposta 
Que nos farem tal diligensia 4415 

Que en qualque loc nos lo trobaren. 
He quant nos lo aurem trobat 
Nos sertas vos mandarem 
Que venguatz tener vostra promessa, 
He se vos no venetz encontinen, 4420 

No vos trametrem serquar veramen 
He faretz so que avetz promes 
Ho per terra vos von intraretz; 
Quar aras nos be conoîsem 

Que vos etz sertas son dîsiple. 4423 

Hor sa, Senturio, ostatz vos davant nos 
Vos he vostres conpanhos. 

Aras s'en ane Centurio an totz sos servidos en lor loc he hun Juzieu 
ap[e]lat ANIQUET vengua en la Sinaguoga he digua au sentre* de 
totz : 

Messenhors, îeu venî davant vos autres. 

Ieu iey ausit dire, he no ha pas guayre, 

Que dos disiples s*en anavo 44.30 

He per lo camî elses parlavo 

De la mort d*aquel sant propheta. 

He sertas en ne parlan 

El lor va venir de davan 

He el lor va dire de que parlavo. [v] 4435 

Elses sertas ly respondero : 

■ Corr. Vesentre? — 4426. Corr. de d. ? 



JOSEPH D*ARIMATHIE. l6l 

D*aquel saut home Jhesus, 

Cosi les Juzleus Taviaii pogat 

En la crotz he crusiffîquat. 

He el lor va dire encontinen 4440 

Que sertas el era verameii. 

He quant els ausigro que enaîsi el va parlar, 

Elses lo covidero de sopar. 

He lo van sertas conoiser 

Al trinquar del pa, 4445 

Quar el lo trinquet an la ma , 

He pueisas el s*en fugtc 

He dcspueys no lo an vist. 

He tôt aiso els an publiquat 

He diso may que el es resucitat. 445o 

Aras veiigua h un aiire Juzieu ap[e]lat CAMB4-F0RT, he digua : 

Messenhor[s], ieu veni de per la vila ^ 
He sertas hi a hun gran bruch 
D*aquel malvat truan 
Que tôt lo mon va cridan 

Que sertas el es resucitat. 4455 

He per so vos die en veritat 
Que vos autres hy devtatz mètre remedi 
Que la causa no hanes pas enaisi. 
i^ CAIPHAS. Messenhors, el m'es avist 

Que nos devem far huna crida 4460 

Per tôt lo lonc de la vila 

He que sia fâcha de nostre mandamen 

He que se fasa encontinen. 

He per so, notari, anatz la far 

He metetz hy totz los capz 4465 

Que se hy devo mètre j 

He metetz hy sus las penas 

Contengudas en las autras cridas. 

4460. M(. cride. 

III. II 



102 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

1^ LO NOTARi. Mossenhor, de vostre maiidamen, 

leu la vau escrieure encontineii. 4470 

He pueys quant sera escricha, 
Anariey serquar la trompeta 
Per anar far la crida 
Sertas per tota la vila. 

Aras lo notari fasa coma m escriria la crida he puey an[e] serquar la 
trompeta, he digua LO KOTARI : 

« 

Tronpeta, anem entranbidos 4475 

Far cridar per totz los cantos 

Per ho far saber a totz 

So que es escrich déduis lo papier. 

1^ LA TROMPETA. Notari, ieu fariey ben mon mestter 

[^ 59 f] 
Mas sertas no s*y pren mialha ni denier, 4480 

De que ieu pogues beure. 

Mas be cresi que conoisensa auran 

Quant ieu auriey fach mon degut. 

Aras lo notari he la tro[n]peta s*en ano per lo scadafdl cridar so que 
se en sec en au ta vou : 

Augatz que vos fam a saber 

De ma[n]damen de nostre prélat Cayphas : 448S 

Que fam enebltio a totCaj persona, 

De quin estât he conditto que sia, 

Que d*aquesta hora en avan 

No ago a mantener aquest truan 

Lo qual'davant ier fesem mètre en crotz 4490 

Ni dire alcunamea que el sia resucitat. 

He aiso sus la pena de .C. marcz d'argent 

Apliquadoyras, al dich maestre Cayphas, 

A la reparatio de la Sinaguogua ; 

Item fam may eii[e]bitio hejdefensa 449^ 

Sus las penas desus dichas 

H[e3 de perdre cors he bes 

4489. Ms. mentaner. 



JOSEPH D^ARIMATHIB. l63 

Que d'aquesta hor[a] eu a van 

No ago a creyre a las eiicantarias 

Que aquest truan ha dichas ; 45oo 

Item fam may a saber 

Que se hi a iiegun ni neguna 

Que sapia degun disiple rescost 

D*aquest malvat arlot, 

Que encontinen he sans dilay 45o5 

Ho ago a venir revellar a la justicia, 

Ho autramen hom los fara 

Metre en priso 

A maiigar dedins lo pa he Taygua 

He de lo[s] far morir deJins la priso. 

Aras, fach aquo, rengua hiin Juzie[u] YSMAEL he vengua en la 
Siiiaguoga he digua a la senhoria : 

Messenhors, ieu veni aisi a vos autres 
Per vos dire alcunas novelas 
Las quais serras so aitalas : 
Ieu, mesenhors, soy aiiat de bon mati 
Al temple de Salamo 45 1 5 

He iey vist en hua canto 
Dos gratis personatges 
Que portavo graas susaris ; 
He me an fâcha gran paor 

De que ieu m'en soy sertas fugit. 4520 

He per so, senhors, ieu vos die 
Que vulhatz anar vcser que diso 
Quar a l'aventura an vos autres parlaran 
He qualque causa vos diran. 
He may vos die e tan be 4525 

Que la cortina del temple 
Es sertas tota fenduda. 
^ CAYPHAS. Messenhors, que vos en senbla ^ 
Devem hy totses anar^ 

4500. D'ab. : h. temenadas. — 4509-10 Ces deux vers sont barrés. 



164 MYSTERES PROVENÇAUX. 

Quar ieu cresi que sia enca[n]taria, [v*] 43 3o 

Que aquest diable de encaiitaire 

No hy fa serras re plus. 

He vos die que nos serquàra tôt l'abus 

Sertas aquel que poyra 

Que tota nostra ley nos convertira, 4S35 

Se pot en neguna manieyra. 

t) ANNAS. Messenhors, anem hy totz 

He veyrem que es tôt aquo; 

Quar may val huey que dema, 

Quar a l'aventura anatz s'en serian 4S40 

He beleu nos repenedriam 

Se anb elses no haviam parlât. 

Aras s*tn ano totz ai temple de Salamo he quant seran de partde dins 
areguardo la vtla dei temple he pueys are^ruardo los dos perso- 
natives an gran paor he digua CAYPHAS : 

Hor sa, vos autres creaturas, 

Que faytz aqui ? diguatz m'o ; 

Ho ieu vos juri de serta 4645 

Que ieu vos fariey ben parlar. 

No respondo ponch. 

He vos autras creaturas no parlaretz } 

Sy faretz be, se devetz. 

Ieu vos conguri de part 

Lo aut senhor Âzonay 4550 

Que, se vos autras etz bonas creaturas. 

Que vos autras agatz a parlar; 

He, se etz malas creaturas, 

Que von agatz as anar 

Sans far mal as ome ni a femna. 4555 

Aras no respondo ponch, mas faso senhal que hom lor h<'iy[]e] de 
papier he de tencha,* he ANNAS sVn aproche de els sa a dire, mot 
mas que los arguarde, he pueys s>n torne a la senhbria he digua : 



* On a ajouté après coup : he Cayphas e la Senkoria s'en torno a /a Sinagoguû. 
4548. On pourrait corriger s'o ou lire tes, c. 



JOSEPH D*ARIMATHIE. l65 

Messenhors, ieu veni de par de la 

He iey reguardadas aquestas creaturas 

He vos die tôt de serta 

Que so es Elion he Chariot, 

Filhs de Ruben veramen, 4660 

Lo quai era satge grandamen 

En nostra Iey he gran doctor. 

He sertas 110 ha pas très ans 

Que elses foro sostaratz 

He meses en lo tonbel. 4565 

Aras s*aprocho de elses très ho quatre dels Juzieus he hy sia Melchi- 
sedec'* he, quant sia as els que los reguarde & quant los aga fort 
reguardat digua MELCHISEDEC : 

Senhor Annas, ieu los iey fort reguardat 
He vos die en veritat 
Que aiso so aquels que vos disetz 
Quar sertas ieu los conoisi be. 

Aras responda SALATIEL, he digua : [f"6or*] 

Hoe, senher, he nos autres, per ma fe I 4570 

Totses dos los conoisem ; 

Quar sertas no ha pas lonc temps 

Que else foro sosteratz 

He saubriam ben trobar lo tonbel 

Hont foro elses fiquatz 4575 

Aras digua autre Tetz CAYPHAS** en losconjuran : 

Creaturas, ieu vos fau eoniandamen 

Que agatz a dire que faytz aqui 3 

He autra vetz vos eonjuri 

De part lo gran Âzonay 

Que agatz encontinen a parlar. 458o 

Inquar no respondo ponch, mas que fiiso senhal coma desus es dich, 
he digua AYMO ; 



* On a ajouté ici : he Annas, he Cayphas, Salât tel he Balam he Aymo. 
" CayphaSf d'abord remplacé par Annas puis rétabli. 



l66 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Messeiihors, el séria bo 
Per saber la veritat 
Que fan aqui ni que diso, 
Que aguesem Gamaliel 

Que parles anb els, 4585 

He que hom saubes la sertanetat, 
Quar aquel la saubra be. 
Que be leu so dels desiples 
De son matstre; 

He per so trametani lo quere 4590 

Se vos es ayist. 
1^ CAYPHAS. He fasa se donc encontinen; 

Ane lo serquar hun de nostres niesatgies. 

Ara digua SALATIEL a Balam : 

Balam, anatz serquar Gamaliel 
Que vengua an vos parlar 4595 

He que vengua sans plus ponhar 
Quar nos volem parlar anb el. 
1^ BALAM. Senhor, ieu lo vau serquar 

He ly diriey que vengua encontinen 

Quar vos autres voletz anb el parlar. 4600 

Aras s'en ane BALAM ?erquar Gamaliel he digua j — he la senkoria 
s'en tome en la Sinagogua davant que s'en ane.* — 

Senhor Gamaliel, Dieu v(^s ajut ! 
Ieu soy, senher, aisi vengut 
De part tota la senhoria ; 
He que venguatz coman que sia 
Parlar sertas anb els, 4605 

1^ GAMALIEL. Balam, ieu soy sertas tôt prest 
De anar parlar anb els. 
He me play ben veramen 
Que me siatz vengut serquar. 
Aras anem donc sans plus ponhar. 46x0 

* CeUe fin a élé ajoutée après coup. 



JOSEPH D'ARI.MATHIE. 167 

Aras s*en ane Gamaliel a la senhoria he, quant 7 sera, à't^uB 
GAMALIEL : 

Seiihors, ieu soy aisi vengut, 
Sertas de vostre ma[ii]damen, 
Per veser que vos autres voletz, 
Car, coma vos autres sabetz, 
Hom no deu anar en coselh 4615 

Se no que hom hy sia apelat. 
Oigua CAYPHAS : 

Gamaliel, nos vos avem trames serquar 
Per vos mostrar doas creaturas, 
Las qualas al temple so aparegudas, 
Per veser se vos las conoisîriatz 4620 

Ni se vos las saubriatz far parlar, 
Quar, per tant que ieu las aga conjuradas 
Ni may sertas amonestadas, 
la mais no han volgut.parlar. 
GAMALIEL. Messenhors, se vos autres las me mostratz, 4625 
Sera be gran causa se ieu no las conoisi. 

Aras las li ano mostrar Melchisedec he Balam he las reguarde he 
pueys s*en torne a la Senhoria he digua GAMALIEL* : 

Messenhors, ieu los conoisi veramen 

Quar no ha pas lonc temps 

Que elses sertas hero mortz. 

». 

Oigua LAMEC : 

Gamaliel, anatz los may enterogua 4630 

Pueysas que los conoisetz; 

He pueysas a nos venetz 

He diretz nos que vos an dich. 

Ara ane GAMALIEL parla r a m las créa tu ras tôt sol'*^* segretamen he 
lor digua : 



* On a ajouté après coup : Melchisedec he Balam ainsi que : «Vn torne a la 
S, h, d. G. 

** Sol, ajouté par une autre main. 

4623. Le V. 4634 placé par erreur après celui-ci a été raturé. 



l68 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Hor sa, creaturas, parlatz an mi; 
Quar ieu voly saber, se vos platz, 4635 

Per que etzaqui ni que demandatz. 
Ieu vos ho pregui, digatz me ho , 
Quar ieu vos die de serta 
Que ieu ho dirîey a la senhoria. 
v) CHARIOT. Seiihor Gamaliel, nos parlarem be an vos 4640 
He as autres sertas no, 
Quar el nos es estât devedat 
Per Jhesu Crist quant es resucitat. 
Sapiatz que nos hem resucitatz 
He veramen nos resucitem 4^4^ 

Quant Jhesu Crist redet son esperit 
Lo jorn del divenres sant sertas ha ora nona, 
Que he poc veser cascuna persona 
Que ero aqui de presen. 

He per so vos disem nos autres 4630 

Que nos hem sertas aisi vengutz 
Per denonsiar la sua Sancta Kesurectio 
En vos preguam per mort de Dieu 
Que nos portetz tencha he papier. 

Aras s*en torne GAMA,LIEL a la senhoria, he lor digua : 

Messenhors, ieu iey parlât anb els 4655 

, He los conoisi veramen : 

So es Chariot he Eliot, 
Filhs sertas del doctor Ruben; 
Bel era gran maestre de la Iey. 
He demando tencha he papier 4660 

Quar els volo escrieure qualque causa. 

Digiin ZOROBABEL al notari : [f» 61 r«] 

Notari, bailatz ly tencha he papier 
He vegam que volo escrieure 
Quar quant hauran escrich 

4644. D*ab. : S. q. n. h. cascun en son tonbel. — 4647. tanty ajouté. 



JOSEPH I>'ARIMATHIE. 169 

Nos ho veyrem serCas tôt 5 4665 

He se nos play nos ho creyrem 
Ho ho laisaram estar de tôt. 

Aras bnile lo notari tencha he papier a Gamaliel; he Gamaliel lo 
porte a Chariot he Elion he totz dos faso senblan de escrieure so 
que se en sec. — He que i ago doas letras la huna senblan Tautra. — 

LA LETRA* 

leu Chariot, en lo nom de Jhesu Crîst, 

Là quai forec mes en crotz, 

Batut, clavelat he en la cara escupit, 4670 

He anb una lansa lo costat ubrit 

Per vos autres malvatz Juzieus, 

leu vos diriey grandas meravilhas 

Que ja mas home no ausic tant grandas, 

He sans mesonga las vos escrieuriey 4675 

He la verlat ieu vos diriey : 

So es a saber que nos erem en infern 

Hen hun loc que ha amon, 

Lo linbe de Sinu Abrac 

Hont nos estavem en gran dolor, 4680 

Non pas tant coma aquels que ero 

Sertanamen degotz nos. • 

Va venir hun home en aquel loc, 

La hont sertas nos erem, 

Lo quai avia a nom Gestas 4685 

He era crucifîquat 

Al costat de Jhesu Crist, 

Del quai sertas ieu vos die 

Que estan an aquel turmen 

Va reguardar Dieu omnypoten 4690 

* Ajouté en marge. 

4678. Après que on a barré ha a nom lo limbe. — 4679. Vers intercalé. — 4684. 
Après .ce v. on a barré dans le texte : 

Que era estât crusifiquat 
Que era estât hun gran layro. 

4686. D'ab. de c. J. C. 



I70 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

He li va dire que de el li sove[n]gues 
Quant séria en lo reaime de paradis 
He Jhesus ly va respondre he li dis 
* Que huey el séria aiib el en p.iradis. 

Après va venir huna gran resplandor 4695 

Que venc sertas sobre nos 

Que nos va sertas illum[i3nar 

He nos va dire que encontinen 

D'aqui el nos trayra veramen 

De que sertas el non ha trathz, 4700 

He per so nos ha tornatz al mon 

Que dicessen a to lo mon 

Que el es veramen resucitat. 

Aras Chariot he Elion baila las letras^a Gnmaliel he Gamaliel baiie 
la la a Cayphas Taiitra [a] Annas he que las faso legir al notari en 
naut he, quant las auran legîdas, digua CAYPHAS : 

Messenhors, degus no se ateiid[i]a an aquestas 

Quar sertas no so que faulas [paranlas 4705 

He cresî que so qualques encantayres^ 

la may sertas no ho cresatz [vj 

Ni ja mays sertas no ho creyren 

Tro que sian estatz als tonbels 

De la hont ero sosteratz. 4710 

Digua ABIATHAR : 

Senhors, sabetz qae farem nos 

Qne trametam dels nostres servidos 

Que ano veser totz los tonbels 

En que elses ero iiquatz ; 

Quar aqui saubrem la vertat 4715 

Se so resucitatz, hoc o no. 
^1 SALATIEL. Messenhors, sertas el dis be. 

He per so trametam veser 

* Après le mot tétras on a barré : la huna a Cayphas Vautra [a] Annas Ae, 
quant las auran presas, legisquo cascun la sua en naut. La rdJaction que nous 
donnons a été ajoutée après coup. 

4691. D'ab. : d'el. — 4602. D'ab. : en lo seu. 



JOSEPH D'ARIMATHIE. 171 

Encoiitinen he sans dilay ; 

Quar sejtas al niay hy ponhan, 4720 

Al may fam de nostre dan. 

Aras ano los servidos veser se tiobaran resquesio als tonbels, lie devo 
estre torz ubertz, he quant seran aqui^los reguardo he digua MAL« 
BNQUARAT a Thaboret : 

Thaboret, vos vesetz que aysi no ha pas re, 
He per aquo avisem ho be 
Que fasam bona resposta. 
ly THABORKT. Malenquara, ieu ho iey toi avisât. 4726 

He per so tornem nos hen 
Que aisi sertas re plus no fasem. 

Aras s'en torno los mesatgyes he faso la resposta a la senhoria, he 
digua MALENQUARAT : 

Messenhors, nos hem estatz 

De la bout nos aviatz trameses 

He sertas vos contam per vertat 473o 

Que dedins los tonbels n'avem re trobat. 

Aras digua GAMALTEL a la senhoria quant los mesatgies aura n facba 
la resposta : 

Messenhors, ieu vos ho disia be 
Que elses ero resucitatz^ 
He resucitero gran cop de gen 
Quant Jhesu Crist redet son esperit 4735 

Sus lo albre de la santa crotz. 
Tôt aiso trobaretz que vertat es 
Se en Gualilea encontinen trametetz. 
Aras 9) ANNAS. Gamaliel, tôt jorn nos serquat^ 

Noisas he debatz^ 4740 

He per so se d'aisi no vos ostatz, 
Nos vos ausariam far vostre dan. 
Anatz vos en, que en mal cay dan 
Siatz vos mes tôt aquest an, 

4738. Ms, trametyt{. 



172 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

He may aquel malvat truan 4745 

Que vos fa (lire totas aquestaCs] truandarias 
Quar no so que encantarias. 

Ara s'en'ane Garnaliel en son loc. CAYPHAS parle aprop : [f* 63 r«] 

Messeilhors, verameii el séria bo 
Que hom trameses en Gualilea 
Per veser se se trobaria 4750 

Aquel Jhesu de Nazareth, 
Per veser tôt segret 
Se qualque esperit l'auria portât 
De part de la. 

Quar nos trobam en TEscreptura 4755 

Que Elias he tant be forec portât 
Per hun esperit en manleyra de fuoc 
Sertanamen en paradis terrestre, 
Per so trametam hy hun bon home 
Que sia qualque bon prodome 4760 

, Que nos hy pusquam ben fîsar, 
He que sapia ben serquar 
Tota la veritat. 

Aras traraeto serqunr hun Jozieu apela Mal-Boyson, bon prodome, sa 
lor senbla, he di|;ua* a Tiista-ia-Busqua MELCHISEDEC : 

Vay sa, Tusta-la-Busqua, 

Vay nos serquar Mal-Boyson 4765 

Que vengua parlar an la senhoria 

He que vengua coman que sia. 

f) TUSTA-LA-BUSQUA. Senher, ieu hy vau encontinen 

He vau penre ma lansa he mon espasa, 

Quar ieu vos die que el hi a mala mainada 4770 

Sertas per los camis 

He me ausarian venir desus. 

Aras s*en ane serquar TUSTA-LA-BUSQUA Mal-Boyson, he diçua 
quant l'aura trobat : 

* M s. diguo. 

4758. Vers en interligne, 



JOSEPH D*ARIMATHIE. lyS 

Senher, ieu veni parlar an vos 

De mandameii dels mesenhos 

He me haii dich que vos dises 4775 

Que tost he prestamen 

Venguesetz parlar anb els. 
v) MAL-BOYSON. Tusta-la-Busqua, he sabes tu que me volo 

Ni que me volo demandar } 

Quar sertas ieu iey ausit coiitar 4780 

Que elses so grandameii corosatz 

De las novelas que auso per vila. 

He per sO ieu te die san falha 

Que ieu dopti de hi anar. 
^ TUSTA-LA-BUSQUA. Senher, no vos quai pas doptar 4785 

De so, senher, que vos disetz, 

Quar els me an dich per espres 

Que sertas els vos volo trametre 

En lo pays de Gualilea. 

M 
v) MAL-BoYSON. Ânem donquas, en lo Dieu Âzonay. 4790 

Tusta-la-Busqua, metetz vos permier. 

Aras s'en ano a la senhoriaen laSinaguogua hedigua MAL-BOYSON : 

Senhors, de vostras partz 
Ieu soy vengut aisi, 
He pregiii lo Dieu Âzonay 

Que totz vos guarde de mal. 4795 

i^ CAYPHAS. Senhe'n Mal-Boyso, 
He a vos atrestai. 
Nos vos avem trames serquar 
Que venguesetz a nos parlar. 
Lo quas es aquest : 4800 

Que el vos quai anar 
Sertas en Gualilea 
He aiso tôt segretamen 
Sans estre conogut de la gen 
Ile que escotez de sa he de la 4805 



174 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Se per la vila res se parla 

D*aquel Jhesus de Nazaret. 

He que quant retoniaretz de sa 

Que nos ho sapîatz tôt contar. 

He anatz parlar an nostre tesaurier 4810 

Que vos baile argent per despendre 

Quar nos ly ho mandam. 

Aras s*en ane MAL-BOISO af tesaurier he que li digu3 que li baile 
argent per despendre : 

Tezaurier, Azonay vos ajut ! 

leu veni aisi a vos 

De niandamen de la senhoria 4816 

Ile me a dich que, coman que sia, 

Vos me baylesetz de l'argent, 

Quar el me quai anar eu Gualilea 

Per anar saber alcunas novelas, 

He me han dich veramen 4820 

Que el vos ho asietaran encontinen 

Sobre vostres contes. 
iV LO TEZAURIER. Senher, ieu von baylariey 

'Presque volontier. 

Diguatz me la soma que voletz? 4835 

i^ MAL BOYSO. Thesaurier, el me quai trenta dénies 

Per case un jorn 

Per lo mens que ieu despenda. 

Ieu no sab pas quaut^Jay estariey, 

Mas los jorns que ieu lay estariey, 483o 

Quant sia vengut, hieu vos ho diriey. 

Aras li baile l'argent lo tesaurier hi digua : [f> 63 r*] 

Tenetz, senher En Mal-Boyso, 

He metetz ayso en vostra borsa 

Quar el hy a trenta francx 

Sertas en bona moneda. 4835 

Aras prengua lo artgen MAL-BOYSO he digua : 



JOSEPH D*ARIMATHIE. 17) 

Tesaurier, a Dieu siatz ! 
leu m'en vau tôt d*aqiiest pa s 
Veramen eu Galilea. 
1$ LO TESAURiER. Aiiatz, seiiher, en bona estrena 

He lo gran Azonay vos tengiia 4840 

En sa bona guarda 

Aras B^en va MAL-BOYSO en Galylea he demnnde Talhafer he li 
digua : 

En Talhafer, la gran senhoria 

De Jherusalem a vos se recomanda 

He per mi vos manda 

Que nos spiem per la vila 4845 

Que se dis d'aquest Jhesus de Nazaret 

Ni se nos lo poyriam trobar, 

Quar ieu vos die be que se nos lo trobavem 

Nos seriam totses be vengutz, 

He sertas lo ne menariam 4860 

En la cieutat de Jherusalem 

Per davant la senhoria. 

He per so ieu vos pregui que nos anem 

Per la vila segretamen 

. Se ne poyriam saber quaisque novelas. • 4855 

i^ THALHAFER. En Mal-Boyson, ieu vos dir[i]ey, 
• Per la vila no quai ponch anar, 

Quar sertas 110 lo poyriam ponch trobar, 
Mas be vos die que per tota la vila 
Vos no ausiretz autra novela 4860 

Se no que aquel Jhesus que vos serquatz 
Totz diso'per veray que es resucitat. 

Diçua MAL-BOYSO : 

Senher Talhafer, ieu vos diriey : 

Tôt so que me diretz ieu reportariey 

A la senhoria en Jherusalem. 4865 



4837. Ms. yfl«. 1—4844. D'ab : wan*/o. — 47^'- I>'ab. : a. /. yi/a. — 4860. 
D'ab. : autrat novelas. 



176 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

He lor diriey que vos he ieu 

Avem fâcha huna gran diligensia 

De serquar per tota la vila 

Se hy avia neguna persoiia 

Que saubes neguuas novelas 4870 

De aquest enquantaire. 

He per so, senhe'n Talhafer, 

Ieu vos voly may demaiidar 

Se nos poyriara atrobar 

Aquest Joseph d*Ahmathia^ 4875 

Quar nos disem en Jherusalem [vj 

Que el say es veraiemen. 

He per so, se el say es, 

Vos lo me mostraretz, 

Que ieu ne sapla dire qualque causa 4880 

Se la senhoria me ho demanda. 

Aras s'en ano entranbicLos veser se poyrian trobar Joseph per la tîU; 
he encontinen que Talhafer lo vega de luenh, lo mostrean lo dec, 
he digua : 

En Mal-Boyso, ieu vesi Joseph 

Vet lo vos la que se sey 

Al pe de son hobrado. 

Ieu cresi que vos lo conoisetz 4886 

Pueys que en priso mes lo aviatz. 

Areguardatz lo be fermamen, 

Que a la senhoria claramen 

Pusquatz be'n dire la vertat. 

Ara lo reguarde MAL-BOYSO de lueiih he digua quant lo aura 
reguardat : 

Senher Talhafer, ieu lo vesi be 4890 

He vos aseguri per ma fe 

Que sertas el es aquel 

Que la senhoria 

Avia fach mètre en priso. 

4883. En marge : Sfostre an lo de t. 



JOSEPH D'ARIMATHIE. I77 

Seiiher, ieu no voly pas que parlem anb el, 4895 
Quar, a raventura, a la senhoria 
No saubria pas bo 
Per so que es sertas disîpol 
D*aquel Ihesus de Nazaret* 
He per so, seuher, tornem nos hen 4900 

Quar ieu voly anar encoiitinen 
En la sieutat de Jherusalem, 
Quar la senhoria cresi que languisqua 
Quant no sabo qualsque novelas de mi, 
He per so, senher^ an vostre congiet 4905 

Ieu in*en vau d'aquest pas 
En vos remersian la gran pena 
Que per mi, senher, avetz presa. 
Se ieu podia re far per vos 
Ieu ho fariey de très que bon cor 4910 

He diriey a la senhoria 
La pena que vos avetz presa. 
Senher, ieu vos recomandi 
Âl gran senhor Azonay. 
w) TA[L]HAFER. Senhor, via an la bona hora 4916 

He recomandatz me a la senhoria tota. 

Aras s^n tome MAL-BOYSO en Jherusalem he digua : 

Ho ! gran Azonay guard» de mal la companiha. 
Messenhors, ieu soy vengut 
De la hont me aviatz trames, 
So es a saber de Gualilea. 4920 

En presensia de tota la conpaniha [f» 64 r*.] 

Ieu vos diriey so que ieu iey vist 
Ni may sertas ausit dire. 
Senhors, el es sertas vertat 
Que quant ieu soy en Gualilea estât 4935 

Ieu sertas m'en soy anat 
En la maiso de En Talha-fer., 
He li ey sertas demandât 
III. 12 



178 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Se me sabia novelas 

D'aquel Jhesus de Nazaret, 4930 

He el me ha respost per esprès 

Que el non sabia ponch de novelas 

Se no que per la vila se desia seguramen 

Que resucitat era veramen. 

Après ieu m'en soy anat per la vila 4935 

An senher En Talha-fer 

He per la carieyra avem atrobat 

Joseph de Aremathia, 

Mas sertas no li avem mot sonat, 

Quar anb el avia gran companiha 4940 

He aviam grau paor de la gen, 

Quar els ero fort coxosatz 

Per so que vos autres aviatz fach 

Huna granda desonor 

A Jhesus de Nazaret. 4945 

Oigiia CANBA-FOR a la Sen]ior[ija : 

Mesenhors, ieu iey dich d'autras vetz 

Que nos hi mesesem remedi ; 

He vos die sertas enaisi 

Que el hi a quaique traiso, 

Quar toses so de huna raso, 49^0 

He per so se al coselh plasegués 

Que serquar hom lo tramesés 

Aquel Joseph de Haramatiha, 

Quar Mal-Boiso dis que lo ha trobat 

Veramen en Gualilea. 4955 

He per so die ieu que el hi a quaique causa 

Quant el no ha parlât anb el, 

Quar el dis que per paor de la gen 

El s'en es sertas laisat; 

He per so vos die ieu veramen 4960 

495s. Lo ajouté. 



JOSEPH D*ARiMATHIB. 17 9 

Que ieu no m'en fora pas laisat , 

He me agueso doutât lo cap 

Que ieu no agués parlât anb eh 

He per so soy ieu de hupiuiou 

Que lo trametam quere. 4966 

i|f TRINQUA-LA-PALHA. Mesenhors, ieu soy tôt joyos 

Quant ieu iey ausidas 

De Joseph novelas 

He se lo trametetz quere, 

Ieu cresi sertas que el venra, 4970 

Quar el es home grasios 

He en re no hy falhira. 
w) CAYPHAS. Messenhors, ieu soy be d'acort [v) 

Que nos lo trametam quere 

Mas el nos calria escrieure 4975 

An aqualque bon home de part de la 

En que nos poguesem ben fisa; 

Ieu no hy sabi pas se no que sia Jaffet, 

Quar aquel me senbla que sia bon prodome 

He demora tôt jorn en Gualilea 4980 

He sap sertas tôt de part de la 

Tota la costuma del pals ; 

He per so seguon mon avist 

Hel sera bo que no ly escrivam 

Tôt so que li volem mandar, 4985 

Quar autre coselh ieu no hy vesi. 

He per so, notari, anatz escrieure 

Huna letra encontinen 

Cosi nos nos recoma[n]dam as el 

E ly preguam que el prengua 4990 

Pena per nos, 

Quar sertas nos autres tptz 

Ly ho recompensarem en qualque causa 

4965. D'abord quérir. — 4990. Ms. el ... prenguan. 



1 8o MYSTÈRES' PROVENÇAUX. 

Quant se venra a loc he a tems. 
ijl LO NOTARI. Mesenhors, ieu vau escrieure davaiit totz 4995 

Tôt so que vos autres me diretz. 
Digua ANNAS : 

Donquas, notari, escrîvetz 

So que ieu vos diriey de manteneu. 

Ara fasa senblan d*escrieure lo nota ri : 

Nostre fizel he ben amat 

Noble chivalier Jaffet de Jaffa, Sooo 

La benedictio del gran Azonay, 

Senher, a vos sia donada. 

Nos autres, avesques de Jherusalem, 

A vos saber sertas fasem 

Que nos hem sertas fort maritz 5oo5 

He grandamen fort corosatz 

Per so que nos autres avem ausit 

Alcunas malvadas novelas 

Del vostre pals de Gualilea : 

Que diso tôt de serta Soio 

Que aquel Jhesus que avem en crotz fiquat 

Que el es sertas resucitat ; 

He per so vos preguam 

He humialmen vos supliquam 

Que nos trametatz Joseph d'Arimathia; Soi 5 

He mot sertas nos playria 

Quar nos avem gran désir de lo veser 

He el nos saubra dire per ver 

De la causa cosi a anat [f^ 65 r»] 

Quar el hi era en tôt he per tôt S020 

Quant mesem aquel Jhesus sus la crotz. 

Trametetz lo nos san doptansa 

Quar nos lo vos redrem a fisansa 

Sans ly fayre negun mal. 

Non re plus per lo presen SoaS 

Soi s. D'abord : per vos la vertat, -^ 5o2i. Ms. merem. 



JOSEPH D'ARIMATHIE. l8l 

Mas que lo gran Azonay 
Vos tengua en sa guarda. 
Escrich en nostra sieutat de Jherusalem 
L'an .V. mîla dos -CcC) XXXIII. ans- 
Item digua ANNAS quant bailara la letra : 

He per so, Bota-Fuoc, vos lay anaretz 5o3o 

He aquesta letra vos penretz 
He a Jaffet de Jaffa la bailaretz, 
Quar ieu sabi be de serta 
Que vos sabetz lo cami. 

Pausa. 

Tenetz, prenetz aquesta letra 5o35 

He metetz la en vostra botgeta^ 
• Per tal que no la perdatz. 

Ara baile la letra Annas a Bota-Fuoc he digua BOTA-PUOC, quant 
aura presa la letra : 

Mosenhor, ieu soy tôt prest 

De hy anar encontinen 

He tey spera^sa veramen 5040 

De vos portar bonas novelas. 

Aras s'en ane Bota-Fuoc en Gualilea he b[a]ile la letra a Jafet de 
Jaffa he digua BOTA-FUOC datant que la ly bayle : 

Senhor Jaffet de Jaffa, 

La gran senhoria de Jherusalem 

A vos totses se recomando 

He aquesta letra vos trameto. 5o45 

5029. Après ans on a ajouté he plus. ~ 5o45. D'abord : H. v. t. a. l. — Après 
ce vers 00 a raturé ce qui suit : Aras prengua la letra Jaffet he ligisqua la letra 
en naut he quant l'aura legida trameta serquar Josep de Arimatiha que vengua 
parlar anb el. 

Ho nobla senhoria de Jherusalem ! 

Ieu iey legida vostra letra 

En que conte que ieu vos trameta 

Joseph de Arimathia, 

Que vos digua tôt la vertal 

De Jhesus de Na\aret 

Cosi l'avet\ crucifiquat. 

On retrouve ces vers avec de légères variantes un peu plus loin (Cf. v. 5081-87.) 



iSl MYSTÈRES PROVEKÇAUX. 

Aras prengua la letra JAFFET he la legisqua en naut he quant 
Taura legida, trameca serquar Joseph par hun son mesatgier he 
digua al mesatgierThao : 

Thao, venetz sa : 

Anatz me serquar Joseph d'Arimathia 
Que vengua parlar an mi. 
q) THAO. Mossenhor, sertas ieu soy tôt prest 

De lo vos anar quérir. 5o5o 

Aral l'en ane THAO serquar Joseph he, quant sera datant el, digua : 

Senher Joseph d'Arimathia, 

Jaffet de Jaffa vos tramet serquar 

Que venguatz anb el parlar 

He que venguatz tôt prestamen* 
f) JOSEPH. Ieu soy prest, Thao, de anar parlar anb el 5o55 

He anem hy totz dos encontinen. 

Arai s'en ane Jostph he Thao he digua JOSEPH quant sera davant 
JalTet : 

Senhor Jaffet de Jaffa, 

Ieu veni aisi a vos 

Per veser, senher, que ^oletz vos? 

q) JAFFET. Joseph, ieu vos ho voly dire 5o6o 

Tôt so que m'a escrich la senhoria 

De Jherusalem. 

El es vertat que me an mandat 

Que ieu lor tramesés 

Joseph de Arimathia 5o65 

Quar els volo saber 

De vos alcunas novelas 

Las qualas sertas so aquestas : 

Que elses volo saber la vertat 

Se aquel Jhesus que elses an crucifiquat Soyo 

Lo jorn del venres sant 

Se el es resucitat 



5048. Après ce vers on a barré : Quar el me »o vengudat novelas. — 5o6o 
D'abord diriey. 



JOSEPH D'ARIMATHIE. l83 

Ni cosi vos etz de la tor salhit 

Ni may quai von ha gitat. 
wf JOSEPH. Senhor Jaffe, ieu soy tôt prest bojS 

De hy anar veraymen 

He de far tôt vostre mandamen. 
Arai digua JAFFET a Thao : 

Thao, ieu vos scrieuriey huna letra 

Que portaretz a la senhoria ; 

He portatz me de tencha he de papier. 5o8o 

Aras li porto tencha he papier he fasa senblan d'eicrieure; he digua 
la letra : 

Ho honorabla senhoria de Jherusalem, 

Ieu iey legyda vostra letra 

En que conte que ieu vos trameta 

Joseph d'Arimathia 

Que vos digua tota la veritat 5o85 

De Jhesus de Nazareth 

• Se el es resucitat ; 

He per so ieu lo vos trameti 

He lo vos trameti a fiansa 

Que no li fasatz negun mal, 5090 

Quar sertas ieu vos die que atrestal 

Fariey de vos autres [(• 66 f] * 

Se vos podi tener. 

Be vos mandi que avetz mal fach 

Que lo agatz crucifiquat, SoqS 

Quar de serta vos die ieu 

Que el es vertadier filh de Dieu, 

He totz nos autres ho eresem 

He ayso per los miracles que vesem : 

Quar nos avem vistas de gens 5 100 

Que ero mortz sertanamen 

He ero en tonbels sostaratz 

5073. D'ab. : y. e. s. d. /. t. 

* En haut du f« 66 : Jhesut Maria. 



184 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

He los avem vises resucitatz 

He avem parlât anb els 

He los avem conogutz encontînen 5to5 

He nos han dich claramen 

Que resucitat es sertanamen. 

leu no sabi pas hont aviatz lo ente[n]denien. 

Vos autres que etz tant grans clercz, 

Quar be sabetz que l'Escreptura 5i 10 

Que vos autres legetz cascun jorn 

Declarava que el hy auria hun Mesia 

Que venria far la redemptio 

De tota natura humana. 

He aiso die ieu que es el, 3ii5 

Quar ha trach los Sans Payres de infern 

He a canselat lo grau casern 

Que alleguava lo graii Satan. 

Tôt aiso diso los que so resucitatz 

Aquels que desus so alleguatz. Siao 

Non re plus per lo presen : 

Lo gran Adonay sia an vos autres 

Que vos done qualque bon coselh* 

Aras baile la letra JAFFBT a Thao que la porte a la senhoria he 
digua : 

Or sa, Thao, aquesta letra vos portaretz 

He a la senhoria la bailaretz 5ia5 

En me recomandan a lor bona grasia. 

He vos, Joseph de Arimathia^ 

Von anaretz sertas anb els 

He se vos fan negun desp laser, 

Mandatz me ho encontînen. 5i3o 

Aras s'en ano Joseph he Thao en Jherusalem per datant la senhoria, 
he digua THAO : 

Lo gran Adonay guarde de mal la companiha ! 

5io5. Après ce vers on a barré le suivant : La hun a a nom Eliot he l'autre 
Chariot, — SiaS. D'ab. : eL 



JOSEPH d'arimathie. i85 

Messenhors, ieu vos ameni Joseph d'Ârimathia 

Lo quai aviatz tramés serquar. 

He me ha dich Jaffet de Jaffa 

Que a vos autres se recomanda ; 5i35 

He vos* manda que el vos tramet 

Joseph de Ârimathia 

En vos sertas preguan 

Que el no aga negun maCl] , 

Quar el lo vos tramet a fîsansa 5140 

Como 11 avetz sertas mandat. 

He me ha ballada aquesta letra 

Que ieu la vos portés 

He me a dich tôt per esprés M 

Que la fasatz legir, que tota la senhoria 5145 

La entendes. 

Ara baile Thao la letra a Cayphas he que (la) fasa legir al notari en 
naut la letra que es de dairant que tramet Jaffet he, quant l'aura 
legtda, digua CAIPHAS : 

Joseph, vos siatz lo très que ben vengut 

He de gran joia reseubut. 

Sapiatz, Joseph, que nos aven désirât 

Sertas de parlar an vos 3i5o 

He volem saber la vertat 

Cosi escapat etz vos 

De dedins la priso 

Ni may qui von ha gitat } 

He volem que sobre la nostra ley 5i55 

Vos ho juretz encontinen. 

Aras Cayphas li présente la ley en que jure he Joseph se meta de 
ginolhos davan la ley he meta las mas sobre lo libre, he digua 
CAIPHAS ; 

Joseph d'Arimathia, vos juratz 
Que vos nos diretz tota la vertat 
De tôt so que es estât dich desus. 

5i35. D'ab. : Que se rec. a tota la senhoria. — 5i52- D'ab. : C. v. e, e. 



l86 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

1^ JOSEPH. Mesenhors, ieu iey jurât 5 160 

De vos dire la veritat. 

He per so vos autres me demandatz 

Qui es a'|uel que me ha delieurat 

De la priso hoiit era ficat } 

leu vos diriey en veritat 5i65 

Que so es Jhesus de Nazaret 

Lo quai avetz crucifiquat 

He vos diriey cosi m'en prés : 

Quar quant ieu fori dedins la priso mes 

He i agui estât tro al dimege mati, 3 170 

Ieu estava en oratio 

De ginolhos an gran devocio : 

Ieu vigui la tor levar, 

Sertas vau tôt tremolar 

He tonbiey tôt mort per tera; SiyS 

Mas calcun me va sertas levar 

He me va dire que ieu hubrigés 

Mos uelhs he espandigués — 

« He veiras aquel que parla an tu. » — 

He ieu sertas vau hubri 5i8o 

Mos huelhs he descrubri 

He lo conogui veramen mielhs 

Que el hera Jhesus de Nazaret 

A las plaguas que me mostret. 

He pueys me va dire que el era aquel 5i85 

Que ieu avia de sus la crofz davalat 

E lo avia fiquat en mon tonbeh 

He veramen encontinen 

El me prés per la ma 

He me va gitar defora 3190 

He me va menar en Gualilea [f* 67 r«| 

He aqui el me va laisar 

3i63. D'abord : de la pritogitat. — 5169, Les trois derniers mots sont rttarés. 
— 5170. Après mati, deux vers raturés. — 5 173. Ms. Vigra, 



JOSEPH D*ARI1«ATHIE. 187 

He me va dire que ieu no partigués 

Tro que los Juzieus me trameseso quérir d'aqui : 

He me va dire que me demandariatz SigS 

De la sua resurectio se era vertat 

He per so ieu die, que per lo segramen 

Que ieu iey fach, 

Que veraiament el es resucttat« 

He me ha dich iiicjuaras plus fort Saoo 

Que davant que el me trameta la mort 

Que ieu veiriey la venguansa 

De la sua sancta passio 

Que venra sobre Jherusalem 

He no triguara pas lonc temps. 53o5 

A.ras f^ CAYPHAS. Joseph, vos avetz grandamen parlât; 

He no cresi pas, be vos die, 

Que tôt so que vos avetz dich 

Sia sertas veritat, 

Quar tôt aiso no so que encantarias, 52 10 

Malvestatz he ilatan[a]s. 
i^ JOSEPH. Ho malvatz avesques de la Iey ! 

De la hont deuria salhir la salvatio 

El no ne salh que perdisio 

Del paubre poble Judale. 52i5 

He per so, Cayphas, ieu te die, 

He a tu, Ânnas, aitan be 

Que vos autres etz aquels ilataires, 

Desipados del be eomu he grans layros 

Que no fatz sertas autra causa 5220 

Se no que raubar la sieutat paubra; 

He que no von venra re de be 

He maudiretz sertas la hora 

Quant ne avetz tant raubat. 

He per so cresetz en lo filh de Dieu 5225 

Quar el nos ha resemutz per sa passio 

Que ha presa en Talbre de la crotz 



l88 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Per reseme los pecadors. 

Aras digua BOTZ, iradamen : 

Vos autres, avesques de la ley, 

Avetz sertas hun grau tort 523o 

Quar avetz jugat a mort 

Aquest sant propheta ; 

He vos die be de serta, 

Per mi he per los Juzieus, 

Que von ausaria mal penre 3a35 

He a nos autres aytant be, 

Per so que no voletz sertas creyre 

So que Joseph vos ha dich. 

Quar ieu vos die de serta 

Que el es hun bon prodome 5240 

He no vos dis que la vertat. [vj 

He per so nos avem délibérât 

Que nos creyrem en la ley sua, 

He vos autres faitz [so] que vos vos vulhatz, 

Quar sertas totz vesem be 5345 

Que ela es melhor que la nostra ; 

He vos die be de serta 

Que vos autres volriatz que demorès enaisi 

Affy que poguesetz sertas destruire 

La gen he tôt lo pals. SsSo 

Aras parle EN MAL-CAUSAT, Juzieu, iradamen : 

Or sa, Cayphas he vos Annas, 

No avetz pas vos autres gran vergonha 

De so que disetz que es eneantharia 

La hont aquestz testimojiis han dieh 

— Que so sertas gran quantitat — 5255 

Que totses han depausat 

Toses veramen de huna manieyra^ 

Mas so es sertas vostra momeyra 

5343. D'abord : la sua ley. 



JOSEPH D'ARIMATHIE. 189 

De no escotar neguna boiia raso, 

He no vesetz pas que mal dîsetz, 5260 

Vos autres que etzgrans clercz? 

He ho trobatz en la Escreptura 

Que la hou ha dos testhnonis ho très 

Que lor testimoniatge veray es. 

Mas sertas d'ayso no avetz gran cura 5265 

Se no que de far vostras cochas. 

Ara parle SIMON, Judeus, iradamen : 

Cayphas he Annas, vostras honors 
Nos faran venir a gran desonors 
He ausi per vostra cobesensa ; 
, Quar nos vesem que cascun an 5270 

La hun de vos autres dos etz avesques 
He per so no saubriatz vieure vos autres 
Sens tener aquel huffici 

Ni volriatzveser degun major sertas desobre vos. 
He per so vos disem nos 5275 

Que per envega he malvestat 
Vos autres lo avetz jutgat 
He lo avetz fach mètre a mort 
A gran pecat he a gran tort, 
Per so que vos desia vostras vertatz; 5280 

De que sertas avetz mal fach 
He mal non venra d*aisi en avant. 
Ara parle MELLA, Judeus, iradamtn : 

Ho senhoria de Jherusalem, 

leu no sabi pas hont aviatz lo entendemen 

De jutgar aquest home a gran tort ! 5285 

He fasiatz entendre al poble 

Que no hera que hun encantayre 

He hun gran endemoniat. [f* 68 r«] 

Tôt aiso vos autres desiatz 

5364. !cif on t raturé an vers qui reproduisait exactement Sa6a. 



190 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Sertas per la vostra gran malvestat 5290 

He per la gran malîsia que ly portavetz 
De que ne portarem la pena totses 
Sertas d'aisi en avant. 
Inquara nos avetz may fach dire 
Per so que no vos ausavem contradîre 5295 

Que nos avetz fach mètre aquest pecat 
Sertas sobre totses nos autres ; 
Hoc, he may sobre nostres enfans ; 
De que sertas avetz mal fach 
He mal non venra d'aîsi en avan. 53oo 

t) AMON, Judeus, iradamen : 

Ho malvasa geu enîqua 

He plena de malvasa eniqquitat, 

Quar per la vostra gran malesia 

Totses nos avetz meses en débat ! 

Nos autres no nos donam pas meravilhas 53o5 

Se vos autres ho avetz fach, 

Quar comunamen dich es estât 

Que vos autres clercz an malvada cosyensa 

Hetz bos a destrure huna gran provensa* 

He per so nos avetz destruchz 53 10 

De cors, de l'arma he des bes 

He meses en gra[n]da devesiou, 

Hoc, he may la vila en gran perdisio. 

He per so sertas vos die ieu 

Que a mala paubreya venretz 53 1^ 

Vos autres he tôt vostre mainatge. 

He vos die be veramen 

Que no triguara sertas guayre 

Que venra calcuii de autre repayre 

Que vos gitara de vostres locz. 53ao 



539a. D*abord : totsct n. p. /. p. 



JOSEPH D'ARIMATHIE. I91 

Aras s'en ane cascun en son loc he salisquo totz de la Sinaguoçua he 
▼engua lo mesatgie, he diçua, aprop que la tronpeta aura tro[m|pat, 
lo mesatgier BON RETORN : 

Dieu he la verges Maria 

Guarde de mal la companiha 

He ausi lo noble rey de Fransa, 

La regina he tota sa poysansa, 

Hoc, he mosseiihor lo dalphy 3335 

Que piiesqua noanteiier la flor del ly 

He los vuelha gardar de trayso. 

LA CRIDA del fons del ]oc : 

Messeiihors he danas, vos autres 
Âvetz vist gogar 

La figura de la sancta Passio 533o 

La quala ha presa lo filh de Dieu 
Sus lo albre de la veraia crotz [v«i 

Per nos resemer trastotz 
Del poder del demoni infernal, 
. Los quais trastotz per engual • 3335 

Herem condapnatz de anar en inferen 
A totz los diables perpetualmen; 
Âvetz vises los grans turmens 
Que ha preses per los pecadors, 
Scupimens, flagellamens 5340 

Que 11 an fach los malsfactors, 
Hoc, he de autfas grandas enjurias, 
Spenchas he grandas vilanias 
Que los Juzieus li an fâchas. 
He que vos sovengua de tôt, 5345 

En vos preguan que agatz paciensa 
De vostras adversitatz quan venraii 
Coma ha agut lo filh de Dieu 
Que per reseme lo poble seu 
Se es laisat mètre sus la crotz 535o 

5336. D'ab. : infem. 



192 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Per nos salvar sertas trastotz, 

He tôt aiso al vesentre de tota gen ; 

Ha presa paciensa verayameii 

Per donar a nos autres exemple 

Que quant tribulatios nos venran 5355 

Que a la sua sancta passiou 

Nos recorescam. 

He per so totz he totas avetz vist he ausit 

So que los jogados an fach ni dich 

Hen vos preguan que totz he totas 33ôo 

Ho vulhatz mètre en vostres entendemens, 

Quar be vos die sertanamen 

Que se vos autres ho faitz 

He von membra huna hora del jorn. 

Que ja mays en inferen pruon 5365 

Vos autres sertas no hintraretz; 

En H preguan que per la sua humîlitat 

Que de nos autres aga pietat, 

En vos, Messenhors, supliquan, 

Se alcunamen falhit aviam, 5370 

Que nos vulhatz perdonar, 

He Jhesus a totz he a totas nos vuelha donar 

La sua sancta gloria de Paradis, 

A Dieu siatz, a Dieu vos coman, 

Quar sertas nos autres non anam. 5375 



LE JUGEMENT GÉNÉRAL 



ENSEC SE LO JUTGAMEN GENERAL [P-yo»! 



Et primo Nostre Senhor deu estre asetiat en una cadleyra ben 
parada he deu mostrar totas sas plaguas, en presentia de totz, totas 
dauradas. He apris hy deu aver quatre angiels, dos de cascun costat : 
que la hun porte la crotz, he Tautre lo pïlar he la corda liada an lo 
pilar he l'autre los clavels he los foetz, he l'autre la lansa he Tes- 
ponsia. He hy deu aver una cadieyra ben parada per asetiar Nostra 
Dama, quant sera hora, al costat drech de son filh. He hy deu aver 
dos angi[e]ls, cascun an sa trompeta, he en paradis deu estre Sant 
Miquel he gran cop de anglais anb el. He los Sans devo estre a l'au- 
tre escadafal, cascun en son loc, ordenats an bancz. He deu portar 
sant Peire sa tiera coma papa, he los emperados he reis segon lor 
estât, habilhatz segon lor esse, las vestimentas qui verdas, qui negrns, 
qui an mosa. He i aura emperadors, reys, he d[e] glieza, he femnas 
abilhatz segon lor esse; los Juzieus seran ense[njble he los autres 
aitant be, hevenran quant seran apelatz per los angials. [f» ^g y<*jîn.] 

Los demonis seran a part, quant seran vengutz de infern, he seran 
davant Dieu eternal he auran aguda lor centensia. Nostra Dama 
tota sola sera en son loc riquamen abilhada en lo escadafal gran, he 
estara aqui tro que sera hora de venir. Justicia he Misericorcl[i]a he 
Vida seran totas ensemps sus lo escadafal gran. La Murt sera en 
son loc sur lo escadafal. Los Juzieus seran*a part a Pescadaffal gran, 
coma so : Melchisedec, Âymo, Lamec, Zorobabel. Los ydolatres seran 
a part sus lo escadafal, coma so : Abiatar, Salatiel, Piqua-ausel, 
Talhafer he d'autres. Los malvatz crestias seran a part coma los 
autres, coma so : Symon, Aniquet, Mella, Amon he los autres. Los 
religios bernardins, carmes, auguistis, predicadors, cordelies, meno- 
retas, coma $o : Nason, Mathatias, Semey, Aminadas, Balam, Hobet*. 

* Ces indications scéniques sont écrites de trois mains différentes ; la première 
qui est celle du scribe- à qui l'on doit tout le mystère, va du début à anb el; la 

III. i3 



194 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Diçua DIEU ETERNAL aU angiaU : 

Venetz sa, mos anglais beii uratz : 

leu voly que d*aquest pas 

Vos autres davaletz en lo mon 

Per denonsiar las grandas novelas 

Que a d'ascuns no seran pas bêlas, 538o 

He los diretz que ieu voly far. 

Coma Dieu he home he jutgfe eternalj, 

Sertas mon jutgamen gênerai. 

Ile per so vostras trompetas penretz, 

A totz los mortz vos autres sonaretz, 5385 

Que ago ventral gran jutgamen 

Per ausir lor senteiicia. 

V) LA UN DE LAS TROMPETAS an gran rererensa he tôt de gi nolhos : 
Très que poysan jutge eternal, 
Pueys que vos play de *nos comandar, 
Nos autres al monde anam davalar 5390 

He farem toses vostres coma[n]damen8« 

Aras s'en davalo los angials a l'escadafal, la hun ane a la hun cap 
he Tautre a l'autre capi he trompar^ LA HUN, he digua : 

Le(e)vatz vos, totz los Mortz, levatz; 
^ Venetz al jutgamen gênerai. 

Levatz vos toses d'aquest pas 
Veser vostre Dieu eternal ; 5395 

De vostra vida conte vos quai redre 
Se Tavetz mesa be ho mal. 



deuxième jusqu'à lot angials (la fin de ce morceau h partir de habilhali est 
elle-même re jetée au bas du feuillet) ; la troisième depuis los demonis jusqu'à la 
fin. — En outre on trouve sur un petit feuillet à qui on a donné le u<* 76, les lij;nes 
suivantes qui sont une rédaction plus développée d'un passage imprimé plus haut: 
Los Sant\ devo esse sobre l'autre escadafal a la ma destra asetiai^ en lors 
banc^. Sant Peire portara la liera coma papa, lo empcrador coma emperador^ 
los reys coma reys, sant Esthephe coma mariir, sant Marti coma avesque, sant 
Benesech, sant Fransés, sant Domenge, sancta Clara, cascun deu portar segon 
lor abit he que nh" aga gran cantitat de cascun orde segon la dispositio. Los 
autres que devo esse salvats estaran en lo gran escadafal de mest los dapnat\ 
he seran los vestimens plus net^ que los dels dapnat^. 



LE JUGEMENT GÉNÉRAL. IçS 

Aras l'autre digua coma aquest ha dich, he après, quant s*en seran 
montatz en paradis, ios morts se leva ran, los huns dels tombels he 

[^ los autres de locz segretz, he venran totses davant Dieu he se me- 
tran de ginolhos sans dire mot. Haprès los salratz s*en montaran 
en h un escadafal plus bas que paradis, a la part deietra ; he los 
dapnatz demoraran al gran scadafial, a la part senestra. 

Oîgua Dieu ETERNAL a las trompetas que trompo he apelo Locifer 
he totz los diables que venguo al jutgamen : 

Prenetz vostras tro[ni]petaSy mos angîels, 
Ânatz ajoniar per davant mi 
Lucifer he los diables totses, 5400 

Que encontinen ago a venir 
Per ausir lors sentencias. 
I^ L'autre AN6IAL de las tro[m]petas : 

Très que excellen he redoptabie senhor, 

Nos avem ausit vostre comandameii 

Que nos anesem encontinen 5405 

Âjornar Lucifer per davant vos 

He totses sos companhos; 

Per so, senhor. nos lay anam. 

Aras pre[n]guo congietde Nostre Senhoran gran reverencia he davalo 
a l'escadafal per daYa[n]t infern he tromparan totz dos la h un 
aprop Tautre he digua LA HUN quant aura trompât : 

De part lo Dieu eternal 

He de son coma[n]damen, 5410 

Lucifer, nos te ajornam 

Que agas a venir encontinen 

Per davant lo jutge gênerai 

Tu he totses tos companhos. 

1^ LUCIFER, dedins infern sans hubrir la porti : 

Quai ies tu que nos ajornas^ 541 S 

Ni davant quai nos quai anar? 

Quar ieu te die sans doptar 

Que tu nos has fâcha paor ; 

Ni no sabem pas bonamen 

Ni ente[n3dut sertanamen 3430 



196 MYSTÈRES PROVENÇAUX, 

Davant quai nos as ajornatz : 

He per $0 ieu te pregui 

Que autra vetz nos ho agas a dire. 

Digua l'autre ANGIAL : 

Pueys que autra vetz ho quai dire : 

Lucifer, ieu te ajorni 5425 

Per davant lo Jutge eternal 

Que agas a venir encontinen 

Tu he totses tos companhos. 

i^ LUCIFER. Pueys que lay nos quai anar 

Nos te segrem tôt lo bel pas [f»8o r»] 5430 

Quar no nos quai ponch rescondre, 

Quar el ho ve tôt he ho sap 

Qui mal ni be aura fach ; 

He per so nos te seguem 

Per veser que nos demandara. 5435 

Aras s*en ano los anglais en Paradis he digua LUCIFER quant sera 
fora* en plangen quant sVn seran mo[n]tatz per lo escadafal : 

He las ! mos companhos he que farem ? 

Quar aiso es la jornada 

Que ieu sertas tant doptava, 

Quar despueys que nos dese[n]dem 

De Paradis la granda mo[n]tanha, S440 

Ieu sabia be que ela en breu venria 

Mas no sabia pas lo jorn ni l'ora 

Cora donar se dévia* 

Aras la sabem totses de presen, 

Quar segon Tajornamen 5443 

Que los anglais nos an denonciat 

Ela se deu donar sertanamen; 

Quar ieu iey sentida la terra tremolar 

Quant los angials an trompât 



* q. s. f. Ces mots ont été ajoutés après coup. 

5424. D'ab. : dire h. q, — b^Zo, Ms. segruem.^b^o, D'ab. : de la g, m, d, P' 



I 



LE JUGEMENT GÉNÉRAL. 197 

He an mandat los mortz levar, 5450 

He per so anem lay totses. 

Aras vengua Lucifer he tota sa companiha per datant Dieu he digua 
r>I£U a Lucifer : 

Tu, Lucifer pie de sapîensa, 

He perfiech en tota siensa. 

Que eras lo plus bel de Paradis 

Tu, Lucifer, fores asetiat he mes 5455 

En la gran montanha de Paradis 

He en lo cel enperial. 

He perfiech tu as estât 

Del jorn de ta creatio 

Entro que as agut pecat. 6460 

leu te avia baylada 

La gran lumieyra clara 

Coma la granda estela 

Que hom Lucifer apela 

La quala se leva lo mati. 5465 

Aras tu, Lucifer, no donas pas clardat 

He aiso per ta gran malvestat 

Que as tôt jorn contuniada 

En lo monde he en la terra. 

He per so, per ta granda enequitat, 6470 

Tu les estât fora gitat 

De la granda mo[n]tanha de Paradis. 

Ho, chérubin, toit cor es estât élevât 

Per la granda sertas beutat 

Que ieu te avia bailada ; 5475 

Tu no ti es saubut reconoise 

Mas te ieys tôt jorn élevât 

He les d'aut en bas tonbat. 

He enaisi faran totses aquelses M 



3434. D'ab. : He lo p. b.... — 5462. Ms. lummeyra,- Clara aj. après coup. — 
3464. D'ab. : Q. h. a. L. — 5477. D'ab. : Ni te i. t.j. e. an malesia. — 5478. 
D'ab. : Ji- ». tonbat 



198 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Que te segran per aquel pas. 5480 

Aras Lucifer fa granda r«verensia he totz los autres, he digoa 
LUCIFER : 

Ho très que dos he clemen jutge ! 

Se vostra boiitat me vol escotar, 

leu vos mostrariey claramen 

Que ieu no iey ponch fach de pecat 

Ni vos iey offendut negunamen, 5485 

Quar, senher, ieu iey 

Conegut be 

Que vostra deitat me ha créât de no re 

He me a remplit de sapiensa 

He me a perfach en tota ciensa; 5490 

Per so, senher, no se ensec pas 

Que ieu aga sertanamen pecat 

Segon la vostra divinitat, 

La quala es, senher, de tota perfectio ; 

He per so, senher, se ieu agués pecat 5495 

A rencontra de vostra divinitat, 

Vos me podiatz a non re tornar, 

Vist que de non re me aviatz créât. 

Mas, en parlan an vostra reverensia, 

Il i [a] aguda una gran malvolensa 53oo 

He una malvada lengua 

Piena de vere he de envega, 

So es a saber Miquel lo arcangîel, 

Que me a tôt jorn acusat 

Davant la vostra magestat^ 55o5 

Per que el pogiiés obtener 

Mon loc he mantener. 

El me a grandamen acusat 

He falsamen ho a fach; 

He per so vostra devinitat 55io 

Laugieyramen Ta cresut 

Affy que ieu fos debotat 



LE JUGEMENT GÉNÉRAL. 199 

De Paradis san far pecat ; 

He per so, très que aut he poisan senhor, 

leu vos supliqui humialmen, 55i5 

Coma juste jutge que vos etz. 

Que vos agatz pi état de presen 

De la vostra paubra creatura, 

Que no la vulhatz ponch delaisar 

Ni tant cruselmen turmentar. SSso 

Quar, senher, ieu no iey ponch pecat 

A rencontra de vostra devenitat. 

Coma ieu iey dich desus* 

i^ LO JUTGE ETERNAL en reguardan los Santz qut so datant el : 

Âvetz ausit vos autreCs] totses 

Cosi Lucifer ha parlât SSsS 

En excusan tôt jorn son pecat 

He cosi temerariamen 

Ha respondut he orgolhosamén {f" 81 r] 

En paiiian tôt jorn sa malvestat, 

He cosi après ha prepausat 553o 

Que la mia divinita 

Ha fâcha injusticia, 

Coma se ieu no era juste jutge. 

Ho Lucifer, se ma divinitat 

Te avia fach tant gran be 5535 

Coma tu as dich aisi, 

Cosy séria de presumir 

Que de ma sola volontat, 

Quant tu no aurias fach pecat, 

Que ieu te volgués enaisi punira 5540 

He las ! quant ieu te agui créât 

No fores pas tu en ta libertat ^ 

Ho, Lucifer, tu as dich desus 

Que ieu te avia donada ta granda sapiensa 

3541-43. Ces deux v. ont été intercalés après coup. 



2CX> MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

He te avia perfach en tota ciensa: 5545 

Cosi d*aquela tu no as usât } 

He no sabes pas tu be 

Que aquelses que hom ensenha en be 

. Tôt jorn sa sapiensa multîplîca? 

Mas tu n'as pas aguda 555o 

Aquela conoisensa ni reteguda 

Per so que de ton cor la autesa 

No a(s) volgut pe[n3re negun cosselh ; 

Quar tu cugavas estre tant savi, 

Coma n*i a bel cbp en lo monde 5555 

Que cuguo may saber que no sabo 

Heper aiso son desaubutz, 

Quar cugar he pauc saber 

Fa tôt home decaser, 

He lo fa tonbar tost en bas, 556o 

Coma tii, Lucifer, fach ho as. 

He per so, Lucifer, per ostar ta gran presomtio 

He ta granda maladictio, 

Venguo davant tu totses tos pecatz, 

Tas folias he tas malvestats 5565 

En presentia de tôt lo mon! 

Aras se levé* SANT MlQUEL — que sera en Paradi he gran cop de 
angifils he davalo a l'escadafal — he parle an Lucifer anbe las 
paraulas, he digua : 

Ho Lucifer, se tu ies estât tant bo 

Coma tu as dich de presen, 

En presentia de tota gen, 

Per que davant lo jutge tu me acusas^ 5570 

He las ! no sabes be tu que ton mal conselh, 

Ton fastich he ton erguelh 

De Paradis te an fach tonbar^ 

He per so que cascun puesqua conoise 

' D ab. : vengua au lieu de se levé. — Les mots entre tirets ont été ajoutés 
après coup. 

5553. D'ab. : Quar de t. c. 



LE JUGEMENT GÉNÉRAL. 20I 

Ton grau pecat he ta granda malesia, SSyS 

leu te ho voly dire mantenen 

En presentia de tota la gen : 

He, diguaSy no as pas tu dich 

A tota ta posteritat he co[ni]paniha, 

Quant tu eras en la granda monarchia : 558o 

« Veramen îeu soy Dieu 

He soy sertanamen asetiat 

En la cadieyra de Dieu » ^ [v»] 

Après as dich horgolho^men 

Que tu metrias seguramen 5585 

Ton seti al costat d'Aquilo : 

« He aqui sera sertas mon tro 

He seriey senblable a Dieu. » 

Tu no podes pas aiso deneguar, 

Quar tôt se es mes en escrich 5590 

Per dos fîzels he bons notaris : 

Per Ezechiel a .XXVIII. capitol(s) 

He ai Capitol .XIIII. de Yzaias : 

Aqui tu ho trobaras. 

Après quant dises 5595 

Que al cel as demorat 

Per tan granda bontat, 

Per que, en la terra quant ies estât tombât, 

D'aquela bontat tu no as usât, 

Quar tu avias libertat^ 56oo 

Veramen ta vida he ta fy es estada 

Plus perversa he plus malvada 

Que no era ton comensamen, 

Quar per ton urguelh que tu avias 

Tu as fâchas gran cop de folias 56o5 

En lo temps dels Macabeus, 



5576. D'ab. : Que i. t. v — 5577. La place de ce v., ajouté après coup au 

bas du f» 81 r», est indiquée par un renvoi.— 5597. D'ab. : De t. g. — 56oo. Ajouté 
après coup. 



202 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Quar tu ieys montât sus lo autar 

He aqui te les fach adorar 

Coma se tu eras Dieu. 

Iteirij per doas veguadas faire as fach 56 lo 

Al poble sertas de Israël 

Dos vedels per adorar 

He lor as fach sertas recresen 

Que so ero los dieus veraiamen. 

Que les avia[n] trachz de la terra de Egipte. 56 1 3 

He per so, per lo gran pecat de ton erguelh. 

Tu me enproperas falsamen 

Hen vos requiren, Dieu omnipoten, 

Que venguo totas natios 

He ago a portar encontinen 562o 

Testimoniatge de sas maladictios. 

Aras* reys, ducs, contes he totz los autres que seran a l'escadafal 
segon** reguardaran Lucifer, que sera darant Dieu, en se mera- 
▼ilhan he dira DAVID als autres, en demostran Lucifer an lo dec , 
que seran sobre l'autre escadafal, he los sans he las sanccas cascun 
en son loc : 

He las ! no es pas aiso Lucifer 

Que ha conturbada tota la terra 

He a mes tôt lo monde en desolatio 

He los sans payros al plus pruon 5625 

De infern sans aver misericordia ^ 

He las ! tant malvada persona ! 

He ge se es fach semblable a nos. 

Mauditz sian elses totz 

Que tota a lor vida no an fach que mal ! 563o 

Aras digua DIEU a Lucifer : [f* 8a r*] 

Hor sa, Lucifer, matenen tu as ausit 
Tôt so que aquesta gen te ha dich : 



* D'ab. : Aras venran reys, d.y c. he reguardaran L. q, s. inquaras d, D 

*' Les mots : Que seran a Ve. s. & que seran sobre jusqu'à la fia de la rubrique 
ont été ajoutés après coup. 
56i5. D'ab. : Q.I. ha t... — 562i. D'ab. : malvestat\. 



LE JUGEMENT GÉNÉRAL. 203 

Que sabes tu may dire? 
wj LUCIFER. Mossenhor lo jutge, metatz lo cas 

Que en tal prejudici ieu agués pecat, 5635 

He las ! no ha pas pecat Adam senblablamen } 

He si a el veraiaaien 1 

Senhor, no a pas el pecat en erguelh, 

He aitan be Nabucadonozor, 

Coma ieu iey fach } 5640 

He se no los avetz pas punitz, 

Coma vos voletz far de mi } 
tj DIEU eternal. Lucifer, ieu te respondriey sans falhir 

Quar quinh mal que Adam aga fach 

El l'a fach per ton estiguatio, 5645 

Mas tu no as agut negun 

Que t'en aga estiguat 

Sertanamen de mal far; 

Mas ta propria malvestat 

Te a fach tonibar en pecat. 565o 

He per so te die Lucifer, ieu, 

Que tu li o as fach far 

He el a mens pecat que tu. 

Aprop, quant el a conogut son pecat, 

El me a demandada misericordia 5655 

He a fâcha très que granda penedensa; 

Mas tu, Lucifer, no as vuolguda aver conoisensa 

De ton gran pecat que avias comés, 

Mas as tôt jorn persévérât 

En ta granda malvestat, 566o 

Coma ha fach Pharao he Judas 

Que jamais sertas de lor malecia 

No an vuolgut aver conoisensa ; 

He per so ieu vos doni la maladictio. 

Aras parle DIEU an los reys he autres sans, que so en lo scadafal 
segon^, he lor digua : 

* On a ajouté après coup : Que so e. l. s. t., h, l. d. 
563 1. D'ab. : te die ieu L, 



204 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

He per so a vos autres que vos senbla ? 566S 

So elses justamen condapnatz 
Vesen que tans de mais elses an fachz? 
Diguatz me tota vostra ententa. 
ly DAVID.* Ho! Dieu eternal tôt poysan! 

Nos sertas totses te disem S670 

Que elses so justamen condapnatz. 

Aras dira DIEU a Lucifer he a sos conpanhos : 

Lucifer an tos companhos 

La maladictio auretz totz; 

He ostatz vos de mest los autres, 

Anatz von a la part senestra. SôyS 

Aras te meto LUCIFER he sos companhos a la part senestra en 
cridan : « Que malesecta sia la hora que em estatz creatz**! » 

Arai parle DIEU an Sant Miquel, ha an los autres angiels ; [▼*] 

He tu, Miquel, an tos companhos 
Quant avetz fachs mos comandameas 
He guardatz entieyramen aquels, 
Pogatz von sai sus en paradis. 

Aras s*en monta ran en Paradis. 

Après LOS ANGIELS tromparan de Paradis he diran la hun aprop 
l'autre quant auran trompât, la hun del costat de Paradis he Tau* 
tre de l'autre costat : 

De part lo rey he jutge gênerai 368o 

Fam saber a totses los Juzieus 

Que venguo totses comparer, 

En persona he sens avocatz, 

Âusir lor jutgamen eternal. 

Aras ▼e[n]guo los Juzieus quant la crida sera fâcha, coma : Melchi- 
sedec, Aymo, La mec, Zorohabel, he autres datant Dieu he se 
meto de ginolhos fasen rererencia, he digua DIEU : 

Augatz, vos autres, poble de Israël : 5685 

No vos soy ieu pas estât promés 

* n y avait d'abord : (^ Los Jésus la hun d'aises, he digua 

' Les mots eatre guille.ncts ont été ajoutés après coup. 

5679. Au lieu de ce vers il y avait d'abord : Anat\ von a la part dextra. 



L£ JUGEMENT GÉNÉRAL. lof) 

En la vostra ley 

En la quala es estât promés 

Que Dieu vos trametria hun propheta 

Del miech de vostres frayres 5690 

He séria senblable a Moyses } 

Aprop a dich que aquel propheta 

No escotaria ni no creyria 

Que sertanamen el periria. 

He las ! no soy ieu pas estât aquel SôgS 

Que a Moyses iey donatz los confianda[in]e ns } 

Après no vos iey ieu prédicat 

Del realme de paradis la gran bontat? 

Après no avetz pas vos autres 

Vistes los grans miracles 5700 

Que ieu iey fachs davant vos autres? 

No iey ieu illuminatz los orbz, 

Los boytoses he los tortz 

He resucitatz grau cop de mortz? 

He iey presa mort per vos autres byob 

En presentia sertanamen de totses, 

He soy resucitat de mort a vida 

Après ma mort lo ters dia. 

Aprop a mos apostols predicar iey fach 

Del realme de Dieu la bontat, 5710 

Las grandas causas he los grans bes 

Sertanamen ausen de toses* 

He vos autres los avetz ben gasardonatz^ 

Que los avetz persecutatz 

He decasatz, lapidatz 671 5 

He flagellatz, 

Mortz he encarseratz* 

Hor sa, diguatz me mantenen totses, 

Pueys que ieu vos iey bailat mon cors, [f» 83 r«] 



36q3. D'ab. : ausiria. 



2o6 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Que dévia ieu may far a vos autres ? 5720 

I|^ Los JUZIEUS, coma Melchisedec : 

O illustrisseme jutge eternal! 

Nos sertas be conoysem 

Que vos etz lo gran jutge gênerai 

He vos preguani benignamen 

Que nos vulhatz escotar de preseti. Sy^S 

Senhor, el es veritat sertanamen 

Que vos nos aviatz promés 

De nos baylar hun propheta 

Que séria de nostra semensa ; 

He avetz, senher, may dich SySo 

Que aquel qui no lo escotaria 

Sertanamen dapnat séria ; 

He nos avetz donada conoisensa 

De conoise aquel propheta 

He per so, setihor, se aquel propheta a dichas 

Alcunas causas (a) ben dichas 5736 

En lo nom de Dieu he no so aveiigudas, 

Vos nos avetz dich he comandat 

Que encontinen el fos lapidât 

He mes a mort très que vilana, 5740 

Com apar [de] Deuteromi 

Al XVIII. Capitol veramen. 

Nos avem fach vostre comandamen 

Que mes Tavem encontinen 

Sus l'aubre de la veraia crotz. 6745 

Per que supliquam benignamen 

Coma bénigne jutge he cortés 

Que vos plasia de inclinar 

Vostras benignas aurelhas he escotar 

A vostras paubras creaturas. 5750 

Digua ZOROBABEL a Dieu : 

Ho 1 veray Dieu juste he drechurier ! 

bj3i. Û'ab. : autiria. 



LE JUGEMENT OÉNÊRAL. 207 

Que a cascun redetz so loguier, 
Senher, m'es avist que nos avem fach 
Tôt so que nos avetz comandat, 
Mas mantenen nos conoisem be 5755 

Que vos etz aquel propheta 
Que etz estât per la ley tramés. 
Totas vetz mot de causas nos avetz dichas, 
Las qualas no so pas avengudas, 
En nos pensan que vos fosetz 5760 

Aquel mesongier propheta ; 
Quar vos disetz en la Sinagogua 
Publicamen davant tôt lo poble 
Que lo temple vos destrulriatz 
He dins très jorns lo rediffîcariatz, 5766 

De que no es pas endeveCn]gut 
He tôt lo poble es estât desaubut, 
Quar lo temple demorec gran temps 
Tôt entier sertanamea 

Àprop totas vostras paraulas. 5770 

He per so quant nos viguem la vertat. 
Que lo temple no era ponch to[n]bat, 
Nos vos presem he vos liem [v] 

He grandamen vos destreysem 
Affy que no vos escapesetz. 6775 

He per aiso vos avem fiquat 
Sus Talbre de la crotz he clavelat. 
Digua AYMO a Dieu : 

Très que excellen jutge, se vos platz, 

Vulhatz me mantenen escotar : 

Vos, per vostre propheta, vos avetz dich : 5780 

Que negun home no mude sa sentencia, 

Coma dis Esdras en son premier libre, 

En lo Capitol sieyzeme^ 

5737. D'ab. : tramei p. l. l. 



2o8 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

He que aquel que venra contra aquela ley 

Que sia punît grandamen 3785 

He que en un fust sia fiquat 

He en lo miech loc de sa mayso estaquat 

He après que totses sos bes 

Sian vendutz he preses, 

Quar Dieu ha ordenat S790 

Que son temple sia guardat* 

He per so que no es endevengiit 

Que vos lo agatz destruch, 

Coma vos, senher, aviatz dich. 

Nos vos avem mes en crotz Syc^h 

Sertas entre dos layros. 
Digua ABIATHAR a Dieu : 

Ho eternal he veray jutge! 

Se vos play de me escotar, 

Una causa vos voly demandar : 

Vos, très que excellen senhor, 58oo 

Avetz contra la ley mal fach, 

Que sertas (en) lo nostre sabat 

Lo nos avetz tôt trinquât 

He en lo jorn de nostre repaus 

Avetz guérit gran cop de malautz, 58o5 

De que nos no hem pas tengutz 

De crejre vostres estatutz, 

Per so que avetz fach contra nostra ley. 
Digua LAMEC a Dieu : 

Très que redoptable senhor, 

Vos me escotaretz se vos platz : 58io 

Quant vos eretz davant Cayphas, 

Nos vos euteroguem grandamen : 

Se vos eretz Christ promés en la ley. 

Que vos ho disesetz plublicamen. 

58o3. On a corrigé ensuite en : Vos nos. -» 58io.: D'ab. : playt\» 



LE JUGEMENT GÉNÉRAL. tOÇ 

He vos sertas nos respondetz 58 1 5 

Que las hobras que vos fasiatz 
Vos sertas las fasiatz 
En nom de vostre payre, 
Que portavo de vos testimonlatge. 
Vos avetz fachs de grans miracles, 582c 

Dels quais vos die veraiamen 
Que autre no ho a pas pogut far; 
Mas an totses aquels miracles 
Que avetz fachz demest nos autres lf*84 r^l 

Nos no erem pas tengutz de vos creyre, 5835 
Quar vos nos aviatz comandat 
Que, quant aquel propheta 
Nos auria prédicat 
Âlcuna causa en lo nom de Dieu 
He no séria ponch avenguda, 583o 

Nos lo fesesem morir segon la ley : 
He per so vos avem fach morir justamen., 
He vos, salva vostra reverentia. 
Nos voletz condepnar malvasamen. 
1^ Dieu ETERNALs totses en i^eneral : 

Ho! Juzieus maluroses, 5835 

Entendez a mi trastotses^ 

Vos autres avetz entendudas 

Totas las sanctas screpturas, 

He per so que vos autres disetz 

Que ieu vos avia tôt jorn promés 5840 

Hun sant home en vostra ley, 

Vos autres l'avetz agut, 

Quar ieu meteis.hy soy vengut 

He vos iey parlât en parabolas, 

En proverbis he en figuras, 5845 

Coma a dich mon mesatgier Davit : 

5834. D'ab. : n. anatx conJepnat\ m. 

III. 1^ 



ZtO MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Quar ieu ubririey ma boqua 

En parabolas 

En lo monde, 

Coma apar en lo psalme : 585o 

At[t^endite popule meus legem meam. 

Que vol dire : atendetz ma ley, mon poble. 

He se vos autres avetz reguardat 

Tôt so que ieu vos iey prédicat 

He en so que ieu vos disia : 5855 

Que lo temple ieu destruria, 

Del temple de Salamo ieu no enteCnjdia pas 

Mas dei temple de mon cors, 

Lo quai avetz romput trastotz 

Sus lo albre de la veraya crotz, 586o 

Lo quai ieu iey refach he réparât 

Lo ters jorn, coma vos avia prédicat, 

So es a saber lo jorn de la resurectio. 

Après vos autres dich me avetz 

Que ieu iey trinquât lo sabat, 5865 

Mas diguatz me se sabetz 

Se ieu fesi re a rencontra, 

Quant, en vostra presentia, 

Kesucitiey lo fîlh de la Cananea? 

Los ladres guéri tz iey 5870 

He ios orbs illuminatz iey 

Per mon sol coma[n3damen* 

He las 1 no vos disi ieu publicamen, 

Quant lo fîlh de la Cananea 

Agui ieu resucitat 5875 

He gran cop d'autres lo jorn del sabat 

He me voliatz repenre 

Dels miracles que me vesiatz fayre, 

584S. Ps. 77, 2. — 584.8. r)'ab. : E. p. he en propoùtios; les derniers mots ont 
été eifacés ik remplacés par en lo monde qui formait déjà le vers suivant — 
585i. Ps. 77, i. — 3856. Ev. s. Matlh. aô, 6i. 



LE iUGËMENT GÉKÈRilL. 21 f 

Quant iei) vos disi encontiiien : [v*] 

Qui de vos autres era aquel 588o 

Que, quant son buou ho son ase 

Eu hun potz ero tonbatz, 

He fos lo jorn del sabat. 

Que encontinen d*aqui [no] lo trasiatz ? 

He.no era pas plus rasonable 5885 

De resucitar ho de 

Gerir hun ladre 

Lo jorn de] vostre sabat ? 

He si era verayamen, 

Quar Tome grandamen 5890 

Es plus nobla creatura 

Que no es la bestia bruda. 

He no cofjsssro pas los diables ausi 

Que ieu era Jhesu Christ } 

He per so ieu voly que los de Nenive, 5895 

Los quais au tacha peniteiisa 

An la predicatio de Joanas lo propheta, 

Vos jutgaran vostras malesias, 

De que venretz al potz de infern. 
Arat parU DIEU an los existens : 

Hor sa, mos beu amatz, 5900 

Que disetz vos autres d*aquestz platz P 

Dels Juzieus que vos en senbla } 

So estatz els ben coudapnatz } 
^ Lo «xîstens* : 

Hoc, senhor, sertanamen. 
Aras di^ua DIEU als Juzieus : 

Anatz, vos autres Juzieus inalvatz, 5906 

A la mia ma senestra. 
Aras s'en iran totses los Juzieus a la part senestra sans dire mot. 



* Une main postérieure a corrigé ea Sant Peyre. 

S6go. D'ab. : Q. /rr> l*o. — 5896. penitensa^ ajouté. — 5901. Les deux derniers 
niots ont été ajoutés après coup. — 5903. els, ajouté. 



212 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Aprop Tenran lo[s] DOS ANGIELS an las trompetas he cridaran ak 
idolâtres he diran, quant auran trompât, la hun aprop Tautre al 
Costa t de Paradi : 

Venetz avan, tofses lo[sJ ydolatres 

He paguas he autres, 

Venetz davant lo jutge eternal 

Per aiislr vostra 8eiiteiicia« Sçio 

Aras Tenran pagiias he ydolatres — Hahiathar, Salatiel, Olifart, 
Piqua^ausel, Talhafer, las tro[m]petas,'* ^ per datant lo jut^e he 
dira LO JUTGE : 

Or sa, totses vos autres, 

Paguas he ydolatres, 

Scotatz tôt so que ieu vos diriey : 

leu vos iey formatz a ma senblansa 

Coma totas las autras natios SqiS 

He per so que vos autres avetz passatz 

Los comandamens que vos avia baylatz, 

Quar las ydolas avetz adoradas, [f'Sr r«] 

He ieu las vos avia devedadas 

Que no adoresetz autre Dieu, 5920 

Quar Moyses vos ho avia fach saber 

Per los comandamens que ieu li avia baylatz; 

He perso vos autres etz tant malvatz 

Que mos comandamens avetz trespasatz, 

Et ayso per vostra gran malesîa, 5925 

Quar de vostras mas fâchas las aviatz. 

Las qualas no sabian parlar 

Ni avian sperit en elas 

Que las pogués fa parlar» 

Elas vuelhs avian 5930 

He guota no hy vesian, 

Las mas avian he re no toquavan, 

Pes avian he no caminavan. 



* Les mots entre tirets ont été ajoutes après coup. 

5914. D'ab. en deux vers. — 5qi6. D'ab. : Quar vos - 5Qa6-33. Ps. ii3, 

4-7. 



LE JUGEMENT GÉNÉRAL. ?l3 

He las ! quala raso vos movia 

De fayre tan gran folia } SgSS 

He las ! per que no conoisiatz vos autres 

Lo Creator del cel he de la terra 

Que tôt jorn vos ha douât lum 

He vos ha tôt jorn pascutz 

He en vostras nececîtatz socoregutz? 5940 

Que sabetz vos autres alleguar } 

El vos quai mantenen apelar 

Vostras ydolas que ve[n]guo parlar 

Per vos autres de mantenen, 

Que vos venguo deffendre encontinen, 5945 

Quar lo jutgamen ieii volydonar. 

.\ras respondran los paguas he los idolâtres, so es* HABIATHAR : 

Très que poysan he juste jutge, 

Nos vos supliquam benîgnamen 

Que vos nos donetz encontinen 

Hun petit de audiensa : 5950 

Pueis que, senhor, vos nos avetz formatz 

He fachz a vostra senblansa, 

Per que vos no nos donatz 

La vostra benigna gracia, 

Coma avetz douât als Juzieus, 5955 

Quant los salvetz per la circun[si3sion 

Après la vostra encarnatio, 

Pueys lor donetz la salvatio 

Quant ordeiietzlo sancte segramen de baptisme, 

Vos nos fachz, senh[e]r, gran tort, 5960 

Vesen que vos eretz vengut per totses 

Per far hun parc & hun pastor, 

He las ! no valgra pas tnay 

Que no tosem natz ja raay? 

* //. est d'une autre maio. ^o et a iU mis en surcharge à la place de Salatiel. 

bg3S. Lum est douteux; ms. : eu (?). — 5948. Ms. supliqua^, — 5962. Ps. 10, 
16. — 5q64 D'ab. : Q. jamay no . Après ce vers on a effacé : Quant nos hem 
totes dapnat\ 



J 



ai 4 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

tÇ LO JUTGE. Escotatz que vos voly ieu dire : SqGS 

En lo estât de innoceiisia 
Ieu îey format Tome 

Per reparar la ruina [r^] 

Dels anglais he la malesia. 

Adam se pensava be 5970 

Estre senblable a mi 
He mespreset mon comandamen 
Lo quai ieu li avia devedat; 
He per so que el no lo h avia guardat 
Ieu lo mes! per hun gran temps SgyS 

En la gran carser(e)n infernala 
He an la mort perpetuala; 
He per so que ieu agui gran compacio 
De l'home he de sa posteritat, 
Ieu vengui penre ma encarnatio 5980 

En lo ventre de ma mayre 
Per reseme natura humana. 
Mas diguatz me, vos autres, 
Quant ieu fasia los grans miracles 
En las vostraCsJ presentias, 5985 

Per que vos autres no cresiatz? 
Fie las! no sabetz be vos autres 
Que ieu devesigui la Mar Roga 
Quant lo poble de Israël ne pasava } 
So es estât notori 5990 

Per tôt lo universal monde. 
He vos autres sabetz be 
Que ieu persecutiey aytan be 
Lo malvat rey Pharao 

Quant volia destruire mon poble, 5995 

Que neguet an tota sa gen 
En la Mar Roga enconti nen. 
Item no avetz pas considérât 
De Sanpso cosi es estât. 



LE JUGEMENT GÉNÉRAL. 21 5 

Tant fort home coma era, 6000 

Que an una maysela d*ase 

Tuet de gens hun gran nombre } 

Sj quai donquas conclure, 

Puey que avetz vis tes 

Tanses de grans signes, 6oo3 

Que el es tôt a vostra confusiou* 

He las! ieu vos iey amatz totses, 

Quar ieu vos iey trameses 

Mos apostols he mos disiples 

Que vos prediqueso lo baptisme 6010 

He la remesio dels pecatz, 

He per so ieu tôt de mantenen 

Vos doni mon jutgamen : 

Que vos autres anetz a la ma senestra. 

Aras s'en iran a la ma senestra. Aprop trompa ran LOS ANGlALScoma 
an fach desus he dira la un aprop Tautre, quant au ran trompât : 

Venetz avan, malvatz crestias, 601 5 

Prelatz, pastors he autra gen; 

Venetz ausir vostras folias 

Que avetz comesas an totas gens ; 

Venetz totses apertamen 

Davant lo jutge gênerai* [f- 86 r-i 6020 

Aras venran prelatz, rictors, avocatz, notnris, sargans he tota ma- 
nieyra de crestias -^ Symon, Aniquet, Mella, Amon, Diamas, 
Gestas* — darant lo jutge h e dira LO JUTGE quant seran da- 
Tant el : 

Vos autres pastors malvatz, 

Que davant ma presentia vengutz etz, 

Ieu voly jutgar vos très pecatz, 

He per so aisi atendetz. 

Vos autres sabetz be 60?. 5 

Que ieu soyvostre jutge, 

He per so davant mi vengucz etr. 

* Ces noms propres se trouvent en marge. 



Iî6, MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Per ausir vostra seiitencia. 

Vos autres, prelatz he rictos, avetz raubada 

Veraiameii tota ma glleysa 6o3o 

En despolhaii las paubras fedas. 

Or sa, vos autres me diguatz, 

No era pas el hordenat 

Que vos autres donesetz a mangar 

A las vostras paubras fedas 6o35 

Al mensas de la tersa part } 

Sertanamen non avetz re fach, 

Ant lor avetz tôt jorn tractât 

A totas lor perdesio 

He bayladas en la gorga del lop, 6040 

So es a saber del diable infernal. 

Vos autres avetz fachz tans de mais 

He no avetz pas fach coma bos pastors, 

Mas coma mersenaris he layros; 

Per so crido venguansa totas 6045 

A rencontra sertas de vos autres. 

Que respondetz, vos autres malvatz? 

Quar davant mi no quai ponch de avocatz. 

ff Li huit dels prelatz, SYMON*. 

Très que aut he redoptable senhor, 

Humialmen vos supliquam 6o5o 

Que nos vulhatz hun pauc escotar : 

Senher, no nos vulhatz pas repenre 

Seguon la rigor de vostra justicia, 

Quar nos sabem be de serta 

Que segon la vostra justicia 6o5d 

Negus no pot estre salvat; 

He per so humialmen vos suplican 

Que nos vulhatz, senher, jutgar 



* Symon a été ajouté de la m^ine main que les noms propres de la rubrique pré- 
cédente. 



LE JUGEMENT GÉNÉRAL. 217 

Segon la vostra sancta misericordia 

Enaîsi coma vos jutgetz 6060 

Los sans payres en lo Vielh Testamen 

Quant de infern vos los tiretz. 
IV LO JiTTGE. Tu que parlas enaîsi 

No as tu iegida la Screptura, 

En Ezechiel en lo ters capitol 6o65 

Que dis enaisi : 

Que ieu iey comandat als pastors M 

Que de lors fedas feseso bona guarda 

He que las prediqueso grandamen, 

Ho autramen se gardeso 6070 

De morir eternalmen } 

Mas veramen vos autres 

No avetz pas fach como los pasrres 

Del Vieilh Testamen, - 

Mas lor avetz mostrat 6075 

Lo cami de malvestat. 
^ Lo popular al jutgc* : Ho noble senhor he jutge 

Vos avetz dicha la veritat, 

Quar en presentia de totz 

Elses an comesas maledictlos : 6080 

Coma joctz he asulterîs 

He gran cop d*atitres mesteris, 

De que nos pensavem sertanamen 

Que tôt fos a nostre salvamen 

He pensavem que fos be fach* 6o85 

Digua LO JUTGE als pastors : 

Hor sa, pastors taribles, 
Que diserz d'aiso vos autres 
Ni quînha bona excusatio avetz 
En aiso que vos meto davaa } 

• M». Paular. — En marge : Xmon. 

bnbg, Ms. s, al — 6062. Après ce vers on a raturé celui-ci : a taber pcr la 

vottra sancta passio, — 6o63. £2. 34. 



2lS MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Après me diguatz, vos autres, 6090 

Quinha symonia comesa avetz 

En venden vostres benefîcis } 
v) Los PASTORS*. Ha, ha, ha, domine^ ne irascatur 

Furor tuus contra nos ! 

Senhor, tu qui es misericordios, 609^ 

No te coroses pas contra nos. 
^, LO JUTOE. Ho malasitz rictors malvatz, 

leu iey be de que corosar 

Quar per vostras fautas 

So perdudas gran cop d'armas 6100 

He seran en infern priou 

Sans aver ja may remesio, 

He aiso per vostre mal goverii, 

Quar se vos aguesetz be emagenat 

Del govern que vos era estât bailat, 6io5 

Vos autres agratz governadas las armas 

Que vos ero estadas baîladas; 

Mas avetz fach lo contrari. 

Que tôt vostre dou(at)ari 

Avetz bailat a vostres parens 61 10 

Ha a bel cop d'autras gens, 

Per los fa riez he manens, 

Dels bes del sancte crucifie 

Dels quais ^vetz tengutz gratis lebries 

Per casar [en] blatz he sendiers, 61 1 5 

He donat gran cop de damage 

A las paubras gens de vilatges. 

Ho devorados de ma glieysa. 

Se vos autres aguesetz emagenat 

To.<:es los mais que fasiatz, 6120 

Veramen en neguna manieyra U» 87 r») 



* En marge : hmaeL 

6091. Judic. VI, 39. » 6099. D'ab. : Q. sertas vos autre* ûveti fâchas perdre 
— 6iot. Ms. infren. — 61 IQ. En interligne, aviat^. 



LE lUGEMENT GÉNÉRAL. 219 

No agratz pas comeses pecatz; 

He per so vos die ieu sertanameii 

Que totses vieus encoiitînen 

Voti îretz en infern priou. 61 sS 

Anatz von a la ma senestra. 

Aras s*en van « la ma senestra ^ Robo:im, Amos, Seruth, Corbet, 
Jaffet, Symoii.-* Après trompa ran LOS ANGIALS coma es dich desus 
en ajornan relegioses, bernardt[n]s, celestins, augusti[n]s, carmes, 
cordeliers, observa [njtins, preiicadors, menoretas he autras gens de 
rclegio| he diran quant a'uran tro[m]pat ; 

De part lo jutge eternal 
Nos fam a saber a totses relegioses 
Coma so carmes he menoretas, 
Chartros, bernardins, augustins, 61 3o 

Cordeiierfs] he jacopins, observantins, 
He a tota autra gen de relegio 
Que venguo comparer encontinen 
Davant lo jutge drechurier. 
Aras Tcngao totz los desus nopnatz, he digua LO JUTGE : 

Ho malvada gen perdiida, 6i35 

Que avetz fach tôt jorn del sanctus 

He avetz serquat tôt jorn gran abus 

A tôt lo monde he demostrat 

Tota la vostra malvestat ; 

Quar dedins bel senblan fasiatz, 6140 

He de part defora los desaubiatz 

He fasiatz fort de ripocrita 

En anan per la carieyra 

He cometiatz tôt jorn detractio, 

Susuratio he murmuratio 6145 

He d*autras grandas maledictios, 

Per so metetz vos a la part senestra 

He ausiretz vostra sente[njciaé 

Aras s*en ran a la part senestra — Nason, Mathatie, Semey, Ami- 
nadab**, Balam, Hobet, Roboam**. -^ Après trompa ran LOS AN- 

* Ms. Aninadab, 

** Noms propres ajoutés en marge. 



2 20 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

GIALS, co;na es dich desus, en ajornan emperadors, re]rs« ducs, 
.contes he baros, merchans he autras gens, he diran : 

A totz VOS fam a saber 

De part lo rey celestial 6i5o 

Que agatz a venir totses 

Coma so enperadors, reys, ducz he co[n3tes 

He a tota autra gen de noblesa 

Que han aguda grau premiiiensa, 

Borgeses, merchans he gens mesquîngna 61 55 

Per ausir fotses lor jutgamen. 

Aras Tenguo los desus nopnatz, he digna LO JUT6E : 

Or, sa, redetz me, vos autres, bon conte 

Del govern que ieu vos iey baîlat, 

Quar ieu vos avia recomandat 

Lo governamen de tôt lo pobte, 6160 

Coma so paubras femnas veusas, 

Petitz enfans horfes he filhas^ 

Vegam cosi ho avetz governat. 

1^ LO ENPERADO al Jurge. [v\ 

Très que aut he redoptable senhor. 

Se play a vostra clemensa 6i65 

De nos hun pauc escotar. 

Nos vos direm nostra ententa : 

Senhor, el es veritat 

Que vos nos aviatz bailat 

Del monde lo governamen; 6170 

Nos lo avem governat 

Enaisi coma saubut avem. 

Vos, senhor, nos avetz istituitz 

Per entretener tota justicia ; 

Nos, senhor, Tavem entreteguda 6175 

Tant que avem sertas pogut 

En lor fasen bona justicia. 



61 55. Ms. mequinqua. — 6172. D'ab. : coma avem s. 



LE JUGEMENT GÉNÉRAL. 221 

wÇ Lo poble he los enfans orphes — lo paralitic, lo boytos^ Torb» 
son payre, sa mayre ^ digua LO PARALITIC* : — 

Ho noble jutge très que excellen, 

Escotatz nos, se vos platz, de presen : 

Senhor, el es causa vertadieyra 6180 

Que nos autres estans en paubrieyra, 

Sans payre ni sans mayre, 

Elses nos an debotatz 

De nostres repayres he gîtatz, 

Quar no avîan amicz ni parens 6i85 

Que nos deffendeso d*aquestas gens, 

He ayso per la gran paor 

Que perdeso tôt so del lor. 

He enaisi, senher, nos an mangatz 

Totses nostres bes he dostatz ; 6190 

He la causa, senher, a anat tan mal 

Que a calgut que siam anatz a l'espital 

He demandar las almoinas per mort de Dieu, 

He an fâchas gran cop de estorcios 

He comesas gran maladictios, 6195 

Coma usuras he baratz 

He gran cop d'autres pecatz; 

He no an ja may aguda misericordia 

Quant hem vengutz davant lor porta 

De demandar per Dieu la almoina. 6200 

Digua LO JUTGE : 

Que disetz, vos autres, 

Ni que respondetz 

De so que aquetses diso 

Ni davant vos autres empropero } 

Es aiso veritat, hoc ho no? ôaoS 

f^ LOS REYS». Ho très que noble senhor, 

Âiatz pîetat, se vos play, de nos 
He jutgatz nos, senhor, 

• Ms paralatic. 

' En marge : Hoboam . 



222 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Segon la vostra misericordia 
He non pas segon vostra justicia. 6210 

t) LO JUTGE. Ho malvatz enperados, 

Keys, contes, ducz he baros, 

Borgeses, merchans he autres, 

No avetz pas ausit dire vos autres : 

Qui misericordia no ha 62 15 

Misericordia no deu trobaï [f^88 r»J 

He las! no ayetz pas ausit predicar 

A David lo co manda men 

Que ieu ly bailiey encontinen. 

Quant lo agui fach rey sus lo poble : 6220 

Que fesés bona justicia 

Tant al paubre que al riche? 

He, se SOS fîlhs no ho fasiou 

Ni mos comandamen[sj no guardavo« 

Ieu les vesitaria.lors enequitatz 6225 

He los batria tant los costatz 

Que elses venrian a dapnatio. 

He per so toses vos autres, 

Enperados, reys, ducz he contes. 

Que avetz viscut sans misericordia^ 623o 

Ânatz von a la part senestra 

Aras s*en a no a la part senestra*. Après venguo LO[S] AN6IALS trom- 
par coma desusf he diguo : 

De part lo rey drechurier 

Fam saber a totz vos autres, 

Jutges, avocatz, porcurayres, 

Que venguatz encontinen 6235 

Per ausir vostra sentencia. 

ArasTenran los desus dichz — lo tesaurier. Pilât, Dalphinat, Bara- 
bas, lo poticari — he lordira LO JUTGE ETERNAL quant seran 

ve[n]gutz : 

Per davan ma magestat 
Respondraii vostres pecatz, 

6325. Levit, 18, 25. 



LE JUGEMENT GÉNÉRAL. 223 

Per so que avetz amaguadas 
Gran cop de raentîarîas, 6240 

De deceptîos he de blapfemias. 
Quant los auslatz blafemar, 
Quant vos veniaii denoiisiar 
Que las gens no fasîan que jurar, 
De tôt aîso avetz fach lo sort ; ' 6245 

Tôt ho avetz fach a rencontra de mi. 
He per so vos dîc ieu aisi 
Que vos autres ne seretz ben punitz. 
Per so que no avetz fâcha justîcia, 
Maladictto vos sera donada. 6260 

De so que avetz jutgat 
Bona causa estre malvada, 
Per tal que aguesetz deniers 
Ho autramen per temor ho per amor, 
Tôt ho avetz fach a vostra desonor. 6255 

He enaprès vos autres, avocatz, 
Avetz fâchas de leys novelas, 
Enjustas he mal razonablas ; 
'Quar avetz en conselh palpât 
De dire la verita; 6260 

He avetz jutgat malvasamen 
A rencontra del ignosen, 
Coma so enfans, horfes he veusas 
He gran cop d*autras gens maridadas 
Que non sentiatz ponch aver d'argent. 6265 

Maladictio sia donada 
A vos autres, fais testimonîs, 
Que avetz dich lo be estre mal 
He, de vostra mala voloiitat, lv«] 

Avetz semenada enequitat, 6270 

Tôt per vostre fais tesmoni. 

6343-44. Ces deux vers ajoutés en marge. 



224 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

He vos autres, rofias malvatz, 
Âvetz menadas an deceptto 
Las paubras fîlhas a perditio, 
Que anaretz en infern prion. 6375 

Maudîtz seretz vos autres, glotos, 
Que, per heure dels vis bos, 
Hetz tombatz en ebrietatz 
He fâchas gran cop de enequitatz. 
De que ne seretz totses dapnatz. 6280 

He vos autres que vivetz de rapîna, 
Que avetz raubada la causa comuna 
He despolhat tôt mon poble 
He lo avetz fach morir de fam, 
Maudîtz siatz, vos autres, 6385 

Que no avetz pas amat lo he public, 
Mas Tavetz mes a perdesio 
La hun per despiech de Tautre; 
He etz contens que tôt se perda 
He que lo vostre se guarde 6290 

Per esperansa de aver argen. 
He per so die ieu deina[n]tenen 
Que totses auretz vostre jutgamen. 
Anatz toses a la ma seiiestra. 
^ Hun d*aquel8 al juige^. Ho tres que ^xcellen jutge, 6295 

Nos te preguam humialmen 
Que tu nos vuelhas escotar 
De so que te volem demandar. 
Senhor, nos be sabem 

Que jutgatz nos avetz justamen ; 63oo 

Una causa vos volem dire : 
Vos avetz fach predicar 
Lo segramen de batisme he publicar; 
He avetz may dich, senher : 

En marge : Pilai. 
6278. ebrietati ; ç ajouté. — 627g D'ab. : defolias. — 6291. V. en interligne 



LE JUGEMENT GÉNÉRAL. 225 

Que no sera lavât de Taigua del baptisme 63o5 
No intrara en paradis, 
He per so, senhor, ieu vos die 
Que nos totses hem bategatz 
He de l'aygua del baptisme lavatz ; 
Nos es a vist que nos fachz tort. 63 lo 

Itenij senhor,'vos sabetz be 
Que nos em enclinatz 
Plus al mal que al be 
He lo diable nos ha desaubutz, 
De que, senhor, nos vos preguam 63 1 5 

He humialmen vos supliquan 
Que segon la vostra sancta rolsericordia 
Nos vulhatz, senher, jutgar. 
^ LO JUTGE. Augatz he escotatz me totses : 

Non obstaii que totses statz bategatz, 63ao 

Vos autres avetz grandamen pecat; 

Quar totses reno[nJslat aviatz 

Al diable he a totas sas obras; 

De tôt aiso no avetz re guardat, 

An vos etz abandonatz 6335 

A fayre totas malvestatz 

He trinquatz totses mos comandamens : 

Vostra concîensa ne sia testimoni ! 

Après avetz dich may [f^ 89 r] 

Que natura es inclinada * 633o 

Plus tôt a far (a) mal que a far be : 

He las ! no avetz pas vos autres ausit 

Del bon layro que ha dich, 

Quant ieu era sus Talbre de la crotz, 

Que de el me sovengués ' 6335 

Quant ieu séria en Paradis } 

Que en aquela hora sertanamen 

63o5. Corr. pii. — 63ai. Ms. Vos atautres. ^ 633i. D'ab : P. a m.. 

ni. i5 



2l6 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Aguec contrittio grandamen ; 

Aqni coiioc totses sos pecatz 

He los mais que avia fachz, 6340 

El ne ac gran contrîctio 

De que ne venc a salvatio. 

Item de Sant Peyre que es estât ? 

Quar quant el me hac reneguat 

No (es pas el huna gran penedensa } 6343 

He si lés el sertanamen. 

Mas vos autres malvatz 

Tôt jorn avetz fachz grans pecatz, 

He totses los jorns contuniatz 

Sans ja mais fayre penedensa, 63So 

De que anaretz en intern priou 

Sans ja mais aver remesîou 

Dels pecatz que avetz fachz. 

Aras l'en ano a la ma senestra ** 

Aras se dispausara lo jutge de donar sa sentencia he dira : 

He las ! he las ! he quinha consolatio 

Podi îeu pcnre de mos enemicz, 6355 

Quant quai que ieu ne ago venguaCn]sa, 

De lor donar lor sente[n]cia> 

Aras Tengua Misericordia davant lo jutge tota de ginolhos — > sobre 
l'escadafal* -* he digua he demore aqui tro que Justicia vengua : 

Ho mon Dieu, mon senhor ! 

Escotatz me hun pauc, se vos platz, 

Quar vos avetz mesa Misericordia 636o 



* On a raturé la suite de cette rubrique, ainsi conçue : Haprès digua lo jutge 
als anglais que davalo al escadaffal he que devesisquo los bos dels malyat\ he 
que los bos montaran hen hun scaJafal près de Paradi he los malvat\ demo- 
raran sus lo gran escada/at entro que ago ausida la sentencia : a la nia senes- 
tra He aqui cridara'i « que Ja mais no/)so elses Hascut\ he que maudicha sid 
la terra que los a sostengut he la mayre que los ha engenrat\. » On retrouve ces 
indications dans les rubriques qui viennent après les vers 7071 &7177, ce qui 
semblerait indiquer que les longs débats entre Justice & Miséricorde & entre la 
Vie & la Mort étaient supprimés dans l'origmal. 

* Ajouté en interligne. 



LE lUOBMENT GÉNÉRAL. llf 

Permieyramen que Justkia 

Seguoii qu9 ha dich lo sant home David : 

NLisencorSy misereator & justuSj 

Que vol dire que el a mesa Misericordia 

Davant Justicia. 6365 

Vos avetz fach lo cel he la terra, 

He neguna causa no vos es difticila ; 

Senhor, totz los jorns a los peccador» 

Fâcha lor avetz misericordia 

Del Novoel he del Vielh Testamen ; 6370 

Vos pregui, senhor, de cor dos 

Que lor donetz salvameu. 

Aras ▼c[n]gua JUSTICIA — de son loc* — k« digua fOU de ginolhoi 
mt lo jutge : 

O veray creator de totas creaturas ! 

Rey de totses los reys ! 

Senhor, ma sor Misericordia es venguda [v^*] 6375 

Per davant vos tota marida, 

Senher, a Misericordia li senbla 

Que las paraulas de prima facia 

Que ela ha dichas de presen 

So mot plasentas sertanamen, 638o 

Mas, senhor, ieu voly parlar an voi 

En presentia dels auditors. 

Pausa, 

Senhor, vos avetz dich 

Que aquelses que no guardaran 

Vostres comandamens ni faran, 6385 

Que en infern vos los metretz. 

He per so totses aquetses 

Elses no han pas guardatz 



A)oat4 en interligne. 
6361-65. Ces vers sont rejetés au bas du f* 89 r*, mais leur place est indiquée 
par un renvoi. — 6363. Ps. 111,4. — 6368. Ms. a las. -^ 6377. On a effacé be 
après unkla.* 



228 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Vostres comandamens ni servatz, 
Mas tôt jorn blasfemat, 6390 

Jurât he rtneguat, 
Mal grasit he despichat 
He fachz gran cop de autres mais. 
Per conclusion ieu die, Miserîcordia, 
Que totses devo estre dapiiatz. ôSgS 

^ MISERICORDIA a Jutticia he parle an lo jutge : 

Ho très que dos senhor, 

Juste jutge he drechurier, 

Ma sor Justicia dich a 

Que totses devo estre dapnatz : 

He las ! no aves pas vos promés 6400 

Miserîcordia a trastotses 

Quant avetz dich 

Per la boqua de David : 

Misericordias domînî în eternum cantaho ^ 

So es a dire, senhor, 6405 

Que vos donariatz 

Als pecadors miserîcordia, 

He sabetz ben, senhor, 

Que Miserîcordia es tôt jorn perpetuala ; 

He per so ieu die de mantenen 6410 

Que, se los pecadors no agueso pecat, 

Elses no agro pas agut nesecitat 

De vostra sirventa Miserîcordia. 

^ JUSTICIA a Miserîcordia en parlan an lo jutge : 

Senhor, tu ies juste jutge 

He ton jutgamen es drechurier ; 6415 

Tu as promés, senhor, sertanamen 

Que tu fa ras bon jutgamen : 

Non faciès verbum tuum irritum. 

He que tu, senhor, me as tôt jorn amada 

6404. Ps. 88, I. — 6418. Num. 3o, 3. La citation latine est en interligne. 



LE JUGEMENT GÉNÉRAL. 229 

He bona justicia as tôt jorn fâcha. 6420 

Ile as dîch per la boqua del Saiit Esperit : 
Qui sera aquel que habitara 
En ton tabernacle he demorara? 
He tu, senhor, as respondut : 
Que aquel veramen intrara 6425 

Que sans pecat el sera. 
He après has may dich : 
Qui argent a usura ho autramen no baylara 
Aquel en paradis intrara. 

Tu, senhor, be sabes 6430 

Que veraiamen totses aquetses 
An comeses grans pecatz. L^** 90 r*] 

He per so, seguon bona justicia, 
Devo estre totses dapnatz. 
wj LO JUTGE a totns doas. Hor sa, damas, escotatz me : 6435 

Vos, Misericordia, avctz be parlât 
He vos, Justicia, aytan be, 
He per so sapiatz sertanamen 
Que ieu fariey encontinen 

.Bona justicia a cascuna 6440 

Sans fayre tort a neguna. 
He per so totas doas 
Anatz von repausar. 

Aras s*cn van seyre en lors locz. Après rengua LUCIFER he partira 
dels autres diables he anara per lo scadafal he dira en caminan tôt 
dapas entre si meteis : 

Ieu, Lucifer, iey ausidas 

Paraulas grandamen marîdas 6445 

Que an agudas Justicia he Misericordia, 

Debatudas entre elas 

Davant lo jutge eternal ; 

He que no i a agut negun apontamen, 

Ma3 ieu m'en vau encon<iiien 6450 

64s3« D'ab. : tabemachle.Ps. 14, 1. 



tSo ^ MYSTkRBS PROVENÇAUX^ 

Trametre huii de mos mesatgîes, 
Quar sertas ieu ne iey ben meatieSi 
He tota la companiha, 
Que ane parlar encoiitinen 
An la mayre de Dieu omnipeten, 6455 

Que ane arocar per nos autreSé 
Aras s*en ane als diabltt he sone BELZEBUC h« digua : 

Beizebuc, vai sa encontinen 
He vay sa, sans fayre demora, 
Quar ieu te voly trametre de fora 
Per parlar de nostra besonha. 6460 

%' BELZEBUC a Lucifer, quant sera datant el, an gran rcTcrencia : 

Mon très que redoptable senhor, 

Ieu veni aisi per davant vos 

Quar ieu iey ausit sonar 

Beizebuc he demandar, 

He per so ieu veni a vos. 6465 

Que vos play de me comandar? 
^ LuaFER. Beizebuc, el te quai anar 

An la mayre de Dieu parlar, 

He H diras que Lucifer an sa companiha 

Se recomanda a la sua bona gracia, 6470 

Hen ly preguan que avoque per nos 

Davant son filh tôt poderos ; 

He en ly recomaCn]dan tota la causa, 

Vesen que nos no avem pas pecat fach. 
^ BELZEBUC. Senhor très que exellen, 647S 

Ieu lay vau encontinen 

He fariey vostra mesatgaria. 

Aras s'en va BELZEBUC parlar an Nostra Dama he li dira so que se 
enscc an gran rererencia. — Nostra Dama deu esse en sa cambra 
tota sola en sa cadieyra Sus loscadaffal* — 



* L'indication entre tirets a été ajoutée après coup. 

6473. Après ce V. on a effacé celui-ci : Que not aga misericordia. — 6473. He, 
ajouté. — Ms. recomadam, — 6474. Les trois derniers mots sont une torrécfioQ. 



LE JUGEMENT GÉNÉRAL. 23l 

Dana de gracia, 
Fontainna de Misericordia, 
Lucifer he tota sa companiha 6480 

Me an tramés aisi per davant vos 
He me an dich que ieu vos dicés 
Que vostre filh asetiat se es 
Per donar lo gran jutgamen ; 
Dama, vos preguo he vos siipliquo 6485 

Que preiiguatz tant de pana per elses 
Que preguetz vostre car filh 
Que no los vuelha pas jutgar 
Per sa granda riguor he justicia, 
Mas seguon la sua sancta misericordla, 6490 

Vesen que no an pas fach pecat. 
w} LA MAYRE DE DIEU. Ieu lay anarieu volontieyra 
He preguariey per elses 
He per los pecadors totses. 

Aras s*en tome BELZEBUC en fasen reTerencia a Hostra Dama he 
digua a Lucifer he a tota la companiha lo mesatgier : 

Messenhors, augatz toses : 6495 

Ieu iey an la mayre de Dieu parlât 

He 11 ey dich so que me aviatz comaudat 

He ela me ha respost benignamen 

Que ela lay anara encontinen. 

Aras s'en ane NOSTRA DAMA per lo escadafal quant Belsebuc s'en 
sera anat, he digua : 

Davalatz, mos bels angials, davalatz. 65oo 

Venetz me far co[m]paniha, 

Quar ieu voly an mon fîlh parlar 

He preguar per tota aquesta gen manda, 

Quar ieu entendi verayamen 

Qu'el vol far son gran jutgamen. 65o5 



64.86. elBCS a été corrigé en elt. — 6490. Ce v rs est raturé & le suivant ajouté. 
65o3. D'tb. : la companiha au lieu de a. g. m. 



23 i MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Aras daTalo los ançiels : Rafaël, Uriel* — he Nostra Dama s*cn 
torne en sa canbra — he venguo daTant Nostra Dama, — qae »era 
en sa canbra -^ he, quan seran daTant ela, faso gran rererensia 
he ela se meta al miech de elses he en aTan, — - per lo scadafal. 
— Canto : Ave Regina eelorum tota he, quant l'auran cantada, 
▼tnguo Misericordia he Justicia en avan per lo esca da fa 1 entra 
elat he digua JUSTICIA : 

Ma sor Mîsericordîa, 
leu vos die sertaAamen 
Que totses los circumsisitz he bategatz 
Que coCnjtra la ley son anatz 
Seran dapnatz eternalmen, 65io 

Fie d'aquo que ieu die no sîatz pas corosada. 
i^ MISERICORDIA. Ma sor Justicia, ieu vos diriey 
He en re no vos falhiriey, 
Se los pecadors an pecat 

He d'aquelses pecatz an fâcha penedensa, 65 1 5 
Ieu vos dîc veraiamen [^ Q» r»l 

Que elses auran salvamen. 

Aras h un dels anglais que ero an Nostra Dama — RAFAËL — • s*en 
monte en Paradis he digua a Nostre Senhor tôt de ginolhos so que 
te en sec : 

Très que redoptable senhor, 

Poysan he de gran honor, 

Ieu veni davas vostra mayre, 653o 

He vos die sertanamen 

Que ela ve vas vos encoiitinen. 

Aras deu montar Nostra Dama en Paradis, quant Pangialaura parlât. 
He Nostre Senhor li deu venir a l'endavan he la deu reculhir an 
gran reTere[n]sia, he digua NOSTR£ SENHOR : 

Ma mayre, vos siatz ben reveguda 

He de gra[n]da joya reseubuda! 

Sesetz vos aysi, ma mayre, ôSsS 

En aquest mot bel repayre 



* Le nom des anges : Rafaël^ Uriel & les indications entre tirets ont été ajouté 
par une autre main. 



LK JUGEMENT GÉNÉRAL. 233 

He en aquesta bêla cadieyra 

La quala vos promesi grau temps ha. 

Aras Nostra Dama se sécha he piiey crido CILETE. Après NOSTRA 
DAMA se levé tota de ginoIho[s], se meta daTantson filh he dtgua* 
son filh : Ave Maria, Aras se levé he se torne seire he dlgua : 

Mon filh, ieii vos voly demandar 

Una pedta requesta 653o 

He vos suplique que vulhatz far 

Lo cote[n]giit de aquela. 
wj SON FILH he diçua. Ma mayre, so que vos playra 

De me comandar encontinen, 

leu soy prest he aparelhat 6535 

De vos hubesir sertanamen 

He de fayre vostra volontat, 

Quar no es pas causa rasonabla 

De deneguar alcuiiameii 

Sertanamen vostra demanda 6540 

Que no se fasa encontinen, 

Quar vos, ma mayre, me avetz portât 

.IX. meses en vostre ventre 

He pueys alachat nie avetz, 

Mayre, de vostras mamelas 6545 

Sans autre lach jamays penre. 
1^ LA MAYRE a son filh. Mon car filh, be sabetz, 

Coma Dieu he home que vos etz, 

He ieu vostra paubra sirventa, 

leu iey decosta vos estât 655o 

Tant que en lo monde avetz demorat; 

Vos iey alachat de ma inamela 

Coma .mayre, verges he pieusela, 

He plena de lach celestial. 

Ja mays, mon filh, no m'avetz contradich 6555 

De tôt so que vos iey demandât ni dich. 



* On a ajouté après coup depuis son filh : Ave.,, jusqu'à la fin de la rubrique. 
6344. D'ab. : m. a, a, — 6549. Vers intercalé. 



234 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Mon filh, ieu soy aisi per davant vos 
De avoquar per los pecadors 
Que vos plasia de lor donar lv«] 

La vostra sancta misericordia, 636o 

Vesen, mon filh, que dich avetz 
Que en lo monde vengut eretz 
Non pas tant solamen per los justes 
Mas per los pecadors totses. 
Mon filh, vos sabetz sertanamen 6565 

Que el hi a agutz gran cop de blasfemadors, 
Murtries, joguadors he layros 
He gran cop d*autres malfactorsj 
Vos, mon filh, los avetz totses perdonatz 
Sus Talbre de la veraia crotz 6570 

Quant a vostre payre cridetz 
Que el totses los perdonès, 
Quar no sabian que se fasian : 
He per so, mon filh, vulhatz 
Âls paubres crestîas perdonar« 6575 

Quar aguda an tôt jorn 
Dolor de la vostra sancta passio 
He me an tôt jorn honorada 
He fâcha me an lor avocada 

Per davant vos, mon car filh. 658o 

Enaprès, mon filh, ieu vos pregui 
Per lo paubre Lucifer 
He tota sa companiha, 
Quar elses desiro graiidamen 
La vostra sancta misericordia. 6585 

B^ SON FILH. Per que, mayre, demandatz vos 
Per Lucifer he sos companhos 
Que elses ago misericordia } 
He, mayre, vos sabetz be 

6563. D'ab. : e, V.— 6564. D'ab. : t. /. p. Une ligne est effacée après ce Ters. 
— 6377. D'ab. : çonpassio, — 6384-3. Ces deux vers ont été raturés. 



LE JUGEMENT GÉNÉRAL. 235 

Que el me ha volgut defraudar ôSgo 

(He) de mon reaime he gttar 

He aiso person gran erguelh, 

He aras demando Misericordia, 

He dis inquara may 

Que no ha ponch fach pecat, 6595 

He per so ieu vos die, mayre, sertanameu 

Que al jorn de uey Lucifer he sa gen 

Anaran al plus priou de iiifern. 

Mas, ma mayre, als autres pecadors 

Quant al monde ieu es ta va 6600 

Ieu totz los jorns los ensenhava 

He de misericordia ieu hobrava ; 

Ma mayre, mantenen ieu soy jutge 

He me quai a cascun redre 

Seguon que auran deservit. 66o5 

Mas, ma mayre, las doas vertulz, 

So es a saber Justicia he Misericordia, 

En bona patz he en bon acordi 

Sertanamen ieu las reduriey, 

He ayso, dana, per tal de vos. 6610 

Aras NOSTRA OAMAdigua* as un angial** be*** quant sera Tcn- 
çut datant ela, fasia reverensia he li digua Nostra Dama : 

Ho mon bon angial, anatz 

Serquar Justicia he Misericordia ; 

He que venguo enconttnen 

Quar ieu voly parlar anb elas. [f« 9a r>] 

1^ L' ANGIAL a Nostra Dama''*** : 

Mayre de Dieu, ieu soy tôt prest 661 5 

De fayre vostre coma[n]damen; 

He lay vau encontinen 

Veser se las trobariey. 

* D'ab. : sone. 

** En surcharge : Uriel. 

*** Uoe troisième main a corrigé en marge : se levé he t'en [ane] a la cadieyra, 

• •• En marge (ajouté, puis raturé) : Gabriel, 

6593. Ce vers a été raturé & es deux suivants ajoutés. 



236 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Arass^en davale* L'ANGIEL a l'escadafal serquar Justicia he Miserî- 
cordia hedigui quant sera anb elas : 

Damas vertutz, Dieu vos ajut ! 

La mayre de Dieu me tramet a vos autras 6620 

Que venguatz eiisemps totas, 

Quar ela a vos autras vol parlar. 

Aras s*en van Ins vertutz darant Nostra Dama he faso reTercntia, 
quant seran datant ela, he digua JUSTICIA : 

Mayre de Dieu, vos nos avetz mandadas 

Que venguesem parlar an vos ; 

He per so nos hem vengudas 663S 

Per veser, dama, que voletz vos. 
^ NOSTRA DAMA a las Vertutz : 

La causa per que ieu vos iey mandadas 

Sy es per vos totas doas acordar, 

Veseii que tôt jorn avetz agut débat. 

Ile per so diguatz me vos, Justicia, 663o 

De que etz tant corosada } 
^ JUSTICIA. Ieu vos diriey, mayre de Dieu, 

Sertas Misericordia he ieu 

Âvem tôt jorn agut débat. 

Lo débat, dana, es aital : 

Quar ieu die, dana, verayaraen 6635 

Que los homes he femnas 

Que so de presenaysi vengudas 

Devo estre totses dapiiatz, 

Vesen que an tanses fachz de pecatz 

He que an tant demorat 6640 

En las carses de infern 

Per los pecatz que avian fachz. 

He mantenen ditz Misericordia 

Que elses devo estre delieuratz) 

He per so, dama, die ieu que no 6645 



* D'ab. : t'en ane iangiel ter quar.,, . 
6621. Doas, effacé après totai. 



LE JUGEMENT GÉNÉRAL. 23? 

Quar en infern no ha pas redemptio* 
Digua NOSTRA DAMA a Misericordia : 

He VOS, Miserîcordia, que respondetz 

De tôt aîso que a dich Justicia } 
vf MISERICX>RDIA a Nostra-Dama : 

Mayre de Dieu, verayCa]nienJeu die 

Que me séria fach hun gran tort 665 o 

De so que Justicia ha dich : 

Que en infern no ha ponch de redemptio* 

leu, dama, respondi sus aquel cas 

He die sertanamen que si a ; 

Quar ha dich lo sant home Davit 6655 

Per la boqua del Sant Esperit : fv»] 

Ferumtamen deus reddimet animam meam 

De manu înferî^ 

Dis, dama, sertanamen 

Que Dieu resemera encontiiien 666o 

Las armas de las penas de infern. 

lum ditz may, dama, 

Yzaie, lo sant propheta, 

Que Dieu per sa misericordia 

Mena en iafern l'arma 6665 

He après el la ne gieta. 
Di|^ua la VERGES MARIA a totas doas : 

No VOS enbaisquatz pas, vos autras. 
Vos, Misericordia, he vos, Justicia, 
Quar son drech cascuna aura. 
He affy que totas siatz d*acort, 6670 

leu vos ho menariey en bon port 
He que aquest débat me remetatz* 
Di|^ua MISERICORDIA a Justicia : 

Que disetz, ma sor Justicia, 

De so que la mayre de Dieu a dich } 

Wf JUSTICIA a Misericordia : 
> 6657 Ps. 46, 16. 



238 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Hor sa, ma sor Mlsericordîa, 6675 

Veramen ieu soy co[n]tenta 
De ne estar a son jutgamen. 

q| MISERICORDIA a Justicta : 

He ieu, ma sor Justlcla, 

No hy contradîriey pas ; 

He soy veraymen co[n]tenta 6680 

Que ela délibère sus lo cas. 

Digua LA MAYRE DE DIEU a totat doas : 

Venetzsa, Justicia, he vos Misericordia. 

Pueys que me avetz remés lo débat 

An lo ajutori de mon filh, 

Ieu ho auriey tantost acordat. 66SS 

He per so ieu vos die, Justicia, 

Que vos avetz agut tôt vostre drech 

Quant mon fîlh mes los pecadors 

Per dedins en infern trastotz. 

Quant agro fachz grans pecatz, 6690 

En infern per Justicia foro botatz; 

Âla donquas vos, Justicia, renhavetz. 

Mas vostra sor, Misericordia, 

Ha agut tôt son drech sertanamen 

Quant mon filh tirée los pecadors 669S 

De la granda carses de infern prion. 

Quant hac presa mort he passio 

Sus lo albre de la veraya crotz. 

B) justicia a Nostra Dama : 

Hor sa donquas, dama, 

Ieu no soy pas perpetuala } 6700 

W} NOSTRA DAMA a Justicia : 

Justicia, ieu vos die sertanamen 

Que vos avetz agut al monde comensamen 

He si auretz aras mantenen 

Sertas tôt vostre finimen. 
Wf JUSTICIA a Noitra Dama : 



LE JUGEMENT GÉNÉRAL. 239 

Dama, non obstan veraymen 6705 

Que ieu aga agut comensamen, 
leu no iey pas aguda [f* 9^ r*j 

Ma fy persecutîva. 
^ MISERIOORDIA, a Juiticia, tota corosada : 

Justicia, vos parlatz trop I 

He no sabetz pas vos 6710 

Que ieu soy permieyra que vos? 

Oigua LA VERGES MARIA a tota s doas : 

Hor sa, damas, ieu pausi selencia. 

Vos autras, vos autras 

Etz mot corosadas 

La huna a l*encontra de Tautra, 671 S 

He no sabetz pas amodera 

Vostre débat ni apaysa, 

Per tal de la gra[n]da ira que avetz. 

He per so que la causa me es remesa 

Ieu vau donar ma sentencia; 6720 

Non obstant, damas, ieu reservi 

Lo bon plaser de mon filh. 

He per so ieu vos die a totas doas 

Que totses los pecadors 

Que no an ponch mespresat 6735 

Lo sancte segramen del baptisme 

He en infern ago demorat 

Milla ans ho plus 

He per Justîcia co[n]dapnatz, 

Per lo merit de la sancta passio 6780 

Que ha presa lo filh meu 

Per resemer natura humana, 

Seran gîtatz de infern per Misericordia. 

Aras Tengua Nostra Dama he las Vertutz datant Nostre Senhor en 
f<isen reTerencia, he digua NOSTRA DAMA : 

Mon car filh, nos autras hem vengudas 

6714. D'ab. : m. etcalfadas. 



240 MYSTÈRES PaOVB««ÇAax. 

Totas per davaiit vostra justtcia. 6735 

La causa (es) per que em davant vos 

Si es, mon filh glorios, 

Quar Justicia he Misericordia, 

An gran cop de altercattos, 

Me an remesa lor playdegarias 6740 

Sertaiiamen totas doas; 

leu iey ausit tôt lor débat 

He si lor tey acosselhat 

Que elas ho remeseso a mi 

Vesen que no podian pas estre d*acordi. 6745 

Elas ne so estadas contentas 

He per so leu tey donada ma sentencia. 

Réservât, mon iilh, vostre bon plaser. 

Pausa. 

Per so que Justicia tôt jorn disia 

Que los homes he femnas que ero davant vos 6750 

Deviou estre dapnatz totz, 

Per so que ero totses en infern 

He que en infern no ha ponch de redemptio ; 

He Miserîcordîa disia lo contrari, 

Quar disia que lo sant home David 6735 

Parlan per la boqua del Sant Esperit, 

Que Dieu resemeria las armas de infern 

En lo temps de la sua santa Passio ; 

He per so que Misericordia conclusia 

Que so que Justicia disia • 6760 

No era pas veritat, M 

leu lor iey donada tala sentencia : 

Que los homes he femnas 

Que ero pecadors 

He que totses ero davant vostra encarnatio 6763 

He que ero jutgatz per Justicia 

De estre en infern priou 



LE JUGEMENT GÉNÉRAL. 24% 

He avian fâcha penedensa 

De lors pecatz an gran repente[n]sa 

He lo segraraen de baptisme 6770 

Gardât avian, 

Que en lo temps de la vostra passio 

Elses toses salvatio aurian. 

Wj NOSTRB SENHOR a sa mayre : 

Ma mayre, ieu vos respo[n]di 

Que a toses los pecadors 6775 

Sertas no sera pas enaisi^ 

An aquelses especialmen 

Que an pecat malestosamen, 

Quar gran cop de pecadors hi a 

Que se so deffîatz de ma misericordia 6780 

he an mespresada Penedensa 

He tôt jorii persévérât en lor malecîa; 

Aquelses no uuran pas misericordia. 

Item, ma mayre, n*i ha gran cop de malvatz 

Que per la malecia de lors pecatz 6785 

Se so sertananem desesperatz; 

Aquelses no intraran pas en paradis. 

Iteniy ma mayre, n*i ha d*alcuns 

Que de la veritat fach an mesonga 

He de la mesonga veritat; 6790 

Aquelses seran totses dapnatz. 

Item, n'i a may d*autres 

Que no se so ja may s confessa tz; 

Aquelses jseran totses dapnatz. 

Pueys n*a d'alcuns 6795 

Que se so ben cofesatz 

He en lor cofesion an promés 

Que ja mays no tornarian plus 

Als pecatz que avian comeses; 



6773- D^tb* : aurian 1. 1. 

III. 16 



±4^ MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Totses aquels lo contrari aiit facfi ; 6800 

Totz acpiels seran dapnatz. 

lunij el n*î a d*autres 

Que per lor gran malecia 

A tota la sancta giyeysa 

An comesa granda cisma, 680S 

leu lor iey a totz donat espasi 

De fayre penedensa, 

Elses no l'an pas fâcha ; 

Totses aquels seran dapnatz. 

Aprop, ma mayre, n*i a d*alcuns 6810 

Orgolhoses, aTaritioses, 

Luxurioies, iroses, 

Goloses he envegoses, 

Pigres a guardar mos comandamens ; 

Totz aquels he aquelas 681 3 

Que no los an guai'datt 

He an persévérât en lors pecaTz, 

Sans aver neguna contrîctio» 

Totses venran a dapnatio. 

IV MISERICX)RDIA a Noscre Senhor : [f*^r*) 

Senhor, el i a en vostra senhoria 6820 

Gran cop de presoniers 

Que so, senher, totses 

Fora de vostra glorîa : 

So 80 los petîtz enfans 

Que 80 mortz sans baptisme 6SiS 

Dedins lo vefnjtre de lor mayre. 

Itenij n'i a d'autres agu:z 

Que encoitinen que so estatz nascutz 

SertananiwMi elses so mortz; 

He totses ero enfans de crestlas 683o 

Que, se agueso vescut peu* lors dias, 

Elses se foro fachz batega ; 

Vesen, senh[e]r, que elses ero 



LE lUOEMENT GÉHÉRAL. 148 

En la vostra salvaguarda, 

Coma dis la saiicta escriptura : 6835 

Custodiens parvuïos domînus^ 

Dis que vos gardariatz les enfans petitz, 

Per tal, senher, que no sian peritz; 

Quar no ha pas tengut en els 

Que no se bategeso encontinen, 6840 

Mas la mort crusela 

Encontinen los ha murtritz. 

Di|rua LO JUTGE a Gabriel : 

Gabriel, anatz me serquar 

La Mort (he la Vida), 

Quar ieu voly anb ela(s) parlar. 6845 

Aras Gabriel daTale, ane parlar an la Mort* — que es a l'escadafal 
^ran — he digua GABRIEL ; 

La Mort, lo jutge eternal 

A vos me tra.net 

Que venguatz parlar anb el 

He que venguatz encontinen. 

1^ l«A MORT. Ieu soy presta veraiamen 685o 

De anar parlar eifcontinen 

Am lojutge eternal. 

Aras s'en ane Gabriel en Paradis he la Mort demoreal gran scadafal 
daTant lo Jutge. He digua LA MORT de ginolhos : 

Senhor, ieu soy venguda 

Davant vostra presentia 

Per veser que me demandatz 6855 

Digua LO JUTGE ^ : 



6836. P. 104, 6. 

<>84i-56. Ce passage est chargé de ratures. Dles sont dues à des changements 
de personnages : Gahriel a remplacé MisericorJia, & lo Jutge qui appelait en 
même temps la Mort & la Vida, comme l'indique le vers 6844, où l'on a omis 
d'effiicer la Vida,)fit fait venir ensuite que la Mort. La comparution de la Vida 
foamit uo antre épisode qui commence au vers 6977 — 6846. Après La Mort on 
t effacé he vos la Vida. — 685o-6854. D'ab. : No* hem, 

'hella Ki<^, effacé. 

* \pxH\Jutge\on a raturé : he Misericordia ^en ane en Paradis en son loc, 
& anssi cette antre indication ajoutée postérieurement : quant Gabriei sera tnetiat 



244 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Horsa Mort, ieu te iey fâcha 
Per que tu foces prectosa 
Espedalmen a totses los sans, 
Que elses Paradis posesigueso, 
Mas tu as fach lo co[n]trarî, 6860 

Quar tu no los as pas pogutz atendre 
Que elses penedensa pogueso fayre, 
Quar ieu lor avia ordenat lo temps 
De X. he «XX. ans al mens^ 
En Genesis al capitol sieyzeme; 6865 

He per so se tu atendut agueses 
Lo terme que lor era estât promés, 
Tu agras aguda bona excusatio. M 

He per so que tu as antisypada 
Lor vida he abreugada 6870 

« Mortcrusela » tu les apelada, 
He per ta enequitat malvada 
Tu seras grandamen punida. 
Inquaras as pegor fach, 

Que los petttz enfans as estofatz 6875 

Dedins lo ventre de lor mayre. 
Bi LA MORT. Ho très que juste juCge ! 
Plasia vos de me escotar 
En mon drech benignamen ; 
Quar ieu vos die tôt de presen 68S0 

Que ieu no cugy pas aver fâcha causa 
Que no sia justa he razonabla, 
Quar ieu la iey fâcha 
Sertanamen per bona justicia, 
Quar la sancta escreptura 6885 

Veraymen ho testifiqua 
Que dis tôt enaisi : 
Qui malos interficit mlnîsttr iey est. 

6859. D'ab. : p. P. 



LE JUGEMENT GÉNÉRAL. 245 

Vol dire sertanamen : 

Qui I08 malvatz ausis encontinen 6890 

El es eiecutor de Dieu omnipoten. 
ff LO JUTGE. La Mort, el no es pas enaisi 

Sertanamen coma tu dises, 

Quar tu no as pas laysat 

Alspecadors fayre penedensa 68*95 

Majormen en lor temps. 
^1 LA Mort. Senhor, se toses los pecadors 

Agueso aguda bona memoria 

De ton nom he de ta glorîa, 

leu no los agera pas ausitz; 6900 

Quar se ieu ho agués fàch 

Enjustamen ieu ho agra fach 

Seguon que dis réscriptura, 

Quar ela dis en aisi : 

Non est in morte qui memor sit tuL 6905 

Vol dire sertanamen : 

Aquel no mor pas malvasamen 

Que ha bona memoria de tu. 
ti LO JUTGE. La Mort, ieu te respondi veraiamen 

Que so que tu dises de presen 6910 

No se enten pas enaisi, 

Mas se enten sertanamen 

Que, se los pecadors agueso aguda 

De mon nom bona memoria, 

Elses no foro pas mortz 6915 

De mort malvasa, 

Mas de mort preciosa. 
1^ LA Mort. Senhor, no dis pas Tescriptura : 

Viri sanguinum & dolo^i 

Non dimidîaiunt dîes suos } 6920 

So es a dire, senhor : 

6S91. Le dernier mot est ajouté. — bçob. Ps. 6, 6. ^6911. Ms. CHtem. — 6919. 
Ps. S4. 34. 



246 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Que los murtries he los pecadors 
N'i venran pas a la metat de lors jorns. 
He vesen, senhor, que ieu ho aga fach |^g5i«l 
He murtrit los grans pecadors 692^ 

No me deu pas estre reprochai. 
1^ LO JUTOE. La Mort, ieu te cofesi que hoc. 
q| LA MORT. Senhor, he no aveCz pas vos tegudas 
Las claus de la mort dels homes i 
Per que donquas avetz permés ôgSo 

Que ieu los tués totses? 
Vesen que es en Pescriptura, 
En Genezi, que es al capitol noveme, 
Que dis enaysi veramen : 

Sanguînem enim animarum vestrarum 6935 

De manu cunctarum iestiarum^ 
De manu hominis, de manu Wrî, 
De manu patrisejus requiram. 
^ LO JUTGE. La Mort, ieu te respondi 

Que los murtries, davant que foso tuatz 6940 

He foso mortz en lors pecatz, 

Ses tu no los podian pas ausi. 

Ieu te demandi inquara may 

Per que ies tu acompanhada 

An lo diable infernal, ^94^ 

Se no que per far tôt jorn mal ^ 

He totses los mais del monde 

As perpétra tz, 

He aiso dis Tescreptura 

Que dis veraiamen enaisi : 6950 

6935. Gen. 9, 3. — 6938. Après ce vers,. les suivants ont été raturés : 

Pueyt que vos, senhor, tabiati 
He lo sanc del ausit demandavet\, 
En la ma d^aquel $e los ausisia, 
Per que vos avetx permés 
Que ieu totses los murtriguès ? 



LE JUGEMENT GÉNÉRAL. 247 

Ante facUm €jus ibit mon; 

(Abacuc, en lo ters capitol). 

So es a dire que tu as caminat 

De davant lo diable roalvae, 

Lo quai ha reguardada 6955 

Tota la terra he mesurada 

He a meses dejotz sos pes 

Totses I08 homes grans he petitz. 

/fem, diso may los pecadors 

Que elses so aliatz totz 6960 

Sertanamen an la mort ; 

He per so se tu foces aliada 

An los angials he trobada, 

Tu agras vescut precicsamen, 

Mas tu as may amat sertanamen 6965 

Enplir la terra de ta malecia, 

Per la quala causa 

En infern sera ta pausa ; 

Quar aqui te dema[njdaran 

He ja mais aver no te poyra[nJ, 6970 

Quar tu no auras plus poder 

He enaisi coma tu as estada 

En lo monde mort permieyra, 

Enaisi als pecadors 

Tu seras mort segonda, 6975 

He per so a la ma senestra sera ton loc. 

Aras l'en va la Mort a la ma senestra he pueys NOSTR6 SENHOR 
ione a Raguelh : 

Raguely vay me se«*quar 

La Vida, que vengua an mi parlar; 

He li diguas que vengua encontinen. 

^1 RAGUEL. Ho mon Dieu he mon Creator ! 6980 

leu veni atsi per davant vos 

Per fayre vostre comandamen. 

6931. Habac, 3, 5. — 6974. D*ab. : Enaisi seras als pecadors Hort9€gwd^, 



2^8 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

A rai l'en ▼« serquar RAOUELH la Vida he li diçaa, ^ lus lo tsca- 

dafal : — 

Dama Vida, mou Dieu he mon Creator 

Me ha comandat que ieu vengués a vos 

Per vos dire he denonciar 6983 

Quar el vol an vos parlar. 

He per so, dama, venetz prestamen 

Quar el vol far son jutgamen. 

ql LA VIDA. Kaguel, mon bel angiel, 

Vos siatz lo très que ben vengut. 6990 

Ieu sertas m'en vau an vos 

Per veser que voira mon senhor. 

A rai i>n ano cotscs dos he digua LA VIDA de ginolhos qoant sera 
datant Nostre Senhor he loangial s*en tome en soa loc *• 

Ho mon très que redoptable senhor l 

Vostre angial me avetz tramés 

Que encontinen ieu vengués, 6995 

Quar vos voliatz parlar an mi; 

He per so ieu soy venguda aisi. 
wj LO JUTGE. Hor sa. Vida, per que as tu permés 

A la Mort que ela Ce aga vensida : 

Ni per quala rase as permés 7000 

Que ela te sobremontès } 

Per quala razo no as tu ajudat 

Als pecadors, que no foso dapnatz? 

Dona me bona responsa 

Quar tu ies grandamen colpabla. yooS 

m LA Vida. Ho juste jutge he drechurier! 

Que reddes a cascun son loguier 

De las hobras que an fâchas, 

Senhor, ieu vos pregui humyalmen 

Que me vulhatz, senher, escotar 7010 

De so que vos voly contar : 



• D'ab. : Paradis, 
6998. D'ab. :p, t. 



LE JUGEMENT GÉNÉRAL. 249 

Senhor, el es vertadieyra causa 

Que Vida, senhor, hom m'apela. 

Vos me avetz perpetualmeu creada 

He spiracle de vida me avetz apelada, 7013 

Quant en Tome me fiquetz. 

Après que Adam format agrc^tz 

He may Eva sa co[m]paniheyra, 

En eises vos me avetz baîlada. 

Quant lor espiretz eu lor facta 7020 

He los mesetz en Paradis 

La hont sertanamen ieu era. 

He quant de part dedins elses foro, [f"96r] 

Vos lor fesetz comandamen 

Que. de totses los fruchz else mangeso, 7035 

Se no que del fruch de vida veramen, 

He après vos lor disetz : 

a Que se d*aquel mangatz vos autres, 

Encontinen sertas moretz. n 7039 

Elses, senhor, vostres comandamens passero, 

Estiguan lo diable malvat. 

Que venc encontinen temptar 

Eva an bêlas paraulas, 

Quar ly fés sertas entenden 

Que^ se del fruch de vida mangava, 7o35 

Ja mays sertas no rooria 

He saubria autant coma vos. 

He enaqui el la deseubet 

He ly fés de la poma mangar 

He lin fés après portar 7040 

As Adam lo seu espos, 

He Adam sertanamen la mordet. 

Après que agro passatz vostres comandamens, 

Vos venguetz encontinen, 

7017 D*tb. :formet{. — 7021. D'ab. : Après /. m. e. P, terrestre, — 7026. 
D'ab. : d. /. del alhre d, v. — 7027. Vers intercale!. — 7028. D'ab. : He se..,. — 
7044. Ms. Vengret^, 



ZSO MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Los baîletza la mort cnisela, . 7045 

He ieu perdiey sertanamen 

Tota ma poysansa encontinen. 

Senhor, ieu iey fach mon degut 

Tant coma^ senher, ieu iey pognt; 

De que ieu debi estre desencusada. 70S0 

He autant pauc no vos pogui pas delieura 

De las mas dels Jusieus malvatz, 

Quant elses prés vos agro 

He en crotz morir vos fero. 

De tôt aiso vos etz testimoni. yoSS 

Senhor, ieu soy vostra sirvènta, 

Que agatz pietat de mi dolenta, 

Quar ieu, senher, soy contenta 

De demorar en paradis 

An totses los sans que so iains* 7060 

^ LO JUTOE a la Vida : 

Hor sa, Vida, escotatz me 
De so que ieu vos voly dire, 
Totses aquelses que auran be fach 
He en lo monde auran guardatz 
Totses mos comandamens, . . 7065 

Aquelses venran sertanamen 
En la gloria de Paradis; 
He a toses los que lo contrari auran fach 
Ieu los bailariey a la Mort, 
A totses los dyables eu infern 7070 

Sans ja mays salhir de lains. 
Arai l'en monte la Vida en Paradis* : 

Aras se aparelhe Nostre Senhor per douar sa sente[n]cia, he sonaran 
tro[m]petas sans mesura an^* Totz taribla he aspra» ke pueys cri- 
daran : CILETE. Los bos seran sus lo escadaffal petit ka la part 
d^xtra he los malratz sus lo gran escadafal a la part senestra. Rea 



'Ajouté.— ''Ms. he. 
70 ?j, P'a^. ; presci. 



LE JUGEMENT GÉNÉRAL. 25 f 

la donquat DIBU ETERNAL donara t» Mntç[A]€ta aii>TOU taribla 
•n demostran totas sas plaguas he dira s W 

Hor sa, >ustes jutges, 

Tant esperituals que te[m]poralSf 

Vulhatz fotses escotar. 

Quant los façtprs malvatz 7<>7*^ 

Per davant vos autres veuran, 

Malvasamen jutgar no los vulhatz 

Per envegas que lor portetz, 

Quar se [non] los julgatz eudegudamen, 

Dapnatz seretz sertanamen« 7^^^ 

Per so que Annas & Cayphas, 

Quant soj davant elses estât, 

Per la grau envega que me portayo 

Injustamen me an condapnat. 

He per so me greva gra[n]damen ' JoSb 

De jutgar encontinen 

Los mais factors que son davant mi, 

Mas sertanamen ieu vos die 

Que ieu coma Dieu he home 

He may eternal juste jutge 7090 

Voly donar ma sente[n]cia de pre&en : 

Quar a mi s'aperte veramen 

De donar lo darier jutgamen 

A rencontra dels malvatz pecadors 

Que no han garda tz m os comandamens. 7095 

Per mon payre ieu tramés soy estât 

En lo monde sains mot bas, 

Coma anhelh tgnocen, 

Per delieurar tota la gen 

Que era en la poysansa de Lucifer, 7100 

Quar totz anavo en inféra 

Per lo pecat de Adam he de Eva 



7075. I^ab. : nutUfgctOTijMipat^, — 7096. D'ab« : He per se per ,..J — 7101. 
Vers en interligne 



t5l MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Que aviàn cornés en Paradis terrestre 

En mangan del fruch de vida; 

He après tota natura huniana yioS 

Per sa granda malvestat 

En pecat an tôt jorn contuniat ; 

He per so, en aven pietat 

De tota natura humana, 

Me soy vengut encarnar 71 lo 

En lo ventre de la mayre mia, 

He me soy baylat volontariamen 

En las mas dels Juzîeus sertanamen 

Per resemer natura humana. 

Prés me an he estrechamen Hat, 711 3 

Batut, escupit he flagellât ; 

Pendut me an en la crotz 

En lo miech de dos layros ; 

Duramen soy estât clavelat 

He an la lansa lo costat trauquat; 7120 

De sus la crotz desclavelat me an 

He en terra fiquat mè an; 

Mes me an hen hun tombel, 

Lo quai sertas era mot bel, 

He loters jorn soy resucitat 713S 

He en Paradis m'en soy montât 

En la dextra del meu payre, 

En Paradis lo gran repayre. 

leu 1^0 vos podia pas may far 

Que a vos autres tôt mon cors bailar. 7i3o 

He tôt aiso no avetz pas reguardat, 

Ni sertanamen emagenat 

Tôt lo mal que ieu iey suffertat 

Per vos autres trastoses reseme. 

He per so, vos autres malvatz, [f- 97 ^1 7^^^ 

7107. Mt. la — 71 1 1. D'âb. imia mtf/re.— 7123. Mb. he e»...— 7i3o. D'âb. : 
Q. a vot I... 



LE JUGEMENT OÉNÉHAL. 253' 

Que tôt jorn avetz fach grans pecatz 
He persévérât tôt io[r]n en malecia 
He no avetz pas aguda conoysensa 
De donar a heure ni a maCnjgar, 
Albreguar, vestîr ni causar 7140 

Als paubres, quant avian necesitat, 
Ni donat per mort de Dieu las almoinas 
Quant venian davant las vostras portas, 
He per so die ieu, qui misericordia aguda no ha 
Misericordia no deu troha. 714S 

Per so, vos autres, maudttz de Dieu, 
leu vos doni sente[n]cia defeiiîtiva : 
Anatz von en infern pruou 
An tota la gran companiha. 
I|| La hun dels dapnatz — PILAT * — . ^ 

He las ! senhor, se vos platz 7i5o 

De nos qualque loc haylar 
Que sia plasen he délectable 
En que nos pusquam demorar, 
Quar el nos es tant greu de salhir 
De vostra conpaniha he despartir. 7155 

1^ DIEU ETERNAL. Vostre loc sera délectable 
En lo fuoch de infern perdurable, 
En que estaretz lains sans repaus. 

Digua hun autre dels dapnatz — CAYFAS — . 

Ho très que exellen senhor ! 
Se play a la vostra benegnitat, 7160 

Pueys que en fuoc nos voletz fiquar, 
Vulhatz nos, senhor, consolar 
En nos donan qualque espasi 
Que d'aqui pusquam salhir 
Huna veguada en nostre temps. 7165 

1^ DIEU ETERNAL. leu VOS respoudi sertanamen 



* Ici, comme aux rubriques suivantes, le nom propre a été ajouté en marge. 
7145. D'ab. : trobar. 



)54 ' MYSTÈRBS PROVENÇAUX. 

Que la hont vos autres anaretz, 

So sera en inferii pruon, 

Que ja mays d'aqut no salhiretz. 
b| Httn deU dapnatt — ANNAS — . 

Senhor, pueys que quai que ittns 7170 

Nos autres anien 

He que perpetualmen nos lajr eMem^ 

BaylatE nos qualqse companihft 

Que pusquam estar alegramen. 
^ Dieu etbrkal. Hor sa, vos autres, no auretz autra coin» 

Que an toises los dyables malvatZi Tpaniha 7175 

He per so vos autres davaat mi vos hostatz. 

Aras s'en Tan los dapnatt «n infern en cridan totsat « que maudicha 
sia la terra que los ha sostengutc ■ he^ran cop d*auuas mauditios, 
he qi# se meto en infern he que se çlausa 8c que |;emiif 120 lains an 
¥0t2 tariblas. Aprop crido : CILETE. Après diçua DIEU ETERNAL. 
aïs saUau : * 

Venetz, vos autres ben huratz, [vj 

Que mos comandamens avetz gardàtz 

Hen donan a beure he a mangar 718c 

Als paubres quant los ausiatz cridar 

En lo pe de vostras portas 

En dema[n]daa las almoinas; 

Vestitz, causatz los avetz 

He mantengutz sertanamen 718S 

A rencontra de tota gen ; 

Lo realme de Paradis possediretz 

He d*aqui ja mays no parti retz, 

Lo quai es aparelhat 

An aquelses que an tôt jorn gardât 7190 

Totses mos comaCnjdamens. 

Aras s*en monto totses los sans he santas en Paradis en ca[n]tan : 
Jéesu^ nostra redtmptio, He digua NOSTRE SENHOR quant sian 
mon ta ta : 



7176. An & mahiatif ajoutés. — 7177. D'ab. : y. a. hottatx vos dopotti 



LE JUGEMENT OÉNÉRAL. 255 

Vos autres siatz très que be veÂgutz, 

Quant mos comandamens avetz gardatz, 

Quar ieu vos iey resemuts 

Trastotses vosCres pecatz 7195 

En prenden mort he passlou 

Sus lo albre de la veraia crotz* 

Aras crido : CILETE. Après se aparelhe la Cadieyra daSuperbia & los 
diables salisquo de înfern en menan Superbia tôt vestit de bêlas 
raubas he son colar al col) he que lo asetio sus la cadieyra he 
segretamen* lo dosto he hy meto hun personatge fach de tela. He 
queaqucl que fara Superbia se meta darier la cadieyra he que los 
diables turmento Iq dich persoaatge sans sonar mot he digua 
SUPERBIAy quant auran fach aquo, so que se ensec : 

He las ! en lo temps que ieu en lo monde era 
Quant ieu regnava en ma cadieyra 
En mespr[e]san tota la gen, 7300 

Quar ieu no volia veser negun 
Que fos sobre mi sobira, 
He aiso per mon gran erguelh he bobansa. 
Aras me quai suffertar 

Aquesta pena crusela. 7205 

He per so ieu die a tota persona : 
Que no sian pas tant elevatz, 
Quar sertas per mos pecatz 
He per ma granda elevatio 
Soy tombât en infern pruou. 7310 

He per so a totz he a totas ieu die 
Que en aquest turmen me vesetz fiquar : 
Que 110 vulhatz mas hobras seguir, 
Quar sertanamen enatsi von penra. 
Per ma gran superbia Dieu iey mespresat, 73i5 
Mon payre he ma mayre no iey pas honuMUl, 
Quar Dieu me avia ^romanda 
Que ieu los amès he los serviguès, 



M s. teguretamen. 
7194, M», retentit^. — 7203. erguelh he, ajouta. 



256 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Los honorés he los inante[ii]gués 

Se ieu volia longuamen vieure yaao 

Sertanamen en aquest monde ; 

Ieu iey fach tôt lo rebos 

Sans lor donar negun soco^s; 

He per so die ieu a tota gen [f- 98 r) 

Que en mi pre[n]guo exenpie, 732S 

Quar, se mon cami volo segre, 

Elses venran sertanamen 

En aquest loc de turmen 

Sans ja mays salhir de pena. 

q) La hun d«l« diables — LUCIFER — . 

Ho, Erguelh, tu seras turmentat 7230 

Per los grans pecatz que as fachz 

En lo monde quant lay eras , 

He no sabes pas tu de nos que es estât } 

Quant Dieu nos avia creatz 

Lay sus en lo cel enperial, yaBS 

Que sertanamen per lo gran mal 

Que nos autres aviam cornés 

Hem desendutz en infern totses 

Sans ja mais salhir de sains. 

Sapias que nos te donarem tant de trebalh 7340 

Que ja mays tu no as fach mal 

Que tu norn] sias ben punit. 

He per so sertanamen ieu te die 

Que aquest plom tu beuras : 

He per so bada la gorga, bada, 7345 

Que tu auras aquesta palada. 

Aras li meta la palada del plom fondut en la boqua. He quant haura 
fach aquo, sortisqua lo he digua LUCIFER, quant lo aura sortit : 

Diguas, Erguelh, es te bo 
Aquest bosi de capo } 
Vos tu hun pauc de salsa } 

7333. lor^ tioutë. — 7335. Lay *^t ajouté. 



LE JUGEMENT GÉNÉRAL. ifSi 

Oigui EROUELH : 

Ho que inalasecta sia la terra 7a5o 

Quant ja mays m'a sostengut ! 

He may lo payre que me a engenrat 

He la mayre que me a enfantât, 

Que no me estofesso de bon[aJ hora ! 

Quar se elses ho aguesso fach, 71 5 5 

leu no foro pas dapnat 

Coma ieu soy raantenen. 

He las ! en tant gran turmen 

Soy ieu en aquesta cadieyra, 

Quar ieu vos die en effiech 7360 

Que ieu cremi, ieu cremi. 

He las ! la Mort vai sa me ausi, 

Ieu te pregui caramen I 
^ LA MORT, quant sera dayant Erguelh : 

He que vos tu, Erguelh, de mi } 

Tu me as deniandada 7365 

He as dich que ieu te ausigués. 
wi EROUELH. He las ! la Mort, se te play 

De me ausire, tu faras be ; 

He te perdoni per ma ffe. 

Ieu te pregui caramen 7270 

Que me ausisquas encontinen, 

Quar ieu cremi en aquest loc. 
^ LA MORT. Ho, Erguelh, ieu die en efliech 

Que ieu no iey ponch de poder 

De te murtrir sertanamen, 7375 

Quar Dieu lo me dostec encontinen 

Davant que en infern me mesés. 

Arat* di|;ua ASTAROTa Superbia : [▼•} 

Hor sa, Erguelh, el vos quai fiquar 
En lo potz per demorar. 



* Une ligne efiacée. 

7178. D'ab. : anar En it^fem p* d. 

m. 17 



\SÊ mystères PROVBITÇAUZ. 

Sans ja mays salhir de lains. 7280 

Aqui voÉ ftufete k) gran repaus^ 
La honi «uni de bonas viandas : 
Sét^eiU) blandas he grapautz 
Que vus ifiaCn]gtran fas ventralhas» 
^1 EROUELH^ H« las 1 feenKors hè danas, 7285 

El fa bo<i fleure exenple, 
Per autru, qui to vol petire ; 
Quar lo mal que leu iey ia^h 
Tôt lo temps de ma vida 

En infern me ha fach tonba 7290 

Per aver pena enfinîda. 

Aras meno en lo pou Herçirclh. Ht quant sera dtdins, meno après 
Avarecia he lo meto en fa un liecfa bcn parât. He pucys que lo 
dosto tôt segretâmen, coma han fach a Erguclh, fae digua AVA- 
REGLA, quant toc sera aparelhat darieye lo iiccfa, he que meto hun 
personatge dedins lo licch fach de tella he que lo turmento los 
diables, he pueys digua : 

Ho bonas gens, tant mal me va 

He aiso per ma malvada régla 

Que iey tenguda tota ma vida, 

Hen bratarias he en usuras, 7296 

En falsifican mercadarias ; 

Pueys iey destruchas gran cop de gens 

En lor prestan del argent 

A la ustira, lo sapiatz, 

Non pas Sertas per cari tat, 7^00 

Mas per ma grati malvestat 

He per aver so del lor, 

Qnar ieu tôt j'orn desirava 

D*averrique$as a gran abondansia, 

Be ho mal, cosi que fos, 7'*>5> 

No Vi agachava uelh ni cara, 

Mas que descruife ieu ios pogués. 



7^99, 7307, 7339. Vers en interligne. 



LE lUOEMENT GÉNÉRAL. t6^ 

He las ! mau^ichas sian las riquesa«, 

Mas venguarn]sas he mas bratartas 

Que iey fâchas totses los jorns. 73 lo 

fie las! per manteiier mon estai 

Iey a pa«i1>ra gen tort fach 

En los meten a destruction 

Quac al may ieu avia, 

Al may de bratarias fasia. 73i5 

Ja may no me tengui per paguat 

De so que Dieu me avia donat, 

An tôt jorn ieu artbava, 

He despendre no ho ausava 

Dels bes que ieu avia aribatz. 73ao 

He per so vos die ieu aras 

Que per ma[n]tener mon barat 

Ieu ne soy sertas dapnat. 

He las ! mauJicha sia ma cobeseasa, 

Que no me laisava aver conoisensa 73a5 

Del gran mai que ieu fasia, 

An tôt jorn lo iey contuniat, 

Que me er' avist que non era ponch pecat, 

Per lo gran contuni que iey fach. 

Mas aras conoisi veramen 733o 

Que ieu soy dapnat perpetualmen 

An totses los diables en infern. 

He per so a totses he totas ieu die : 

Que no vulhatz pas seguir mon cami, 

Quar sertanamen se ho fatz, [f* 99 rj * 7335 

Totz he totas seretz dapnatz. 

Aras yûMji^ MAMONA, lo diable, de infern he Tengua darant Aya* 
rîcia ncdigua : 

Hor sa, mestre bratayre que vos etz, 

* Le haut du feuillet est occapé par quelques lignes rataiées. 

7311. He loM, ajouté. Ms. mantenen, — 7314-ao. Ces vers (écrits d'une autre 
main), se trofuent ;i|i bf* du f^ 98 v* ; leur place est indiquée j>ar un^envqi. -> 
7313. Ma. mantenen. — 73a 3. Ms. conou$enta. 



26o MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Escotatz me aisi hun pauc. 

Vos vos etz tôt joru perforsat 

De prestar vostre argent a brat, 7340 

Blatz, vis, safras he autras mercadarias 

Per destruire las gens maridas* 

He per aquel prest que fach avetz 

Gran mal vos suffertaretz, 

Quar no ho [a]vetz pas fach per caritat 7345 

Mas per mautener vostre barat. 

A la usura prestat avetz ; 

En prestan vostres deniers, 

Paubras gens destruchas avetz 

He totses los bes dostatz lor avetz. 735o 

He per so te die ieu sertanamen 

Que el te quai penre turmen 

Dels bes que as preses en lo monde. 

He per so vos badaretz 

He aqucst argent fondut vos beuretz, 7355 

Que vos aleugara lo estomac 

He vos b[r]aisara la vianda,. 

Quar no i aura serpen ni blanda 

Que vos fasa negun mal. 

He per so badatz he faretz que satge. 7360 

Aras lo fasa badar he an una casa grand a lo ii meta en la goi]ga b* 
puey li dtgua MAMONA : 

Bratayre, saquega te, saquega, 

Quar tu no saquegues pas tant be lo sac 

Quant baylavas ton blat 

A la usura a las paubras gens, 

Coma ieu te saquegariey mantenen. 7365 

Aras lo saquege Mamona, he quant le aura laysat, digua AVARESIA : 

He las paubre ! no salhiriey ieu d'aisi 
Huna hora en tota ma vida? 
He las ! paubra gen marida, 

7349. D'ab. : a. d, — jSbo, D'ab. : /. a. d.-" 7361. Ms. tofuegt. 



LE JUGEMENT GÉNÉRAL. t6l 

Vulhatzpenre exemple en mt, 

Quar sertanameii se no ho fachz 7370 

Trastotses seretz sertas dapnatz. 

Dî|^ua MAMONA . 

Usurier malvat, tal no te te 

Que tu escapes de mas mas, 

Quar îeu te die per ma fé 

Que ieii te cremariey los costatz. 7375 

1^ AVARECIA. He las ! la Mort, hoiit iey$ tu [v] 

Que me agas désemparât? 

Per que tu no me as tuât 

Que ieu no vengués en aquest turmen } 

He las ! vaî sa, ieu te ho pregui ! 738o 

Aras Te[n]gua LA MORT daTant ATarecia he dipua : 

Hor sa Avarecia, tu me demandas. 

Que es la causa per que tu me voles } 
i|| AVARECIA. He las ! la Mort, ieu te pregui 

Que tu me vulhas ausir, 

Quafr] ieu iey sertanamen gran désir 7385 

De salhir d*aquesta pena. 
^1 LA MORT. Ieu sertas te respondi veramen 

Quar ieu no iey pas poder 

De te delieurar encontinen 

Ni te tuar ni te murtrir, 7390 

Quar Dieu eternal a dich : 

« Que dapnat eternalmen sera 

Ja mays sertas no mora. » 

He per so, adieu te die. 

Arat ne meno ATaricia en lo pots*, en cridan, en gemen, en dise[n] : 
« He las! que fariey ieu aras^ » he autras paraulas. Que après, 
quant Araricia sera en lo potz, meno Colaen una cadicyra ben 
parada he que faso coma dels autres dcsus. He digua GOLA, quant 
sera tôt asetiat, de daiie la cadieyra : 

He las ! quant en lo monde ieu era, 7395 

D'ab. : in/ern. 



fAi my9t6res provençaux. 

De bonas viandas iett mairgava 

Sans a?er pietat de paubra gen; 

D'oii que vengués, ieu me arîgolava 

Sans aver gran pensamen. 

Aras vesi ieu manteneti 7400 

Que las viandas que iey trop m^tiigacfas 

He presas delîsyosamen 

Quai que mantenen stan amaras, 

Quar mangadas las iey sans mesura 

He begut sertas grandamen, 7403 

Dont non a via pas gran cura 

Ni besonh sertanamen. 

Quar ieu vech sertanamen 

Que de las viandas que iey trop presas 

Ni mangada[s] golozamen 7410 

M*en qualra far grandas penedensas, 

Sans ja mais salhir de sains, 

Enaprès, per heure trop soven 

Sans ne aver necesitat, 

Iey reneguat he blasfemat 7415 

Lo nom de Dieu omnipoten. 

He las ! de ma hoqua son salhidas 

Gran cop de paraulas mal dichas, 

He aiso per mon mangar he heure* [f* 100 r 

Per so sertas die ieu 7430 

Que en infern me quai demorar. 

Ho ! que malasecta sia la hoqua 

Quar ja mays no es estada sadola! 

He las, monta nhas, sobre mi tomba tz, 

Folzes, te[m]pestas, vos autras me tuàtz, 7433 

Que ieu no aga ponch tant de trihulacîos ! 

He las ! Leviatan, vai sa encontinen; 

Hosta me d*aquest turmen : 

Fay me, se te platz, aquest gran plaser ! 

Aras Tcngua LEVIATAN, lo diable, he digua ; 



LE JUGEMENT QÈKÈRJ^U. %63 

He las ! Golut, he que voles tu ) 743o 

No as pas tu pro mal 

Que demandas Leviataii ? 

leu soy vengut aisi davaiit tu^ 

He vegam, que demanda^ tu^ 
^1 GOLA. He las ! Leviatan, delieura mç d*MÎ* TM^ 

leu te pregui humialmeix 

Que tu me tues encontinen, 

He me faras h un gran plaser. 
q) Leviatan. Golut, teu te fariey hun pU^çrgftn 

De te fayre tôt jorn m^l, 7440 

Quar tu as tôt jorn mangat 

He tenguda la gorga huberta 

Per devorar la gran vianda \ 

leu sertas te voly asadolar 

D'aquesta vianda tota morta, 7445 

Quar ieu te metriey en la gorga. 

He te porvesiriey mot be, 

leu te aseguri per ma fe. 

Hor« reguarda be aisi 

Que te voly donar de mati 7460 

Per lo permier entremeis, 

So es a saber d'aquetses serpens 

Que so mot bels he lusens. 

He per so membre te de la vianda 

Que tu mangavas en lo monde ; 7455 

Quant la mangavas an la salsa 

Tu no trobies ja may tala causa 

Que te sia estada plus amara. 

He per so bada la gorga, bada, 

Quar tu mangaras aquesta palada 7460 

He i deguéses estofa* 

Aras bade la gorga Gola, he LeTÏatan li meta lot Sfrpent dcdini an 
una pala ht digua LEVIATANT, <)uant aura mangat ; 

* En surcharge : A. b, l, g. a G., lot autrti diabU$.„., 
743a. Ms. demandes. — 7448. Ms. aseguiri. 



264 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Hor sa, diguas tu, Gola, 

No te doni pas ieu de bona yianda } 

He si hu be sertanamen 

Quant ha mon avist. 7465 

He las ! no te sove pas, 

Quant en lo monde tu eras, 

De las bonas vîa[n]das que mangavas } 

Mantenen te seran ben amaras, 

Quar tu las amavas may mangar 7470 

Que se las aguéses donadas M 

Als paubres per mort de Dieu. 

Digua GOLA : 

He las ! no poyriey pas iéu mori ? 
Ho Mort, ont ies tu ma[n]tenen } 
Val sa me ausir encontinen, 747S 

Ieu te pregui caramen 
Que ieu no pase pon[ch] de pena ! 
Arat Ttngua LA MORT he digua per I*escadaf'«l : 

He las! qui es aquel que me demanda 

Ni ont lo poyria ieu trobar? 

Quar en lo monde, quant ieu i era, 7480 

Degus no me volia demandar. 

El lo me quai anar serquar 

La hou se dono los turmens. 

He'per so lay vau encontinen 

Veser que vol demandar. 7485 

Arai Ta la Mort la hont turmento Gola he digua LA MORT en 
fasen bels tenblans : ' 

Toi lo gran capitani dels mais factors 

Coma 40 enbriaicz, reneguadors, 

Murtriés, goloses he gogadors. 

He las ! an te prés al sepadel. 

Tu no te pensavas pas aiso 7490 

Que t'en préses enaisi, 

Quar tu agras vescut autramen 



LE JUGEMENT GÉNÉRAL. 205 

En lo monde, quant lay eras. 

leu te iey ausit a la mort cridar 

Que te vengués delieurar 7495 

De la pena de la hont tu îes, 

He per $0 ieu soy venguda 

Davaiit tu. Vegam que voles? 
i|| GOLA. He las ! la Mort, tu sias be venguda ! 

Ieu te pregui mot caramen ySoo 

Que me delieures encontinen, 

Quar sertas ieu trasî gran mal. 
wf LA MORT. Gola, tu no trasîas pas gran mal 

Quant manga^as de bonas via[n]das 

En lo monde, quant lay eras ; ySoS 

Tu no me demanJavas pas 

Quant tu te ariguolavas be ; 

No avias pas cura de mi. 

Mas ieu te aseguri be 

Que tu ja mais no moras ySio 

Ni de infern tu no partiras. 
wj LO GOLUT. He Messenhors he daiias^ escotatz 

So que ieu vos voly dire mantenen, 

Quar quant en lo monde ieu era, 

De bonas via[n]das ieu mangava 7S1S 

Sans ne destribuir als paubres 

Ni sans aver pietat de elses, 

An m*en trifava he m'en bafava 

Quant a la porta elses demandavo 

L*almoyna per amor de Dieu. [f« 101 r«] ySao 

He per so, senhors, vos die ieu 

Que fasatz del be 

Entretant que etz en lo monde ; 

Quar, quant mortz seretz. 

Mal ni be no faretz, ySaS 

75i8. Coït, tru/ava (?). 



266 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

An seretz meses en lo turmen 

Que vesetz de mantenen 

La hont soy ieu asetiat, 

He vulhatz penre exemple 

De la pena he del turmen ySBo 

Que vesetz far de presen, 

Quar aîso no es que una figura. 

Arat^ meto Gola en lo pots he meno LUXURIA he lo meto en h un 
payrol an d'aygua he fuoc als costaiz he di^ua** . 

Or sa, enfames luxurioses, 

Atendetz en so que ieu vos voty dire. 

Ieu soy malvat luxurios estât 7S33 

Tôt lo temps sertas de ma vida, 

He iey tôt jorn ribaudegat 

An femnas de malvada vida, 

Joguat, reneguaft], despichat 

He dichas sertas de gra[n]s folias ; 7640 

Despe[n]dut iey tôt mon joven 

An ribaudarias sertanamen, 

Sans aver reguart de Dieu 

Ni de ma paubra arma. 

Per so sertas vos die ieu 7545 

Que ela es perduda he dapnada 

He mesa en lo fuoc infernal 

Sans ja mais salhir de pena. 

He las ! que maudicha sia la terra 

Que me ha tôt jorn sostengut ! 755o 

He las! Asmodeus, no ve[n]ras? 

Vai sa, ieu te pregui caramen : 

Vai sa me ausire, ieu te pregui, 

Quar sertanamen ieu cremi 

En aquest fuoc diaboliqual, 7555 

Ho dona me qualque remedî! 



• D'ab. : A. ne tiran G. e. in/em. 

** On a ajouté en marge : he loi diable* lo turmento hepueyt difuû. 



LE, JUGEMENT GÉNÉRAL. l(q 

wf ASMODEUS. Ho ! malvat Uixurioi, 

Tu demandas aras repaus : 

He per que lo deves aver tu? 

Quar totses tos companhos e tu 7560 

No avetz fachs ja^roais que mais 

An malvadaa ribaudaS| palhardas^ 

Maquarelas he goratieyras 

Que vendian tôt jorn las filhas 

He las metian a destructîo. 7565 

He pueys demandas que ieu te ausisqua ; 

leu te die sertanamen 

Que a mi no se aperte pas, 

Mas demanda la Mort crusela, M 

Quar an aquela se aperte 7^70 

De te murtri sertanamen. 

Ho se ela no ho fa, 

Qualque ra2o ela te dira ; 

Mas entretant tu auras hun joleb 

Que te abaisara la luxuria 7573 

Que de sa en reyres as comesa. 

Aras lot diables lo turmento he digua LUXURIA, quant lo auran 
turmentat : 

He las! paubre^ que fariey ieu } 

Quar àisi me quai estar tôt jorn 

Sans aver repaus ni sojorii 

Del gran mal que fach ieu iey. 7580 

Âquo sertas conoisi be ieu. 

He las! la Mort, ont ieS tu } 

Ieu no iey au:re refrugeri 

Se no de nte retornar a tu. 

Vai sa, mé âusi, ieu te ho pregui ! 7585 

Aras Tengua LA MORT he digua per lo escadafal : 

Hor sa, ieti soy estada per tôt lo mon 
He iey fach mon degut, so me senbla, 
Quar iey mesa a destructio 



268 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Tota natura humana. 

leu no sabi pas se iey re laysat 7590 

Que ieu no ho aga tôt degolat, 

Mas ieu estan en infern 

Iey ausit calcun cridar 

Que ieu tù vengués degolar. 

Ieu no sabi pas bon poyra eser ySgS 

Ni en quinh lo[cl lo poyra trobar, 

Se no que fos en lo loc 

De la justicia divinal. 

He per so ieu lay vau 

Per veser qui es aquel. 7600 

Aras t'en va LA MORT la hont lo turmento he digua quant »«ra 
aqui : 

Ieu soy aisy davaiit tu. 

Que me demandas } 

Que vos tu ni que cridas } 

Tu me deurias be conoîse 

Quar d'autras vegadas me as vista. 
v) LO LuxURios. He las ! la Mort, tu sias be venguda 7605 

Tant te iey ieu disirada! 

He parla an mi, se te platz. 
Aras digaa LA MORT : 

Hor sa, magister, ieu te conoisi be, 

Gran temps ha, tu ies serta, 

He iey sertas hun gran plaser 7610 

Quant te fan aisi bona cara. 

He no te esta pas el be ^ 

Aquo veramen sy deu far. 
v) LUXURIA. Âsmodeus, ieu te die de serta 

Que aisi me dono tant de pana 761 5 

Que ieu no sabi ont me soy, 

Quar me dono tant de aflictio 



7596. Ms. quihm. ^ 7601. D'abord xHolaî hont tes tu?Q.m,d, &, Ont rtturë 
après 7609 le v. : Ieu soy aisi per davant tu^ qui se trouve en tête de ce moroetu. 



LE JUGEMENT 0(!.NÊRAL. 269 

Per la gran mala vida que îey tenguda. |f* 103 r«} 

He per so te pregui carameii 

Que me ausisquas encontinen, 7620 

He me faras hun gran plaser. 
if LA Mort. Luzurios, malvat que tu les, 

Per los graiis mais que as coméses 

El quai sertas que tu demores 

En aquesta pena he turmen 762S 

Tostemps he ja mays 

Sans salhir de pena he de trebalh. 

He per so que dises que ieu te ausisqua, 

leu sertas no podi pas, 

Quar hun cop ieu te iey ausit. 763o 

1^ LO LUXURIOS. He las! paubre, que poiriey ieu far 

Se tostemps me quai demorar 

En aquesta pena he turmen } 

Ieu conoisi que ieu auriey mal temps 

Quar ieu iey de malvatz servidors 7635 

Que ja may no me laiso pausa. 

He las ! paubras gens, avisatz, 

leu voi pregui mot caramen, 

Fie totz he totas areguardatz 

Cosy ieu soy en turmen. 7640 

He las! vulhatzvos emendar, ieu vos pregui, 

He no vulhas pas tener mon cami, 

Quar sertaiiamen ieu vos die : 

Que al may de dapnatz say veno, 

Al may de turmen nos dono. 7645 

Per esperiensa ho podetz veser, 

Quar al may hom met al forn de lenha 

Al may sertaiiamen de calor hi a. 

He per so vulhatz vos castiar, 

Quar qui per autru se castia 765o 

El no pot mas tener bona via. 

Ara$ meto Liixuria dedins lo potz prient. 



270 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Ht pucyi aie^uo lo potz he la roda be, quant lira tôt astçuat, meno 
Ira de inftrn, Enrtgà k* Voalba, an grant cadanat ait cok, en loi 
«rainan per lo escadafui'. He quant Jo9 auran frainatc, los autio 
al torn del potz, en los turmentan. He que totz très sian dedins lo 
pots he aquels que turmento sian fachz de telas penchas he que loi 
de dedins parlo quant sera hora, he digua IRA : 

Ho ! malvat Iros que ieu soy estât 

En lo monde quant tay era i 

An tôt lo monde ieu prendia guera 

Per ma ira he per ma rancor. [▼•] 7655 

Los fetges mangatz lor agra 

Se ieu los agu6s sertas tengutz. 

Deffamatz iey grantlamen 

Gran cop de boiia gen, 

En ne pa.1l im publiquamen, 7660 

Hoc sertas, he may en resquost. 

Per ma granda ira iey jurai 

Le nom de Dieu he blasfamat 

He la Verges, mayre de Dieu, 

Ile totz los sans he sanctas, vos die ieu* 7665 

He per so ieu soy jutgit 

Per lo gran mal que ieu iey fach 

De demorar en infern pruou 

Sans ja mays aver remessiou. 

He per so ieu pregui a totas he a toses 7670 

Que vos vulhatz castiar 

He no vulhatz redre mal per mal, 

Mas vulhatz a totses perdonar 

Las offensas que vos fan, 

Enai^i coma perdonet Nostre Senhor 7676 

Sus lo albre de la crotz 

A totses que mal H fasian. 

He las ! no poyriey ieu morir 

Davant que desenda dedins 'lo potz^ 

7654. Mb. pecendia. 



LE JUGEMENT GÉNÉRAL. ZJl 

He las! iroses, castiatzvos totz, 7680 

Que no venguatz eu aquestturmen, 

Quar sertas no i a cor dolen 

Que no plore alcunamen 

Del gran turmen que es en Inferné 

He las! Belial, vai sa, 7685 

Quar pueys que me ho quai far 

Âytan val leu coma greu. 

Roiisa me dedîns lo fornatz 

Que no s*en vega negunas olfas ; 

leu te ho pregui mot caramen. 7690 

Aras irengua BELIAL dt infern he yengua daTant lo Iros he digua : 

Mala hora , mala hora te done ieu. 

Que vos tu, Iros* ni que demandas? 

He no sabes pas quinha coa tiri ieu } 

He las ! no veses que es fort noada } 

Ieu te die sertanamen 7695 

Que tu maudiras la jornada 

Quant }a mais me as demandât; 

Per so que no as aguda caritat 

De aquelses que te avian mal fach 

Ni los as voigutz perdonar 7700 

Quant te demandavo perdo 

De las offensas que te avian fâchas, 

He per te paguar ton »alari 

Al gran potz ieu te metriey 

Que ja may d'aqui no salhiras. 7705 

Digua may BELIAL, en crtdan : 

Hor sa, diables, saihetz totses 

He venetz totses de mantenen. 

Aras salhisquo los diables he Te[n]guo davant Btfli»! en fassn rere - 
rtnsia, he digua BELIAL : 

Mos vailetz, sabetz que faretz } 

Âisi es aquest malvat Iros, 

El lo quai mètre dedins lo potz 7710 



272 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Per H fayre gran festa, 

He vos juri per ma testa [^ io3 r] 

Que se fatz be vostre degut 

leu vos paguariey encontuien. 
^ Vehemot per tôt*. Belial, no vos sia de re, 7715 

Quar ieu vos juri per ma fe 

Que ieu he mos companhos 

Farem be nostre degut totz, 

Inqu[a]ra may que no voiretz. 
Digua BBLIAL a Vehtmot : 

Hor sus, vegam cosi ho fiiretz : 7730 

Se etz tans valens coma disetz, 
Desenpachatz vos prestamen. 

Arat prt[n]guo Ira lot diabltt he digua VEHEMOT quant lo auran 
carguat : 

Sus, sus, en non diable, sus ' 

Que trop avetz estât aqui 

Tie ge vos hy voHatz dormi. 7725 

Nos vos fiquarem en hun gran fuoc 

Que vos escalfaran tant las esquinas 

Que vos gardaran be de dormir. 

Arat lo mtto en lo potz he, quant tera lains, gitto fooc an pagua 
roina en cridan los diablet : « Festa ! fetta ! que xnay n'aurem! • He 
aprêt t*en tome Belial he Veheroot he gran cop dett autrn en 
infern. He digua ENVEGA : 

He las ! ieu Envegos, 

Tant de mal iey pogut fa, 7730 

Quar quant en lo monde ieu era 

A totz he a totas envegas portava. 

En lor serquan tôt jorn mal; 

He avia sertas gran plaser 

De la destructio de mon vesi; 7735 

He avia una gran envega 

Quant riches ieu los vesia ; 

7730. Ma. ieu. 



LE lUOÊMENT GÉNÉRAL. 278 

Inquara serquava I08 remedis ieu 
Per los mètre a destructio 

En parlai! anb uns he anb autres* 7740 

Disia may per ma gran envega 
Que ieu avia dich he fach 
May de mal sertanamen 
Que ieu no avia dich ni emagenat, 
He aiso per ma gran envega 774S 

Que ieu sertanamen lor portava ; 
De que fasia doble pecat. 
Après iey mesa gran discordia^ 
La hont avia gran concordia, 
En meten mal la hun an l'autre. 7730 

He las ! que diriey de las femnas } 
Quinha envega porto elas, 
Las hunas contra las autras } 
Quar per lors grans envegas 
^ue porto las hunas contra las autras 775:) 

No areguardo pas que diso : 
Sia mesonga ho veritat, 
Tôt lor salh de lor sac : 
Ieu m*en remeti a lors consiensas. 
He per so castiatz vos totses he totas 776U 

Que no venguatz en aquestas penas M 

Que veyretz de maCnJtenen, 
Quar ieu senti lo fuoc bolhen 
Que encontinen me brulhara 
No que ja may nie consumîsqua. 7765 

Re per so vulhatz vos castiar, 
Quar ieu vos die sertanamen 
Que infern es fort aluquat 
Per lo gran monde que lay davala, 
Quar Erguelh he Âvaricia, 7770 

Cobesensa he Luxuria, 
Brat, Tricharia he Malecia 

m. 18 



274 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Sobremonto Lieutat he Justicia ; 

Tant an prés del monde partida 

Que Amor, Pietat he Caritat, 7775 

Fe, Drechura he Veritat 

Sa anatz al cel maiso quere 

Quar no trob*ostal en terra. 

He las ! no sîatz pas tant fols 

Que no vos castietz per los turmeas 7780 

Que vesetz fayre de presen, 

Quar lo fol ja may no cre 

Ti'o que sas servelas ve. 

He per so totz he totas ho vesetz. 

He las ! Satan hont ies tu } 7785 

Vaî sa me gîtar en lo gran fuoc, 

Quar sertas ieu cremi 

De la gran calor que ieu senti. 

Aras salhisqua S:iihan he sos companhos he digua SATHAN per lo 
cscadafal a tos companboi : 

Conpanhos, teu iey ausit 

Qualcun que vol estre de nostra bailia; 7790 

He per so el lay nos quai anar 

Veser que vol ni que crida. 

Hor sa, anem lay totz encontiiien 

Veser que vol ni que demanda, 

Quar ieu vos die sertanamen 779S 

Que el sera de nostra banda. 

Se el sabia cosi lin penra 

Quant de nostra banda sera, 

El li valgra may que agués dormit, 

De la mala febre quartana 7800 

Que lo tenra tôt lo jorn 

Lains en infeni pruon. 

Conpanhos, ieu no sabi pas ont séria 

7789. Ms Comphanos. 



LE JUGEMENT GÉNÉRAL. IjS 

Se no que sîa a la rostisaria, 
Quar aqui fan tôt jorn gran festa 78o5 

])e la granda viancla que lay davala, 
Coma so grapautz, serpens he colobres 
He d'autras vîandas deliciosas. 
Ânem lay donquas totses. 
Aras lay aao he digua SATHAN, quant lia près de Enrega : 

To! mestre Coquart, etz estaquat. 7810 

leu no me doni pas meravilhas 

Se vos an ben atrapat 

En fasen vostras finesas. 

Hor sa, ventât tu me diguas : 

No te sove pas de tas envegas 7815 

Que portavas a totz he a totas 

Quant en lo monde tu eras 

En disen mal de cascun } [(• 104 r«] 

Hor sa, que demandas a Sathan } 

.leu soy aisi, que vos tu? 7820 

i^ ENVEGA. To ! Sathan, tu sias be vengut 

He las ! que teu te tey mot désirât 

He iey gran guaiich quant te îey trobat ! 

He las ! saubrias me tu 

Donar negun remedi 7825 

De so que ieu te voly demandar } 

leu sertas iey ausit dire 

Que tu ies hun gran medici : 

Saubrias me tu donar remedi 

De la gran cal or que ieu sufferti } 783 o 

Cosi se poyria ela esqua[n]tir } 
fj SATHAN. Hor sa, tu as trobat lo medici 

Que te quai, ieu te aseguri, 

He potiquaris he surgie[n]s. 

Que so totz grans fysiciens, 7835 

Que so aisi totses près de mi. 

Areguarda los be totses, 



276 MYSTERES PROVENÇAUX. 

Quar elses lo totz prestes 

De fayre mon comaiidamen. 

He per te donar aleugamen 7S40 

El te quai pelire huna purgua 

Per te esquantir aquela calor 

Que tu as presa per ta en[v]ega. 

El te quai heure gran cop d'aigua 

He te quai mètre en lo potz, 7845 

Quar el i a gran cop d'aygua 

Per t'escantir la calor granda. 

[H]e que i aura gran cop de blandas 

Que te aleugaran las venas 

He lo sa ne tôt coromput. 78S0 

Sus, companhos, prendetz lo ; 

Ronsatz lo dedins lo potz 

He que se purgue fort lains, 

He no i aga ponch de fauta. 

Aras lo prenguo los diables he lo carguo sus lo col he que lo tengoo 
aqui tant quant parlara, he digua ENVEGA estan aqui : 

A Dieu siatz, bonas gens, a Dieu vos coman ! 7855 
He las 1 governatz vos satgamen 
No vulhatz portar envega a degun, 
Mas lor vulhatz perdonar lor offensas 
Quant las vos auran fâchas ni dichas, 
Quar ieu vos die sertanamen 7860 

Que en lo monde, quant ieu lay era, 
Per ma envega he per ma malecia 
Au totses ieu prendia guera : 
De que ieu vau al potz infernal 
Sans ja mais salhir de lains. 7865 

He las ! diables, ostatz me d'aisi ! 
1^ BELFEGOR. Nos te guardarem be de dormir 
Ieu te ho aseguri per ma fe; 
He te gratarem tant las esquinas 
Quant seras dedins lo potz 7870 



LE JUGEMENT GÉNÉRAL. 277 

Que no te sove[nJra pas de nos,- 

Mas maudiras tôt joni ia hora 

Quant as comeses tanses de mais. [v* 

He las! no podias be tu emagenar 

Que enaîsi el t'en penria? 7875 

Ile fara a totses aquels he aquelas 

Que porto las grans envegas. 

He per so ronsatz lo dedîns lo fuoc 

Quar aqut sera son loc 

Sans ja mays salhir de lains. 7880 

Aras lo meto dedins lo potz he faso coma dtls autres. Après parle 
NOUALHA he digiia : 

He las) ieu paubre Noualhos 

Que tôt jora iey fach lo pigre 

A servir Dieu, mon creator, 

Ieu sertas vos die en effiech 

Quant ieu estava en mon liech ; 7885 

Ieu emagenava gran cop de mais, 

Coma ensannetatz he vilitatz 

He gran cop de movemens carnais, 

Que tombava en grans pecatz 

Los quais no se fan a dire; 7890 

He de tôt ieu coiioisia be 

Que ieu pecava mortalmen ; 

He per so per ma gran pigresa 

Los pecatz que comeses avia, 

Coffesar ieu no los volia, 7895 

De que sertas ieu iey mal fait 

Quant coffesatz ieu no los iey, 

De que soy dapnat perpetualmen 

Sans ja mays salhir de infern. 

He las I governatz vos satgamen, , 7900 

He al pecat de pigresa 

No hubisiscatz nuUamen, 

Quar, se vos autres ho faychz, 



278 lliYSTÈRBS PROVENÇAUX. 

Sertanamen seretz dapnatz, 

Mas estatz tôt jorn avisatz 790S 

De la mort cora venra, 

Quar no sabetz lo jorn ni la hora 

Quora ela vos asalhîra. 

He per so se sabiatz cora ela venra, 

Vos autres sertas velharîatz 7910 

He ja may no se [r] caria tz 

De denegar vostras conciensas* 

He per so, senhors he danas, velhatz, velhatz ! 

Salhetz fora de totz pecatz, 

Que no venguatz en aquest turmen 791 S 

Lo quai veyretz far de presen. 

Quar îeu cresi que en la companiha 

No i a crestiana ni crestia 

Que no tranble de paor 

Quant veyra los turmenis. 7910 

He las ! Belfeguor, vai sa. 

Vai sa me tu dosta 

Del loc hont ieu soy, 

Ieu te pregui caramen. 

Aras Tcngua Belfeguor de inf«rn he d'autres diables anb el he, quant 
sera per lo escadafal, digua BELFëGUOR en se meteis : 

Ho la, ho la, ho la ! ont ies tu } [^ io5 r«] 7915 
Que vos ni que demandas) 
Ieu no sabi ont ies tu, 
Mas sona me autra veguada, 
Quar ieu iey de bona mainada 
Per te anar Ieu vesytar. 7930 

1^ NOALHA. Ieu sertas te iey mot demandât; 
Belfeguor, Belfeguor, ieu soy aisi 
He te demandi inquara may, 
He, Belfeguor, ieu te pregui caramen 
Que tu me dostes d*aquest loc, 7933 

Quar sertas ieu crenii he ardi 



LE JUGEMENT GÉNÉRAL. 279 

De la gran calor que ieu senti 

Que salh del gran potz infernal. 

He las ! mon Dieu eternal, 

He que poyriey ieu far 7940 

Quant ja mats d'aqul no salhiriey } 
wf BELFEGUOR. Hor sa, Noalhos, ieu te fariey servi 

Enaisi coma de tu s*aperte. 

He sertas te aseguri be 

Que en infern no ha pas pro lenha 7945 

Se no que cascun jorn n*i vengua. 

He te aseguri sertanamen 

Que cascun jorn n*i tonba grandamen, 

Per los grans pecatz que se cometo 

Per tôt lo universal monde, 7960 

Ni ja niay no se escantira, 

Per so que degun no vol tarsar 

De far pecatz trastotz los dias. 

He per so quai que i aga fuoc 

Sans ja mais escantir, 7955 

Quar al may en infern ne tombo, 

Al may sertas hi a de calor. 
w) NOALHA. He las ! no auras tu pietat de mi 

Per so que ieu te tey fach servie! 

He iey fach so que me as comandat? 7960 

wf BKLFEGUOR. Hor sa, per so que tu m'as cresut 

He as fach mon comandamen, 

Ieu te fariey mètre encontinen 

En lo gran potz infernal ; 

He aîso sera ton guasardo. 79^5 

He afy que tu d'aqui 1x0 salhisquas, 

Ni mas tos companhos que lains so, 

Ieu fariey sagelar lo potz 

A mos servidos que aisi so, 

An quatre sagels sertanamen 7970 

Afy que lains demoretz totz, 



iSo MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

Acompanhatz sertanamen 

De gran fuoc he de serpens. 

He per so, companhos, prestamen 

Vulhatz lo lains ronsar, 7975 

« 

Quar ieu vos prometi.veramen 

Trastotses de vos ben paguar. 

[▼•1 

Arat lot companhos lo meto lains he faso coma dels autres hc BEL- 
FE6U0R digua a Lucifer de l*escadafal en fora : 

Ho, princip Lucifer de inferii, 
Belial, Belzebuc he Sathan, 
Manmona, Asmodeus, Leviathan, 7980 

Vemot^ Astarot he Vatan, 
Venetz totses encontitien, 
No n'i demore degus lains, 
Quar aisi a bel cop a fayre. 

He prenetz las claus de infern 79^^ 

Per clavar io potz encontinen, 
Quar totses los pecadors 
He las pecayritz lains so; 
He per so loCs] quai clavar 

Affy que no puesquo escapar. 7990 

Aras venguo totses quant LUCIFER aura parlât he digua : 

Hor sa, mos subgletz totses, 

£1 quai anar veser que vol Satan 

He per so anem hy prestamen. 

Aras prengua Sathan las claus he venguo datant lo potx, hc diçua 
LUCIFER : 

Hor sa, mos subgietz, 

Que dtsetz vos autres } 799S 

Quai clavelar aquest potz 
An totas las quatre claus? 
f) SATHAN. Mossenhor, ieu vos die sertanamen, 
Seguon que me dona mon conselh, 

799J. Sdtan, ajoaté. 



LE JUGEMENT GÉNÉRAL. iSi 

Que an quatre claus lo quai clavar, 8000 

Âfy que degun non salîsqua ponch, 

Quar de totas las partidas del mon 

Nos ne hem anatz serquar. 
1^ LUCIFER. Hor sa, vulhatz donquas sagelar 

Lo potz tôt a l'entorn ; 8oo5 

He pueys vulhatz los turmentar, 

En so no hy falhisquatz ponch. 

He tu, SaChan, agas la quargua, 

Quar tu as presa la gran pena 

De menar tôt lo mou lains. 8010 

Digua SATHAN a Lucifer : 

Princep, en vostra presentia, 

Pueys que vos play de roe comandar, 

leu vau lo potz sagelar* 

Aras Sathan sagele lo pou en quatre partz he^ quant sera sagelat, 
digua LUCIFER : 

Hor sa, hor sa, comensatz de besonhar 

He vegam cosi vos portaretz, 801 5 

Quar s*el i a negun que palpe 

He no fasa son degut, 

Ja mays paguatz no seretz; 

He per so comensatz totses. 

Aras comenso de tirar las rodas los démon is en presentia de Lucifer 
he de tocz los autres he porto forquatz de fer be guafr per turmentar 
lains las armas, quant n*i aura d'ascunas que salhiran lo cap defora 
lo potz, per las espenge lains j he los de lains gieto fuoc he fum de 
solpre tro que sera hora de parla r. He i aga d*armas en torn de las 
rodas staquadas. 

Digua SUPERBIA dedins [lo potz, quant]^ sera hora : [f> 106 r« 

He las ! la Mort, malasecta sias tu 8030 

Quant no me as estofat 

Davant que fos gitat 

Foro del ventre de ma mayre 1 

* Le ms. est mutilé. 

looo. Mt. quatra. — 8001 . Mt. ponh. 



28a MYSTÈRES PROTBNÇAUZ. 

Digua K VARECiA : 

He las ! maudîcha sia la terra 
Quant ja may me a sostengut, SosS 

Que valgra may me agués tôt foiidut 
Que quant soy vengut en aquest turmen. 
Digua LUXURIA : 

He las ! maudîch sia lo payre he la mayre 

Quant ja may me an engenrat, 

Per so que no me an castiat 3o3o 

De mal que me vigueso far, 

An s*en rysian he s*ei\ glorîficavo, 

He per so que no me castiavo, 

leu sertanamen [soy] dapnat. 

Digua GUOLA : 

He las ! malasecte sia lo payre he la mayre 8o33 

Quar tan mal me an endoctrinât 

Del mal, quant lo me vesian fayre, 

En lo monde quant lay era, 

De que sertas soy dapnat. 
Digua IRA : 

Ho folses he tempestas! 8040 

Tonbatz sobre nos autres, 

Quar sertas nos hem dignes 

De tôt aquest^turmen ! 
Digua ENVEGA : 

Ho totses los diables de tnfern, 

Âusisetz nos en qualque guisa! B045 

Sertanamen nos vos ho preguam. 

8024. Le mot Nota, placé vis-à-vis de ce vers, renvoie à U tirade suivante 
écrite en marge d'une autre main & presque effacée : 

He, mon payre, maudit sias tu ! que per tas u.uras, 

Bratarias que en lo monde as /achat, 

leu soy vengut en aquest turmen. 
f^ LO Pa[yre]. He, monfilh, maudit sias tu! ^ 

Quar^ per te noiri he te fa riche, 

leu iey comesas gran cop de usuras, 

leu soy vengut en in/em, 
8040. Mr Temptstatas. 



LB JUGEMENT OÉNëRAL. 283 

Oipua PIGRESA^ : 

Ho Satan, Sathaii ! 

Nos te preguam caramen 

Que nos gietes d'aquest turmen, 

He vuelhas desclavelar lo potz, 8o5o 

Quar sertas nos cremam trastotz. 
^1 SATHAN. No disiatz pas vos autres enaisî, 

Quant en lo monde erçtz, 

Quar prendiatz gran plaser 

Dels mais que cometîatz vos autres ? 8o.S5 

El ne quai far penedensa, 

Quar negun mal no demora enpunit. 

He per so que no vos etz castîatz 

Dels mais que avetz fachs, 

Ne prenetz aquest turmen. 8060 

' He per so prenetz exemple, 

Totses he totas, se vos voletz, 

Quar las grandas penas que vesetz 

No so sertas que huiia figura. 

He per so, totz he totas, fasam del be 8o65 

Entretan que em en lo monde« 

Quar se nos no ho fasem, 

Sertanamen punitz serem. 

Adieu vos die, a Dieu vos coman. 

Dieu guarde la companiha de mal. 8070 

Lo MCSATGIÉ. Ho payre Dieu omnipoten, [▼•] 

Que tantas fas de meravilhas, 

Tan tas noblas riquesas he preciosai 

As ordCe]nadas a ta guisa 

Seguon la divinal provediensa, 8075 

Dona nos, senhor, a trobar la fontaîua 

De ta felecitat sobirana, 

He nostre ente[n]demen illumina 

De la tua clardat divina 



284 MYSTÈRES PROVENÇAUX. 

En tala guiza 8080 

He en tala manieyra 

Que te puscam veser claramen 

He te amar perdurablamen^ 

Quar tu ies io darier repaus. 

Senher, la tua poysansa tant granda es 8o83 

Que tu sostenes tôt quant es 

He o as tôt en ton govern, 

Paradis he raay înfern. 

A tu, senher, no podem re selar, 

So que avem fach ni so que volem far. 8090 

He per so, senhors he danas, fasam dei be, 

Entretant que hem en lo inonde, 

Quar, quant nos serein de part de la, 

Be ni mal no podem far, 

He sabem be que devem morir SogS 

Totses he totas que hem aisi : 

Per so fasa cascun so que deura 

Per aver la sancta gloria 

Âl dia del gran jutgamen. 

Senhorfs] he danas, vista avetz 8100 

Jogar l'estoria ..... 

He per so cascun la meta en sa memoria; 

He, se los joguadors no avian be joguat, 

Elses vos preguo per caritat 

Que los vulhatz perdonar. 8io3 

A Dieu siatz ; a Dieu vos coman. 

8087. Ce vers a été transcrit deux fois. — 8101. Il semble que deux on trois 
mots aient été grattés après ettoria* 



APPENDICES 



I. 

AUTRE RÉDACTION DE • LA RÉSURRECTION DE LAZARE i 
Aysi cokb[n]sa la Rbsucitatio dbl Lazb hb la intbada db Jhbru- 

SALBM HB LA RbSURBCTIO. [f* 3l r] 

Aras quant Jhesns ha ddieurada la femna, ela t'en ane a Nottra Dama que sera 
près de Bethania. He Jhesus s'en ane en Bethania resucitar lo Laier & la Mar- 
tha siaal monumen quant Jhesu venra, he digua la Martha de ginolhos a Jhesus : 

Ay laseta ! se tu say foses estât, 

No fora, seaher, mon frayre mort. 

Ni agra ieu tant grans tristesas, 

Ni sera tant gran desconort. 

Mas tu les, senher^ tant poderos 5 

Que de mort resucitar lo potz, 

He ieu, senher, ho cresi fermamen. 
Jif Jhbsus. Marta, Marta, per que ploras ? 

No sabes la vertut de Dieu ? 

Si be lo creses ni be lo azoras, lo 

Huey veiras lo poder seu ^ 

Del frayre que tu tant ploras : 

El resucitara sertas en breu. 
Aras ane scrquar la Marta la Magdelena he digua : 

Ay, bela sor, tost te leva ! 

Vay t'en prest al filh de Dieu, i5 

He tôt humialman lo pregua 

Que te re[n]da la frayre teu, 

i-i3. Ev sec. Joan. Xl^ 33. 



286 A^PBKDICÊ. 

Quar per la preguaria tua 
Cresi que lo recobraras en breu. 
Arat LA Maooblbna ane a Jbesus he se meta de ginolhos he digiia : 

Ay ! glorios vertadier paire, ao 

Senher, tant mal em joioses ! 
Tu que ies del monde salvayre, 
Senher, tant grandaa so nostras dolora 
Que avem, senher, de nostre frayre! 
Donatz nos gauch, senher, sans plor. aS 

Aras Jhbsus respon en s'en anan vas lo tombel an la Magdalena * : 

Anem avan, no vos ploretz, 

Maria, que en breu lo veyretz 

Aquel per que tant fort ploratz, 

He de las mas lo toqua retz. 
V^ LA Magdalbna. Hoc ben, senher, mas que tu ho vuelhas ! 3o 

Senher, ve te aysy lo vas. 
Moslre lo vas a Jhesus he davant lo vas diga Jrcsus, las mas junctas : 

Lazer, Lazcr, hyeis deforas, 

He ieys del monimen, 

Quar aquesta gen per tu plora, 

He an sertas gran marîmen. 33 

[T-J 

Aras se levé lo Lazer he se estia tôt de pes, he digua Jhesus : 
Aras destaquatz lo encontinen. 

Ara lo destaquo, he digua Jhksus : 

Aras agatz los abilhamens, 

He vestetz lo encontinen. 
Aras lo vestisquo be digua lo Lazer quant sera vestit : 

Ay ! senher, filh de Maria, 

Senher, tu sias ben lausat, 40 

Quar el ha ben quatre dias 

Que ieu fori sostarat; 

Quar ieu te die, senher, per veritat 

Que mon cors pudia 

Lo quai as, senher, resucitat. 45 



* Rubrique ajoutée. 
39. Ms. toquarat\. 



\ 



APPENDICE. 287 



II. 



FRAGMENT D'UNE AUTRE RÉDACTION DE 
« JOSEPH D'ARIMATHIE » 



Aras, quant Abderon ha sagelat lo tonbel*, s'en tome als avesques he lordigaa so 
que es al libre ; he los avesques mando anar quere Centurio he totz los coin- 
panhos he (lor) digua Caypmas al mesatler Trota-menut : 

Trota-menut, vay me serquar* 

Centurio, que vengua an mi parlar, 

He que mené totz sos companhos. 
l|l Trota-menut. Mossenhor, ieu y vau d'aquest pas 

He percompliriey vostre ma[n|damen. 5 

Arms s'en ane Trota-menut serquar Centurio, he digua : 

Chivalier, Dieu vos done salut ! 

Ieu soy sertas aisy vengut 

Per vos declarar ma mesatgaria. 
^ Centurio. Or sa, Trota-menut, que disetz vosr 

Quai vos tramet aisi per davant nos ? 10 

Portatz vos bonas novelas ? 
ij^ Trota-menut. Chivalier, elas so bonas he belas. 

Las qualas veramen so aquestas : 

Mossenhor lo gran prélat, 

Lo quai s'apela Cayphas, i5 

Vos manda per mi verayamen 

Que vos sertas encontinen 

An tota la vostra companiha 

Venguatz parlar sertas anb el. 
ip Cbmturio. Trota-menut, tu t'en tornaras, 20 

He nos te segrem tôt lo bel pas, 

He diras al gran prélat 

Que nos farem tôt son comandat. 



* En marge : Ayto et al libre. 



288 APPEHDICS. 

Aras t'en torae Trota-mknut he dtgua a Cayphas : 

Mosseifhor, ieu iey fâcha la mesatgaria, 

He me ha dich lo chivalier 25 

Que el venra encontinen, 

El he tota sa gen. 



GLOSSAIRE 



Le signe « reoToie au Lexique Roman de Raynouard. — La lettre R désigne les 
Fabriques ôl le chiffre suiTant indique le vers qui procède la rubrique. 



A 25» as 38i, an 3g5, ha R 437, 



a« 



[abaîaarl, ind. fut. sing. 3* p. 
abaisara ySjS, abaisser. 

[abandonar], ind. pr. sing. /• p. 
abandon! 2bSS; part. pas. masc. 
pi. abandonatz 2319, abandon- 
ner. 

abhominosa 27, fém., dégoû- 
tante. 

abilhar R 523 ; oart. pas. masc. 
sing. abilhat R 323, pi. habi- 
Ihatz R 5375, fém. sing. abi- 
Ihada R 5375, habiller. 

Abraam 3856, Abraham. 

[abreugar]. part. pas. fém. sing. 
abreugaaa 6870, abréger. 

absolvre (far) R 2086, donner 
Vabsoute. 

acabar 4^6. part. pas. masc. sing. 
acabat Siio, achever. 

jacompanhar], part, pas. masc. 

ni. 



pi. acompanhatz 7972, fém. 
sing. acompanhada 0944, ac» 
compagner. 

[9iConoiser\f part. pas. masc. sing. 
aconogut 429, connaître. 

acordar 6628, part. pas. masc. 
sing. acordat o685, mettre d'ac- 
cord. 

[acostWiSLT], part. pas. masc. sing. 
acosselhat 6743^, pi. acoselhatz 
2887, conseiller. 

[acostumar] , part. pas. masc. 
sing. acostumat 4123, accou- 
tumer. 

aculhir R 478,aculhy 2îSSf faire 
[bon] accueil. 

lacusar], ind. pr. sing. a* p. 
acusas 5570; tmp.pL /•/7. acu- 
savem 3644.; part. pas. masc. 
sing. acusat 5504, accuser. 

adobar 1632, part. pas. masc. 
sing. adobat i636, préparer. 

adorar 56o8, subj. imp. pi. 2' p 

«9 



290 



GLOSSAIRE. 



adoresetz 5920 ; part, pas, fém. 
pi. adoradas 69 lo, adorer. 

[adorinir], part. ps. me. sg. ador- 
mit 878, fém. sg. adormida 
1725, endormir. 

faffanar (s'Jl, ind. pr, pi. 3* p. 
afiano (se) i653, prendre de ta 
peine, 

afy que 8, afiy — 29, afin que. 

[agachar], ind. imp. sg. /* j7/aga- 
chava 73o6, considérer. 

[agaffar], ind. pr. sg. 3* p. agaffa 
161 1, saisir, accrocher. 

[aginolhar(sc)],5iiW.;?r. sg. 3* p. se 
aginolhe R 2090, ^agenouiller. 

[agradarly part. pas. me. sg. agra- 
dat 115, plaire. 

aitala ^biZ,fém., telle. 

aitan (anb) 235i, 2934, 1812, 
maintenant, alors. 

ajornar 5q4, ind. pr. sg. z* p» 
aiorni 63^, 2* p. ajornas 54i5, 
pi. I* p. ajornam 641 1; part, 
pas. me. sg. ajornat, 645, pi. 
ajornatz 5^21, fém. sg. ajorna- 
da R 995, citer [en justice]. 

ajudar 1472, ind. pr. sg. i* p. 
agudi 388i, 3* v. ajut 336,pl. 
2* p. ajudatz 3Sob; impér. pi. 
2* p. ajudatz 2902 ; subj. pr. sg. 
3* p. a)udes 2^çlbypart.pas. me. 
5^. ajudat, 3^16, aider, venir 
en aide. 

[alachar], part. pas. me. sg. a la- 
chat hi3, allaiter. 



albreguar 7140, héberger. 

alcunamen 4491, d'aucune façon. 

aleugamen 7840 =s aleviament. 

[alegrarl, ind. pr. pi. 2* p. ale- 
gratz ^321 , remplir d'allégresse. 



[aleugar], ind. fut. sg. 3* p. aleu- 
gara 7356, pi. 3* p. aleugaran 
7849, alléger. 



I 



[aliar], part. pas. me. pi. aliatz 
6960, allier. 

alleguar 1401, ind. pr. sg. 3* p. 
aliega 181 7; imp. sg. 3* p. allc- 
guava b\ii\part. vas. me. sg. 
alléguât i25o, pi. alleguatz 
5i20y alléguer. 

almoina 6193, almoyna 7520, au^ 
mône. 

alotgar 465, impér. pL 2* p. alot- 
gatz 3 2 20, loger, prendre loge^ 
ment, 

[aluquar], vart.pas. me. sg. alu- 
quat 7768, allumer. 

ama 356, V. amatz. 

[amaguar]. part. pas. fém. pi. 
amaguadas 6239, cacher. 

[amarl, ind. pr. sing. 3* p. ama 
i680y/y/. 2*p. amatz 4226, 3* p. 
amo 1923, hamo 3978 ; imp. sg. 
I* p. amava 2190, 2* p, ama- 
vas 74.70, 3* p. amava 2 191; 
subj. imp. sg, /• & 3* p, âmes 
7218, 22X0 \ part. pas. me. sg. 
amal 6965, pi. ama 356, amatz 
igjS.fem. sg. amada 2034, P^- 
amaaas 1894, aimer. 

[amasar], part. pas. me. sg. ama- 
sat 171 1, amasser. 

[amenarl, ind. pr, sg. i*p, ame- 
ni Î>i32, 3* p, amena 2o52, pi. 
/* p. hamenam 2662 ; fut. pi. 
2* p. amenaretz 2576; impér. 

pi. 2* p. amenatz 258 1 ; subi. 

pr. pi. 2* p. amenctz 2578, *• 

p. ameno 3433; part. pas. me. 

sg. amenât 1597, amener. 

[amenasarl, ind.pr.pl. 2* p. ame- 
nasatz 4385, menacer. 

[ametre], V. mètre, ind. pr. pi. 
I* p. ametem 978, admettre, 

faministrarj, part. pas. me. sg. 
aministrat 2547, f^plojrer. 

amodera 6716, modérer, 

amolar 4362, mettre {des meules) 
en mouvement. 



GLOSSAIRE. 



291 



|amonestar]. part, vas, fém. pL 
amonestadas 4623, admones» 
ter, 

an 1639, mais, 

anar 45, ind, pr. sg, i* p, vau 
ig^ 3* p. va (s'en) 1291,^;/. /• 
;?. anam 290, 2* p, anatz 3i55, 
3* p, van K 38 ; imp, sg. i* p, 
anava 3ioo, ^* P* anavas 3647, 
3* p. anava 421, pi. 2* p. ana- 
vctz 4322, 3* p. anavo 443o; 
prêt. sg. i*p. aniey 3837, ^*p, 
anet (sxn) D17, p\. 2* p. anetz 
3H3o; /ut. sg. i* p. anariey 
1299, iriey 2929, 3* p. anara 
R i5i, ira R Î071, »/. /• p. 
anarem 3ii8, irem 33i, 2* p. 
anaretz 324, iretz 62, 3* p. ana- 
ron R 2934, iran R 5906; im- 
pér. sg. 2* p. vay 264, vai 222, 
pi. /• p. ancm 674, hanem 
4137, 2* p. anatz 1034; subj. 
pr. sg. 3'v. ane R 267, pi. /• 
p. anem i885, aniem 7 171. 2* 
p. anetz 1245, 3* p. ano 16^^ \ 
imp. sg. 3* p. ânes 1281, hanes 
4438,^7/. /•». anesem 5405, 3* p. 
aneso R 324; part. pr. anan 
(s'en) ^22 ; pas. me. sg. anat R 
^So, pi. anatz 6192, aller. — 
queren43q9, aller cherchant. 

Anathole 89, nom d'une étoile. 

angial R 38 = angel. 

anhelh 7098 = anhel. 

fantisypar] . part. pas. fém. sg. 
anti6ypacfa 6869, abréger. 

aparelhar 2^62, subj.pr. sg.3'p, 
aparelhe (se) R 7072 ; part, 
pas. me. sg. aparelhat 2417, 
préparer. 

aparens 14, apparent, 

laparer], ind. pr. sg. 3* p. apar 
(me) 4^3 1 prêt. sg. 3* p. aparec 
53oo; suhj. imp. sg. 3* p. apa- 
regues 8; conait, sg, 3* p. apa- 
reria (s*) 3o2q; part. pas. me. 
sg. aparegut 3074, /<?m. pi. apa- 
regudas 4619, apparaître j sem- 
bler, 

apaysa 6717^ apaiser. 



apel(en la causa d') io36, en appel. 




4j63,yém. sg. apelada 9, appe- 
ter, se pourvoir en appel. 

apellanta ^i,fém., appelante 
( celle qu i appelle d*un jugement. ) 

apellation 1445, appel [d'un juge" 
ment.) 

apellatori 1269, appellatoire. 

[apertl, aperta 164.0, fém., intelli" 
gente. 

[apcrtener], ind. pr. sg. 3* p. 
aperte (se) 1214, appartenir. 

apliquadoyra 4493, applicable, 

[aportar] (v. portar), ind, pr. sg. 



/• p, aporti 93, pi, /• p, apor- 
"^ ' 2* p, i 
r« V, a[ 
part, pas. fém. sg , aportada 



iporii 93j 
tani 438, 2* p. aportatz 2910; 
fut, pi, /• p, aportarem 333; 



447, apporter, 

aprochar 3o55, ind. fut, sg, i* p, 
aprochariey 3o5i ; impér. sg. 
2* p. aprocha 217^ pi. 2* p. 
aprochatz 835: subj. pr.jpl. 3* 
p, aprocho (se) R o35, pi, 2* p, 
aprochetz 3040, approcher, 

aprofechar 3009, tirer profit, 

aqualque 4976 = qualque. 

arcangiel 55o3 = archangel. 

AacTos 112, nom d'une étoile, 

[ardre], ind, pr. sg. i* P' ardi 
7936, brûler. 

[areguardar], V. reguardar, ind. 
pr pi 3* p. areguardo 7756; 
imper, sg. 2*p. areguarda 7837, 
pi. 2* p. areguardatz 4887 ; subj. 
sg. 3* p. areguarde R 462, pi. 
3* p. areguardo R 4642, consi- 
dérer. 

Aremathia 4938 = Arimathia. 



GLOSSAIRE. 



29a 

aresU 2604, attendre, 

aribar 2559, anba42io, ind. imp, 
sg, !• p. aribava 73 18; part, 
pas, sg. aribat 2o3q. j?/. aribatz 
42i2| fém. sg. anbada 4208, 
assembler, arriver, 

[arigolar], ind, imp.sg. fp. ari- 
golava 73981 2* p, ariguolavas 
7507, se moquer. 

Arimathia (Joseph d*) 5oi5, Jo- 
seph d^Arimathie, 

armar 3448, armer, 

artgen R 4835 = argen. 

as 4554, V. a. 

asadolar 7444» rassasier. 

lasalhir] V. salhir, ind. fut. sg. 
3* p. asalhira 7908, assaillir. 

[aseguar], suhj, pr. pi. 3» p. ase- 
guo R j65i; part, pas, mc.sg. 
aseguat B 7ÔÎ i , préparer , <ir- 
ranger. 

[asegurar], ind. pr. sg. i* p. ase- 
guri 1012, assurer. 

[asemblar], part, pr, asemblan 
R 127, pas. fém. pi, asenbladas 
1 37, assembler. 

aseser (V. seser^ R 492, impé' 
ratif, pi, 2* p. asesetz 2834, 
asseoir. 

asetiar R 5ii ind. fut, pi. 3* p. 



[se) R 462, asetio 7197; vart, 
pas, me, sg. asetiat R 1 3981 pi. 
asetiatz R 523» asseoir, 

[ûsp'irar], part. pr. aspiran R2t99, 
soupirer. 

asuiteri 6081 = adulteri. 

latendrel, ind. imp, sg. 3* p. atcn- 
dia (se) 4704; imper, sg. 2* p, 
aten 839, pi. atendetz 5852, 
subj. pr. sg. 3* p, atenda 1 38o ; 
part. pr. ateaden 5 20, pas. me. \ 



sg. atendut 6866, attendre, aC" 
complir. 

[atrapar], part. pas. me. sg. atra- 
pat 781^, attraper. 

atrestal 4797, autant, de même. 

atrobar (V. trobar)4874, inâ.fut. 
pi. 2* p. atrobaretz 67, 3* p. 
atrobaran 3 1 1 3 , part. pas. me. 
sg. atrobat 2949, trouver, {en 
cherchant), 

[aturar (se)], ind. pr. sg, 3* p. 
atura i852, s'approcher. 

aabre R 167 = albrc. 

augusti R 5375, augustin 6i3o, 
augustin {religieux^. 

auripel R 77 = aurpel. 

[ausar], ind. pr. pi. f p. ausam 
179, 2* p, ausatz 178; imp. sg. 
f p. ausava 7319,/;/. ausavem 
5295 : condit. sg, 2* p. ausa- 
rias J599, 3* p. ausaria 3417, 
pi. !• p. ausariam 4742, 3* p, 
ausarian 366'j^oser,en arriver à, 

ausentre R 4427 = a vesentre 

ausir 8o5, ind. pr. pi. 3* p. auso 
4782; imp. pi. 2* p. ausiatz 
0242 ; prêt. sg. 3*pjA\xsic 4674, 
pi. ausigro 4442 ; fut. sg. 3* p, 
ausira 4022, pi. 2* p. ausireu 
6±y;impér. sg. 2» p. auga 335o, 
pt. augatz 2 180 ; part. pr. au- 
sen 5712; pas. me, sg. ausit 
269^ fem. sg. ausida 945, pi 
ausidas bji/fiuîr. 

ausir 7384, ausi 7262, ausire 
7268; imipér. pi. 2* p. ausiseu 
8045 ; suhj. pr. sg. i* p, ausis- 
9ua 7566, 2* p. ausisquas 7620; 
imp. sg. !• p. ausiguea 7266; 
part, pas, me. sg. ausit 763o, 
pi. ausitz 6900, tuer. 

[autregar], part. pas. me. sg. au- 
tregat 2524, outrager. 

autriar i522, subJ. pr. pi. 2* p. 
autrietz 1 529 ; part. pas. fém. 
pi. autriadas 718, octroyer. 



GLOSSAIRE. 



293 



autru iai5 ss autrui. 

avesayre 1965 , manière de voir, 
iaée. 

[avenir], part, vas. me, sg. aven- 

fui 5072, fém. sg, avenguda 
83o, pi. avengudas SySy, ad- 
venir. 

*^«r 749i ««<'• pr. sg. /• p. ïey 4, 
hicy 2, vey 1724, a» p, as 216, 
bas 400, 3» p. a 174, ha 11 3, 
pi. /• p. avem 343, aven 5149, 
2* p. avetz 118, 3* p. an 2ôb, 
han 563 ; imp. sg. i» p. avia 
1940, 2* V. avias 56oo, 3* p. 
avia 207.havia 5974,»/. /• p. 
aviam 1854, haviam4542, 2* p. 
aviatz 80, > p, avian 3091. 

Êr^*. *^. /«p-^agui 5170, J* p. 
ac 490, 2497, aguec 6338, ;>/. 
/• p. agrem 4297, a* p. agretz 
541, hagretz 667^ 3* p, aguero 
1509, agruo ï5g6;fut. sg. i*p. 
auriey 1482, 3« ». auras 256, 
3* p. aura R 127, haura R 7246, 
pL /• p. aurem 2061, 2* p. au- 
retz 1719^ 3* p. auran 396, 
hauran 4064 : impér, sg. 2* p. 
agas 2154, pi. agatz 298, ajatz 
1478, aiatz 6207; subj. pr, sg. 
/• p. ago 6356, 2* p, agas 245, 
3* p. aga R i5i, haga 252, pL 

ilfP'o^^^ %4> ^' P' agatz 
638, J« p. ago 645, aguo 3032 ; 
imp, sg. !• p, dj^ues 5495, 2* 



p. agueses 6866, 3* p. asues 
4963, pi. !• p. aguesem 4^84, 
2* p. aguesetz 6104, 3* p ague- 
50496^, aguesso 7255; condit. 
sg. /• p. auria 4.327, agra 7656, 
2* p. aurias 55^9, agras 0964, 
3* p. auria 4753", hauria 4225, 
agra 2622, agera 6900, pi, i* p, 
auriam 328^,2* p. auritftz 338, 
agratz 6106, 3» p. aurian 4i65, 
agro 6412 '/part. pr. aven 7108, 
pas. me. sjjf. agut io52, pL 
agutz ^ojt/em.sg. aguda 1412, 
pi. agudas 1 328, avoir, posséder. 

avisar 3427, impér. pi. /• p. avi- 
sem 4io3, 2* p. avisatz 3526; 
part. ps. me. sg. avisât 2028, 
pi. avisatz 2720, aviser. 

avocada 6b^g,fém., avocate. 

avocar 6456, avoquar 6558, im- 
pér. pi. 2* p. avocatz 1601 ; 
subj. pr. sg. 2' p. avoque 6471 , 
plaider, invoquer. 

aygua 9 = aigua. 

ayso 1661 = aisso. 

ayssi 2086, aysy 1774 = aici. 

AzoNAY 4790, Adonaï. 

[azorar], ind.pr. sg. 2* p. azoras 
App. 10, adorer^ 



B 



badar R 7360, ind.fut. pi. 2* p. 
badaretz 7354: impér. sg. 2* p. 
beLâ9i'j2A5,pl. bsidaLiz'j36o',subj. 
pr.sg.3*p. bade R 7461, om- 
vrir\la bouche). 

badas (de) 2752, en vain. 

[bafar (se)], ind. imp.sg. i* p. ba- 
fava 7518, 5C moquer, 

bailar 1259, baylar 44, ind. pr, 
sg. /• p. baily 36, bayly i52, | 



3* p. baila 4356, pi. i* p. bai- 
lam 368 1, 2* p, baylatz 4394 , 
imç, sg, 2* p, baylavas 7363 , 
prêt sg. i*p. bailiey62i9 pi. 
2^p, bailet2 7045;/Mf. sg, fp. 
baylariey 349 bailariey 4399, 
3* p, bailara R 5029, baylara 
642S, pi. /• p. bailaren ^766, 
2* p. bailaretz 5o32 ; impér. se 
2' p. bayla 3346, pi. 2« p. bai- 
latz 352, baylatz 763 ; subj. 
pr. sg. 3* p. baile R 93, bayle 
R lOi, pi. 2* p. bayleu i253; 



^94 



GLOSSAIRE. 



part, pr, batlan R 628, pas, 
me. sg. bailat 284, fém. sft. 
bailada 5142, 7019, baylada 
224, vailada 946, pi, bayla- 
das 6040, livrer, donner, met^ 
tre. 

batega 6832^ subj. imp. pi. 3* p. 
bategeso 6840 ; part. pas. me. 
sg. Dategat 2760^ pi, bategatz 
2734, 65o8, baptiser, 

batre 2717, impér. pi. 2* p. ba- 
tetz 273; part. pas. me. sg. ba- 
tut 12 19, battre. 

baisar R 3045, baysar R 2i83, 
baiser. 

[benaurar], part. pas. me. pi. 
benauratz, benhuratZi 7178, 
2909, rendre heureux. 

bénéficiât i63o, â bénéfices. 

benesir 441, impér. sg. i* p. be- 
nesisquas 2401, bénir. 

bernardin R 6126, bernardin {re^ 
ligieux). 

besonhar 2680, 80 14, travailler. 

Bethania 1886. Béthanie {nom de 
ville). 

beure 38o, ind. prêt. sg. /• p. 
begui 876 ; fut, sg. a* p. beu- 
ras 7244, pi. beuretz 7355; 

part. pas. me. sg. begut 2683, 
ooire. 

beure 7419, boire {substantij). 

blafemar 6242, part. pas. me. sg, 
biasfemato3gîo, blasfamat 760^, 
blasphémer. 



blanda 7283, 7358, 7848, sdltf- 
mandre. 

blapfemta 6241, blasphème. 

blasfemador 6566 = blasphema- 
dor. 

[blasmar], ind. imp. sg, 3* p. blas- 
mava 4000, blâmer, 

bloqua 2045 = bloca. 

[bothir], part. pr. bolhen 7763, 
bouillir. 

boqua 779 = boca. 

bosi 7248 = bossi. 

[botar], part. pas. me. pi. botau 
669 1| mettre,. 

botgeta 5o36, pochette, bougette. 

I braisar]. ind. fut. sg. 3* p. brai- 
sara 'jib'j, brûler. 

brasyer 236i = brasier. 

brat 7340 = barat. 

Brat 7772, Mauvaise Foi. 

[bratar], part. pas. me. sg. bra- 
tat 3oi 7, tromper, 

brataria 7295 =s barataria. 

bratayre 3626 = baratsrire. 

bruch 4452 = bruich. 

bruda b%<^2,fém., brute. 

[brulhar], ind. fut. sg. 3* p. bru- 
Ihara 7764, brûler. 



|calar (se)], ind.pr. pi. 2* p. qua- 
latz 3790; impér. pi. 2* p. ca- 
latz 2079, se taire. 

[caler] ind. pr. sg. 3* p. chaut 



2555, quai 2558, cal 2o63, quai 

f5 ; imp. qualia 3 iQi ; prêt, qualc 
52, 877 \fut. quafra 74 1 1 ; cond. 
calriaoïo; suhj.pr. calha95i; 
part. pas. calgut 01(^2, falloir. 



GLOSSAIRE. 



295 



Calvayrb 927, Calvaire {mont). 

[caminar], ind. imp, pi. 3* p, ca- 
minavan SgSS ; prêt. sg. /• jp- 
camtniey 923 ; part. pr. cami- 
nan R 3 120, pas. me. sg. cami- 
nat 343, cheminer. 
• 

[canseIarJ,/Kir/. pas. me. sg. can- 
selat 5ii7, détruire. 

cantar R 2086, impér. pi. 2* p. 
cantatz 2o85 : suSj. pr.pL 3* p. 
canto R 65o3 ; part. vas. fim. 
sg. cantada R ôSoS, chanter. 

cap 4465, cas. • 

carbonada 2363, rôti. 

[carguar], subj. pr. pi. 3* p. car- 
guo R 7854; part. pas. me. sg. 
carguat R 7722, charger. 

carîeyra 4937 = careira. 

carme 6129, carme {religieux). 

carses 6641, prison. 

carsern 5976, prison. 

casar 6x 1 5, chasser, 

casern 3876. = carsern. 

castiar764Q, ind.pr.sg. 3* p. cas* 
tia (se) 7650 j imp. pi. 3* p. cas- 
tiavo 8o33 ; tmper, pi. a* p. cas- 
tiatz j6So;subj. pr. pi. 2* p. cas- 
lietz 7780 ;vart.pas. me. sg. cas- 
tiat ioSjpi. castiatz 8o58^ chd" 
tier; se — 8o58, faire pénitence. 

causar 7140, part. pas. me. pi. 
causa tz 7184, chausser. 

cavar, 3oo4, creuser, 

cayreforc 1990, carrefour. 

c€ i638 =s se. 

celestin R 6126, eélestin {reli- 
gieux). 

cenblansa 25 = semblansa. 

centencia io32, centensia R bSjb 
s sentencia. 



ceti R i39 = seti. 



Chariot 4559 , Chariot, nom 
d'homme. 

chartros 6i3o, chartreux (re/i- 
gieux). 

chivalier 5ooo, chevalier. 

CicRAR 325, Sychem, n. de ville. 
= Sychem. 

CiCHEN 3 1 3, c. le précéd. 

cienta 5490 = sciensa. 

I 

cieutat 485 x = ciutat. 

[circumsir], part. pas. me. pi. 
circumsisitz 65o8, circoncire. 

cisma 68o5, schisme. * 

[claurel, subj.pr. sg. 3* p. ctausa 
(se) R 7 1 77, s'enfermer. 

davar 7986, fermer à clef. 

davelar jog/St part. pas. me. sg, 
clavelat 837, clouer. 

closir 2080, (?). 

co (far) R 2668, coi {rester). 

cobrar 2570, ind. fut. sg. /• p» 
cobrariey 2568, recouvrer. 

IcocharJ, subj. pr. pi. f p. co- 
chem 3967 ; part. pas. fém. sg. 
-cochada ^l'A^ presser, 

coffessar 7895, ind. pr, sg. i* p. 
cofesi 6927 ;/ii/. pt, 3* p. cofcs- 
sero 5893 ; part. pas. me. pi. 
coffesatz 7897, cofesatz 6796, 
confessatz 6793, confesser. 

coffort 1806 = cofort. 

colloquar 3866, colloquer, placer, 

coleuat (solhelh) 924 soleil cou" 
ché, 

comandar 538q, ind,pr. sg, i* p. 
comandi 1 833, coman 5374, J*j?. 
comanda 2'So2, pi. 2* p. coman- 
datz 3460 \fut. sg. x*p. coman- 



296 

dariey 8049 ;vart, pas. me. sg. 
comandat 6007, commander. 

cornant BgSy^ comment. 

[comensar] , ind. pr. sg. 3* p. 
comensa R i265, II; impér. pi. 
a* p. comensa tz 801 a ; subj. pr. 
pi. 3* p. comcnso R 0019, com' 
mencer. 

I cometre] V. mctrc, ind. pr. pi. 
3* p. cometo \sé\ 7949 ; imp. pi. 
2* p. comttititz 6144; part. liis. 
me. sg. cornes 296, 5658, )?/. 
comeses 6432, fém. sg. comesa 
i5o7, pi. comesas 6018, com- 
mettre. 

companiheyra i55 = compan- 
hiera. 

comparer 638. comparaître. 

compdapnar I23i , condepnar 
58 34, part. pas. me. sg. comp- 
dapnat 955, condapnat 701, 
condepnat, 752, pi. condapnatz 
5666, fém. sg. compdapnada 
i336, condamner. 

[complanher] ind. pr. sg. 3* p. 
complan (se) 695, plaindre. 

[complayre], ind. fut. sg. i* p. 
complayney 784, plaire. 

complir 3191, ind. imp.sg. 3* p. 
compl ia 1 397 ; part. pas. me. sg. 
complit 2437, accomplir. 

comprar R 324, ind. prêt. sg. 
3* p. com prêt 317; fut. pi. 
2* p. compraretz 316 ; part. pas. 
me. sg. comprat 2818, acheter. 

conclure 6oo3, ind. pr. sg. i* p. 
conclus'! 3641 , conclusy 708, 
conclusici 821, conclusisy 754, 
conclusivi 4006; imp.sg É* p. 
conclusia 6769; part. pas. me. 
sg. conclusit 770, conclus 40 17, 
conclure. 

condepnar, V. compdapnar. 

conduch 33o2 = condug. 

[condure], ind. fut. sg. 3* p. con- 
dura 1284, conduire. 



GLOSSAIRE. 



[confortarl, ind.pr.pL 2*p, con- 
forta tz Ï095 ; fut. pL !• p. con- 
fortarem 1022; imp. sg. 2* p 
conforta, i856, réconforter. 

confusiou 6006 = confusio. 

congiet R 609, congé. 

[conjurar], ind. pr. sg. i*p. con- 
juri 4549 ; part. pr. conjuran R 
4575^ pas. fém. pi. conjunidas 
4622, conjurer. 

conogut 1902, ami. 

conoisensa 4482 = conoîssenss. 

conoiser 4444, conoise 2429, co- 
noysc RS167, ind. pr. sg. i* p. 
conoisy ici i , conoysy 1726, 
3* p. conois 2478, conoys 2042, 
pL I* p- conoisem 4408 , co- 
noysem 5722 , 2* p, conoisetz 
45o ; imp. sg. i' P' conoisia 
7891, pi. i*j9. conoisiam 3241, 
2* p. conoisiatz 5936 ; prêt. sg. 
l'v. conogui 5 182, 3' p. conoc 
63$9, f/. z»/?. conoçrcra33o3; 
fut. sg. 3* p. conoisera 3783, 
pi. conoyseran 2618; condit. 
sg. 3* p. conogra 2<j85, pi. 2* p. 
conoisiriatz 4620, 3* p. conogro 
R 3233 ; subj. pr. pi. 3* p. co- 
nosquo 2297; por^ pas. me. sg. 
conogut 411, conegut 5487, pi. 
conogutz 5io5, connaître. 

conoitar R 1458, encourager. 

[conpellir], p^H. pas. me. sg. con- 
pellit 744, contraindre. 

[conquistar], ind. pr. sç. 3' p. 
conquista l'j^'], conquérir. 

[consebre], ind. fut sg. 2* p. 
conseubras 258, concevoir. 

[considérer], part. pas. me. sg. 
considérât 1122, considérer. 

consolar 1473, consola i53i^ ind. 
pr. pi. 2* jp. consolatz 38 xo; 
prêt. pi. 2* p. consoletz 382Q ; 
impér. sg. 2* p. .consola 2843, 
consoler. 

[consumir], subj. jpr. sg. 3* p. 
consumisqua 7705, consumer. 



GLOSSAIRE. 



contar 3*279, compter, 

contar loSç, ind. pr, sg. /• p. 
conti 86, p!. t*p. contam 4730, 
2* p. contatz 9^;/w'. sfC* '• P' 
contariey 499; impér. pi. 2* p, 
contatz 2910; par/, pas. me. sg. 
contât 427, conter, 

conte (fai) 5q3, faire compte; ré- 
el re — 5390, rendre compte. 

[contener], ind. pr. sg. 3* p. 
conte 5o83; part . pas. fém. pi. 
contengudas 4468, contenir 

contengut 63 1, contenu isubstan-' 

tif). 

contradire (V. dire) i5i, ind. fut. 
sg. /• p. coniradiriey 6079 ; 
part. pas. me. sg. contradich 
6555, contredire; ses — 1860, 
sans contredit. 

contrictio 6341 = contricio. 

contrittio 6338. = id. 

contuni 7329, continuation. 

[contuniar], ind. pr. pi. 2* p, 
contuniatz6349 ; part. pas. me. 
sg. contuniat 7107,/ém. contu- 
niada 5468, continuer. 

[conturbar], part. pas. féminin 
sing. conturbada 5623, trou- 
bler. 

convenient 1547, convenable. 

convertir 3599, converti 3653, 
ind. imp. sg. 3* p. convertia 
3563; fut. sg, 3* p. convertira 
4535 ; condit. pi. 3* p. conver- 
ttrian 4373 ; part. pas. me. sg. 
convertit 3992, fem. conver- 
tida 3756, convertir, boulever" 
ser 

CoQUART 7810, {surnom donné à 
Envie). 

cordelier 6i3i, cor délier {reli" 
gieux). 

core 4054, courir. 

coren (ben) 278, rapidement. 

III. 



[ 



corigir], ind. pr. sg. 3* p. 
gis i685, corriger. 



297 



con- 



[co rompre], part. pas. me. sg. 
coromput 7850, corrompre. 

corosar 6098, ind. pr. sg 2* p. 
coroses 6096, pi. 2* p. corosatz 

2549; P^'*'- P^- ^^' P^' coros- 
satz 2382, fém. sg. corosada 
65 II, pi. corosadas, 6714, se 
mettre en courroux. 

cosi 48, cosy 619 =: cossi. 

fcostar], subj. pr. sg. 3* p. costes 
40 56, coûter. 

cosyensa 53o8, conscience, 

[covenir], ind. pr, sg. 3* p. cove 
i5oi; fut. Sfc. 3* p. covenra 
4184, convenir. 

covidar R 2895, ind. fut. pi. 3* p. 
covidero 4443; subj. pr. sg. 
3* p. covide 5194, inviter. 

[crear], part. pas. me. sg. créât 
2, pi. creatz 16, fém. sg. creada 
7014, pi. creadas 282, créer. 

crcîre 3666, creyre 472, ind. pr. 
sg. I* p. cresi 346, cresy 2 11 8, 
a» V creses App. I, ïo,3* p. cre 
7783'., pi. f p. cresem 2661, 
2* p. cresetz 3iSS, 3* p. crcso 
7162; imp. pi. !• p. cresiam 
2903, 2* p. cresiatz 5o86; fut. 
sg. 1* p. creyriey 3337, ^* P* 
creyra 2ï^3, pi. !• p. creyrem 
4606, creyren 4708, 3* p. crei- 
ran 3377; imper, sg. 2* p. crey 
416, pi. 2* V. cresetz 3o39; 
condit. sg. 3* p- creyria 2586, 
pi. 3* p. creiria 5693, 3* p. 
creyrian 3973; subi. pr. sg. 2* 
p. cresas 3807, i* p. cresa, 
2206, pi. 2* p. cresatz 2820. 
2954 ; part. pas. me. sg. cresut 
2837, croire. 

cremar 3858, ind. pr. sg. /• p. 
cremi 7261, pi. /• p. cremam 
8o5i; fut. sg. i* p. cremariey 
7375, brûler. 

creyte 1998, croître. 

cridar 269, ind. pr. sg. 2* p, cri 



20 



29^ 



GLOSSAIRE. 



das 7603, 3* p, crida 3946, pi. 
2* p. cridatz 3246, 3* p, crido 
6045 ;fut. pi. 3* p. cridaran R 
5906; subj. pr, sg. 3* p cride 
R ^'J(^•J\ part. pr. cridan 5ô8, 
pas. me. sg. crida t 720, crier. 

[crubir] V. cubrir. 

[crusifiquar], part. pas. me. sg. 
crusihquat485,crusifficat4439, 
crucifier. 

[cubrir], subj. pr. pi. 3* p. cru- 



bisquo R 214; part. pca. me. 
sg. cubert 281 3, couvrir. 

cugar 5558, i«i. pr. sg. ï* p. 
cugy 6881, pi. 3* p. cuguo 
5336; imp. sg. 2* p. cugavas 
5534, pi. 3* p. cugavo 2723, 
croire. 

[culir], subj. pr. sg. 3* p. culis- 
qua R 199, cueillir. 

[curar (se)], part. pas. me. sg. 
curât 590, se soucier. 



D 



Dalphinas r 335, n. d'homme. 

damage 61 16 = damnaige. 

dana 1867 = dona. 

[dapnar], ind. pr. pi. /* p. dap- 
nain 1709; part. pas. me. sg. 
dnpnat 1690,;?/. dapnatz65io, 
fém. sg. dapnada 2278, damner. 

dapnatio 6227 = dampnatio. 

darie R 7394, darier 1925, da- 
rieye R 72'9i = darrier. 

[daurar], part. pas. fém. pi dau- 
radas R 5375, dorer. 

davalar 2325, ind. pr. sg. 3* p. 
davala 7769; imvér. pi. 2* p. da- 
valatz o5oo; suoj. pr. sg. 3* p. 
davale R 214, pi. 2* p. dava- 
letz 5378, 3* p. davalo R 2896; 
part. pas. me. sg. davalat 2298, 
pi. davalatz 1844, descendre'. 

davas R 1862 = daves. 

dcbatre 4342, part. pas. fém. pi. 
debatudas <J447, débattre. 

[dcbotar], part. pas. me. sg. de- 
boiat 55 12, pi. debotatz 6i83, 
chasser. 



[decasar], part. pas. me. pi. deçà- 
satz 5713, poursuivre. 

decaser 5559, déchoir. 

[decendre] V. desendre. 

Ideclarar], ind. imp. sg. 3* p. 
declarava 5 112, déclarer. 

dedich 2589, dédit. 

dédire 1 102, dédire. 



défendre R 2604, deftendre io83, 
ind. fut. pi. 2* p. deffendrcu 
I i363; impér. pi. 2» p. dcren- 
detz 765, detïendetz i324;sub. 
pr. sg. 3» p. deftenda i3i8; 
imp. pi. 3* V. deffeudeso6i86; 
part. pr. deffenden 804, pas. 
me. sg. deffendut 8o3, défen- 
dre. 

deffalhensa 1643 = defaillensa. 

deffalhi 2595, défaillir. 

[deffamar], ^«ïr/. pas. me. pi. àci- 
famatz 7608, diffamer. 

def fendre, V. défendre. 

[deffiar (se;!, part. vas. me, pi 
déffîatz 6780, se défier. 



GLOSSAIRE. 



299 



dettora 265, defforas R 263 = 
deforas. 

defraudar 65qo, dépouiller, 

degolar 7594, part. pas. me, sg. 
degoiat 7591, détruire. 

degotz 4682, V. dejotz. 

dejotz R 167, dessous. 

delaisar 35 1 g, part. pas. me. sg. 
delaisat i5Bi, délaisser. 

deliar R 2604, ind./ut. sg. /• p. 
deliariey 2600 ; part. pas. fém, 
sg. deliada 2622, délier. 

[dcliberar], 5m6;. pr.sg.3*p. déli- 
bère 668 1 ; part. pas. me. 5^. dé- 
libérât 5242, délibérer, deeider. 



riatz 5195; part, pas, me, sg. 
'60, fém. sg. 



demandât 56q, Jem. sg. dê- 
mandada 5635, pi, demandadas 
R. 1275, demander. 



delieurar 3854, delieura 7o5i, 
ind. pr. pi. 2* p. delieuratz 

t'^^^'iprét. pi. 2* ;?. delieuretz 
856; impér. sg. 2* p. delieura 
7435 ; subj. pr. sg. 2*delieures 
7501 ; part. vas. me. sg. delieir- 
rat 3io3, pi. delieuratz i582, 
fém. sg. delieurada App. I R i, 
. délivrer, livrer. 

delisyosamen 7402 = deliciosa- 
ment. 

demandar 369, demanda 1379, 
ind. pr. sg. I* p. demandi 413, 
demande 3oo6, 2* v. demandas 
7381, 3* p. demanda 379, pi. /• 
p. demandam 71, 2* p. îJeman- 
datz 33q, 3* p. demando 6593; 
imp. pi. 1* p demandavem 
574, 3* p. demandavo 7519; 

fret. sg. t* p. dema|n]diey 
io5, pY. 3* p. demandero43o8; 
fut. sg. /• p. demandariey 
3oo8, J* p. demandara i3oo, 
pi. 2* p. demandaretz 35o, 
3* p. demandaran 395, 6969; 
impér. pi. /• p. demandem 
1903; snbj. pr, 2* p. deman- 
detz 3289; eondit. sg. 2* p. de- 
inandarias 38 1, pi. demanda- 



demo 2019, demain. 



demorar 2626, demora 319, ind. 
pr. sg. 3* p. demora 2321, pi. 
demoro 3147: prêt. sg. 3* p. 
demorec 5700; fut. sg. /• p. 
demorariey 1783, 2* p. demo- 
raras 246. 3* p. demorara 6423, 
pi. /• p. aemorarem 3 1 1 9, a* p. 
demoraretz 279, 3* p. demora- 
raran R 5397; suoj. pr. sg. 
2* p. demores 7624. 3* p. de- 
more R 995, pi. 2* p. demoretz 
7971, 3* p. demoro i5o; imp. 
sg. 3* p. demores 922 ; part pas. 
me. sg. demorat 533, fém. sg. 
demorada 584, demeurer, res- 
ter, habiter, se trouver. 

[demostrar], subj. imp. sg. 3* p. 
dernostres 68; part. pr. demos- 
iran R 5621, pas. me. sg. de- 
mostrat 3o45, indiquer, mon- 
trer. 

denegar 7912, deneguar 5589, 
65 J9, mer, repousser. 

denonciar 6985, denonsiar 4662, 

?art. pas. me. sg. denonciat 
446, dénoneer, 

[denotar], ind. pr. sg. 3* p. de- 
nota 1 147, désigner, 

[depausar], part. pas. me. sg. 
depausat 5256, déposer {eomme 
témoin). 

deresiou 882, dérision. 

[desaubre] , ind. imp. pi. 2* p. 
deseubiatz 6141 ; prêt. sg. 3' p. 
desaubet 7o38; part. pas. me. 
sg. desaubut 225, pi. desau- 
butz bSbjtfém. sg. desaubuda 
233, décevoir. 

[descapitar], par/, pas. me. pi. 
descapitatz 1128, décapiter. 

desclavelar 3^3^, vart. pas. me. 
sg. desclavelat ^392, déclouer. 

desconforiar 2077, f art. vas. fém, 
pi. desconfortadas 189^, décou- 
rager. 

desconortar663, ind.pr. pi. 2* p. 
desconortatz 1677; part. pas. 
me. pi. desconortatz 3094, dé" 
eourager. 



3oo 



GLOSSAIRE. 



[desconsolar]. part, pas. fém, pU 
desconsolaaas 1840, désoler, 

descrubri 5 181, ind, prêt, sg. 
3* p. descrubit 879; part. pas. 
me. sg. descrubit 2255, décou- 
vrir, apercevoir. 

desempachar (se) 353, impér, pi, 
2* p, desempachatz 7722, se 
dépécher. 

desemparar 3846, ind. pr. pi. 
2* p» desemparatz 3809; part, 
pas, me. sg. désemparât 7377, 
délaisser. 

[detencusar]. part, pas, fém, sg, 
desencusada 7o5o, disculper. 

desendre 552, ind. imp. pi. 3* p. 
decendian 936; prêt. sg. 3* p. 
desendet 705, pi. /• p. dcscen- 
dem 54J>9; condit. sg. 3*v. de- 
sendria 708, pi. a* p. desen- 
driatz i553 ; subj, pr, sg. /• p. 
desenda 7679 ; imp. sg. i* p. 
decendes 270; part, pas. me. sg. 
decendut 486. desendut 576, pi. 
desendutz 7238, descendre. 



[dcservir], part. pas. me. sg. 
servit o6o5, desservir. 



de- 



[desesperar (se)], part. pas. me. 
pi. desesperatz 0786, se déses- 
pérer. 

desfortunat 253o, malheureux. 

desipado 5219, dissipateur. 

desiple 3762 = dissipol. 

[dcsirarl, ind. pr. sg: i* p, de- 
siri 3o52, desir 2Q75, pi, 3* p. 
desiro 6584; imp. sg. /* p. 
desirava ySod; part.pas.mc. sg, 
désirât 2426, /ém. sg. disirada 
7606, désirer. 

despartir 'ji55, partir. 

despendre 2546, 3368, 481 1, ind, 
pr. pi. 3* p,, despendo i652 ; 
subj. pr. sg. 3* p, despcnda 
^28 ij^^l' P^s. me, sg. despen- 
du t 38(25. 7341, dépenser, dis- 
tribuer, dépendre. 



[desperar (se)], con^ff^ sg. 3* p. 
desperarîa 1089, se désespérer. 

[despichar], jpar/. pas. me. sg. 
despichat 0392, 7539, honnir. 

despiech 6288 = despieg. 

desplaser 3463 s= desplazer. 

desplayre 3417, ind. pr.sg.3*p. 
desplay 200$, desplatz 1064; 
subj. pr. sg. 3* p. despiasia 
4402, déplaire. 

[desplçguar], «i«. pr. 5^. 3* p. 
desplegue R i2o5, déplier. 

despolhar 1879, P^^l- pf- despol- 
han 6o3i, p€U. me. sg. despol- 
hat 6283, dépouiller, 

desport 3i26 = déport. 

despueys 519 = despuois. 

[destaquar], imp. pi. 2* p., des- 
taquatz 23o5 : subj. pr. pi, 3* p. 
destaquo R 2S07, délier. 

[destrenher], ind. prêt. pi. /• p. 
destreysem 5774, serrer. 

destribuir 75 16, distribuer. 

destruire 5249, destrure 53oq, 
condit, sg. i*p. destruria 5856, 
pi, 2* p. destruiriau 5764 ',part. 
pas. me. sg. destruch $793, 
pL destruchz 53 10, fém. sg. 
destruta 323, pi. descruchas 
7297, détruire, 

[devedar], ind. prêt. sg. 3* p. dc- 
vedet 921, pi. 2* p. devedetz 
543, part. ps. me. sg. devedat 
liof fém. pi. devedadas 5919, 
défendre. 

devenitat 5522 = divinitat. 

[deverl, ind. pr, sg. /• p. dcvi 
i5oî, debi 7o5o, 2* p. devcs 
846, 3* p, deu 48, vl. /• p, de- 
vem iq63, 2* p. aevetz 1995, 
3* p. devo 4466 ; imp. se' 2* 
p. dévias 371 1, 3* p. ûcvia 
23 1 5, pi. 2* V. deviatz 445?, 
3* p. cfeviou 0751 \fut. sg. J* 
I p. deura 8097 ; conait. sg, i* p- 



GLOSSAIRE. 



3oi 



degra 2982, 2* v. deurias 7603, 
3* p. deuria 740, pi, 1* p. dcu- 
riam ic)98, 2* p. deuriatz 366q; 
subj. pr. sg. 3* p, dcga gSS; 
imp. sg. 2* p. degueses 7461 ; 
part. pas. me. sg. degut 1080, 
1901, devoir. 

devesiou 53i2 = devesio. 

[devesir], ind. prêt. sg. f p. de- 
vesigui 5988, diviser. 

divinîtat 55 10 = divinitat. 

devocio 5172 = devotio. 

devorado 61 18 = devorador. 

devorar 7443, dévorer, 

dilay 45o5, délai, 

diluve 866, diluvie 871, déluge. 

dimege 3655 = dimenge. 

Dîna 32 i, nom de femme. 

dinar 2447, déjeuner. 

dire R 77, 1107, dir 2893, ind. 
pr. sg. /• p. die 119, dis 789, 
2* p. dises 18 1 3, J» », dis 090, 
diu R 3i53, 3676, pZ. !• p. di- 
sem 1 12 3, disen 1145, a^p. di- 
seu 'j5bf3* p. diso R 766 ; imp. 
sg. I* p. disia 4732, 2* p. de- 
sias 3628, 3* p. disia 41O6, de- 
sia 5280, pi. 2* p. disiatz 8o52, 
desiatz 3280 ; prêt. sg. /• p. 
disi 5873, pi. 2» p. disetz 5762 ; 
fut. sg. I* p. diriey 141, 914, 
direy i3i4, dyriey 2376, 2* p. 
diras 1804, 3* p. dira (se) 1 162, 
pi. /• p. direm 1898, 2* p. di- 
re tz 1049, ^* ;?• diran 800; im- 
per, pi. 2* p. diguatz 347, di- 
gatz 1908; subj. pr. sg. 2* p. 
digas ibio, disuas, 218, 6979, 
3* p. disua R ?5, diga R 1812, 
dygua R 1286, dyga R i835, 
pi. I* p. diguam 2708, 3* p. 
diguatz i23o, J*;?. digo R2Ô64; 
imp. sg. /• p. dises 4326, 477D, 
dices 6482, pL /• p. dicessen 
4702, 2^ p. disesetz 5814; part, 
pr. disen R 147, pas. me. sg. 
dich 10, dit i409.Vêm.5^. dicha 
43 1 , pi. dichas 785, dire, parler. 



disipli 3754 ss dissipol. 

disirar, V. desirar. 

Disis 100, nom d'une étoile. 

[dispausar (se)], ind. fut sg. 3* 
p. dispausara R 6^53, se dis^ 
poser, 

disypol 3244 s= dissipol. 

divinita 553 1 = divinitat. 

do 378, don. 

dolen 1667, dolent. 

[doler (se)], ind. pr. sg. 3* p. 
dol 1629, souffrir. 

doloyros 1874 = doloiros. 

donar 457, ind. pr. sg. 1* p. do- 
ni 74, done 7691, 2* p. donas 
1671, 3* p. dona 1684, »/. /• 
p. donam 842, 2* p. cfonatz 
2548, 3' p. dono 2I63 : prêt, 
pi. 2* p. doneiz 5958 ; fut. sg. 
!• p. donariey ^gh^* P- ^°' 
nara 2i52, /?/. /• p. donarcm 
1896, 2* p. donaretz 2874; im- 
per, sg. 2* p. dona 397, pi- 
donatz 1930 condit. sg. /• p. 
donaria 2569, pi. 2* p. dona- 
riatz 562 ; subj. pr. sg. 1* p. (') 
dones 370, 3* p. done R 462, 
pi. j* p. donem 832, 2* p. do- 
netz 2406, 3* V. dono 2922; 
imp. sg /• p. dones 2732, pL 
2* p. clonesetz 2774; part. pr. 
donan 462, pas. me. sg. donat 
173, vl. donatz 020, fém. sg. 
donaoa 452, pi. donadas 747 1| 
donner. 

donquas 307 = doncas; a la — 
736, alors. 

doptar 263i, dupiar 3358, ind. 
pr. sg. /• p. dopti 4784, 2* p. 
doptas 2489, pi. 2* p. doptatz 
3o56 ; imp. sg. /• p. doptava 
5438; subj. pr.sg. 2* p. dop- 
tes 2262 ; pi. 2* p. doptetz 
33i I, 33i3, duptctz i83,'29i7; 
part. ps. me. sg. doptat 336 1, 
douter^ hésiter, craindre. 

dormir 7728, dormi 877, ind, 



302 



GLOSSAIRE. 



imp. pi. I* p. dormiam 2695 . 
part. pas. me. sg. dormit 7799; 
dormit. 



dostar 2096, dosta 7022, ind. pr. 
sg. 3* p. dosta 2520; prêt. sg. 
3* p. clostec 7276 ; subj. pr. sg. 
2' p. dostes 7935, pi. 3* p. 
dosto R 2269 ; imp. pi. i* p. 



dostesem 3352 ; part. ps. me. 
sg. dostat 4962, pi. dostatz 
2539, ôter. 

douari 6109, douaire, prébende. 

duptar, V. doptar. 

[duc], pi. dux 1977. 



cfticch i332, eficch io56, effet. 

Egipte 14.' s, Egypte. 

[elevarj, part, pas. me. sg. élevât 
5473, pi. elevatz 7207, élever. 

Elion 4559, Eliot 4657, nom 
d'homme. 

emagenar 7874, ind. imp. sg. j* 
p. etna§enava 32 54, hemage- 
na[va] 40A4; subj. pr. sg. 3* p. 
emagene ^o; part. pas. me. sg. 
emagenat 7152, imaginer. 

|emalesir|, part. pas. me pi. 
emalesitz 2384, irriter. 

emendar 7641, amender. 

enaisi 3856, enaysy 1949, ainsi. 

[enbaïr], subj. pi. 2* p. enbals- 
quatz 3097; part. pas. me. 
sg. enbaît 17S2, pi. enbaUz 
3i57y fém. sg. enbaîda 2128, 
ébanir. 

encantaria 52 10, encantharia 
5253, sortilège. 

encarnar 577, inearner. 

[encarserar], part. pas. me. pi. 
encarseratz 5717, emprison- 
ner. 

[enclintir], part. pas. me. pi encli- 
naiz 63 12, incliner. 

encontinen 11 = encontenen. 



[encontrar|, ind. prêt. sg. i* p. 
encontriey 423, rencontrer. 

endarier (a V) 3538, à la fin. 

endavan R 6522, au devant. 

endegudamen 7079, indûment. 

[cndeveniri, »arf.ptf5. me. 5^. en- 
devengut 3167, devenir. 

[endoctrinar], part. pas. me. sg. 
endoctrinât 8o36, endoctriner. 

[endormir], subj. pr. sg. 3* p. 
endormisqua K i5i, endormir. 

enebir 1274, enebi ioo5, eneby 
R 1^02 y faire opposition. 

%nebitio looi, inhibition. 

enequitat 5470 = iniquitat. 

[enfantar], ind. fut. sg. 2* p. en- 
fantaras ibn, part. pas. me. sg. 
enfantât 72 dS, enfanter. 

[enfecirl, ind. fut. sg. 3* p. enfe- 
cira 223 1, infecter. 

[enferiarl, impér. pi. 2» p. cnte- 

riatz 36q2 ; subj. pr. pi. 3* p. 

enferio R 3723j part. pas. me. 

sg. enferiat 37^0, mettre- aux 

fers. 

engen R 2868 = enguen. 

[engenrar], part. pas. me. sg. en- 
gen rat 7252, engendrer. 



GLOSSAIRE. 



3o3 



[engrayssar], part. pas. me. sg. 
engrayssat i658, engraisser. 

engual 5335 = egual. 

en^uanos i6iOy trompeur. 

[enguausir], subj. pr. sg. 3* p, 
enguausisqua (se) 33 ; part, pas, 
fém. sg. engausîda 3o86, ré- 
jouir. 

Icnic], ^mquAbZoïf perfide. 

eniqquitat 53o2y iniquité. 

fenjuriar], part. peu. me. sg. en- 
juriat 1224, injurier, 

[enjust] enjusta 6258 = înjust. 

enmenda 3624 = esmenda. 

ennumerable 2i6oy innombrable. 

[enogarj, part. pas. me. pi. eno- 
gatz 2775, ennuyer. 

enpachar i52i| eondit.pl. i* p. 
enpachariam 4098; part. pas. 
me. pi. enpacnatz 2252^ empê- 
eher, embarrasser. 

enplir 6966, ind. fut. sg. 3* p. 
en pi ira (se) 147, remplir, se 
remplir. 

[enproperar], ind. pr. sg. 2* p. 
enproperas 5617, pi. 3* p. em- 
propero 6204, reprocher y insul- 
ter. 

enquantaire 4871 = encantaire. 

[enquantar], |:>âr/. pas. me. pL en- 
quantatz 2691, enchanter. 

ensannetat jSSy, folie. 

ensegre. V. scgre. 

jensenhar], ind. pr. sg. 3* p. 
ensenha 5548; tmp. sg. /• p. 
ensenhava 6001, enseigner. 

[entarar], »^ir/. pas. me.sg. enta- 
rat 167J, enterrer. 

entendre 35o9, ind. pr. sg. i* p» 
entendi 65o4, 3* p. enten (se) 



6911^;?/. 2* p. entendetz2527; 
imp. sg. /• p. entendia 5857 > 
impér. sg. 2* p. enten 2621, 
pi. entendetz 5836; subj. imp. 
sg. 3* p. entendes 5146; part, 
pr. entenden 7034, pas. fém. 
pi. entend udas 58^7, entendre. 

ententa 5668, pensée. 

enterogua 4630, ind. pr. pi. 3* p. 
enteroguo 4258; prêt. pi. /• p. 
enteroguem 58 12, interroger. 

entieyramen 5678 = entieiramen. 

lentrambidos]. entrambidoas 
1789, toutes les deux. 

entremeis 745 1^ entremets. 

entretan R i5i, entretant R 267, 
pendant ce temps. 

entretener 6174, part, pas. fém. 
sg. entreteguda 6175, entrete- 
nir. 

enuech 1878 = enueg. 

envega 236 = enveia. 

envegos 3i52 = enveios. 

[envcrmtsir], part. pas. me. sg. en- 
vermesit2256, remplir de vers. 

[envilanir], part. pas. fém. sg. 
envilanida 322, déshonorer. 

[envolopar], part. pas. me. sg. 
envolopat 2926, envelopper. 

erros 3758 = errors. 

[esausir], part. pas. me. sg. esau- 
sit 3i^o(), exaucer. 

escabcla R 38, chaise. 

[escalfar], ind. fut. pi. 3* p. es- 
cal taran 7727, échauffer. 

cscampar 2819, ind. prêt. sg. 2*p. 
escanpies284i ; part. pas. me. 
sg. escanpat 2543, répandre. 

escantir 7847, esquantir 7831, 
ind. fut. sg. 3* p. escaniira 
7951, éteindre. 



3o4 



GLOSSAIRE. 



escapar 3467, ind, pr, sg. 3* p, 
escapa 3994 ; imp, sg, 3*v. es- 
capava 3989, scapava ^q52 ; 
suDJ. pr. sg. 2* P. escapcs 7^73, 
.?• p. escape 3096, scape 3720, 
pi. 2* p. escapetz 3470 ; tmp, 
pi. 2* p. escapesetz 5775 ; part, 
pas. me, sg. escapat ^914, 
échapper. 

escotar 419, escota 375 1, ind. pr. 
sg. 3* p. escota 4257. pi. /• p. 
escotarn 4357 ;/«/. pi. i* p, cs- 
cotarem 683, 2* p. escotarctz 
1 3 1 5 ; condit. sg. 3* p. etcota- 
ria 3143, pi. /• p. escotariam 
761, 2* p. cscotaria 6693, f'm- 

?ér. sg. 2* p. escota 1 161, scota 
35 1, pi. escotatz 39, scotatz 
5913 ; subj. pr. sg. 3* p. es- 
cote R 302, pi. 2* p. escoiet? 
48o5,5'f . escoto R 5237, écou- 
ter. 

cscricure R 77, ind. imp. sg 3* 
p. escrîvia R4474;/tt/. sg. i* 

f. escrieuricy 4075, scricuriey 
078 ; impér, pi. 2* p. escriveiz 
41 13 ; subj. pr. pi. /• p. escri- 
vam 4984; part. pas. me. sg. 
escricn 41 18, fem. escricna 
41 17, écrire. 

cscrivamen R 77, écritoire, 

escupiinen ii3o = escopimen. 

[escupir], ind. fut. pi. 3* p. escu- 
piran 1 187; part. pas. me. sg. 
escupit 4670, cracher. 

Icspandre], subj. imp. sg. ï* p. 
espandigues 5178, ouvrir lar- 
gement. 

espengc R Soic), pousser. 

[espéra r], ind. pr. sg. 3* P. espé- 
ra 333, pi. espero 2328, atten* 
dre. 

esperentia i865 = esperiencia. 

espesial 3897 = especial. 

espiar 4053, 5M^j. pr. pi. /• p. 
spiem 4843, examiner, voir, 

|espirar], ind. prêt. pi. 2* p, es- 
piretz 7020; part, pas. me, sg. 



es pi rat R 477, expirer , souf" 
fier, 

esponsia R 5375, éponge, 

esproar 1718, éprouver. 

esquantir, V. escantir. 

essagar 2220, essayer. 

esse R 5375, être {manière d'). 

esser, V. estre. 

estancia 41 10 = instancia. 

[estaquar], staquar R 3465, ind. 
fut. pi. I* p. estaquarem 3472, 
staquarem 3469; subj. pr. pi, 
3* p. estaquo R 346?, staquo 
R 348Î) ; pari. pas. me. sg. es- 
taouat 23o6, pi. estaquatz R 
3485, fém./?/. staquadasR 8019, 
attacher. 

estar 2942, se — R 642. ind. pr, 
sg. s* p. esta 3675, y6i2,pl. /• 
p. estam 2066, 2' p. estatz 
2729; imp. sg, /• p. estava 
7885, 3* p estava 4046, pi. /• 
p. estavem 4^0: fut. sg. i* p. 
estariey 483o, É* p. estara R 
5375, pi. 2* p. estaretz 71 58, 
staretz 32oi, 3^p. estaran a36Q, 
condit. sg. 3* p. estaria 3o3 J; 
impér. pi. 2^ p. estatz 7905 : 
subj. pr. sg. 3* p. estia (se; 
App. I R 35, pi. T* p. estem 
7172, 3* p. estian (se) R477 ; 
part. pr. estan R iS^jypas. me, 
sg. estât 519, être debout , res~ 
ter, se trouver, 

estât 17, espèce. 

esta tut 5807, statut. 

[esiendrel, part. pas. me. sg. es- 
tendut ^8^9, étenire. 

[cstieuar], part. pr. esti^uan 
7o3i, pas. me, sg, estiguat 
$647, tnstiguer. 

estiguatîo 1)645, instigation. 

estirpar 3429, extirper, 

estofa 746 1 , subjm imp, pi. 3. p. 






GLOSSAIRE. 



3o5 



estofesso 7254 ; part. pas. me. 
sg. cstot'at So2i,étoiiffei\ 



es- 



estorcio 6194 = estoi sio. 

[esiorcer], part. pas. fém. sg, 
torta -2009, débarrasser. 

estran 4410 = estranh. 



estre R 7^, esser 1.S80, esse 2028, 
eser 7395, ind. pr. sg. i* p 
soy 290, 2^ p. ies2i3| ieys 3qi, 
iest 2994, es 371, J* J7. es 3i, 
pi. I* P' cm 3oi, hein 3o, 2* 
p. etz S41, hctz 6278, 3* p. son 
K 280, so 3244; imp. sg. f p, 
era 5id., 2* p. cras 5454, 3* p. 
era 3, nera 430, pL i" p. crein 
5o2, hercm 429^, 2* p. eretz 
481, 3' p. cro 1140, hcro 488; 
prêt. sg. /• p. fori 526, 2* p. 
fores 2926, 3* v, force 322 , 
fore 4298, foc 2040, fouc 3027, 
pi. I* P' forem 548; 3* p, 
foro 2734; /«/. sg. I* p. se- 
ryey 1781, !»• p. seras 239, 
3' p. sera K 38,/?/. l'p screm 
3322, 3';?. serctz i353, ^•;?. 
&eran R i.-)9; condit, sg. i* p. 
séria 6336, fora 2009, ^^^^^ 
7236, 3* p, séria 774, fora 
2978,1?/. i* p. seriam 4849, 2* 
p. sertatz i334, 3^ p. serian 
4340; impér. sg. 2* p. sias 363, 



pi. fiiatz 3Co; subj. pr. sg. i* 
p. sia 1 5o2, 2* p. sias 22 1, 368, 
3* p. sia 28, sio R 4721, pi. /* 
p. siain 467, 2* p. siatz 3228, 
3* p. sian 1180; imp. sg. j* p- 
fos b5i2y 2* p. foses App. I, i, 
foces 68^7, 3' p. fos 23d3, pi. 
J* p. foseni 39O4, 2' p. fosetz 
2101, 3* p. foso 238o; part, 
pr. R 139 estan, pas. me. sg. 
estai 700, stat 4107, pi. esiaiz 
4709, /ô»i. sg. estada 893, f/. 
63 tau as 718; être. 

[csugar], subj. pr. sg. 3* p. csu- 
gc R 2470, essuyer, 

evers R 2668 = envers. 

lexcumengar], part. pas. me. pi. 
excumengatz 3777, excommu- 
nier. 

[excusar] , part, pr, excusan 
5326, excuser. 

excusatio 6088 = excuzatio. 

exccutar io32, exécuter. 

exequtio 3742 = exjcutio. 

exiiien R 3899, R 5904, assistant, 

exsiqussio 3682 = cxccutio. 



Ifabricjuar], ind. prêt. sg. 3* p. 
fabrique! 2781, pi. tabriquero 
l'jHo y fabriquer. 

falh 1^64, faute. 

falhir 1961, ind. fut. sg. i' p. 
falhiricy i332, 3^ p. falhira 
1753, pi. /' p. falhirein 374^); 
subj. pr. sg. I* p. falh isq Lia 33, 
pi. '2* p. falh isq uaiz 8007 ; 
part. pas. me. sg. falhil i3î<3, 
faillir, 

[falsifîcar], P^^'l' pf- faisifican 
7296, falsifier. 

far 5i, fa 23i, ffar 1662, fla 36;!, 
III. 



fayrc 272, ftaire 2S81, flayre 
7/3, ind. pr. sg. I* p. laii i3o3, 
2* p. fas 471, 3'' p. fa 1379, fay 
2o3o, pi. à" p. fani i683, fasein 
4727, 2* p. fiiiz 3i2o, fayiz 
1O7, îachzD96o, taychz79o3, la- 
sciz 3-i3, 3* p. fan q36; imp.sg. 
j*p. à' 3^ p. fasia 3984, 3^87, 1?/. 
I* p, Jasiam 396 1, tasian 3954, 
2' p. fasiatz 3^86, 3* p. fasian 
6244, fa si ou ùri'i'^prct. sg. /• 
p. tcsi 3867, feiy 000, 2* p. tesis 
2438, 3» p. fes i!>(j6y fctz 3i6, 
pi. J' P' tescm 4490, 2* p. te- 
setz 604, 3* p. fero 7034 ; fut. 
sg. 1* p, t'iuity 6'i'it 2' p. faras 
263, 3" p. fara (se) 796, pi i* p. 
farem 532, 2" p. taretz 1716, 



21 



3o6 



GLOSSAIRE. 



3* p, faran 1649; condit, sg, 
3* p, faria iSgô, ;7i. farian564; 
impér, sg, 2* p, fay 2994, pi. 
j*p, fasam 2598, 2* p, tasetz 
1823, taiiz 5244, faytz 2921; 
subj, pr, /• ». taisa 454, 2* p, 
tasas 4413, 3* p. fasa R 3*»,;?/. 
. J* p. tasam SgyS, a*;?, fasatz 
622, 3*p, faso R 673 ; imp. sg, 
J* p. tescs 4093, 3* p. feses 
790, pi, I* p. fesesem 583 1, 
p. feseso 6068; part, pr. fasen 
R 38, pas, me, sg, fach 4, fait 

?8o6, pi. fachz 5667, fachs 
6i,fém, sg. fâcha 565, pi, fa- 
chas ï3f fatre. 



Farisbu 3934, Pharisien, 

fastich 5372, orgueil f 

[fendre], part, vas, fém. sg. fen- 
duda 402^, fendre. 

[fermar], impér. pi. 2* p. fermatz 
3688, fermer. 

ffc 7269 = fe. 

ffigurarl, ind. imp. sg. i* & 3* 
p. figura va 9^7, 940 jP^f't- pas, 
mc.sg. figurai goi^.flgurer, 

[finir]^ ind. fut, sg. i* p. finiricy 
ijïb, Jinir, 

fiquar 7 161, ind, prêt. pi. 2* p. 
tiquetz 7016: /w/. pi. i* p, n- 
quarein 7726; part, pas. me. 



sg. fiquat 2680, ficat 5(64, P^» 
Hquatz 4575, Ificatz 542, met- 
tre, placer. 

fisansa 2632 = fizansa. 

fisar (se) 4409, fisa 4977, part. 



pas, me, sg. fisat 4407, se fier. 

flagellamen 5340, flagellation. 

I AageWar], part. pas. me. sg. flaeel- 
iat i223,t>/. flagellatz 37i6;/em. 
p/. fiagclladas 1^41^ flageller. 

flatayre 4370 = flatatre. 

foet R 5375, fouet. 

folastre 3'j'j4,fou. 

foleza 1708,/0/ie. 

folze 7423 = folzer. 

I fondre], ind. pr. sg. 3* p. fon 
i^'jo'ypart. pas. me. sg. fond ut 
R 7240, fondre, se fondre. 

fontainna 6479 ^ fontaina. 

for 342 = fort. 

formar 22, ind, prêt. sg. 2* p. 
formiest 2456, formies 2437, 
pi, 3* p. formero ^tjk^; fut. sg. 
I* p. formariey 26; subj. pr. 
sg. 3* p, forme R 35 ; part. 
pas. me. sg. format 283, pi. 
formatz 541, /ém. sg. formada 
1 56, /ormer. 

forquat 1989 = forçat. 

fugir 1496, ind. pr, pi. i* p. fu- 
jjem 2670 j prêt. sg. 3*p, fugic 
4447 ; subj, pr. sg. 3* p, fugis- 
quaR 3o45,f7/. fugisquo R214, 
fuir, emmener, s'enfuir. 

fy 2025 = fi. 

fysicicn 7835, physicien. 



ga 2610, de gA 1724 déjà. 

Galilea 3o4, Galylea R 4841, 
Galilée. 

Gaudres r 462, nom d*homme. 



gardar 3840, guardar4i6i, ind. 
imp. pi. 3* p, guardavo 6224; 
prêt. pi. I* p. gardem429o; 
fut.pt. j" p. guardarcm 7807, 
3' p. gardaran7728, guardaran 
6384;'co«<ii7./?/. a^j^.gardariatz 



GLOSSAIRE. 



3c/ 



6837 ; impér. sg. 2' p. guarde 
i68, pi. 2* p. guardaiz ib5 ; sg. 
cond. /•!?. gardera 4o5<|.; subj. 
pr, sg. È* p. garde 4223, guar- 
de 4795, guart 3466, pL 3* p, 
gardo R 26(58 ; imp, pi, 3* p. 
gardeso (se) 6070 ; part. pas. 
me. sg. gardât 7190, guardat 
22i3, j?/. gardatz 7179, guar- 
datz 0388, fém. sg. guardada 
2623, garder, préserver, empé" 
cher, observer. 

[gasardonar], part. pas. me. pi. 
gasardonatz $713, récompenser. 

gasenhar V.guasanhar. 

[%?ii>liit], part. pas. fém. sg. gas- 
tada 2638, gâter (mettre en 
mauvais état). 

gaymentar (se) i235, ind. pr. pi. 
2* p. gaymentatz 149 1, se la' 
menter. 

GuALiLEA R 478, V. Galilea. 

gc 2190, 3 161, 3467, 5628, 7725, 
g* 3 165, = anc. fr. jà. 

gean 3863, géant. 

[gemirl, subj.pr.pl. 3* p. gemis- 
quo R 7177 ; part. pr. gemen 
R 7394, gémir. 

gendarma R 2668, garde. 

gentiell 3ii = gentil. 

gerir V. guérir. 

Gestas 4685, nom d'homme. 

gitar R 263, ind.pr. sg. 3* p. gieia 
6666 ; fut. sg. 3* p. gitara 5 3 20 ; 
impér. sg. 2* p. gieia 263 ; subj. 
pr. sg. 2* p. gietes 8049, 3* p. 
giete R 276, pi. 3* p. gieto R 
7728 ; part. pas. me. sg. gitat 
2Si3,/7/. gitatz i-j^f jeter, tirer, 

glieza R 5375, église. 

glorifîcar (se), ind. imp. pi. 3* p. 
glorificavo 8o32, se glorifier. 



glyeysa 6804 = glieysa. 

gogador 7488 s jogador. 

gogar 5'i2g, jouer. 

GoLiAS 3863, Goliath, nom 
d'homme. 

goratieyra 7563, entremetteuse. 

gorinalha 3255, canaille. 

[gostar], part. pas. me. sg. gcs'at 
i5io, goûter. 

[govemar] , impér. pi. 2* p. 
governatz 7856 ; part. pas. 
me. sg. govcrnat Oi63, fém. 
pi. governadas 6106, gouver- 
ner. 

grasia 3908 = gracia. 

grasios 4971 = gracios. 

grasir 28o5, remercier. 

[gratarl, ind.fut.pl. i* p. graïa- 
rem Î7 1 5, gratter. 

grese 2375 = grezesc. 

[grevar], ind.pr. sg. 3* p. greva 
7085, peiner. 

guandir 1497, sauver. 

guardar V. gardar 

[guasanhar], ind. pr. sg. 3* p. 
guasanha 2023 ; fut. pi. 2* p. 
guascnharetz 27o3, part. pas. 
^c. sg. gasennat 2741 , ga~ 
gner. 

guasardo 7965, récompense. 

guauch 3836 = gauch. 

guérir i5o3, gcrir 5887, ind. pr. 
sg. 3* p. guéris i758;/Mf. sg. 
3* p. guirira \%iq\ pari, pas, 
me. sg. guérit b^oi,pl. guéri tz 
5870, guérir. 

guota 593 1 = gota. 



3o8 



GLOSSAir.E. 



H 



ha V. a. 

habilhar V. abilhar. 

habitar 32o, ittd. fut. sg. 3* p. 
habitara 6 {.22, habiter, 

haiso 3413 = aisso. 

haniciiar V. amcnar 

hanar V. anar. 

haprcs R 642 = aprcs. 

Haramatiiia 4o!>3 =: Arimatiiia. 

he 3 = e. 

Hébreu 3857, Hébreu. 

bel 832 = cl. 

hemagenar V. cmagenar. 

Hemor 3 18, nom d*hominc, 

hcn 1 125 = en. 

henaisi 380o, ainsi. 

hencontinen 4190 = enconte- 
nent. 

hcniretan R :'5, V. cntrctah. 

hcnucch 32oi = enucch. 

Herodes 1494, nom d'homme. 

hestat 4140 = estât. 

ho 180 = o. 

hobra 58o = obra. 

hobrado 61 3, atelier. 



[hobrarl, inj. imp. sg. f p. ho- 
bra va 6G02 : part. pas. me. sg. 
hobrat i(;8S, travailler. 

hodorar V. odorar. 

[honorarl, subj. imp. sg. i* p^ 
honores 7219; part. pas. me. 
sg. honorai 2439, pi nonorai^ 
3229, /ê»i. 5,^. honorada 657.S, 
honorer. 

honi 80 = ont. 

hora (dc^, -193, à temps. 

hordcnar V. ordenar. 

[horduros] hordurosa 2f5, sale. 

horgolhozamcn 5584 = orgulho* 
samen. 

horguolhos 3775 = orgolhos. 

(hor] horra 27, sale. 

hostar V. osiar. 

[hubjsir], V. ubcsir. 

hubri V. ubrir. 

huftici 5273, office. 

humilia (se"^ i583, condit. sg. 3* 
p. hiiiniliaria 1092, s'humi^ 
lier. 

huiniahnen 55 1 5, humyahncn 
7009, humblement. 

hun 7 = un. 

hunt 124') = ont. 



I 



illuminar 4697, imper, s g. 2* p. 1 
illumina 8078; subj. imp. pi. I 



J« p. illuminesso ib-^part.pas. 
mc.pl. illuminatz bo?,écfaircr. 



nclinar 5748. part. ps. fém. Sfç. 
incIinada633o, incliner, V. en- 
clinar. 

inferen 5336, enfer, 

inquar 3199 = cncar. 



GLOSSAIRE. 309 

boifpi. intratz RiSiy, entrer, 
ipocrita 6142 = ypocriia. 
IzAC 38Go, nom d'homme. 



inquara 4279, inquaras 248 = 
cncaras. 

intrar23f5, intraR 3867, ind.fut. 
sg. 1* p' intraricy 2745, 2* p. 
intraras249, J* 17. Intrara 2821, 
yntrara 1647,/?/. 2* p. intraretz 
2740, hintrareiz 53ti6, .?• p. in- 
traran 3906; impér. pi. 2* p. in- 
traiz 2828 ; subj. pr. sg. 3* p. in- 
tre 2766; imp.pi. 2* p. intrcsetz 
i558 ; part, pas, me. sg, inirat 



[irar], ptfW. pas. me. sg. irat 2523, 
;7//iiatz 2382, /é/fi. sg. irada 
2o35, irriter, 

[isirl, ind. fut. sg. 3* p. isira 
2734, pi» 3* p. isiran 2755 ; 
impér. sg. 2* p. icys App. I, 33. 
hyeis ibtd, 32. part. pas. me, 
sg. isit 2952, sortir. 

[istituir], part. pas. me. pi. isti- 
tuiiz 6173, instituer. 

IzAïAS 1387, nom d'homme. 



J 



ac- b 3i5, 392, nom d'homme. 

jacopin Gi3i,jjcobin (religieux). 

Jaff£ 5o52, 5075, n. d'homme. 

jaser 1 663 f se coucher, 

jhorn 3764= jorn. 

jogado 5359, acteur. 

jogar 8101, part. pas. me. sg. jo- 
guat -jb h), jouer. 

JoANAS 5897, nom d'homme. 

joct 6081 = joc. 

JosAPHAT 2140, Josaphat. 

jovensel 4306 = jovencel. 

joyclh 2021 = joyel. 



jiidaïc 521 5, juif 

Judas 56ji,'«o»m d'homme. 

JuDEA 4049, Judée. 

I junher], part. pas. fém. pi. junc- 
tas R 4^ib, joindre. 

jurar 62JL4, ind. pr.sg. /• p. juri 

1699, -^'P' i^*"^ ^ 5i56 ; impér. 

pi. 2* p. juralz 5 157 ; subj. pr, 

pi. 2' p. lurctz 5i56 ; part. pas. 

me. sg. jurât b 160^ jurer. 

jutgar 121 5, ind. pr. pi. 2* p. 
jùigaiz 7079; prêt. pi. 2* p. 
jutgetz 6060 \fut. pi. 3* p. jut- 
garan 5898; imper, pi. 2* p. 
)ugatz 6208; part. pas. me. sg. 
|utgai 1061, pi. jutgat; 63oo, 
fém. sg. jatgada loSS, juger. 

Juziuu 3935, Juif, 



3io 



GLOSSAIRE. 



[laborarl, ind, pr, sg. 3* p. la- 
bora 1872, travailler, 

latsar 2080, laysar R 2307, "<^' 
pr, s^. 3* V. laisa 3407,^/. 3* 
». latso 7o36; imp. sg. 3* p. 
laisava 7Î25 ; fut, pL /• p, lai- 
saram 4667; imper, sg. 2* p. 
layssa 2 30.-?, pi. i* p. laisem 
?288; subj. pr. sg. 3* v, laise 
R 418, laysc 2933, pi, /• p. 

laysem 3127 ; P^''^ P^^' ^^' ^S' 
laysat 6894, laisser. 

[languir], subj. pr, sg. 3* p. lan- 
guisqua 4903, languir, 

[lapidsir], part, vas, mc.sg, lapi- 
dât 3621,;;/. lapidatz bjiS, la" 
pider. 

laugieyramen 55 11, légèrement, 

laurar 3473, labourer, 

lausar 23, ind, pr. pi. r* p. lau- 
sam 2661 ; impér.pl. i* p. lau- 
sein 2804; part. pas. me. sg, 
lausat 18J9, lausatz 2334, louer, 

lavar 2517, part, pas, me, sg, la- 
vât 6305,;;/. lavatz 25 15, laver, 

layro 825, larron, 

laysar. V. laisar. 

Laze 1798, Lazer 1664, nom 
d* homme. 



iebric 61 14 = lebrier. 

leciensia 4023 = licensia. 

legir R 63 1. leci R 689, ind. pr. 
sg. 3^ p. liecn (se) 2064, pi. 2' 
p, legetz 5 1 1 1 ; subj. pr. sg. 3* 
p. legisqua R 127; part, pas, 
fém. sg. legida R 5o45, le^yda 
5082, pi. icgidas R 4703, lire. 

levar R 1458, 5173^ ind. fut. pi. 
3* p. levaran R 402 ; impér, sg. 
2* p, leva App. I, 14, pi' 2* p. 
levatz i323; subj, pr. sg. 3* p. 
levé R 38, pi, 3* p, levo R 
1753; imp, pL I* p, levesem 
5o6 ; part, pas, me, sg, levât R 
iDi, pi, levatz 719, fém. sg. 
levada R 1458, lever, se lever, 
relever. 

[liar], ind, prêt. pi. i* p, liem 
5773 \fut, vl. i*p, liarem 3473; 
impér, pi. 2* p. liatz 34-^3; 
part. pas. me, sg, liât i58o, 
fém. pi, liadas 1590, lier. 

lieurar 2540, part, pas. me. sg. 
lieurat 3172, livrer. 

linatge 3872 = linhatge. 

linbe 486 = limb^. 

LociFER R 5397 , Lucifer , Lu- 
cifer, 

los 6225 = lors. 



M 



Macabeu 56o6, nom d'homme. 
mage 2395 = magcr. 
magestat 53o5 = majestat. 
majormen 6896 = majorment. 



maladictio 256 = nialcdictio. 

malasecte 8o35, malasit 60971 
fém. sg. malasecta 72^0, malc- 
secta R 5675, mauait. 

ma la u te 11 34, malade. 



GLOSSAIRE. 



3ll 



malecia 6782, malcsia 262 = raa- 
licia. 

malesiosamen 6778 = malicio- 
samen. 

malfactor 1440, malfaiteur. 

[malgrasir],^tfr/. pas. me. sg. 
malgrasit 0392, maugréer, 

[malmenarl, part. pas. me. sg. 
malmenât i6o3,/ém. sg. mal- 
menada 2638, malmener. 

mandar 4985, ind. pr. sg. i* p. 
mandi 5094, 2* p. mandas 38q, 
3* p. manda 2182, pi. /• p. 
mandam 4812, 3* p. mando 
4i9<); prêt. vL i* p. mandem 
^ic)2; fut. pi. I* P' mandarcm 

t|.i8 ; impér. pi. 2* p. mandatz 
1 3o ; sulj. pr. sg. 3* p. man- 
de R 3920 ; part. pas. me. sg. 
mandat 1825, /éw. pi. manda- 
das 6623, mander, ordonner, 

mnngar 178, ind. pr, pi. 2* p. 
mangatz i85, 3* p. mango R 
2^64 ; imp. sg. i* p. ma n gava 
759O, 2* p. mangavas 74b5, 3» 
p. mangava qohbypl. i*p. man- 
gavem iSi/prét.sg. i*p. man- 
giey 2790, J^ p. manget 2612 ; 
fut. sg. 2* p. mangaras 7460, 
pi. 2* p. mangarelz 33ig,J*p 
mangaran 7284; impér. pi. /• 
p. mangem 32 3o; subj.vr. sg. 
3* p. mange R 197, pî. /• p. 
mangem J27, 2* fj. mangeiz 
166, 3* p. mango 3387; imp. 
pL !• p. mangessem 'J44, 2* 
p. nnangessetz 209, 3* p. man- 
geso R ^i^\ part. pr. mangan 
809, pas. me. sg. mangat 2o5, 
pî. mangatz 61 89, /ém. /?/. man- 
gadas 7401, manger. 

manieyra R 77 = manieira. 



mantener 3537, 55o7, ind. pr, sg. 
2* p. mantenes 3oi8; fut. sg. 
/• p, mantenriey 4392 ; suhj, 
imp. sg. i*p. mantengues 7219; 
part. pas. me. pi. mantengutz 
7185, maintenir, soutenir. 



maquarcla 7^63, entremetteuse. 
[maridar], part, pas, fém. pi. 



maridadas 6264, marier, 

[marir], part. pas. me, pi. maritz 
5oo3, fém, sg, manda 6376, 
pi. ma ridas 6445, attrister, 

[martelar], ind.pr.pl. 3* p. mar- 
telo 2370, marteler. 

massa (a) 2207, ensemble. 

[maudir], ind. fut, sg, 2*p, mau- 
diras 7696, /?/. 2* p. maudiretz 
3223| 3* p. maudiran 238i ; 
part. pas. me.pl. mauditz6285, 
fém, sg, maudicha R 7177, 
maudire, 

mauditio R7177 = maldicio. 

maysela 2391 = maisela. 

mayso 6787 = mayson. 

mealha 359, maille (monnaie). 

meisantamen 4071, méehamment. 

[membrarl, ind, pr, sg. 3* p. 
membra 3i36; impér. sg. 2* p. 
membre 7464, rappeler, se rap- 
peler, 

menar 1963, mena 1995, ind, pr. 
sg. 3* p. mena 1957, pi. 2* p. 
menatz 1929; imp. pi. 3* p. 
menavo 1391; prêt. sg. i* p. 
meniey 901, pi. 2* p. menetz 
665 ; fut. sg, /• p, menariey 
2601, pi. 2* p, menaretz 2610; 
impér, sg. 2* p, mena 222, pi. 
2* p, menatz 3437 ; eondit, pi, 
I* p. menariam 485o ; subj. pr, 
sg, 3* p, mené R ido, pi. 2* 
p. menetz 65o, 2635, J*p, me- 
no R 265 1; part, pr, menan R 
642, pas. me. sg, menât 1126, 
fém. sg, menada 1945, p/. me- 
nadas 0273, mener, amener, 

menoreta R 5375, mase., frère 
mineur. 

Mens£mbrios 124, nom d'une 
étoile, 

mentiaria 6240, mensonge. 

mentir 2764, menti 2594, ind, 
fut. sg, /• p, mentiriey 3997, 



3l2 



GLOSSAIRE. 



pL 1* p, menti rem 2707 ; co»i- 
dit. sg. 3* p. incnteria 16^8; 
part. pas. me. sg, mentit 363 3, 
mentir. 

meravilha 3767 = meravelha. 

[meravilhar fse)|, ind. pr. sg. /• 
p, meravilny 2212; part. pr. 
meravilhan R 5621, pas. me. 
sg. miravelhat R 38, s'émer- 
veiller. 

merdinn i65i| marchand. 

m erse 283 = mercc. 

mersenari 6044 = mcrcenari. 

mesatgaria 6177 = messatgaria. 

]mesconocer], ind. vr. pi. /• p. 
mesconoyscn 169$, méconnai- 
tre. 

Mfscresens 2 i3y, Mécréants nom 
de peuple supposé. 

Mesia 5 1 12, Messus 426, Messie, 

mesio 3227 = messio. 

mesonge 4281 = mcssonga. 

mcsongier 5761 = mcnsongier. 

Imcsprcsar], ind. prêt. sg. 3* p. 
iiiespresct 6972 ; impér. sg. 2* 
p. niesprese's 286; part, pr, 
mespresan 7200, pas. me. sg. 
me^prcsat ib^dyjfem. sg. mes- 
presada 6781, mépriser, 

mesquingna 6i55 = mesquina. 

mestcri 6082, mystère. 

mcstie 6432 = mestier. 

j mesurai], ind. fut. sg. 3* p. me- 
surarn 2o5<) ; part. pas. me. sg. 
mesurât 2037, fém. sg. mesu- 
rada (j{)3C, mesurer. 

mètre 868, ind. pr. sg. !• p. me- 
li 160, 3* p. met 7647: imp. pi. 
I* p. mciiam 3648, j* p. mc- 
tian 7365 ; prêt. sg. i* p. mesi 
5975, mesy 874, 3* p. mes 



j i38, pi. 1* p. mesem 



p. mes 
5o2i, 2* 



p. mesetz 7021, 3* p. mero 
3o 18 ;/<//. sg, I* p. meiriey 
2 3oo, 3' p. metra 144, pi. 2* 
p. metretz 281 5, 3* p. metran 
3408 ; condit. sg. 2* p, tnetrias 
5585 ; impér, pi. i* p, meta m 
3o6, 2* p. metetz 2 3q9, metatz 
5634; subj. pr. sg. 3* p. meia 
R 2269, pi, /• r. metam 
436wS, i* p. metatz ^682, 3* p. 
meto R 77, imp. sg. /• 6.3* p. 
mcses 7277, 4369, pi. J* p. mc- 
sescm 4947 ; part. pr. metcn 
75, pa.'f. me. sg, mes 825, met 
1440, pi. meses 12, fém. sg. 
mesa 817, mettre, se mettre. 

mialha, V. mealba. 

miravelhat, V. meravelhar. 

molesta 20G7 = molestia. 

momeyra 5258, momerie, 

monmr 2055 f ind. jf>ré t. sg. r* p. 
montiey 925 ; fut. pi 3* p. 
montaran R 53^7; tmpér. sg. 
2* p. monta 2664; sub^, pr. sg. 
3* p. monte R 20134 ; part. pas. 
me. sg. montât R 276, p/. mon- 
tatz K 5397, s'élever, monter. 

monti 1438, mont {ntot latin). 

mor 232 = mort. 

[mordrel, ind. prêt, sg. 3* p. 
mordet 7042, mordre. 

More 926, nom d'une montagne. 

morir 863, mori 754, ind. pr. sg. 
3* p, mor 6907 ; prêt. pt. m* p. 
morigrem 55i;yi//. sg. /• p. 
moririey 2971, 2* p, nioras 
1 186, morras 1442, j« p. mora 
7393, r/. 2* p. moretz 167, mo- 
rrct? 546, moriretz i^',condit. 
sg. /• & j^*p. moria i55i» 3028, 
pi. i*p. nioriam 182; subj. pr. 
sg. I* &. 3* p. morisqua i55o, 
1432; par/, pas. me. sg. mort 
1474, ;'/. mortz 69i5,yem. sg. 
mortha '/008, mourir. 

MoRoi. 21 37, Maure. 

mosa R 5375, aumusse (r), esp. 
moceta). 



GLOSSAIRE. 



3l3 



mostrar 2200, ind, pr. sg. i* p- 
mostri 16^, pi. 2* p. mosiratz 
A623 ; prêt. sg. j* p. mostriey 
880, 3* p. mostret bi%±\fut. 
sg. /" p. mostrariey 2800, pi, 
2* p. mostraretz 2920; subi, 
pr. sg. 3* p. mostre R i283, 
pi. 3* p. mostro R 2g53 ; part, 
pas. me. sg. mostrat 0075,/ém. 
sg. mostrada 2188, montrer. 

moyre 2892, ind. imp. sg. 3* p. 
movia 6934; fut. pi. 2* p. 
moyre tz 4324, mouvoir , émou' 
voir. 



MoYSEs II 32, Moïse. 

[mudar], subj. pr. sg. 3* p. mu- 
de 5781; part. pas. me. pi. mu- 
datz 1802, fém. pi. mudadas 
1941, changer. 

[multiplicar]| ind, pr. sg. 3* p. 
multiplica 5549 ; subj. imp. pi. 
3* p. multipiiquesso 20, mul^ 
tiplier. 



murlrir 7275, murtri 7571, parf. 
pas. me. sg, murtrit 0925, pi. 
murtritz 6842, mettre à mort. 



N 



Nabucadonozor 5639, NabuehO" 
donosor. 

[nacer], part. pas. me. sg. nat 
1672: y nascut 2471, pi. natz 
23oo, nascutz 1060, fem. sg. 
nada2353, nascuda iSSy, naître. 

|narar], subj. pr. sg. 3* p, nare 
411I1 raconter. 

Nazareu 3169, Nazareth. 

[neguarj, ind. prêt. sg. 3* p. ne- 
guet 5996, mer. 

negunamen 6485, nullement. 



Nenive 5895, Ninive. 

[noar], part. pas. fém, sg, noada 
7694, nouer. 

noisa 4740 = nosa. 

Inopnar], »arf. pas. me. pi. nop- 
natz R 01 34, nommer. 

[notar], impér. pi. 2* p. noiatz 
2342, noter. 

notifficar 5o8, notifier. 

novoel 6370 = novel. 



O 



obliguar 4354, part. pas. me. 
pi. obliguatz 2493, obliger. 

observantin 6 1 3 1 , observantin [re- 
ligieux). 

obtener 55o6, obtenir. 

[odorar], ind. pr. sg. 3* p. odora 
2868, pi. 3* p. odoro R 2868, 
flairer; hodorar 2869, substan- 
tif 

III. 



olfa 7689, trace (?). 

[ofFendre], part. pas. me. sg. 
ofFendut 5485, offenser. 

onge 2477, subj, pr. sg. 3* p. 
hongna R 2470, pi. i* p. hon- 
gesquem 28^6, oindre. 

ont 2639, "i^'^- 

or R 324, 423, bord. 

22 



3l4 



GLOSSAIRE. 



[ordenar], ind. pr, sg, 3* p. or- 
dena 1962 ; prêt, sg, 3* p. hor- 
denet 2783, pL 2* p. ordenetz 
SgSgivart. pas. me. sg. orde- 
nat D963, hordenat oo33, pi. 
ordenats R bSjbj/ém. pi. or- 
denadas 8074, ordonner, 

[oscuros],/4?m. oscurosa 4, obs- 
cur. 



ostar 5S62. ind. pr. pi. 2* p. os- 
tau 2'jï6;fitt. sg. /• p, osta- 
riey 2746 ; impér. sg. 2* p. hos- 
ta 7428, pi. 3* p. ostatz 2776, 
hostatz 2222 ; subj. pr. 2' p. 
oste 2882, f'âr/. pas. me. sg. 
ostat 242, ôter. 

otragosamen 3555, outrageuse- 
ment. 



pacieu 1562 =r passio. 

pacte 4391, paete. 

paguar 1345, ind. fut. sg. /• p. 
paguariey 7714, 3* p. paguara 
3940, pi. I* p, paguareml744, 
2* p. paguaretz 993, pagaretz 
339; impér. sg. 2* p. pague 
9Q4J subj. pr.pl. 2* p. paguctz 
1286; imp, sg. 3* p. pagues 
2497; pi^rt. pas. me. sg. pa- 
guat 2571, pi. paguatz 8018, 
payer. 

palada 7246, pelletée. 

palharda 7562, paillarde. 

[palliar], part. pr. palllan 5529, 
pallier. 

[pal par], subj. pr. sg. 3* p. palpe 
8016 ; part. pas. me. sg. palpât 
4013, nésiter, examiner avec 
soin. 

panar 2696, 51*^. pr. sg. 3* p. 
pnnes 4162; part. pas. me. sg. 
panât 4165, voler. 

paralasicamen l'jbc^y paralysie. 

[parar],/?tfr/. pas. me. sg. parât 
R 7291, /ém. sg. parada K 38, 
orner. 

parcntatgc 3964, parenté. 

parlar 40, parla R 1882, ind. pr. 
sg. /• r. parly 810, 2* p. par- 
las 6o03, 3* p. parla 418, pi. 



2* p. parlatz 3 154; imp. pi. 3* 
p. parlavo 4431 ; fut. sg. 3* 
p. parlara K 7834, pi. i* p» 
parlarem 323 1, 2* p. parlaretz 
1048^ 4323, 3* p. parlara n 4-523 ; 
condit. pi. /•/?. parlerem 3773; 
impér. pi. /• p. parlem 3 143, 
2* p. parlatz 689 ; subj. pr^ sg. 
3* p. parle R 492, pi. i* p» 
parlem 4895, 2* p. parletz 982, 
3* p. parlo R 418; imp. sg. 3* 
V. parles 4385 ; part. pr. par- 
lan R 280, pas. me. sg. parlât 
R 1 5 1 , parler j dire. 



partir R 77. ind. fut. se, s* p. 
partiras 751 1, 3* p. 3865, R 
0443, pi. /• p. partirem 3 120, 
2* p. partiretz 7188, J' p. par- 
tirai! 5852 ; subj. imp. sg. r* p. 
partigues 5 193, partir, séparer, 
se séparer. 

[paisser], part. pas. me. pi. pas- 
cutz 5939, nourrir. 

pasiencia 4387 = paciensta. 

passar 3o8, passa 3274, pasar 
3oi3, ind. pr. sg. i' p. passy 
1668, 3* p. passa 460, 1614, pL 
3* p. passo 1891; imp. sg. 3* 
p, pasava 5989; prêt. pi. /• p. 
pacem 547, 3* p. passero 7o3o; 
fut. sg. 3* p. passara R 2664, 
pL /• p. passarem 3 10, 2* p. 
passaretz 2143; subj pr. sg. 
3* p. passe 1743, pase 7477; 
imp. sg. I* p. passes 2180; 
part. pas. me. sg. passât 240, 
pi. passatz 5910, pasatz 206, 
passer, supporter, transgresser. 



GLOSSAIRE. 



3l5 



paubreya 53i5, paubrieyra6i8i, 
pauvreté. 

pausar (se) 1634, ind. pr. sg, /• 
p. pausi 6712, p/. 3* p. pauso 
2304; impér. pi. 2* p. pausatz 
3o^7 ; suDJ. pr, sg, 3* p. pause 
R 524 : part, pas, me. sg. pau- 
sat 2^32, poser, se reposer; — 
selencia 0712, imposer silence, 

payrol R 7532 = pairol. 

payrolada 2362, chaudronnée. 

pecada 1345, péché {mot latin 
altéré). 

f pécari, ind, imp. sg. i* p. peca- 
va 7892 ; subj. pr, sg. J* p. pe- 
que iQQo; part. pas. me. sg. 
pecat 85o, pécher, 

pegor 6874 = pejor. 

[pendre], ind. fut. sg. i* p, pen- 
riey 2606, pi. /• p. pend rem 
3586; part, pas. me, sg. pen- 
du t 886, pendre. 

pengar 3571, part. vas. me. sg. 
pengac 1148, pendre. 

Ipenher], part, pas.fém. pi. pen- 
chas R 763 1 , peindre. 

penre 196. ind.pr.sg. 3* p. pren 
i3oi, pi. 2* p. prenetz 8060; 
imp. sg. /• & 3* p. prend i a 
76D4, 775, pi. 2* p. prendiatz 
Hobl'f'prét. pi. I* p. presem 
S'j'ji; fut. sg. 2* p. penras 
1200, J* p. penra R 3485, pi. 
/•p.penrem 1880, 2* p. pen- 
reiz 026 ; condit. sg. 3* p. pen- 
ria 4043 ; imrér. p/. 2' p. prenetz 
i863, prcnaetz i3i7; subj. pr, 
sg. 3* p. prengua R i5i, pren- 

fa R 263, pi. I* p, prenguam 
00, 2* p. prenguatz 649, 3* p, 
prenguo R 2924; imp. sg. 3* 
p, preses 74qi ; part. pr. pren- 
den 7106, pas. me. sg, près 
822, pfT preses 5339, /?m. *^* 
presa 91, pi. presas R 127, 
prendre; — mi rai h i863, pren- 
dre exemple; — guera 7863, 
entrer en guerre. 

[pensar], ind, pr, sg. 2* p, pen- 



sas 219, pi. 2* p. pensatz 2607; 
imp. sg. 2* p. pensavas 7490, 
3* p. pensa va 3970, pi. i* p. 
pensavem 4319; prêt, sg, /• 
p. pensiey S 104 ; impér, pi. /• 
p. pensem 3242 ; part, pas, me. 
sg. pensât 3 139, penser, croire, 
songer à. 

perdesio 6039, perdisio 3214 == 
perdicio. 

perdonar 537i, ind. pr, sg. i*p. 
perdoni 3570 j prêt. sg. 3* p. 
perdonet 767D ; impér. sg. 2* 
p. perdona 289, pi. a* p. per- 
donatz 3363 ; subj. pr. sg. 2* 
p. perdones 2470, 3* p. perdo- 
ne 160 3, pi. 2* p. perdonetz 
2412; imp. sg. 3* p. perdones 
6372 ; part. pas. me. pi. perdo- 
natz 2$ 2 2, pardonner. 

perdre 4146, ind. pr. sg. 3* p. 
pert i832, pi. /• p. perdcm 
223o; prêt, sg. /• p. perdiey 
2797 ; subj, pr, sg, J* p. perda 
6259, pi, 2* p, perdatz 5o37 ; 
imp. pi. 3* p. perdeso 6188; 
part, pas, me, sg' perdut 437, 
p/. perdutz iQjo,fem. sg. per- 
duda 2049, p?. perdudas 1061, 
perdre, se perdre. 

[perfar], part. pas. me, sg, per- 
fach 5490, parfaire. 

[perferir], part, pas. me, sg. per- 
ferit 1450, préférer, 

perfiech 5453, parfait, 

perforsa (se) 2068, part. pas. me. 
sg, perforsat 7339, s'efforcer. 

péri 865, condit. sg. 3*p, peri- 
ria 5604, peria i45î; subi, 
imp, pi. i*p. periguesem 424?; 
part, pas. me, pt, peritz 6838, 
périr, détruire, 

[permetre], part, pas, me. sg, 
permes 693o, permettre. 

permier i = premier. 

[ perpétra r], part, pas. me. pi. 
perpetratz 6948, perpétrer. 

[persecutarl, ind, prêt, sg. /• p. 



3i6 



GLOSSAIRE. 



persecutiey 5993 ; part, pas. 
me. pi. persecutatz 3714, f er- 
sécuter, 

|persecutiu| , fém. persecutiva 
6708, accompli, parfait. 

[ persévéra r], »tfr/. peu. me. sg. 
persévérât SbSg, persévérer. 

[pervertir], ind. imp. sg. 2* p. 
pervertias 365o, pervertir. 

peyso 327 = peysso. 

Pharao 826, Pharaon 

pharizieu 3 12, pharisien. 

Iplatdegar], subj. pr. sg. 3* p. 
plaidege 684; part pas. me. 
sg. piaydegat 1057, plaider. 

plaidegat 837, piaydegat 802, 
plaidoyer. 

plange R 2086, ind. vr. pi. i* p, 
plangem 3227; suhj. pr. pi. /• 
p. planguam 3i3o, 2* p. plan- 
eatz 2o3o: part, pr, plangen 
K 5435, plaindre. 

plantar 874, ind. prêt. sg. 3* p. 
plantet 1 1 35, planter. 

playdegaria 6740, plaidoirie. 

piaydegat, V. plaidegat. 

playre 2628, ind. pr. sg. 3* p. 
play 655, platz 288; imp. pia- 
sia loi ',fut. playra 52, plaira 
3569; condit. playria 5oi6; 
subj. pr. piasia 53o» plassia 
20D2, placia 11 59, piasa 2206; 
imp. plasegues 4951, plaire. 

pleguar 3^16, plier. 

pllior 572 = plor. 

plorar 1936, plora 2004, 'w^' P^' 
sg. 2* p. ploras App. I 8, 3* p. 
plora 1 01 2, /y/. 2*p. ploraiz 2899; 
tmp.sg. /•/». plorava 3ioi; con- 
dit. sg. 3* p. plorera 221 1 ; im- 
iter, pi, 2* p. ploretz3o34, se — 
App. I, 26; subj pr.sg. 3*p.p\o- 
re 7683, se — R 2 i(^g^ pleurer, 
déplorer, se mettre a pleurer. 



[poder], ind, pr. sg. i* p. po- 
di 710, 2* p. podes 36g, potz 
App. 1, 6, > p. pot 797, pL 
I* p. podem 599, 2* p. po- 
detz 2269, podes 2o32 ; imp^ 
sg. /• p. podia 2570, 2* p. 
podias 78741 pi. 2* p. po- 
diatz 5497, 3* p. podian6745; 
prêt. sg. /• p. poguî 7o5i, 
3* p. poc 4648 ; fut. sg. I • 
p, poyricy 624, poiriey 7631, 
3*p. poyTB. 669, pi. /• p. poy- 
rem 3i22, 2* p. poyretz 322i, 
3* p. poyran 2562; condit. s^. 
I* p. poyra 7596, 3* p. povria 
1705, pi. !• p. poyriam 4047, 
3* p. poyrian 2348 ; subj. pr. 
sg. I* p. puesca 2999, 3* p. 
puesqua 23, pi. i* p. pues- 
quam 72, pusquam 71 53, 
puscam 8082, 2* p. pusquatz 
2649, 3* p. puesquo 3467 ; 
imp. sg. I* p. pogues 2979, 
3* p. poges 1939, pi. I* p. po- 

fuesem 4977, 2* p. poguesetz 
249, 3* p. pogueso 6862, po- 
geso 2347 ; part. pas. me, sg. 
pogut 2941, pi. pogutz 6801, 
pouvoir. 

Ipogarj, impér. pi. 2* p. pogatz 
5679 ; part, pas, me. sg, pogat 
3173, monter, élever, 

poly 2577 = poli. 

ponliar 2537, ind, pr. pi. /• p. 
ponham 3422, ponhan 4720 ; 
impér. pi. I* p. ponhem SgçS, 
ponhem 4012, tarder, 

porta r R 77, ind. pr. sg. J* p. 
porti 202, pi. 2* p. porta tz 
3210, 3* p. porto 374; imp. sg. 
/• p. portava 2189, 2* p. porta- 
vas 7016, 3* p. portava Qi9f 
pi. 2* p. porta vetz 5291, J» p, 
portavo 45 18; fut. sg. i* p. 
portariey 1390, pi. /• p. porta- 
rem 5292, 2* p. portaretz5o79; 
impér. pi. 2* p, portatz 5o8o; 
sutj. pr. sg. 3* p. porte R i5i, 
pi. 2" p. portetz 4654, 3* p. 
porto R 77 ; imp. sg. i* & 3* 
p. portes 5143, II ; part. pas. 
me. sg. portât 129, fém. sg. 
portada 451, porter. 

[porvesir], ind, fut. sg. /• p, 
porvesirîey 7447, pourvoir. 



GLOSSAIRE. 



3l7 



posar, posa R 302, fut. sg. i* p. 
posa ri ey 376 ; impér. sg. 2* p' 
posa 3o5 ; subj. pr. sg, 2* p» 
poses 384, puiser. 

[possedir], ind.fut. pi. 2* p. pos- 
sediretz 7187; subj. pr. sg. 3* 
p. pocessisqua 32 ; imp. pi. 3* 
p. poses igueso 6859, posséder. 

poticari R 6236, 7834, apothi- 
caire. 

poyridura 2241 = poiridura. 

[poyrir], part. pas. me. sg. poy- 
nt 2229, pourrir. 

poisan 55 14, poysan 49 = poys- 
san. 

predicador R 6126, frère prê^ 
cheur. 

predicar 304, ind. imp. sg. 3* p. 
predicava 3q85 ; subj. tmp. pi. 
3* p. prediqueso 6010; part, 
pr. predican 3326, pas. me. sg. 
preaiquat, prêcher. 

preguar 662, ind. pr. sg. i* p. 
prCf^U! 21 3, pregy 1968, pi. /• 
p, preguam 969, 3* p. prcguo 
1793; fut. sg. /• p. preguariey 
6493 ; impér. pi. 2* p. preguatz 
1616; subj. pr. pi. 2* p. pre- 
guetz 970; part. pr. preguan 
204, preguam 465}, prier. 

preguaria 38ii = preguiera. 

preminensa 6i54 = preeminensa. 

[prepausar], part. pas. me. sg. 
prepausat 11 18, proposer. 

presar 223q, ind. pr. sg. 3* p. 
presa 3686, estimer. 

Ipresentar], subj. pr. pi. 3* p. 
presento R 437; part. pr. pre- 
sentan R 199, présenter. 

presoihiio 5562 = presompcio. 

preslar 2627, ind. pr. pi. 2* p. 
prestatz 2642 ; impér. sg. 2* p. 
prcsta 2624 ; part. pr. prestan 
72^8, pas. me. sg prestat 7347, 
prêter. 



presumir 5537, présumer. 
princip 3i8 = princep. 

i 

priont R 7651, priou 6101, 6i25 
= prion. 

proar 599, probar 710, ind. pr. 
sg. I* p. proby 787 ; part. pas. 
me. sg. prohat 1432, prouver. 

procedir io36, procéder. 

procès 980, pièces d'un procès. 

proclamar 3c^i i , proclamer. 

procurayre 6234 = procuraire. 

prodomc 4760, prud'homme. 

Ipromenar], ind. imp. pi. /• p. 
promenavem 3710, promener. 

[promelre], V. mètre, ind. pr. 
sg. /• p. promeli i563; prêt, 
sg. /• p. promesi 6528, 3* p. 
promes 3 141, pi. 2* p. prome- 
setz 537: part. pas. me. sg. 
promes bjo^fém. sg. promesa 
1428, promessa iSj/^, promet" 
tre. 

[prophetizar], part. pas. me. sg. 
prophctizat 1171,/ém. 5^. pro- 
phetizada 2802, prophétiser. 

provediensa 8075 = providen- 
tia. 

[provesiri, ind. fut. sg. 1* p. pro- 
vesiriey 348, pourvoir. 

prunada 2233 , prunes fermen- 
tées, 

pruon 7168, pruou 143 i, 7148 
= prion. 

Iprusir], ind. fut. sg. 3* p. pru- 
sira 3476, démanger. 

publicar 63o3, part. pas. me. sg. 
publiquat 3428, publier. 

[pudcnt\, fém. pudenta 27, puant. 

[pudir], ind. imp. sg. 3* p. pu- 
dia Xpp. Ij 44; subj.pr.sg.J* p. 
pudisqua 2234, pu^''- 



3i8 



GLOSSAIRE. 



punir 5540, ind. pr, sg. 3* p, 
punis 3404; part. pas. me. sg. 
punit 7242, pL puniiz 3641, 
punir. 



[purgar (se)), subj. pr. sg, 3* p. 
purgue 7853, se purifier. 

[ py u ] , fém . pya 1 92 1 , p rViijr. 



Q. 



[qualar], V. calar. 
[qualer], V. caler, 
quargua 8008 = carga. 
quas 4800 = cas. 
quasy 1792 = quasi, 
querela 42 38, tâche. 



quérir 5o5o, quere 2862, ind. pr. 
pi. I* p. querem 2596, 2* p. 
queretz 2oi3; vart. pr. que- 
ren 2899, chercher. 

[quitar], ind. pr. sg. i* p. quiti 
2504, acquitter, remettre une 
dette. 

quoqui 3147, coquin. 



R 



ralhayre 4339, railleur. 

Irasonar], ind. pr. sg. 3* p. ra- 
sona i34q; part. pr. rasonam 
3647, défendre {en paroles). 

raubar 3221, part. pas. me. sg. 
raubat 4074, /ém. sg. raubada 
6029, dérober. 

raubator 4063 = raubador. 

rebos 7222, contraire. 

frebotarl, subj. pr. sg. 3* p. re- 
bote R 3o6o, repousser. 

[receubrel, part. pas. me. sg. re- 
seubut Si/^Sy fém. sg. receubu- 
da 364, rescubuda 6524, rece- 
voir. 

reclamar 1 141, ind. pr. sg, 3' p. 
reclama 388o ; part. pas. me. 
sg. réclamât 3879, réclamer. 

[recobraT\yind.fut.sg. 2* p. re- 
cobraras App. 19, pi. 2* p. re- 
cobrareu 28o3, recouvrer. 



[recomandar], ind. pr. sg. i* p. 
recomandi 3864, 3* p. reco- 
manda 4843, pi. i* p, rcco- 
mandam 3o2, 3* p. recoman- 
do 3044; fut. pi. 2* jf. reco- 
mandaretz 3064 ; imper, vl. 2* 
p. recomandatz 329A; suhj. pr. 
pi. 2* p. recomanaetz 1626 ; 
part. pr. recomandan 312^1, 
pas. fem. pi. recomandadas 
1794, recommander, 

[rccompensair], ind. fut. sg. i*p. 
recompensariey ibôj^pl. i* p. 
recompensarem 4993, récom^ 
penser, 

reconoisc (V. conois«r) 5476, ind. 
prêt. pi. I* p, reconogrem 33o3, 
reconnaître. 

recontar 420, reconta io55, ind. 
fut. pi. l' p. reconiarem 2936, 
raconter. 

[recorer],5M^*. pr. pi. /• p. reco- 
rescam 33^7, recourir. 

recresen {farj 36 1 3^aire accroire. 



GLOSSAIRE. 



Sic 



reculhir R 6522, recueil tir. 

[redifficar]^ condit. pi. 2* p. re- 
diificariatz 5765, réédifier. 

redre 1423, ind, pr. sg. l'p. re- 
di23o9, 2* p. reddes 7007, pi. 
i*r. redem 2883, 2* p. redctz 
5752 ; prêt. sg. 3* p. redet 
4046;/ii/. sg.3*v. reora 1642, 
pi. j'p. redre m Soi 3 ; imp. pi. 
2* p. redetz 4340 : sulij. pr. pi. 
2* p. redatz 433$; part. pas. 
fém. sg. reduda 2636, pi. re- 
dudas 4065, rendre, 

[redurej. ind. fut. sg. i* p. redu- 
riey 060g, réduire. 

|refar] V. far, part. pas. me. sg. 
retach 586 1, refaire. 

[reforma r], imper, sg. 2* p. re- 
forma 288, reformer. 

refrugeri 7583, consolation, re^ 
cours. 

regnar V. renhar. 

reguardar R 77, ind. imp. pi. /• 
p. reguardavem 3240 ;/tt/. pi. 
2* p. reguardaretz 66, 3* p. 
reguardaran R 5621, regarda- 
ran 2378: impér. sg. 2* p. re- 
guarda 2845, vl. i* p. reguar- 
dcm 2016; suo). pr. sg. 3* p. 
reguarde R 2990, regarde 29, 
pi. 2* p. reguardetz 998, > p. 
reguardo R 77 ; part. pr. re- 
guardan 172, pas. me. sg. re- 
guardat 132^, fém. sg. reguar- 
dada 6935, pi. reguardadas 
4557, regarder. 

relegio R 6126 =: religio. 

remembrar 1572, ind. fut. sg. 3* 
p. remembrara Sgo'ï, rappeler. 

[remersiar], part. pr. remersian 
4907, remercier. 

remesiou 6352, remessiou 7669 
= remessio. 

|remetre], ind. pr. sg. i* p. re- 
meti 7759 ; impér. pi. 2* p. re- 
metatz 6672 ; subj. imp. pi. 3* 
p. remeseso 6744; part. pas. 



me. sg. remcs 6683, fém, sg. 
reinesa 6719, remettre. 

I remplir!, part. pas. me. sg. rem- 
plit 5489, remplir. 

[remunerar], part. pas. me. sg. 
rémunérât 2645, rémunérer. 

reneguar 2565, part. pas. mc.sg. 
reneguat 6344, renier. 

I renhar], ind. imp. sg. t* P* rc- 
gnava yigg, pi. 2* p. renn^vetz 
0692, régner. 

[renonsiar], part. pas. me. sg. 
renonsiat 6322, renoncer. 

reparar 5968, part. pas. me. sg. 
réparât 586 1, réparer. 

repausar 6443, ind. fut. pi. /• p. 
repausarem 314, reposer. 

repayre 172, demeure. 

repenedre (se) 3667, ind. fut. vl- 
3" />. repenedreiz 194; condit. 
pi. j* p. repenedriam 4541, 5tf 
repentir. 

repenre (V. penre) 5877, f'^P^en^ 
dre. 

[repentir (se)l, ind. fut. sg. 3* p. 
repentira 3591, pi. 2* p. repen- 
ti retz 3523, se repentir. 

[répli<juar], subj. pr sg. 3* p. 
répliqua R 782, répliquer. 

[reportar], ind. fut. sg. J* p. re- 
portariey 4864, rapporter. 

[reprochar], jpdrf. pas. me. sg. 
reprochât 35oi, reprocher. 

reprochy 35i7 = reproche. 

[requirir], part, pr .. requiren 
5oi8, requérir. 

rcscondre 543 1, cacher. 

rescost 45o3 = rescos. 

reseubre V. receubre. 

resemer 5333, reseme 793, reze- 



320 



GLOSSAIRE. 



me 2277, ""'• /'''• ^S' ^^ 5' 
resemera 6C60; condit. sf^. J* 
p. resemeria 6757 ; subj. pr. 
sg. 3* p. resema 905 ; part, pas, 
me. sg. resemut 2.3 11, pi. rese- 
mutz 1374, resemuts 7194^ ra- 
cheter. 

[ réserva r], ind. pr. sg. i* p^ re- 
servi 6721 ; part. pas. me. sg. 
réservât 16 3, réserver, 

resestir 4389, résister. 

[resitar], subj. pr. sg. 3* p. rcsite 
R 675, réeiter. 

respondre 760, ind. pr. sg. i* p. 
respondi 6o5, 3* p. respon 
4237, pi. 2* p. respondetZ4376; 
prêt. sg. S- pi. J" p. respondet 
736, respondero 4^10; fut. sg, 
/• p. respondriey 3332, pi. 2* 
p. respondretz 3527, 3* p. res- 
pondran R 5946; subj.pr, sg. 
& pi. 3* p. responda R 4509, 
respondo R 2464 ; part. pas. 
me. sg. respondut 729, res- 
post4q3i, repondre. 

responsio 3727, réponse. 

resquost 4i5o = rescos. 

[restar], part. pas. me. sg. restât 
4077, rester. 

[v^s\.2^\iT2iv]y part. pas. me. sg. res- 
taurât 2796, restaurer, 

resucitar R 477, ind. pr. sg, 3* 
p, resucite R 2668 ; imp. sg. 3* 
p. resucitava ^2^; prêt. sg. /• 
p: resucitiey 3869, 3* p. resu- 
citet 2908, pi, /• p. resuciiem 
4643, 3* p. resucitero 4734; 
fut. sg. i* p. resucitariey 229C1, 
3* p. resucitara 2r3i; condit. 
sg. 3* p. resucitaria4i67;/7<jr/. 
pas. me. sg, resucitat 482, pi. 
resucitatz 492, ressusciter, 

reteguda 333 1 = retenguda. 

retornar 7384. ind. pr. sg. 3* p. 
retorna 22 1 3 ; prêt. sg. 3* p. 
retornet 22 18 ;/m/. pi. 2* p. re- 
tornaretz 4808; impér. pi. 2* 



p, retornatz 2089 î '"^J • P^' ^K' 
3« p. retorne R 042, retomber, 
s*en retourner. 

[retraire], subj. pr, pi. 3* p. re- 
traguo (se) R 835 ; port. pas, 
me. sg. retrach 3i65, retour- 
ner y rapporter, 

revelar 4144, revellar 4306, ré- 
véler, 

Irevelhar], ind. fut, pi. i* p, re- 
velharem 346», réveiller, 

[revenir], part, pas.fém. sg, re- 
venffuda R 143S», reveguda 
632Î, revenir, 

rezeme , V. resemer. 

[ribaudegarj, part, pas, me, s^. 
ribaudegat 7337, mener la vie 
d*un ribaud. 

ricio 6029, rictor R 6020, ryctos 
1981 = recto r. 

riquamen R 5373 = ricamen. 

[rire (se)], ind, imp. sg <? W- 3* 
p. resia 4002, rysian 80Î2, se 
moquer. 

roda (en) R 1 398, en eercle, 

rofîa 6272 = rofian. 

roina R 7728, résine. 

[rompre], part, pas, me, sg, rom- 
put 3859, rompre. 

ronsar 7975 ; impér. sg. 2* p. 
ronsa 7088, pi. 2* p. ronsatz 
7852, précipiter, 

[rostir], ind. pr. pi, 3* p. rostiso 
2362 ; part. pas. me. sg. rostit 
33 16, rôtir. 

rostisaria 7804, rôtisserie, 

royre 2390, ronger, 

RuBEN 4360, nom d'homme, 

rycto V. ricto. 



GLOSSAIRE. 



321 



saber 47, ind, »r. sg, J* p. sabi 
i88, saby 178. 2* p. sabes 371, 
3* p. sab 3226, sap 497, pi. /• 
p. sabem 1877, 2* p, sabetz 
bi4, 3* p. sabo 4904; imp. sg, 
I* & 3* p. sabia 5441, 707, pi. 
J* p. sabiam 4295, 2*r. sabiatz 
7909, sapiatz 1785, J* p. sa- 
bian 717, sabion 8980; prêt, 
sg. 3* V. saup 2441 ; fut. sg. 3* 
p. sauDra 62», pL 1* p. sau- 
brem 4716 ; condit. sg. 2* p. 
saubrias 7829» 3* p. saubria 
3982, 406S, pi. /• p. saubriam 
212, 2*17. saubriatz 191 : impér. 
sg. & pi. 2* p. sapias 3i)34, sa- 
piatz 1717; subj. pr. sg. 3* p. 
sapia 625, pi. 2* p. sapiatz 
4809; imp. sg. /• p. saubes 
432 D, 2* p. saubeses 378, 3* p. 
baubes 4086, pi. 2* p. saube- 
setz 1787; part. pas. me. sg. 
saubut 739^ savoir, connaître ; 
— a testa 2009, — bo 3226, être 
agréable. 

sacrifficar 904, subi. imp. sg. i* 
p, sacrifiques 890, sacrifier. 

sagelar 7968, sagela R 2668, subj. 
pr. sg. 3* p. saeele R 8oi3,f7/. 
2* p. sageletz 3097, 3* p. sagelo 
R 3723; »flr/. pas. me. sg. sa- 
gelat R 2068, sagellat i263s/ém. 
sg. sagelada 3734, sceller, 

Salamo R 478, Salomon» 

salhir 293, ind. pr. sg. 3* p. salh 
5214; vréf. sg. J* p. salhij^ui 
872 J fut, sg. I* p. salhiriey 
7S6b, 2* p. salhiras 7705, 3* p. 
salhira 2227,^/. 2* p. salhiretz 




saihetz 2799; subi. pr. sg. 2 
}. salhisquas 7906; 3* p. sa- 
hisqua R 7788, salisqua4383, 
H. 3* p. salhisquo R 175Ï, sa- 
isquo R 3723 ; part. pas. me. 
sg. salhit iiffém. sg. salhida 
5 16, pi. salhidas 7417» sortir. \ 

III 






salut 1703^ santé. 

salvaguarda 6834 = salvagarda. 

salvar 2173, ind. prêt. pi. 2* p. 
salvetz 5q56 ; fut. sg. /• p. sal- 
variev 1391,;?/. 3* p. sai varan 
(se) Î327; impér. sg. 2* p. sal 
294.3 ; part. pas. me. sg. salvat 
iibi y pi. salvatz 2833, sauver, 
se sauver. 

Saxaria 3o8, 918, Samarie, 

Samaritan 374, Samaritain. 

san 55i3 = sans. 

Sanpso 5999, Samson. 

[saqucgar], ind. prêt. sg. 2* p, 
saqueges y362: fut. sg. i* P' 
saquegariey 73o5; impér. sg, 
2* p. stiquQgeL'jSôiisubj.pr.sg, 
3* p. saquege R 7365, secouer. 

saralha R 3723 = sarralha. 

[sararl, subj. pr. pi, i* p. sàro R 
3723 ; part. pas. me. sg. sarat 
1263, serrer. 

Sarasi 4159, pi. Sarasis 21 38, 
Sarrazin (aussi comme terme 
d injure.) 

saumeta 2577, ânesse, 

scadafal R 35 = cadafalc. 

scapar V. escapar. 

scotar V. éscotar. 

scrich 3026, écrit {substantif), 

scrieure V. escrieure« 

scupimen 5340 = escopimen. 

sebelhir R i835, sebely 1828, 
part. pas. me. sg. seoelit R 
2086, ensevelir, 

23 



322 



GLOSSAIRE. 



Seduceus 3q35| Sadducéens. 

segramcn 5 igj, serment, 

segrc 7226, seguir 721 3, ind, pr. 
pi. 1* p, scguem 5434 ;/Mf. p\, 
/• ». segrem 2400, 3*p, segran 
3490 ; impér, pi. 2* p. sesueu 
2798 ; part, pr, seguen R 3o49, 
pas, me, sg, segut 3623, suivre'^ 
— tôt lo bel pas 543o, suivre a 
grands pas. — [ensegre] ind. 
pr. sg, 3* p, ensec 5491 ,^/. 3* p. 
enseguo K 478, s'ensuivre. 

«egret4752 r= secret ; segretamen 
4633 = secretaïuen. 

seguir V. segre. 

seguon 443 = segon. 

seire V. seser. 

selar 8089, céïer. 

seiencia 6712 =s silencia. 

[itmcneiT], part. pas, fém.sg. se- 
menada 6270, pi. semenadas 
3768, semer. 

senblan 32 5 5, semblable. 

[senblar], ind. pr. sg, 3* p. sen- 
bla 3195,/?/. 2* p. senblatz 170; 
fut, sg. 2* p, senblaras x2o3, 
sembler. 

senhar (se) R 1 165, ind. fut. sg. 
!• p. senhariey iigô^ pi, z*p. 
senharem 1419 ; subj, pr. sg. 
3* p,s€nhe R 2454, faire le st" 
gne de la^ croix. 

senhe 235 =3 senher. 

sent 4145 = cent. 

[sentir], ind, pr. sg. i* p. senti 
7763 ; imp. pt. 2* p. sentiatz 
02b 5 ; impér. vl. 2* p. sentetz 
2868, sentir, flairer, penser. 

seotre R 4427 = centre. 

Sbnturio 2o8i, nom d'un person- 
nage. 

sepàdel 7489, pi^ge. 



[sept] pi. septz 3693 = cep. 

serquar 400, ind. pr. pi, 2* J7. 
serquatz 433o ; imp. sg. z* p. 
serqiiava 7738; fut, sg. 1* p» 
sercjuariey 2980, 3* p. serquara 
4533 ; condit, pi, 2* p, scrca- 
riatz 7911; part. pr. serquaa 
'jySSfV'as. me, sg^ serquat 3024, 
cherener. 

sert 1819 = cert; sertan état 4586 
= certanetat ; sertas 3S4 = 
certas; de serta 358, eertes, 

[servar], ;7arf. pas. me. pi, servatz 
6889, cofiserver. 

servir 7883, servi 7942, ind. fut. 
pi, I* p. servi rem 3225 ; subj. 
pr, sg, 3* p servisqua 37 ; 
%mp. sg. !• & 3* p. servigues 
7218, i586, servir. 

[sesar], ind. pr, sg. 3* p. sesa 
25 1 9, cesser. 

seser, R 493, ^3o4, seire R 6528, 
seyre R o4lt3, ind. pr, sg. 3* p. 
sey a883, pi. 2* p. sesetz 2904; 
imper, pt. 2* p. sesetz 461 ; 
subi, pr, sg. 3*p, seccha R 167, 
secaa R 6328, s'asseoir, 

sexta 444, sixième (heure). 

siensa 5453 = sciensa. 

sieutat 4902 = ciutat. 

sine 428 = cinc. 

sobdanamen R 23o3, soudain. 

[sobdar], part, pas, me. sg, sob- 
dat 2029, surprendre. 

sobras (de) 2070, de reste. 

[sobremontar], ind. pr. p!. 3* p, 
. sobremonto 7773 ; subj. imp. 

sg, 3* p. sobrcmontes 700 1, 

surmonter, 

[soc|, pi, socz 5718, entraves. 



soco- 
so* 



[socorir|, ind, jpr. pi, 3* v. se 
ro 2045 ; subj, pr. sg. j* p, ^.^ 
cora 225 1 ; part, pas, me. pi, 
socoregutz 5940, secourir. 



OLOSSAIRE. 



333 



•ofrachura 2555, dénuement. 

sogorn 2365 =sojorn. 

sol as i854 = solatz. 

[soler], ind. imp, sg. 3* p, solia 
2942, avoir coutume, 

solheih 504 ^ soleih. 

[somoyre], part, pas. me, sg, so- 
mogat 4100, soulever. 

sonar 2174, ind, pr, sg, 3* p, so- 
na R 1765 )fut, pi. 2* p, sona- 
retz 5S85, 3* p, sonaran R 
7071; imfjér, sg, 2* p sona 
7928 ; suoj, pr, sg, 3* p, sone 
R 263, pi. 2* p. sonetz i832, 
3' p. sono R 216: part, pas. 
me. s g. sonat 4939, fém. pi. 
sonadas 445, sonner, appeler. 

sopar 32o3y souper, 

[sortir!, subj, pr, sg. 3* p, sorti s- 
qua R 7246 : part, pas, me, sg. 
sortit R 7240, retirer, 

[sospirar] 3i32, soupirer. 

[sQ^lATtiT], part. pas. me. sg. sos- 
tarât 2954, sosterat 3545, pi, 
sostaratz 4364, sosteratz 4573, 
enterrer. 

sostener 2892, ind, pr, sg. 2* p, 
sostenes 8086; part, vas, me, 
sg, sostengut 2749, pi. sosten- 
gutz R 7177, soutenir, 

[sovenir], ind, pr, sg, 3* p. sove 
1492 ; imp. sg. 3* p. sovenia 
1493; fut. sg. 3* p. sovenra 
2718; subj. pr. sg.J^p. soven- 
gua 1695 ; imp. sg. i* & 3* p. 
sovengues 6335, 4691, se sou" 
venir. 



spencha 5343 = espencha. 

speransa 5040 = esperansa. 

spert 2200 = espert. 

spiar V. espiar. 

spiracle 7015, souffle. 

staquar V. estaquar. 

star V. estar. 

subget X73i := subjet. 

[subjugarj, part. pas. me. sg. 
suDJugat 291, pi, subgugatz 
548, subjuguer. 

sucitattOyp. 6^(titre), résurrection. 

sufifertar 7204, sufferta i537, ind 
pr. sg, I* p. sufferti 167JL, pi 
/" p. sunertam 168 1, j* p 
sufferto 235o: fut. pi. 2* p 
sutfertaretz 7344; part, pas 
me. sg. suffertat 2826,/ém. sg 
sutfertada 2773, souffrir, sup' 
porter. 

suffrir 2977, sufifri 3o5, ind, prêt, 
sg, 3* p, suffric 3i38;/m^ sg, 
i* p. suâ'rira 2761, souffrir. 

[supli()uar], ind. pr. sg, /* p, 
supliqui i63o, supliaue 653i, 
pi, I* p. supliquain 3014, su- 
plican 6057, J* p. supliquo 
0485: part. pr. supliquan 5369, 
supplier. 

surgien 7834 = surgier. 

sus 1766, sus! {exclamation). 

SLisor 245 = suzor. 

susuratio 6145, murmure. 



tantal xi59, tellement, 

tarsar 7952, impér. pi, 2* p. 
tarsatz i353, s'empêcher y se 
taire, 

m 

III 



[temer], impér. pi. 2* p. temis- 
quatz 2897, craindre. 

temerariamen 5527, téméraire' 
ment. 

i3. 



314 



QLOSSAIKE. 



tempur 7032, part. pas. me. sg. 
temptat 897, tenter, 

[tenebros], tenebrosa 3, téné" 
breuse. 

tener i^Zi, tene 1939, tenir 3o53, 
ind. pr. sg. /• p. teni 2624, 
3* p. te io58, pi. /• p. tenem 
3229, 2* p. tenetz 4396; imp, 
sg. J* p. ténia 3598 : prêt. sg. 
/• p. tengui 7316; fut. sg. 3* 
p. tenra yooi, pL i* p. tenrem 
2742; condit. sg:. i* p. tenria 
1942; impér. pi. 2* p. tenetz 
2716; supj. pr. sg. 3* p. ten- 
gua 4 1 3o ; pat. pas. me. sg. ten- 
gui 23 10, pi. tengutz 58oo,/ém. 
s^. tenguda 34061 pL tegudas 
0928, tenir, s'empêcher, suivre; 
tal no te que 7372, rien ne peut 
empêcher que. 

[lestifiquar], ind. pr. sg. 3\ p. 
testibqua 6886, témoigner. 

tiera R 5375, tiare. 

tirar R 8019, ind. pr. sg. 1* p* 
tiri 7693; prêt. sg. 3* p. tirec 
669b, tiret ^se) 3Îo8, pL 2* p. 
tirctz 6062 ;fut. sg. 2* p. tira- 
ras26i; impêr. sg. 2* p. tira 
Sjoo; part. pas. me. sg. tirât 
1 1 77, tirer, retirer, s'en aller. 



to 1649, 7486, {exclamation). 

to 4702 s= tôt. 

tolre 2895, enlever. 

tombar 5650| tonbar 556o, tonba 
7290, ind. pr. pi. I* p. tonbam 
2066; imp. sg. J* P' tombava 

^889; prêt. sg. /• p. tonbiey 
1 73 ; fut. sg. 3* p. tombara 
iqqi ; impêr. pi. 2* p. tombatz 
7424 ; suoj. pr. sg. & pi. 3* p. 
tonbe K 1450, tonibo R 2760; 
part. pas. me. sg. tombât 1377, 
pi. tonbatz 5882, tomber. 

tombel R 2668, tonbel R i5i, 
tombeau, trou pratiqué dans le 
plancher de la scène. 

toquar 179, ind. imp. sg. S pi. 3* 
p. toquava 935, toquavan 9932, 
fut. pi. 2* p. toquaretz 3o6i ; 



part. pas. me. sg. toquât 2482, 
toucher. 

torcha R i836, cierge. 

tornar x3o2, ind. pr. pi. /• p. 
tornam 2017; imp. sg, 3* p. 
tornava 4004; fut. sg. 3* p. 
tornara 1660, pi. 2* p. torna- 
reu 3o63; condit. pL 3* p. 
tornarian 6798; impêr. sg. a* 
p. torna 1779, pL /• p. tor- 
nem 4900, 2* p. tornatz 3070 ; 
subj. pr. sg. !• p. tome 2323, 
3* p. tornc R 35, pi. 2*v, tor- 
neu 2743, 3* p. torno R 36» ; 
imp. sg. !• p. tornes 3iio, pi. 
!• p. tornesem 607; part. pas. 
me. sg. tornat234o,j;/. tornatz 
4701, fém. sg. tornada 263g, 
rendre, ramener, se changer, 
s'en retourner. 

tot^ ;;/. totz 440, totses 82, toses 
0228, tout. 

I trtict&r]. part. pas. me. sg. trac- 
tât 60S8, traiter. 

[ trainar],f orf./^r. trainan R7651, 
pas. me. pL trainatz R 7651, 
traîner. 

traiso 4949, trahison. 

trametre 721, ind. pr. sg. i* p. 
trameti 5o88, 3* p. tramet 5o52, 
pi. 2* p. trametetz 4738, 3* p. 
trameto 4236 ; fut. pi. i* p. 
trametrem 442 1 * condit. sg. 3* 
p. trametria 5689 : impêr. pi. 
!• p. trametam 1755, 2* p. tra- 
metetz 2864; subj. pr. sg. 3' 
p. trameta 4266, pi. i* p. tra- 
metam 4974, trametan 4183, 
2* p. trametatz 5oi5, 3' p. tra- 
meto R 4763: imp. sg. i' 3 3' 
p. trameses $064, 4749, pi. /• 
p. tramesesem 4170, J* p. tra- 
meseso bi^;part. pas. me. sg: 
trames 453, pi. trameses 80, 
transmettre, envoyer {un mes- 
sager). 

[tranblar], subj. pr. sg. 3* p. 
tranble 7919, trembler. 

[trauquar], part. pas. me. sg. 
trauquat 7120, trouer. 

traydo 23o = traydor. 



GLOSSAIRE. 



325 



trayre Sqbo, ind, pr. sg. i* P' 
trasi jbo2,vL 3* p. traso i653; 
imp. sg, & pi. 2* p. trasias 
75o3, trasiatz 6884 ; fut. sg. 3* 
p. trayra 4699; subj. pr. sg, & 
pi. 3* p, tragua R 2797, irago 
K 2 664 ; part, pas. me. sg, trach 
5 116, pi. trachz 56 1 5, trathz 
4700, tirer, jeter ; — mal, souf- 
frir, 

trayso i85o V. traiso. 

trebalhar 2388, ind, pr. sg. 3* p. 
trebalha 1646; impér. pi. 2* p. 
trebalhatz 1828 ; subj, pr. pi. 
I* p. trebalhem 2079 ; part, 
pas. me. sg, trebalhat 1846, 
travailler, souffrir. 

treinolamen 4292 = tremolament. 

tremolar R 2668. part. pas. me. 
sg, tremolat 2089, trembler. 

[trepar], ind, pr.pl. i* p, trepam 
3707, danser, 

[trespassar) V. passar, ind, pr. sg, 
1* p. trespassy 201 1 ; prêt, sg. 
fp. trespasiey 2787 \ part. pas. 
me. sg, trespassat 253, trespa- 
sat 097, pi, trespasau 5924, 
trépasser, transgresser, 

trifar V. trufar. 

[triguar], ind, fut, sg. 3* p. tri- 
guara 52o5, tarder. 

[trinquar], ind. pr. pi, 3* p. trin- 
que 2391; prêt, sg, 3* p, trin- 
quet 4416; subj. pr. sg. 3* p, 
trinque R 323i ; part. pas. me. 
sg, trinquât R Î225, pi. trin- 
quatz 3356, rompre, 

trobar 72, troba 624, ind. pr. sg. 
3* p, troba (se) 3o26, pi, i* p. 



trobam 3017, 2*v. trobatz5262, 
3* p. trob' [troboj 7778 ; imp, pi, 
/• p, trobavem 4848, 3* p. tro- 
ba vo 1 144 ; prêt, sg. 2* p. tro- 
bies y^bhfpl. i*p. troben 3299, 
3* p. trobero i5i2 ; fut. sg, /• 
p. trobariey 634, 2* p, troba- 
ras25o,j7/. j*p. trobaren 4416, 
2* p. troba retz 54. 3* p, troba- 
ran R472i; eonait. sg, & pL 
3* p, troba ria 4750, trobarian 
43 18; part. pas. me. sg. trobat 
425, pi, trobatz 3i83,/i?m. sg. 
trobada 87, trouver ^ se trou- 
ver, 

trompar R 3485, ind, fut. sg. & 
pi. 3* p. trompara R 5391, trom- 
pa ran R 5407 ; subj. pr. pi. 3* p, 
trompo R 5307 : part, pas, me, 
sg, trompât K 3928, sonner de 
la trompette, 

ftrufar (se), ind. imp, sg. 3* p. 
trifava 75 18; subj. pr.pl, 3* p. 
truFo 888; part, pas, me. sg. 
truffât 1607, se moquer. 

tuar 2605, ind. prêt. me. sg. 3* 
p, tuet 6002 ; tmpér. pi. 2* p, 
tuatz 7^25 ; subj. pr. sg. 2* p. 
tjes 74*7; imp. sg. i* p. tues 
6q3 1 ; part. pas. me. sg. tuât 
7378, pi, tuatz 6940, tuer. 

fturbar], eondit. sg. 3* p. turba- 
ria 3955 ; part. pas. me, sg. tur- 
bat 16 19, troubler. 



Turc 21 38, Turc. 



turmentar 5520, ind, vr. pi. 3* p. 
turmento R 7651 ;jut. pi. 3* p. 
turmentaran 2379; i^pér. pi. 
2* p. turmentetz iq3i •,subj,pr, 
pi. 3* p. turmento R 7197; p<ir/. 
pr. turmentan R 765 1, pas. me. 
sg. turmentat 1599, p/. turmen- 
tatz 1691, tourmenter. 



U 



[ubesir], impér. pi. 2*p, hubisis- 
catz 7902, obétr, 

[ubrirj, hubrir R 4o3o, hubri 
2763*, ind. fut. sg, /• p. ubri- 



ricy 5847 ; impér. pi. 2* p. ubretz 
2765 ; subj. pr. sg. & pi. 3* p. 
ubrisqua R J5,ubrisquo R2827 ; 
imp. sg. /• p. hubriges 5177; 
part, pas, me. sg, ubrit 4671, 



326 



GLOSSAIRE. 



ubert R 2896, pL ubertz R 
4721^ fém. s^. huberta 7442, 
ouvrir, s'ouvrir. 

una (anb) 1 286, à la condition que, 

[unir], part. pas. fém. sg. unida 
2284, unir. 



u pi ni eu 3604, upinyo 4366» hu- 
piniou 4904, opinion. 

urguelh 3604 = erguelh. 

[usar], part. pas. me. sg. usât 
4047, user. 



vailar V. bailar. 

[valer] , ind. pr. sg. 3* p. val 

i^bi,\fut.sg. 3* p. valra 17 10, 

pL 2* p. valretz 1722; condit. 

sg. 3* p. vairia 2353, valgra 

2544, valoir. 

vegayre 3414 = veiaire. 

[velhar], condit. pi. 2* p. velha- 
riatz 7910; imper, pi. 2* p. vc- 
Ihatz 7913, veiller. 

vcn 2 32, vent, tromperie, men- 
songe (cf. 4363). 

[vcncer], part. pas. me. pi. ven- 
cutz 2801» fem. sg. vensida 
6999, vaincre. 

vendre 2645, ind, imp. pi. 3* p, 
vendian 7664; fut. sg. i* p» 
vendriey 2642; part, pr. ven- 
den C092, pas. me. sg, vend ut 
S12, pL venduU 578g, vendre, 

venguansa 5202 = venjansa. 

venguar (se) 2538, se venger. 

venir R 167, veni 2182, ind. pr. 
sg. /• p. veni 201, 3* p. ve 434, 
pi. i*p. vencm 79, 2* p, venetz 
21 04, 3* p. veno 7644; imp.pl. 
3* p. venian 1 141 ; P''ét. sg. /• 
p. vengui 5980, j* p. venc, 
4696, R 3i53,/7/. 2*/7. venguetz 
7044, 3' p. venguero ASooyJui. 
sg. 2* p. venras 755 1, ^* P' 
venra bio,pl. i*p. venrem 3 15, 
2* p. venretz 654, ^* P- venran 
5347 ; condit, sg. 3* p, venria 
5iiS, pi. /• ^ 3* p. venrian 
3965, 4224; imvér. pi. 2* p. 
venetz 2147; suhj. pr. sg. 2* p. 



venguas 465, 3* p. vengua R 
i5i, vengaR2096,/7/. l'p. ven- 
gu»m 162 1 , 2*v. venguatz 1207, 
3' p. vcnguo R 77, vengo 1982 ; 
imp. sg.i*& 3* p. vengues 6084, 
239, pi. J* p. venguesem 6624, 
2»p. venguesetz4777 ;part. pas. 
me. sg. vengut4i3,^i. vengutz 

ven- 
:o33, 
venir. 



me. Sg. vengut4i3,»i. venj 
337, vcngus 1(^10, fém. sg. t 
guda 36J,pl. vengudas R v 



venres 4398 = venre. 

venser V. vencer. 

verges 584 = verge. 

verginal 578 = virginal. 

vergoneas 880, Verguongas 889 
{plurTj = vergonia. 

vertadieyra 4229 = vertadiera. 

▼ertadieyramen 4o5 s vertadte- 
rament. 

vesentre (al) 3452, 5352, en pré^ 
sence {cf, vesen de 3793). 

veser 54, veyre2i67, ind.pr. sg, 
!• V. vech 497, vcsi 2480, vesy 
1236, 3* p. veses 25i3, 3^ p. 
ve i538, pi. /• p vesem 2048, 
2* V. vesetz i5o^; imp. sg, 1* 
& J* p. vesia 4^21, 2317, pi, 
2* p. vesiatz 5878, j* p. vesian 
5g3 1) prêt, sg, /*p. vigui22i6, 
vegui 3 102, j* p. vie 2259, pL 
/• p. viguem 5771, 3* p. vi^ro 
4.307; fut. sg. I* p. veyney 
5207, 2* p, veyras 2261, veiras 
5179, 3* p. veyra R 2092, pi. 
!• p. veyrem 2937, 2* p. vey- 
retz 1269, 3* p. veyran R 77; 
impér. sg. 2* p, ve i55, vegas 



GLOSSAIRE. 



327 



3883, pi. /• p. vegam 1049, 
2* p. vegatz 2181 ; subj. pr. sg. 
/• & 3* p. vega 219, 3402 ; imp. 
pi, 3* p. vigueso 8o3 1 ; part, 
pr, vesen 535, pas. me. sg, vist 
1 10, pi. vistes 5700, vises 5io3, 
fém, sg, vista 98, pi. vistas 
2343, voir; — vesen de 3793, 
en face de» 

vesitar, vesytar V. visitar. 

vestir 7140, impér. pi. a* p. ves- 
tetzApp. \ , 3h ; sutj. pr. pi. 3* p. 
vestisquo R 267; part. pas. me. 
sg, vesiit R 23oy, pi. vestitz R 
207, vêtir. 

vetz R ^bjbf/ois. 

veusa 6263, veuve, 

veyre V. veser. 

vieure 245, ind. pr. pi. 2* p. vi- 
vctz 6281 ; imp. sg, 3* p, vivia 
2,116) fut. sg. 1* p, vieuriey 
3662, 3* p, vieura 2124, pi. /• 
p. vieurem 1996: vart. pas. 
me. sg, viscut 02J0, vescut 
683 1, vivre. 

vilitat 7887, chose vile. 

virada (deuelh) ^020, clin (d^ceil). 

[virar], ind, pr. sg. 3* p. viro 
2o5i ; condit. sg. 3* p. vyraria 
1943 ; subj, pr, sg. 3* p, vire 



R 947, tourner, se retourner. 

visitar 383o, vesytar 7930, conrfi/. 
sg, I* p, vesitaria 022$, visiter. 

[vituperos], vituperosa 1 190, bld" 
mable, 

voler 2064, ind. pr, sg. i*p, voly 
22, vuelh249i, 2* p. voles 157, 
vos 7249, 3* p. vol 12 15, vuol 
1953, pi, /• V. volcm 354, 2* p. 
voletz 339, J* p. volo R 2807 
imp. sg, /• S 3* p. volia 7201 
R 263, pi. 2* p. voliatz 1497 
3* p. voiian 38d8; prêt. sg. i 
p. voigui 2789, 3* p. vole I 58o 
voc 865, pi, ï*p, volguem 33o6 
fui. sg. 3* p. voira R 3867, pi 
2*p, volretz IÔ33, volrretz6oi 
condit. sg. I* p. volria i555 
volgra 238, 3* p. volria 790 
pi. 2* p volriaiz 5248, J* p 
volrian 4011 ; impér. sg. 2* p 
vuelhas 2627, pi. j*p. vulham 
2805, 2* V, vulnatz J53, vulalz 
2416; subj. pr. sg. 2* p. vuelhas 
457, 3* p, vuelna i534, pi. i* 
p. vulham 3o7^ 2* p, vulhatz 
1235, vulhas7642, jr»p. vuelho 
1472 ; part, pas- me. se. volgut 
2819, vuolgut 5663, pi. voigutz 
7700, yém. sg. vuolguda 5657, 
vouloir, 

vuelh 5930 = uelh. 

vyel 1979 = vielh. 



ydolatre R 5375, idolâtre. 
Ymalitieu 820, Ismaélite, 



YsAC 919, Isaae. 
YzAïAS 5593, Isaîe. 



TABLE DES MATIERES 



Pages. 

Introduction i 

Liste des Personnages xlîx 

Corrections & Additions liij 

MYSTÈRES 

La Création et la Chute i 

La Samaritaine 1 3 

La Résurrection des morts 20 

Le Jugement de Jésus 22 

Hymne à la Vierge 61 

La Résurrection de Lazare 64 

Le Repas chez Simon 89 

La Résurrection 100 

Joseph d'Arimathie 126 

Le Jugement général 193 



Appendice 1 285 

— U 287 

Glossaire 289 

Table des matières 32q 



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